En France, l'INRS de son nom complet Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles est une association loi de 1901 sans but lucratif, créée en 1947 sous l’égide de la Sécurité sociale (CNAM).

L’INRS couvre la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles du régime général (entreprises de l’industrie, de la construction, du commerce et des services) soit d’établissements et de salariés. Son action s'inscrit dans le cadre des orientations de la branche AT/MP de la Caisse nationale de l'assurance maladie (CNAM) et des priorités des pouvoirs publics, définies par une convention d’objectif et de gestion entre la branche et l’État. Son slogan est : « Notre métier, rendre le vôtre plus sûr ».

Historique et budget L’INRS trouve son origine en 1947 avec la création de l’INS (Institut national de sécurité) par les partenaires sociaux. En 1968, l’INRS est officiellement créé sous sa forme actuelle, intégrant des missions de recherche appliquée dans des domaines variés (physique, mécanique, ergonomie, chimie, toxicologie, etc.).

Le budget de l'INRS est financé en quasi-totalité par l'Assurance maladie, via le Fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (FNPAT). Le FNPAT est alimenté par les « cotisations accidents du travail / maladies professionnelles » (AT/MP) des entreprises qui cotisent au régime général de la Sécurité sociale.

En 2023, l'INRS doit fonctionner avec un budget provisoire faute de nouvelle convention d'objectifs et de gestion (COG). La CNAM alloue alors 80 % du budget de la précédente convention (2018-2022), qui avait fixé un budget annuel de d'euros. En 2024, le budget de l'INRS s'est élevé à 88 millions d'euros. Cependant, des incertitudes demeurent sur le financement futur de l'institut.

Organisation L'Institut est géré par un conseil d'administration paritaire composé à part égale d'un collège représentant les employeurs et d'un collège représentant les salariés, présidé alternativement (tous les deux ans) par un membre d’un de ses collèges.

Conseil d'administration Les administrateurs titulaires sont : confédération française démocratique du travail (CFDT) ; confédération française de l'encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC) ; confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) ; confédération générale du travail (CGT) ; force ouvrière (CGT-FO) ; mouvement des entreprises de France (Medef) ; union des entreprises de proximité (U2P) ; confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

Les membres de droit sont (sans droit de vote) : le directeur de la direction générale du travail (ministère chargé du Travail) ; le directeur de la Sécurité sociale représentant le ministre chargé des Affaires sociales ; le directeur du budget représentant le ministre chargé du budget ; le directeur de la Caisse nationale de l'assurance maladie (CNAM) ; le contrôleur général économique et financier près l'INRS.

Sites vignette|Siège social de l'INRS à Paris en 2018.L’INRS est réparti sur deux sites, à Paris et à Vandœuvre-lès-Nancy en Lorraine. En 2024, l'institut regroupe , qui ont diverses fonctions : ingénieurs, médecins, chercheurs, chimistes, ergonomes, psychologues, formateurs, économistes, juristes, spécialistes de l’information

Mission L’INRS contribue à la prévention des risques professionnels. Axé dans un premier temps sur le recueil et la diffusion d’information ainsi que sur la formation, l’Institut a élargi ses activités à la recherche appliquée à partir de 1968 (date de l’appellation actuelle d’INRS). C’est aujourd’hui un institut pluridisciplinaire au service des professionnels de la prévention, des entreprises et des salariés.

Sa mission est de contribuer à la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles et plus précisément : d'identifier les risques professionnels ; d'analyser leurs conséquences sur la santé des personnes ; de concevoir et promouvoir des solutions de prévention auprès de tous les acteurs de prévention : chefs d'entreprise, salariés, CHSCT/CSE, services de santé au travail

L'institut contribue à répondre aux défis actuels en matière de santé et sécurité au travail et à anticiper ceux de demain : outre les risques « traditionnels » (bruit, vibrations, produits chimiques dangereux…), il travaille sur les risques liés aux évolutions du travail (stress, épuisement professionnel, lombalgies, troubles musculosquelettiques…) ou aux nouvelles techniques de production (nanomatériaux, traitement des déchets, technologies de l’information et de la communication, industrie du futur, robotisation, secteur de l'aide à la personne…).

Thématiques de travail Les domaines de compétences de l’INRS couvrent la plupart des risques liés au travail : les risques physiques (bruits, vibrations, ondes électromagnétiques), les risques chimiques liés aux substances comme aux procédés (solvants, amiante, poussières, nanoparticules), les risques biologiques (infectieux, immunoallergiques), les risques électriques, les risques psychosociaux (stress, harcèlement, violence, épuisement professionnel)

Le cadre stratégique 2023-2028 de l’INRS définit 4 programmes de prévention par risques professionnels (Risques liés à l'organisation et aux situations de travail, risques biologiques, risques chimiques, risques physiques et mécaniques), ainsi que 6 thématiques focalisées en santé et sécurité (Exposition aux aérosols, Polyexpositions hétérogènes, Enjeux climatiques et santé au travail, Technologies numériques et impacts organisationnels, Intérim et contrats courts, Perturbateurs endocriniens) .

Modes d'actions L'INRS mobilise quatre modes d'action : les études et la recherche, l'assistance, la formation et l'information-communication.

Études et recherche L’INRS mène des activités de recherche au moyen de ses 25 laboratoires spécialisés visant à améliorer les connaissances en santé et sécurité au travail dans un objectif de prévention..

Assistance Les experts de l’INRS assurent une assistance documentaire, juridique, technique et médicale et répondent aux sollicitations émanant de préventeurs d’entreprises, de salariés, de CHSCT/CSE, de services de santé au travail…

Ils développent également des bases de données, des guides de prévention et des outils pratiques.

Formation L'INRS propose des activités de formation à destination des acteurs de prévention et conçoit des dispositifs de formation qui permettent de démultiplier le nombre de personnes formées, par exemple en s'appuyant sur la formation à distance..

Information L’institut élabore et diffuse des produits d’information (site web, lettre électronique, revues périodiques, brochures, dépliants, vidéos, affiches).

Travaux de prospective Depuis 2013, l'INRS conduit des travaux de prospective qui visent à prendre en compte les évolutions du monde du travail pour décrire des avenirs possibles et leurs conséquences sur la santé et sécurité au travail. L'objectif est d'identifier des besoins à venir en matière de prévention, d’orienter sa politique à moyen terme et d’identifier des leviers d’action.

Ainsi l'étude « Plateformisation 2027: conséquences de l’ubérisation sur la santé et la sécurité au travail » met en évidence un certain nombre de points de vigilance, comme une vulnérabilité accrue pour des travailleurs souvent non salariés, mais aussi des opportunités en matière de prévention des risques professionnels, comme le maintien de relations humaines incontournables permettant de renforcer les actions de prévention .

Relations et partenariats en Europe et à l’international L'INRS fait partie d’un certain nombre de réseaux sur les plans européen et international :

PEROSH, Partenariat pour la recherche européenne en sécurité et santé au travail ; EUROSHNET ; L’ICOH / Commission internationale de santé au travail (CIST) ; L’Association internationale de sécurité sociale (AISS).

Afin d’échanger sur les bonnes pratiques de prévention et de développer en commun les connaissances scientifiques et techniques, l’INRS engage des partenariats avec des organismes ou instituts homologues :

Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST/ Québec, Canada) ; National Institute for Occupational Safety and Health (NIOSH, États-Unis) ; Finnish Institute of Occupational Health (FIOH, Finlande) ; Institute for Occupational Safety and Health (IFA, Allemagne)

Prévention et graphisme Dans le cadre de son rôle de promotion de la prévention des risques professionnels, l'INRS a produit beaucoup d'affiches à destination des ateliers, des usines, des entrepôts, des chantiers et des bureaux. Entre 1949 et 1984, Bernard Chadebec, salarié de l'INRS, a réalisé dans ce cadre une grande quantité d'illustrations humoristiques. En 2016-2017, à l'occasion de ses , l'INRS rassemble une sélection d'affiches de sécurité dans une exposition intitulée « La santé et sécurité s'affichent ». Utilisées pour sensibiliser et informer les salariés sur la santé et la sécurité au travail, ces affiches illustrent les grandes évolutions des préoccupations de santé et de sécurité de la société et du monde du travail.

Polémiques Arbre des causes

vignette|Présentation de l'allure générale d'un arbre des causes. Au début des années 1970, des chercheurs de l’INRS associés à des universitaires mettent au point l’arbre des causes, une méthode destinée à l’analyse hiérarchique des causes, et applicable aux accidents du travail. En 1976, la direction de l’INRS décide d’imprimer d’une première brochure dédiée à cette méthode, dans l’objectif de la diffuser très largement aux entreprises françaises. La mention des droits stipule en outre que l’INRS autorise toute copie du document afin de le distribuer plus largement. Dans le même temps, l’INRS affiche sa volonté de créer une rubrique mensuelle intitulée « l’Arbre des causes du mois » dans la revue de l’institut..

Le conseil d’administration paritaire demande alors que la méthode lui soit présentée en détail par les chercheurs, ce qui est fait le .