Le régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) est un régiment français créé en 1910. Chargé de la défense du Territoire du Tchad, le régiment entier est rallié à la France libre en 1940 et combat avec la colonne du colonel Leclerc. En 1943, le régiment de marche du Tchad (RMT) reprend l'héritage du RTST et participe à la libération de la France. Le RTST reste stationné au Tchad et devient en 1958 le d'infanterie de marine (), finalement dissous en 1997.
Création et différentes dénominations
1899 : recrutement des premiers tirailleurs du Chari : organisation du bataillon indigène du Chari : devient régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (transformation effective le ) : devient le d'infanterie de marine : dissout, le devient groupement saharien et le groupement saharien : nouvelle création du d'infanterie de marine : dissout
Historique des garnisons, combats et opérations
Origine : le bataillon du Chari
En 1899, la mission menée par Émile Gentil commence à recruter des . Sous les ordres du capitaine Robillot, les tirailleurs du Chari participent aux combats contre Rabah, notamment à la bataille de Kousséri le qui voit la mort de Rabah.
Le est créé le bataillon indigène du Chari, destiné à défendre le nouveau territoire du Tchad. Il compte trois compagnies rassemblées à Brazzaville en février 1901 (deux compagies de tirailleurs soudanais et une de tirailleurs dahoméens) et une compagnie formée en décembre 1900 à Goulfey avec les tirailleurs du Chari et des tirailleurs sénégalais mais aussi d'anciens soldats de Rabah.
En 1901, le nouveau bataillon participe à la conquête du Bornou face au fils de Rabah.
Par décret du , le bataillon du Chari est regroupé avec le bataillon indigène du Congo au sein d'un mais celui-ci est dissout dès le et les deux bataillons redeviennent indépendant.
Le bataillon du Chari participe à la conquête du reste du Tchad, contre les Senoussistes ainsi que dans le Ouaddaï. En 1908, le bataillon intègre les unités de cavalerie et d'artillerie stationnées au Tchad et devient bataillon mixte du Tchad.
L'effectif du bataillon passe en 1909 de quatre compagnies à six puis à huit en 1910. Il est renforcé par le transfert la du bataillon de l'Oubangui-Chari, la formation d'une compagnie recrutée dans la région de Niamey-Zinder et le recrutement au Tchad de deux nouvelles compagnies. L'effectif devient très important et justifie la création d'un régiment.
Création du régiment Le régiment des tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) est créé le à partir du bataillon mixte du Tchad. Cette création est effective le . Cette année-là, le régiment est stationné comme suit :
, compagnie mobile stationnée au Ouadaï, avec un escadron de 80 cavaliers dont 50 goumiers ; , unité (chargée de missions de police), au Bas-Chari ; , , au Batha ; , , au Kanem ; , et renforcée par une section d'artillerie avec canons de montagne de 80, stationnée au Ouadaï ; , , au Moyen-Chari ; , méhariste et destinée aux longs raids, au Kanem ; , méhariste et destinée aux longs raids, au Ouadaï ; , , avec un peloton au Ouadaï et l'autre au Salamat ; , mobile, au Ouadaï ; , mobile, au Ouadaï ; , mobile, au Ouadaï. Le régiment forme la principale force armée du colonel Largeau lors de la campagne du Borkou et de l'Ennedi.
Première Guerre mondiale vignette|Tirailleur à Abéché vers 1918.Le RTST participe à la campagne d'Afrique de l'Ouest qui envahit le Kamerun allemand, engageant un millier d'hommes dans la conquête du Cameroun.
Entre-deux-guerres En 1919, l'organisation est la suivante :
à Mao (Kanem) : , compagnie d'occupation et de police, incluant deux pelotons méharistes, à Mao avec divers détachements dans d'autres localités ; , compagnie méhariste en réserve, à Ouachtiguiet Koro Toro ; , compagnie en réserve, à Massakory ; , escadron de cavalerie, à Moussoro. à Abéché (Ouaddaï) , d'occupation, à Abéché ; , d'occupation en pays kodoï et zaghawa, incluant deux pelotons méharistes, à Biltine, Arada et Oum Chalouba ; à Adré ; , chargée de l'occupation et de la protection du Borkou, à Faya et ; , chargée de l'occupation et de la protection de l'Ennedi, à Fada et Ounianga ; , chargé de l'occupation du Sila, à Goz Beïda ; , unité d'artillerie, à Abéché avec un détachement à Faya. à Fort-Lamy : , chargée de l'occupation du Bas-Chari, à Fort-Lamy ; , chargée de l'occupation du Batha inférieur, à Ati et Mongo ; , chargée de l'occupation du Moyen-Batha ; , chargée de l'occupation du Moyen-Chari ; , chargée de l'occupation du Salamat ; , chargée de l'occupation du Mayo Kebbi.
En 1924, les pelotons méharistes dispersés dans les compagnies sont regroupés pour former des groupes nomades : Kanem, Borkou et Ennedi. Chaque groupe compte deux sections montées de cavaliers sur chameaux et un groupe de mitrailleuses.
En 1929, une nouvelle compagnie, prenant le numéro 6, est créée à Bardaï, en même temps que le groupe nomade du Tibesti qui lui est rattachée.
Seconde Guerre mondiale vignette|Soldat tchadien en 1942.
Le régiment est organisé ainsi début 1940 :
État-major et un bataillon à trois compagnies à Fort-Lamy ; Un bataillon à quatre compagnies à Abéché ; Un bataillon à deux compagnies à Faya-Largeau ; Une compagnie à Bangui. En , le régiment est la première unité d'Afrique à rejoindre la France libre. En , il est placé sous les ordres du colonel Leclerc. La colonne Leclerc, formée autour des unités mobiles du RTST, mène le raid de Koufra en 1941, puis participe à l'invasion du Fezzan en 1942 puis du Sud de la Tunisie en 1943. La victoire à Koufra ayant eu un impact retentissant, de nombreux résistants du Corps franc d'Afrique et des unités stationnées en Afrique du Nord vont rejoindre les rangs du RTST au fur et à mesure de la progression vers la Méditerranée.
En juillet 1943, la division blindée est créé au Maroc. Les cadres servant au RTST, essentiellement métropolitain, va constituer le noyau d'encadrement de la division et le régiment de marche du Tchad (RMT) est créé. Les tirailleurs du RTST vont, quant à eux, reprendre garnison en Afrique (ou regagner leur foyer).
Par décision du , le général de Gaulle proclame le régiment de marche du Tchad héritier des traditions du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad. De fait, la croix de guerre avec deux palmes et la fourragère aux couleurs de la croix de guerre sont ainsi conférées au drapeau du RMTExtrait de la décision /CAB/MIL/2.G..
Après 1945 Les années 1950 et 1960 sont celles de la décolonisation. De 1957 à décembre 1960, le régiment détache une compagnie qui participe à la guerre du Cameroun en pays bamiléké.
Le , le régiment change d'appellation et devient le d'infanterie de marine. Il est dissous le : le devient groupement saharien et le groupement saharien .
Le , le est recréé comme régiment divisionnaire stationné à Montlhéry. Son noyau est fourni par le centre militaire d'information et de documentation pour l'outre-mer stationné à Versailles. En 1979, il devient l'unité de réserve du régiment de marche du Tchad. Il est dissous le au début de la professionnalisation de l'armée française, et surtout à la suite de la prise en compte de la fin des doctrines héritées de la guerre froide.
Chef de corps
1900 - 1902 : chef de bataillon Tétart
avril - : colonel Marchand
- 1942 : colonel Leclerc de Hauteclocque ?-? : colonel Lacomme ?-? : lieutenant-colonel Nicolazo de Barmon 1958-1959 : colonel Chaboud 1959-1961 : colonel Bley 1973-1976 : colonel Quinquenel 1976-1978 : colonel Cluzel 1978-1980 : colonel Sauerbach 1980-1983 : colonel Foucaud 1983 : colonel Maldy 1988 : colonel Guidoux 1993 : colonel Vernadal 1996 - 1997 : colonel Gobbaerts
Traditions Drapeau vignette|Dessin du revers du drapeau du RTST. Il porte dans ses plis les inscriptions suivantesDécision /SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, , 9 novembre 2007 :
TCHAD 1900
OUADAÏ 1909
BORKOU-ENNEDI 1913
CAMEROUN 1914 - 1916
KOUFRA 1941
FEZZAN 1942
SUD-TUNISIEN 1943
Décorations Croix de guerre 1939-1945 : 2 palmes à l'ordre des Forces françaises libres attribuées pour les victoires acquises de 1941 à 1943 en Libye et en Tunisie Fourragère aux couleurs du ruban de la croix de guerre 1914-1918 avec olive 1939-1945
Insignes L'insigne du régiment est réalisé en 1944. Il présente un dromadaire, symbole du Sahara et rappel des groupes nomades de l'unité, et la croix de Lorraine des FFL.
Un insigne modifié est homologué en 1946. Le porte le même insigne sauf les inscriptions ( à la place de RTST).
Personnalités ayant servi au RTST
Compagnons de la Libération Ancêtre du régiment de marche du Tchad, unité militaire compagnon de la Libération, le RTST a compté dans ses rangs un certain nombre d'hommes décorés de la croix de la Libération à titre individuel :
Paul Batiment (1920-1944), officier de 1940 à 1943 René Baudry (1907-1964), sous-officier de 1942 à 1943 Raoul Béon (1911-1943), médecin-militaire en 1940 Jean Bertoli (1917-1998), sous-officier de 1941 à 1943 Paul Bonaldi (1917-2008), sous-officier de 1940 à 1943 Augustin Bourrat (1915-1986), sous-officier de 1940 à 1943 Raphaël Briard (1914-1980), sous-officier de 1941 à 1943 Michel Carage (1921-2008), lieutenant en 1943 Roger Ceccaldi (1913-2007), lieutenant d'artillerie de 1938 à 1941 Guy Chauliac (1912-2005), médecin militaire de 1936 à 1943 Jean Colonna d'Ornano (1895-1941), officier de 1938 à sa mort Jean-Marie Corlu (1912-1944), officier de 1941 à 1943 Paul Courounet (1908-1961), sous-officier de 1939 à 1943 René Crocq (1920-1989), sous-officier de 1941 à 1943 Camille Cunin (1912-2004), officier de 1941 à 1943 Raymond Defosse (1897-1956), officier de 1940 à 1941 Jules Detouche (1908-1978), sous-officier de 1940 à 1943 Adolphe Diagne (1907-1985), médecin-militaire en 1940 Thadée Diffre (1912-1971), sous-officier en 1941 Idrisse Doursan (v.1914-1965), soldat puis sous-officier, de 1935 à 1940 et de 1942 à 1943 Albert Eggenspiller (1915-1955), officier en 1940 Henry Farret (1908-1974), officier de 1938 à 1940 Maurice Ferrano (1909-1981), officier de 1938 à 1943 Jacques Florentin (1911-1992), officier de 1940 à 1942 Geoffroy Frotier de Bagneux (1909-1973), officier en 1941-1943 Paul Gauffre (1910-1944), sous-officier de 1937 à 1943 Louis Gautheron (1915-1944), sous-officier de 1938 à 1940 Albert Grand (1914-1998), sous-officier de 1939 à 1943 Jacques de Guillebon (1909-1985), officier de 1939 à 1942 André Kailao (1918-1965), tirailleur en 1939-1940, puis de 1942 à 1943 Jean Kerléo (1909-1950), caporal-chef puis sergent de 1940 à 1942 Henry Kirsch (1912-1997), sous-officier et officier de 1940 à 1943 Yorgui Koli (1896-1970), tirailleur de 1921 à 1925, sergent, adjudant puis adjudant-chef de 1929 à 1940, lieutenant de 1945 à 1948 René Lepeltier (1906-1947), sous-officier de 1934 à 1940 Roger Lévy (1914-2006), officier de 1941 à 1942 Jean Lucchesi (1918-2004), officier de 1942 à 1943 Pierre Marchand (1893-1971), commandant en second de à puis chef de corps d'avril à Jacques Massu (1908-2002), officier de 1940 à 1943 Yves Monteggiani (1908-1965), sous-officier avant 1940 Nadjirom Mouniro (1907-1958), soldat de 1925 à 1927 Gilbert Parazols (1903-1974), officier de 1940 à 1941 Edmond Pinhède (1911-1997), officier de 1937 à 1942 Roger Podeur (1920-2005), officier en 1941-1943, puis en 1947-1950 Pierre Poletti (1894-1971), officier de 1927 à 1946 Moïse Priez (1912-1970), sous-officier de 1940 à 1943 Robert Quilichini (1912-1979), officier de 1938 à 1940 Jean-Gabriel Revault d'Allonnes (1914-1994), officier de 1942 à 1943 Mathieu Rogier (1909-1975), officier de 1939 à 1943 Yves Rolland (1909-1994), sous-officier de 1938 à 1943