Vassilis Alexakis (en grec : ), né le à AthènesVassilis Alexakis sur le site de La république des lettres.Certaines sources indiquent Santorin comme lieu de naissance. Dans Je t'oublierai tous les jours, l'auteur s'explique à ce sujet : « Quand on me demande où je suis né, comme le fait le journaliste de Libération, je réponds parfois – c'est ce que je lui ai dit – « à Santorin ». C'est un petit mensonge que justifie cependant une vérité. Les trois mois d'été que nous passions tous les ans sur cette île jusqu'au séisme de 1956 ont laissé une empreinte bien plus durable dans mon esprit que notre vie à Callithéa. J'avais douze ans cette année-là. Je n'ai gardé que très peu de souvenirs des étés qui ont suivi, des colonies de vacances où tu m'envoyais et où je ne restais d'habitude que trois ou quatre jours. Au fond de ma mémoire domine incontestablement le rocher de Santorin ». Vassilis Alexakis, Je t'oublierai tous les jours, Folio , éditions Gallimard, 2007, . et mort le dans cette même ville, est un écrivain franco-grec, auteur d'une importante œuvre romanesque. Il écrit à la fois en français et en grec, sa langue maternelle.

Biographie À l'âge de , Vassilis Alexakis reçoit une bourse et emménage à Lille pour étudier le journalisme. La bourse étant insuffisante, il doit travailler à la plonge dans un restaurant. Après ses études de trois ans, il rentre en Grèce pour cause de service militaire mais revient s'installer à Paris en 1968 après le coup d'État militaire d'avril 1967.

Diplômé de l'École supérieure de journalisme de Lille (ESJ), Vassilis Alexakis a collaboré comme journaliste, dessinateur humoristique et chroniqueur à plusieurs journaux, dont Le Monde, La Croix, La Quinzaine littéraire et durant quinze ans Le Monde des livres. À la radio, il a régulièrement participé à l'émission Des Papous dans la tête sur France Culture et a écrit des pièces radiophoniques.

Bien que fréquemment présenté dans la presse comme un écrivain franco-grec« L'écrivain franco-grec Vassilis Alexakis, prix Médicis pour "La langue maternelle", est mort à », France Info, 12 janvier 2021., Vassilis Alexakis déclare ne jamais avoir entrepris de démarche pour obtenir la nationalité française, se considérant comme un « écrivain grec francophone »Alain Leauthier, « Ambidextre du texte », Libération, 3 août 2004. Anthoula Rontogianni et Katerina Spiropoulou, « L’enjeu de la traduction chez Vassilis Alexakis », in La Traduction à l’épreuve de l’écriture : poétiques et expérimentations, TTR, vol. 25, , semestre 2012, ..

Écriture Son œuvre, partagée entre deux cultures, est empreinte d'une tendre ironie et nous fait pénétrer au cœur de l'histoire intime et universelle. Au sujet de l'usage de ses deux langues dans son œuvre, Vassilis Alexakis fait remarquer qu'« il y a d'abord eu la période française. J'ai écrit en français les trois premiers romans, où le contact avec la langue est encore relativement distant. Il m'est plus facile de faire de l'humour en français, du coup ce sont des livres plus légers. Il y a, ensuite, un virage avec Talgo, le premier livre écrit en grec où je fais la preuve que ma manière d'écrire reste la même en passant d'une langue à l'autre, que je ne trahis aucune des deux langues et qu'aucune ne me trahit »La Grèce en héritage, entretien avec Thierry Guichard, publié dans Le Matricule des anges, , juillet-août 2007, ..

Dans la logique de sa revendication d'une double culture, il s'est opposé récemment aux restrictions qui touchent l'immigration en France : « L'identité française est le produit d'un dialogue avec le monde qui a commencé il y a bien longtemps, bien avant la naissance de la France et qui est aussi ancien que le mot dialogue lui-même. L'attachement que j'ai pu avoir pour ce pays quand j'étais adolescent était dû en partie à des étrangers, ou tout au moins à des Français d'origine étrangère, à Van Gogh et à Salvador Dali, à Kopa et à Piantoni, à Beckett et à Ionesco. [...] Dans un pays où le tiers de la population est issu de l'immigration, faire obstacle à l'arrivée de nouveaux étrangers est une façon de mettre en péril plutôt que de sauvegarder l'identité française ».

Œuvre Romans et récits Le Sandwich, Julliard, 1974, 202 p. ; réédition chez Stock, 2013 Les Girls du City-Boum-Boum, Julliard, 1975, 188 p. La Tête du chat, Le Seuil, 1978, 157 p. Talgo, Le Seuil, 1983, 157 p. traduit du grec par l'auteur Contrôle d’identité, Le Seuil, 1985, 192 p. Paris-Athènes, Le Seuil, 1989, 214 p. Avant, Le Seuil, 1992, 236 p. prix Alexandre-Vialatte 1992 ; prix Charles-Exbrayat 1992 ; prix Albert-Camus 1993 La Langue maternelle, Fayard, 1995, 392 p. prix Médicis 1995 Le Cœur de Marguerite, Stock, 1999, 426 p. Les Mots étrangers, Stock, 2002, 320 p. Je t’oublierai tous les jours, Stock, 2005, 283 p. Ap. J.-C., Stock, 2007, 396 p. grand prix du roman de l'Académie française 2007 Le Premier Mot, Stock, 2010, 464 p. L'Enfant grec, Stock, 2012, 320 p. La Clarinette, Le Seuil, 2015, 348 p.

Nouvelles Pourquoi tu pleures ? , Éd. Romiosini-Schwarze Kunst (Allemagne), 1991 rééd. illustrations de Jean-Marie Antenen, éd. Quiquandquoi (Suisse), 2001 Papa : et autres nouvelles, Paris, Fayard, 1997, 186 p. prix de la nouvelle de l'Académie française 1997. rééd. Paris, Didier FLE, "Mondes en VF", 2012"Papa et autres nouvelles" sur le site de l'éditeur. Le Colin d’Alaska, illustrations de Maxime Préaux, Paris, 1999. « Je t'oublierai tous les jours », Dix ans sous la Bleue, collectif, Stock, 2004.

Autres Mon amour ! (dessins), 1978 Les Grecs d’aujourd’hui (guide de voyage), éditions Balland, coll. « Pour voyager au présent », 1979 , 159 p. Le Fils de King Kong (aphorismes), 1987 L’Invention du baiser (aphorismes), illustrations de Thierry Bourquin, 1997. L’Aveugle et le Philosophe (dessins), Éd. Quiquandquoi (Suisse), 2006

Cinéma 1967 : Abraham a engendré Isaac, Isaac a engendré Jacob, Jacob a engendré... (Avraam egennise Isaak, Isaak egennise Iakov, Iakov egennise...) court-métrage, avec Yórgos Panoussópoulos : réalisateur, scénariste 1982 : Je suis fatigué court métrageLe Monde, 8 février 1983 1984 : Nestor Carmides passe à l’attaque 1989 : La Table 1991 : Les Athéniens (grand prix du Festival de Chamrousse 1991)

Distinctions Décorations

Commandeur de l'ordre du Phénix

Prix 1983 : prix Bonardi pour Talgo 1992 : prix Alexandre-Vialatte et prix Charles-Exbrayat, pour Avant 1993 : prix Albert-Camus pour Avant 1995 : prix Médicis pour La Langue maternelle 1997 : prix de la nouvelle de l'Académie française pour Papa et autres nouvelles 2003 : prix Édouard-Glissant 2007 : grand prix du roman de l'Académie française pour Ap. J.-C. 2012 : prix de la langue française pour l'ensemble de son œuvre. 2017 : Médaille d'or de La Renaissance française pour l'ensemble de son œuvre

Notes et références

Annexes

Bibliographie Thierry Guichard, « Vassilis Alexakis, Athènes sur Seine », dans Le Matricule des anges, , juillet-, . Marianne Bessy, Vassilis Alexakis: Exorciser l'exil, Rodopi, 2011, 290 p. Alain Ausoni, « Quand Vassilis Alexakis tricote le moi translingue », dans Revue critique de fixxion française contemporaine, , 2011.

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