Le Service d'enquêtes de la police chilienne ou (police judiciaire chilienne PDI et autrefois PICH) est l'unité de police civile chilienne à caractère scientifique et technique. Elle a été créée en 1933 et fait partie des Forces de l'ordre et de la sécurité du Chili, avec les carabiniers. Elle dépend du Ministère Public pour les enquêtes criminelles.
Sa mission principale est de mener les enquêtes de police, de contribuer à la sécurité publique et d'assurer des missions de prévention face aux risques de crimes, délits et attentats visant à déstabiliser l'ordre public et les institutions du pays. En outre, les missions de cette unité consistent aussi à contrôler les flux migratoires, notamment par le contrôle des frontières, des ports et aéroports, comme le contrôle des étrangers sur le territoire national. C'est aussi la Policía de Investigaciones de Chile qui représente le pays auprès d'Interpol.
Les officiers de l'unité portent la dénomination générique de détective et travaillent en civil, sans uniforme ; leurs insignes de reconnaissance sont une plaque d'identification ainsi qu'une veste de reconnaissance qu'ils portent lorsqu'il est nécessaire de pouvoir les identifier.
Le travail de terrain est réalisé par les "Officiers de police" ainsi que par les "Assistants de police" qui, si l'on effectue une comparaison avec d'autres forces correspondraient à des sous-officiers.
Le travail d'enquête réalisé par les détectives, met en œuvre des méthodes de recherche scientifique telles que la criminalistique, la criminologie, l'analyse criminelle mais aussi des méthodes qui vont de pair telles que : la balistique, la médecine légale et la psychologie entre autres.
Il est important de signaler qu'au travers des dernières estimations privées comme gouvernementales, les services d'enquêtes criminelles sont considérés par la population comme les plus crédibles du paysEncuesta sobre Corrupción 2007 de la Fundación Libertad y Desarrollo, Página 14.
Histoire
C'est en 1813 que l'on trouve la première référence à un réel travail de police dans le "Règlement de la Police", dans lequel sont employés les expressions de "haute police" et "sécurité publique".
C'est en revanche en 1830 qu'est créé le Corps du guet (Cuerpo de vigilantes y serenos) de Santiago dont la mission a été par la suite étendue à tout le pays. Avec la crise du milieu du siècle, nait, en 1852, à Santiago, la "Brigade de police" qui unifie ces unités de guetteurs.
Mais c'est en 1864 que remonte la genèse de la PDI, lorsque le commandant Manuel Chacón crée les "gardes commissionnés" qui sont à l'origine de la "Section de recherches". Ces hommes passaient inaperçu auprès de la population car ils en portaient pas d'uniforme, caractéristique encore d'actualité avec les détectives de la PDI. En cette même année, la municipalité de Valparaíso crée la "Police secrète" dont l'objectif est de "poursuivre et arrêter, voleurs et malandrins".
Au cours des années 1780, le maire de la ville de Santiago, Benjamín Vicuña Mackenna proposa d'adopter le modèle français des "Agents de la sûreté", tant sur le plan administratif que de l'organisation hiérarchique avec des grades d'inspecteur, de commissaire et de préfet, dénomination encore d'actualité. L'influence française était tellement importante que le quartier général de la police, situé au 1314, av Général Mackenna à Santiago, était une réplique fidèle de la "Sûreté nationale" française, même si depuis, de nombreuses modernisations ont été effectuées.
C'est en 1874 que Jacinto Pino, qui commandait la police de Valparaiso, décidé d'introduire l'usage de la photographie pour l'identification des délinquants, faisant ainsi du Chili l'un des pays pionniers du continent dans l'utilisation de cette technique. Il en profita pour réaliser une galerie de portraits des repris de justices..
Puis, en 1887, il photographie plus de 500 cadavres à la morgue de Santiago, lançant alors les prémices de la médecine légale dans le pays.
De même, le commandant Pino résolu le problème qui se posait aux enquêteurs de pouvoir "être reconnus tout en étant incognito" en mettant en place l'ancêtre de la plaque de service actuelle, premier pas dans l'identification formelle des enquêteurs.
En 1889 est créée la section d'enquêtes et, en 1896, la section de sécurité à but d'enquête (avec 75 enquêteurs, 1 photographe et 2 téléphonistes), chargée d'interpeller les délinquants et de procéder aux enquêtes criminelles. Cette dernière unité profitait d'une identité administrative et opérationnelle officielle, ce que n'avait pas son prédécesseur. La même année, à Valaraiso fut créée la Section de sécurité forte de 45 membres. Il est à noter que les trois premières femme intégrèrent cette unité.
1900 - 1950 Au début du , les progrès effectués par la police afin d'améliorer les techniques d'investigation, comme l'utilisation de la photographie, l'identification criminelle, l'anthropométrie (mise au point par le français Alphonse Bertillon) ou la technique des empreintes digitales (par l'argentin Vucetich permirent de parler réellement de professionnalisation de la police judiciaire et même de police scientifique. Mais il manquait encore de réelles avancées en termes d'appui financier (notamment pour les salaires et la création d'une école de police) et d'organisation.
En 1905, naquit l'idée d'une école de police, qui ouvrit ses portes en 1908. La première promotion d'aspirants débuta l'année suivante, dans les salons de la préfecture de Santiago.
En 1906, fut créée la Brigade centrale, destinée à intervenir en cas de maintien de l'ordre et pour réagir dans les situations d'urgence.
En 1917 ouvrit l'école provisoire des détectives. Elle ferma faute de candidats avant de rouvrir l'année suivante. La section de sécurité fut elle aussi réorganisée.
Une autre mesure prise fut la parution et l'utilisation du manuel de criminologie "Las Investigaciones del Delito" en 1924, fait unique en Amérique du Sud à cette époque. Le texte a été écrit par l'avocat et agent Ventura Maturana Barahona. Il témoigne de l'intérêt croissant des enquêteurs pour la criminologie. Cette même année, la loi .052 du regroupa tous les services de police, sections de l'ordre et de la sécurité sous un commandement unifié, celui de la "Direction générale des Polices", dirigeant aussi le service d'identification.
En 1925, fut créée l'école des agents qui avait en charge le perfectionnement des détectives.
Deux ans plus tard, en 1927, pour faire suite à l'unification précédemment initiée, le décret .113 du fusionnait les polices au sein des carabiniers, établissant ainsi un monopole des forces de police avec comme but l'amélioration du service.
En 1929, fut créée la Direction de la police judiciaire. Loin de disparaître, les services des enquêtes furent regroupés et développèrent leur propre identité. À cette même époque fut créée le "Bureau de la formation" destiné à favoriser la réinsertion des délinquants.
Le décret .115 du sépare les carabiniers de l'unité d'enquête et d'investigation. Finalement en 1933, pendant le gouvernement d'Arturo Alessandri fut publiée la Loi Organique (Loi .810 du ) qui institue la création d'une service indépendant d'enquêtes, identification et passeports sous la direction du Ministère de l'intérieur.
Les bases d'une structure administrative commencent alors à voir le jour. C'est à cette occasion qu'est promulgué le premier Règlement organique. C'est aussi à cette période qu'entre en fonction l'école technique et qu'est créée la plaque de service. Le , est créé le Département de criminologie (aujourd'hui laboratoire de criminologie LACRIM).
la loi .180 de février 1938 officialise l'existence légale de l'École et du Laboratoire de police technique. En novembre 1940, nait le Département d'assistance technique (ASETEC). Le décret /7102 du sépare le service d'enquêtes judiciaires des services d'identification et des passeports. Le même décret porte la nomination d'un Directeur général des enquêtes.
En 1946, le chili est invité à intégrer Interpol. L'accord est ratifié en 1948 et le pays devient membre actif en 1950 avec le service d'enquêtes de la Police comme unique interlocuteur. Certains de ses directeurs généraux y occupèrent d'ailleurs des postes importants : Emilio Oelckers Hollstein qui, en 1968, lors d'une réunion du comité exécutif d'Interpol à Téhéran, fut désigné "délégué du continent américain" pour 3 ans Nelson Mery qui obtint la même fonction lors de la réunion d'Aruba en 1993 puis fut élu vice-président pour l'Amérique pour 3 ans à compter de 1994.
En 1947, fut créée la Brigade de prévention mobile. Et en 1949 fut créée la première unité spécialisée, la Brigade des homicides.
1950 - 1999
Le 1958, le préfet Roberto Schmied Marambio est nommé directeur général de la PDI. il devient ainsi le premier détective à atteindre ce poste. Jusqu'à cette date, ses prédécesseurs étaient ou bien issus de la fonction civile, ou bien des carabiniers ou de l'armée.
En 1963, la loi .143 officialise l'appellation de « détective » et la réserve aux fonctionnaires en ayant reçu le titre. la même année, le deuxième modèle de plaque de service entre en vigueur. En 1967, est créé le "Département des enquêtes criminelles".
Le a lieu un tragique attentat au sein du quartier général. L'inspecteur adjoint Mario Marín Silva et les détectives Carlos Pérez Bretti et Gerardo Romero Infante perdent la vie, illustrant ainsi le serment prêté : "jusqu'à la mort si nécessaire". Depuis, cette date est commémorée comme étant le “Día del Mártir” (jour du martyr) en l'honneur de tous ceux qui donnèrent leur vie pour le service.
En février 1972 est créée la "Section d'enquête sur les délits financiers" (SIDE).
Le , l'institution passe sous le commandement du Ministère de la défensedécret-loi n°646 du avec la création d'un secrétariat aux enquêtes. En janvier 1979, la police judiciaire devient une "Institution à caractère professionnel, technique et scientifique, faisant partie intégrante des forces de l'ordre, dépendant du Ministère de la défense nationale"Loi organique de la Police judiciaire promulguée par le décret n°2.460 du - Article . Cette appartenance est reprise dans l'article 20 de la Constitution du Chili de 1980 qui détermine que les Forces de l'ordre et de sécurité (Fuerzas de Orden y Seguridad de Chile) se composent des carabiniers et de la PDI.
En 1982, l'école prend le nom de « École des enquêtes policières Presidente Arturo Alessandri Palma » et, en 1984, l'institution prend le nom de « Policía de Investigaciones de Chile » (PDI)Loi .322.
En 1986, entre en service le troisième modèle de la plaque de service.
Le , le Président de la République Patricio Aylwin désigne comme nouveau directeur général Nelson Mery Figueroa qui devient le deuxième détective à accéder à ce poste. Il fut reconduit dans ses fonctions par le Président Eduardo Frei Ruiz-Tagle puis par le Président Ricardo Lagos Escobar.
En 1993, le quatrième modèle de la plaque de service, fabriqué par l'office des monnaies du Chili, entre en vigueur. Le directeur Mery officialise la devise "Enquêter pour interpeller et non pas interpeller pour enquêter" (Investigar para detener y no detener para investigar).
En 1988, les travaux de construction de la nouvelle "École des enquêtes de la police" débutent dans la commune de Estación Central (). Les locaux sont inaugurés le 1999.
Le , Arturo Herrera Verdugo, est nommé directeur général. C'est le troisième détective à occuper ce poste.
Le , la loi .987 modifiant le décret 2.460 (qui porte application de la Loi organique de la Police judiciaire), précise que pour être nommé au poste de directeur général, il faut désormais avoir été détective avec le grade de Préfet général ou de Préfet inspecteur et que le directeur est élu parmi les 8 plus anciens détectives de ce rang.