Blas Infante Pérez de Vargas (né à Casares, dans la province de Malaga en Andalousie le , décédé à Séville le ) est un homme politique, idéologue et écrivain andalou. Il fut le principal soutien du nationalisme andalou.

Il était notaire, historien, anthropologue, musicologue et journaliste et conférencier. Quatorze de ses ouvrages ont été éditées et

Contact avec la réalité andalouse

Son père, Luis Infante Andrade, titulaire d’une maîtrise de Droit, est secrétaire du Tribunal de Casares, sa mère, Ginesa Pérez de Vargas, est issue d’une famille de cultivateurs de classe moyenne. Il effectue ses études primaires, puis secondaires au Collège des Pères piaristes de Archidona jusqu’en 1899. Il travaille à partir de 1900 comme employé aux écritures du Tribunal de Casares puis en 1904, il s'inscrit en droit à l’Université de Grenade, où il finalise ses études en 1906. Après avoir réussi le concours en 1909, il travaille comme clerc de notaire à Cantillana (Séville) et profite de son travail pour se mettre en contact avec l’environnement intellectuel de Séville, en particulier les membres du cercle de l'Athénée, aux idées politiques régionalistes.

L'observation de l’état des journaliers andalous le laisse fortement impressionné et il écrit :

.

L’idéologie politique de Blas Infante, héritier des mouvements républicains et fédéralistes du , est fondée sur le soutien de l’andalousisme et sur l’existence de différences entre l’Andalousie et les autres régions d’Espagne. Son objectif est de parvenir à la reconstruction de l’Andalousie :

En 1915 est publiée son œuvre la plus importante, Ideal Andaluz (Idéal andalou) : plusieurs études sur la renaissance de l’Andalousie où il explique sa vision personnelle de l’histoire et du problème andalou. En 1918 a lieu à Ronda la première assemblée régionaliste andalouse, inspirée par la Constitution fédérale d’Antequera de 1883, qui établit la marche à suivre afin d'obtenir une pleine autonomie pour l'Andalousie. La proposition de Blas Infante de récupérer le drapeau andalou « vert et blanc » et le blason représentant Hercule accompagné des lions, inspiré de celui de Cádiz (ce qu’il appellera « les insignes d’Andalousie ») est alors adoptée. En 1933, il propose un hymne basé sur la mélodie religieuse du chant des moissonneurs de certains villages andalous, Santo Dios (Saint Dieu), qui était chanté au lever et au coucher du soleil. Ce sont actuellement les symboles institutionnels andalous, selon le Statut d'autonomie de l'Andalousie dans ses articles 6.2 et 6.3 : Il conçoit l’idée nationale de l’Andalousie en la comprenant comme nationalité historique, ainsi qu' il l'écrit dans le Manifiesto Andalucista de Córdoba de 1919 - Manifeste de Cordoue du :

Pendant la Première Guerre mondiale, il est emprisonné pour avoir essayé d'engager l’Espagne dans le conflit, au détriment de la neutralité du pays, en préconisant l'alliance avec la France contre l'Allemagne. Aux élections de 1918, Blas Infante essaye de se présenter dans le secteur électoral de Gaucín, puis une année plus tard dans le même secteur et à Séville, mais il ne sera pas élu du fait de la forte présence du caciquisme.

Il est marié avec Angustias García Parias avec laquelle il aura quatre fils.

Pendant la dictature de Miguel Primo de Rivera, Blas Infante rejette toute collaboration. En représailles, les Centres andalous, fondés par lui en 1916 et éditeurs de la revue Andalucia (Andalousie) comme plate-forme politique du nationalisme andalou dans un système fédéral, sont fermés.

Pendant ces années, il voyagera, notamment au Portugal. En 1924, il se rend au Maroc où il visite la tombe de Motamid, le dernier roi de Séville (cf. son livre publié en 1920) à Agmat. Selon certaines sources, il se serait alors converti à l'islam le et aurait pris pour nom Ahmad ; les témoins de sa conversion, dans une petite mosquée à Agmat, au Maroc, seraient Omar Doukali et un notable de la tribu des Bani Al-Ahmar, tous deux d'origine morisque.

En 1928, il voyage en Galice pour rencontrer les idéologues du « galleguismo » et prend part à la revue régionaliste galicienne appelée Nosotros (Nous). En 1930 il donne une conférence politique à la Société Économique d'Amis du Pays à Malaga.

La période républicaine

vignette|Maison musée de Blas Infante à Coria del Río.

Avec la proclamation de la Seconde République espagnole en 1931, il acquiert une charge notariale à Coria del Río (Séville), où il construit sa maison qu'il appellera Dar al-Farah (Ville Joie) inspirée de l'architecture d'Al-Andalus, en s’occupant personnellement de sa décoration.

Blas Infante préside la (JLA) et se présente de nouveau à différentes candidatures sous l'étiquette du « Parti républicain fédéral ». Toutefois, il n'obtient pas de représentation parlementaire. Les points essentiels de sa campagne politique sont : le refus du centralisme et la nécessité du fédéralisme, la fin du caciquisme et du système électoral complexe, la réforme économique la réforme de la justice, la liberté de l'enseignement, la liberté de mariage, etc. Ces idées et ce qui est promu dans la JLA auront une grande importance dans la rédaction de l'avant-projet de statut d'autonomie, rédigé en grande partie par Blas Infante lui-même.

En 1931, il écrit le livre La verdad sobre el complot de Tablada y el Estado libre de Andalucía (La vérité sur le complot de Tablada et l'État libre d'Andalousie). Bien qu'il y ait de clairs germes indépendantistes dans l'andalousisme, à défaut d'appui populaire, il s'emploie à modérer le discours et à définir l'État libre d'Andalousie comme « libéré » de toute oppression, de domination et d'injustice, et ainsi de pouvoir décider de son futur, ce dernier devant venir au moyen d'une grande réforme agricole dans une nouvelle Espagne républicaine et fédérale.

Blas Infante se présente à nouveau aux élections de novembre 1933 avec la « Gauche Andalouse Républicaine » à Malaga dans une coalition (partis Radical Socialiste et Gauche Radicale Socialiste), ce qui se termine par un nouvel échec et dans une désillusion remarquable pour Blas Infante. Il défend en de nombreuses occasions l'anarchisme, pour lequel il avait des sympathies et qui était durement réprimé.

Au cours de l'assemblée de Cordoue, en janvier 1933, « l'Avant-projet de Bases pour le Statut d'Autonomie » est approuvé et doit être soumis à référendum, mais celui-ci sera retardé puis paralysé par suite de la Guerre Civile en 1936. Toutefois des études actuelles mettent en évidence que l'Assemblée de Cordoue a été une catastrophe pour l’andalousisme. En effet, la présence de plus de 700 assembléistes des huit provinces de l'actuelle Communauté andalouse était attendue et ils furent seulement deux centaines. La représentation fut inégale : Cordoue et Séville ont apporté 70 % des assembléistes, Malaga n'a pas atteint les 2 %.

Les assemblées de Grenade, de Jaen et d’Almeria avaient préparé un avant-projet pour la Fédération d'Andalousie Orientale et disposaient de l'appui de Huelva qui souhaitait être unie à l'Estrémadure. Quand les assemblées de Séville et de Cordoue ont présenté leur avant-projet, les « orientaux » ont abandonné l’assemblée. L'avant-projet a donc été approuvé sans la participation des assemblées de Jaén, d’Almeria et de Grenade et avec l'abstention de ceux de Malaga.

En 1934, Blas Infante rend visite au président de la Généralité de Catalogne, Lluis Companys, prisonnier avec d'autres membres de son gouvernement dans le pénitencier du Port de Santa María.

Avec l'arrivée au pouvoir du Front populaire, après les élections de 1936, le mouvement politique andalousiste récupère des forces et, pendant l'assemblée de Séville le , Blas Infante est acclamé comme président d'honneur de la future Assemblée Régionale d'Andalousie.

Peu après le coup d’État du général Franco, plusieurs membres de la Phalange l'arrêtent dans sa maison de Coria del Río. Quelques jours après, le , Infante est fusillé, sans jugement ni sentence, avec deux autres personnes, au kilomètre 4 de la route de Carmona, tandis qu'il criait « Vive l’Andalousie libre ! »

Quatre années après son assassinat, le Tribunal des Responsabilités Politiques, créé après la guerre, le condamne à mort et ses descendants à une amende, dans un document écrit à Séville le : .

Œuvres principales vignette|Ideal andaluz (1915). Ideal andaluz (1915) La obra de Costa (1916) La Sociedad de las Naciones (1919) Manifiesto Andalucista de Córdoba de 1919 Motamid, último rey de Sevilla (1920) Cuentos de animales (1921) La dictadura pedagógica (1921) Orígenes de lo flamenco y secreto del cante jondo (1929–1933) La verdad sobre el complot de Tablada y el Estado libre de Andalucía (1931) Fundamentos de Andalucía Almanzor

Musicologie Blas Infante dans son livre Orígenes de lo Flamenco y Secreto del Cante Jondo (1929-1933) défendait l'hypothèse que le mot flamenco dérivait des termes arabes felah-menkoub, qui, associés, signifient . Il reprenait une terminologie déjà proposée à partir du mot fallah, et déclinée aussi en felahikum ou felagmenku. Cependant les flamencologues ont rejeté cette thèse, remarquant que le mot flamenco n'est apparu qu'au à une époque où l'influence arabe sur la langue espagnole avait disparuB. Leblon Flamenco 7..

Hommage droite|267x267px Le Parlement d'Andalousie approuve à l'unanimité, en 1983, le Préambule pour le Statut d’Autonomie de l'Andalousie, où Blas Infante est reconnu comme « Père de la Patrie Andalouse ».

La Fondation du Centre d'Études Andalouses de la « Junte d'Andalousie » acquiert en 2001 la maison de Blas Infante à Coria del Río pour la transformer en maison musée du patrimoine historique et culturel andalou.

Il lui est rendu hommage chaque année le Jour de l’Andalousie () et à la date anniversaire de son assassinat le .

Voir aussi Articles connexes Guerre d'Espagne Drapeau de l'Andalousie Hymne de l'Andalousie

Liens externes

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Références

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