Cette page concerne l’année 1652 du calendrier grégorien.

Événements

Janvier : Mazarin entre à Épernay.. : les troupes de Condé sont délogées de Saint-Savinien. : Jacqueline Pascal entre à Port-Royal de Paris, malgré les réticences de son frère. : Harcourt qui a reçu des renforts à Saint-Jean-d'Angély, décide de marcher contre les armées de Condé pour traverser la Charente à Saintes. - : vente aux enchères de la bibliothèque de Mazarin.

Jacques Du Coudray de Geniers et François Bitault, conseillers au Parlement de Paris, sont envoyés à Pont-sur-Yonne, près de Sens, pour empêcher le passage du cardinal de Mazarin, de retour en France à la tête d’une forte troupe commandée par le maréchal d’Hocquincourt. Morangé, à la tête de cent mousquetaires du Languedoc, et après une forte résistance plie sous le nombre, ce qui ouvre au cardinal la route de Poitiers. Bitault est arrêté.. le comte d’Harcourt se dirige vers Cognac. : le comte d’Harcourt fait passer sur un pont de bateaux la Charente à ses troupes au niveau de Cognac. Bougy est chargé par Harcourt de lancer une offensive de cavalerie contre Condé. : Bougy au petit matin, après avoir bâti un pont en hâte surprend les troupes de Condé au quartier de Brives-sur-Charente. : traité entre le prince de Condé et le Parlement de Bordeaux. : prise de Barbezieux sur les hommes de Condé, dirigés par le sieur de Lévis, comte de Chalus, par les troupes du roi commandées par M. de Bellefonds.

le château de Barbezieux est livré à 6 heures du matin. défaite des troupes de Condé à Saint-André-de-Cubzac. Elles sont forcées de repasser la Dordogne. : Mazarin passe la Loire à Gien.

alliance de Condé et de Gaston d’Orléans contre Mazarin. Le Parlement a refusé son soutien à Gaston qui aurait préféré ne pas entrer dans la guerre civile. Bossuet est nommé archidiacre de Sarrebourg, dans l’église de Metz. le Parlement qui avait député Bellièvre à la cour pour protester contre le retour de Mazarin, reçoit la réponse de la cour : Mazarin est rentré en France à la tête d’une armée sur ordre du roi. Le Parlement réitère une déclaration de pure forme contre le retour de Mazarin. : le parlement de Paris refuse de s’unir à Condé et à Gaston d’Orléans.

ordre du roi au comte d’Harcourt daté de Poitiers prescrivant l’échange du marquis de Lévis, homme de Condé et emprisonné à Saumur, contre le chevalier d’Albret et quelques autres officiers faits prisonniers à Pons.. les évêques réunis à Poitiers sous la signature de l’archevêque de Bordeaux (Henri de Béthune), primat d’Aquitaine fulminent une condamnation d’un libelle imprimé à Bordeaux en 1651 en faveur du prince de Condé qui traitait de la question de savoir si Dieu était avec Condé. : Mazarin entre à Poitiers accueilli triomphalement par la reine-mère. Le roi part à sa rencontre à deux lieues. : le comte d’Harcourt écrit à Mazarin qu’il fait prendre à ses troupes les quartiers de rafraîchissement le long de l’Isle et de la Dordogne. Février : le duc de Bouillon et son frère, le maréchal de Turenne, arrivent à Poitiers. Ayant obtenu de Mazarin de larges compensations pour la perte de Sedan, ils viennent se mettre au service de la Cour. : Rancé et Bossuet sont reçus docteur de Sorbonne. Ils obtiennent respectivement les premier et troisième rang dans la promotion des licenciés. : Bussy-Rabutin qui a rejoint le camp du roi s’est donné rendez-vous avec comte de Palluau qui assiégeait Montrond à La Charité-sur-Loire et tous deux forcent les habitants à rompre deux arches du pont sur la Loire. : une lettre du roi au parlement de Paris, daté de Saumur, dénonce l’entrée du duc de Nemours en France à la tête de troupes espagnoles. Elle est lue au Parlement le . Une lettre semblable, datée du 22, est lue au Parlement le 27. : minute du brevet qui confère le rang de prince des maisons souveraines au duc de Bouillon et au vicomte de Turenne. : ordre du roi au sieur de Chalesme de saisir des châteaux de La Rochefoucauld, Verteuil et La Vergne. : le pape Innocent X élève Gondi au cardinalat. La nouvelle arrive à Paris le . Depuis la fin de 1651, Gondi, sentant l’instabilité de la situation presse son agent à Rome, l’abbé Charrier qui lui succédera comme abbé commendataire de Sainte-Croix, de travailler activement à sa promotion cardinalice, ne ménageant ni les cadeaux, ni les flatteries, ni les menaces. Sa popularité parmi les Parisiens va s’effondrer en quelques semaines.

Harcourt est informé que les troupes de Condé ont l’intention de franchir le pont de Terrasson sur la Vézère pour s’emparer de Sarlat. Parti de Bourdeilles, il avance au bord de la rivière de l’Isle. Turenne accepte le commandement de l’armée royale. : Harcourt laisse un corps de cavaliers à Terrasson, ce qui dissuade Condé de prendre le pont. : Harcourt est à Sarlat. : Condé, venu secourir son frère Conti, bat le marquis de Saint-Luc à Miradoux et le rejette sur Lectoure. De Sarlat, en déplaçant ses troupes par voie d’eau sur la Garonne, Harcourt se porte au secours de Miradoux assiégée par Condé. : assemblée de Magny-en-Vexin, réunissant les députés de neuf bailliages. De nouvelles réunions ont lieu à Maintenon le , à Nogent-le-Roi le , à La Roche-Guyon le , à Dreux le . Le mouvement des « Bailliages unis », assemblées de la petite noblesse en Normandie, Vexin, Beauce et Perche est encouragée par le duc d’Orléans. Il proteste contre les débordements des gens de guerre et réclame la tenue d’états généraux, des postes dans l’armée et le maintien des privilèges fiscaux.

le duc de Rohan rend la ville d’Angers aux troupes royales d’Hocquincourt. la Cour décide de marcher sur Paris. Mars

victoire d’Hocquincourt sur les frondeurs au Pont-de-Cé. Harcourt passe le Lot à Cahors. une armée recrutée aux Pays-Bas espagnols par le duc de Nemours, pour le compte de Condé, franchit la Seine à Mantes. 4 - : Harcourt passe la Garonne à Auvillar. vignette|Le palais d’Orléans et l’hôtel de Condé sur le plan de Gomboust, en 1652.

devant l’avancée du comte d’Harcourt, Condé lève le siège de Miradoux et se retire à Astaffort. arrivée du duc de Nemours à Paris avec 7000 hommes. Une lettre du parle ainsi de l’arrivée du duc de Nemours à Paris : « M. le duc de Nemours est arrivé ici cette après-dînée, accompagné de quatre cents chevaux y compris ce qui l’on avoit envoyé au-devant de lui ; il a traversé toute la ville en cet équipage, et est allé descendre du palais d’Orléans (au Luxembourg). » : Plessis-Bellière et Montausier quittent Pons pour assaillir Saintes. Les premières troupes prennent position autour de la ville.

l’attaque de Saintes commence. L’assiégeant fait une trouée dans le faubourg Saint-Eutrope. Des tranchées sont creusées pour prendre des points forts de la ville. Harcourt, après avoir regroupé ses troupes, leur laisse deux jours de repos et quitte Auvillars. : on dispose les batteries autour de Saintes.

les troupes de Condé et Conti s’emparent de Pergain. à Saintes, on continue à installer les batteries, on fait avancer les tranchées. Le sieur de Montafilant ingénieur est blessé au ventre. Il meurt le 10.

la cour est à Tours. vigoureuse attaque au siège de Saintes. Sortie infructueuse des assiégés. Le soir, Chambon, gouverneur de la place entre en négociation pour capituler. Mademoiselle rapporte dans une lettre un ballet donné chez elle le jour de la mi-Carême par le fils de Séguier, à la demande de Monsieur, en l’honneur des troupes anticardinalistes commandées par Nemours et le baron de Clinchamp (qui mourra bientôt au combat de la porte Saint-Antoine).

Chambon, à qui on a garanti de partir avec ses troupes sauves de Saintes, passe comme il est de tradition entre les troupes de l’assaillant rangées en bataille ; soudain, il arrive un grand désordre dans ses troupes. Les soldats et cavaliers pillent leurs officiers, en criant vive le roi, et rejoignent les hommes de Plessis-Bellière qui assiégeaient la place. Chambon est contraint de se retirer avec seulement quelques officiers. Harcourt rassemble ses troupes et marche sur Fleurance. Il veut surprendre les troupes de Condé dans leurs quartiers.

la cour est à Amboise. Harcourt repart de Fleurance à la pointe du jour. À quatre heures de l’après-midi, les troupes d’Harcourt se sont insinuées par surprise entre deux quartiers de Condé, Laplume et Astaffort. Il décide d’attaquer le quartier où se trouve Condé à Astaffort. Condé a le temps de franchir la Garonne ; Harcourt prend 500 chevaux un abondant butin et de l’artillerie. Toutes les villes du pays d’Albret se soumettent au roi.

la cour arrive à Blois. l’armée que commande le duc de Nemours fait sa jonction, aux environs de Châteaudun, avec les forces levées par Gaston d’Orléans et placées sous les ordres du duc de Beaufort. : Bossuet est ordonné prêtre à Paris, après avoir fait une retraite sous la direction de M. Vincent à Saint-Lazare.

en pleine séance du Parlement, Fiesque vient demander à Gaston d’Orléans de se rendre à Orléans. Taillebourg, assiégée par Montausier et du Plessis-Bellière, capitule. , dimanche des Rameaux : Condé quitte Agen en grand apparat, puis à quelques lieues se travestit en laquais, et laisse son équipage leurrer son monde. Puis suivi de La Rochefoucauld et son fils Marcillac, de Guitaut et de quelques autres, fait route vers le Nord. Il va à marches forcées à la rencontre du duc de Nemours, sur la Loire. Après les revers de Saintes, Taillebourg, etc. Condé décide de changer de théâtre d’opérations. arrivée de Beaufort et de Tavannes au palais du Luxembourg pour accompagner Monsieur à Orléans. Gondi le dissuade de quitter Paris. : départ à midi de la Grande Mademoiselle pour Orléans avec le duc de Rohan, la dame de Bréauté, la comtesse de Fiesque et la dame de Frontenac. Mademoiselle est à Étampes le , où elle rejoint Beaufort à la tête d’une troupe. À Toury, elle trouve Nemours et le baron de Clinchamp. Il s’agit de devancer le roi qui a le projet d’entrer dans Orléans, en venant de Blois. La Cour a couché à Cléry. : levée à 5 heures du matin, Mademoiselle de Montpensier s’empare de la ville d’Orléans (elle passe d’abord à la porte Bannière, puis seule, en passant par la porte Brûlée), capitale de l’apanage de son père. : Mazarin apprend la nouvelle de la prise d’Orléans.

à Jargeau, les forces royales de Turenne repoussent Beaufort qui voulait se saisir du pont de la Loire. Bussy-Rabutin reçoit à La Charité une lettre du roi portée par d’Artagnan lui demandant de tenir la place et le pont contre ses ennemis. violente querelle entre Nemours et Beaufort qui en viennent aux armes en présence de Mademoiselle lors d’un conseil de guerre tenu dans un faubourg d’Orléans ; Nemours, qui voulait secourir Montrond assiégé, doit céder et après l’arrivée de Condé, l’armée des princes rebelles marche vers Montargis pour couper la route à Mazarin. : Condé et sa troupe incognito sont au Bec d’Allier, près de La Charité-sur-Loire. Ils prennent un bac pour traverser la Loire. : la Cour détournée d’Orléans va passer les fêtes de Pâques à Sully. Avril

vignette|Françoise d’Aubigné vignette|Paul Scarron : tandis que la Cour arrive à Gien, Condé rejoint l’armée des princes (Beaufort et Nemours) à Lorris-en-Gâtinais, et en prend le commandement. 2 - : à Paris, manifestation sur le Pont Neuf en faveur des princes. Ces manifestations populaires contre Mazarin sont orchestrées par le parti des princes. Les désordres sont réprimés par le Parlement et la milice bourgeoise.

mariage de Paul Scarron avec Françoise d’Aubigné, future Madame de Maintenon. les troupes royales passent la Loire à Gien. Louis XIV est présent. : exécution du maçon Pierre Louis, l’un des meneurs des manifestations parisiennes. : du Plessis-Bellière fait dresser la batterie au siège de Saint-Surin.