Henri du Plessis-Guénégaud, marquis de La Garnache et seigneur du Plessis-Belleville, né vers 1609 et mort le à Paris, est un homme politique et lettré français. Il fut secrétaire d'État de la Maison du Roi.

La rue Guénégaud (Paris ) porte son nom.

Origines familiales Il existait depuis le une famille noble qui avait pour fief Guénégaud près de Saint-Pourçain en Auvergne et qui portait le nom de cette terre mais il n'existe pas de preuve que le secrétaire d'État en soit issu. En effet les généalogistes font observer que Claude de Guénégaud, son grand-père, avait été pourvu le d'un office de conseiller-secrétaire du roi, moyen utilisé par les roturiers pour accéder à la noblesseJ.-B. Bouillet, Nobiliaire d'Auvergne, 1848, t.3, p.225.

Henri du Plessis-Guénégaud est le fils de Gabriel de Guénégaud (né près de St-Pourçain, seigneur du Plessis-Belleville par sa femme, Trésorier de l'épargne d' à ), et de Marie de La Croix de Plancy de Semoine, dame du Plessis-Belleville. En , cette femme est dite issue de la maison de La Croix de Castries, mais cela est discuté : ses parents étaient Catherine de Balhaan dame du Plessis-Belleville, et Claude de La Croix, vicomte de Semoine, issu des barons de PlançayVoir les articles Plancy, fils de Nicolas de La Croix de Semoine et de la capétienne Charlotte de Courtenay-La Ferté-Loupière ; veuve, donc entre 1638 et 1655, Marie de La Croix était dite — par acquisition, ou par sa famille, ou par son mari ? — dame de Lassay et d'Azy en Berry, fiefs berrichons dans le Cher qui furent auparavant aux Chaumeau de Lassay alliés aux Le Maréchal d'Azy. Gabriel de Guénégaud et Marie de La Croix se marient le .

Ses frères et sœurs firent de beaux mariages : Claude conseiller du roi en ses conseils, trésorier de l'épargne prête serment le Gazette, , 1643, p.312, condamné par la chambre de justice de 1665, épouse Catherine Alfonsine Martel en 1637 ; François (né à Meudon le Michel Popoff, Prosopographie des gens du parlement de Paris (1266-1753), 2003, t.1, p.625, mort le Commission des antiquités et des arts du département de Seine-et-Oise, 1884, p.131) seigneur de Lonsac, sans postérité ; Renée, qui épouse Jean de Sève, seigneur de Plottart, conseiller au parlement de Paris reçu le , président en la Cour des Aides reçu le ; Marie (née le , morte en 1644 ; sans doute héritière des biens berrichons puisque les Montmorency-Luxembourg auront Lassay et Azy) qui épouseLouis de Sainte-Marthe Histoire généalogique de la maison de France: revue et augmentée 1647, t.1, p.828 Claude Le Loup sieur de Bellenave, maréchal des camps des armées du roi : d'où Marie-Louise Loup de Bellenave, x 2° René Gillier de Clérembault < Marie-Gilonne Gillier, x Charles Ier de Montmorency-Luxembourg ; et x 1° Alexandre de Choiseul, comte du Plessis-Praslin < César, deuxième duc de Choiseul ; Madeleine, qui épouse le Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, 1881, t.9, p.413 César Phœbus d'Albret, comte de Miossens, maréchal de France par lettres du , chevalier des ordres du roi le , gouverneur de Guyenne en 1670Revue d'Aquitaine : journal historique de Guienne, Gascogne, Béarn, Navarre..., 1868, p.352, à qui Henri du Plessis-Guénégaud cède l'hôtel d'Albret, aux rue des Francs-Bourgeois ; Jeanne (morte le à 69 ans), Marie de la Croix prieure de l'Hôtel-Dieu de PontoiseMémoires de la Société historique et archéologique de l'arrondissement de Pontoise et du Vexin, 1937, t.46, p.49.

Carrière Remarqué par le cardinal de Richelieu lors d'un voyage que la cour fait en Languedoc en 1632Mercure français, avril 1706, p.360, il est pourvu le , de l'office de conseiller secrétaire du roi, maison, couronne de France et de ses finances à condition de survivance de son père Gabriel de GuénégaudA. Tessereau, L'Histoire chronologique de la Grande Chancellerie de France, 1710, t.1, p.373. Du à , il succède à son père dans les fonctions de trésorier de l’épargne.

Du au , Henri du Plessis-Guénégaud succède à Henri Auguste de Loménie, sieur de Brienne comme secrétaire d'État à la Maison du RoiThierry Sarmant, Mathieu Stoll, Régner et gouverner Louis XIV et ses ministres, 2010, p.576. Le , il prête serment entre les mains du roiGazette, n°26, 1643, p.172. De son département dépendent Paris et l'Île-de-France, l'Orléanais et Blaisois/Blésois, les parlements de Paris et de Pau, le clergéhttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65610182/f179.image.r=guenegaud.langFR Brienne, Mémoriaux du Conseil de 1661, 1905, t.1, p.61]. C'est donc tout naturellement qu'il est un des commissaires du roi aux assemblées générales du clergé de 1655, 1660 et 1665Antoine Fauvelet Du Toc, Histoire des secrétaires d'Etat contenant l'origine, le progrès et l'établissement de leurs charges, avec les éloges, les armes, blasons et généalogies de tous ceux qui les ont possédées jusqu'à présent, 1668, p.259.

Fidèle à la régente et au cardinal Mazarin pendant la Fronde, il prend part aux décisions importantes du ministère et à leur exécution. Ce rôle politique attire sur lui la fureur populaire. Dans un placet adressé au roi le , il rapporte qu'il a failli à trois reprises être écharpé par la foule, que ses meubles ont été pillés et sa famille, assiégée a cru sa dernière heure arrivéeLéo Mouton, Le manoir de Jean Bouyn et l'école des Beaux-arts… : un coin du Pré-aux-Clercs, 1912, p.50. Un de ses familiers, Dubuisson-Aubenay, apporte son témoignage sur cette période difficile dans son Journal des guerres civiles.

Les services rendus à la couronne lui valent de nombreuses récompenses et gratifications. Sa baronnie de La Garnache est érigée en marquisat en décembre 1652 par lettres enregistrée au parlement et en la chambre des comptes les et . Le , Henri du Plessis-Guénégaud a l'honneur de recevoir pour dîner dans son château de Fresnes Louis XIV qui se rend de La Ferté-sous-Jouarre à ParisBulletin de la Société d'archéologie, sciences, lettres et arts du département de Seine-et-Marne, 1869-1872, t.6, p.110. En , la baronnie de Plancy est érigée en marquisat en sa faveur et en celle de ses hoirs et ayant droit par lettres enregistrées au parlement le et la chambre des comptes le . Le Guenégaud devient Garde des Sceaux de l'ordre du Saint-Esprit et le trésorier de l'épargne du roiPère Anselme, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, 1732, t.9, p. 306. Le , le roi s'arrête une deuxième fois à FresnesBulletin de la Société d'archéologie, sciences, lettres et arts du département de Seine-et-Marne, 1869-1872, t.6, p.113.

Plus tard, Louis XIV ne fit pas grand cas des mérites de son ministre. Dans ses Mémoires pour l'instruction du Dauphin, il écrit « les deux autres secrétaires d'État, La Vrillière et Duplessis [Guénégaud], étaient de bonnes gens dont les lumières paraissaient assez proportionnées à l'exercice de leurs charges, dans lesquelles il ne tombait rien de fort important »Mémoires de Louis XIV pour l'instruction du Dauphin, édit. Charles Dreyss, 1860, t.2, p.391. Il ne le nomme pas ministre d'État. Les bonnes relations entre Fouquet et Guénégaud l'indisposent. Aussi encourage-t-il les manœuvres de Colbert pour obtenir la charge de secrétaire d'État de la maison du roi. Comme l'intéressé ne souhaite pas quitter le gouvernement, le contrôleur général des Finances fait entamer contre lui un procès en restitution de sommes qui auraient été reçue pendant la surintendance de Fouquet. Guénégaud doit céder. En , il envoie sa démission au roi. Colbert est immédiatement pourvu de la charge moyennant payées à Guénégaud: Jacques-Amédée Le Paire, Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson et extraits des mémoires d'André Lefèvre d'Ormesson publiés par M. Chéruel, 1861, t. 2, p. 563. Après sa disgrâce, il vit tantôt à Paris en son hôtel, tantôt à Fresnes.

Le , il fait son testament olographe. Il meurt le et il est enterré à Saint-Paul de Paris. Son épouse teste à son tour le Léo Mouton, Le manoir de Jean Bouyn et l'école des Beaux-arts... : un coin du Pré-aux-Clercs, 1912, p.52. La dépouille de Guénégaud est ensuite transférée dans un caveau de la chapelle de Saint-Laurent de PlancyMémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts du département de l'Aube, 1864, t.14, p.476. Elle est profanée en 1793, son tombeau en plomb est fondu pour faire des munitions et ses ossements dispersésBaron G. de Plancy, « Le marquisat de Plancy sous les Guénégaud », in Revue de Champagne et de Brie : histoire, biographie, archéologie, documents inédits, bibliographie, beaux-arts, 1895, p. 186.

Fortune thumb|Restitution de la vue sur le parterre du château de Fresnes-sur-Marne depuis la lanterne, milieu du XVIIe Le Baronnie de Montjay-La-Tour et l'ancien doyenné de Claye, p.251, il acquiert pour livres la seigneurie de Fresnes-sur-Marne auprès de François Honorat de Beauvilliers. Le , Marguerite de Rohan, lui vend livres la baronnie de La GarnacheAnnuaire départemental de la Société d'émulation de la Vendée, 1861, année, p.193. Il la revend le à Claude du Chastel. Le il achète le château de Chemault à Marie Charlotte de Balzac d'Entragues, dame de Bassompierre, . Il revend la terre et seigneurie de Chemault, fiefs, domaines et dépendances le Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais, 1855, t.3, p.25 à Hugues Guétaud, conseiller du roi pour tournois plus pour les meubles et ustensiles qui s'y trouvent Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais, 1858, t.4, p.24. Le , il achète 21 arpents et demi à l'abbaye de Saint-Germain pour 60 000 tournois prix principal et une rente annuelle de 2 sols parisis par arpentAdolphe Berty, Topographie historique du vieux Paris. Région du Faubourg Saint-Germain, 1882, p.207.

Le , devant Crespin et Lemercier notaires au Châtelet, il signe avec Hierosme de Sannazare, comte, sénateur et conseiller d'État de Montferrat, député plénipotentiaire de Charles II de Mantoue, un contrat de vente pour la somme d'un million de livres Bibliothèque de l'Instit, Fonds Godefroy T. 190 p.190-191, cité par Henri Cordier, « Annales de l'Hôtel de Nesle (Collège des Quatre-Nations Institut de France) » Mémoires de l'Institut de France, 1920, t.41, p.116, sur la rive gauche de la Seine. Là, il fait percer une voie, la rue qui porte son nom et, dans le rectangle irrégulier compris entre cette voie nouvelle, le quai et le collège des Quatre-Nations, il fait construire l'hôtel de GuénégaudAuguste Vitu, « La Mansarde de Bonaparte au quai Conti », Bulletin de la Société historique de la ville de Paris, novembre-décembre 1884, p.8.

En 1653, il est seigneur engagiste des terre, seigneurie et châtellenie du comté de Montbrison et du comté de ForezLouis Pierre Gras, Répertoire héraldique, ou Armorial général du Forez : dressé d'après les monuments, suivi de la description des blasons de la Diana, etc., 1874, p.133. Dans la succession de son frère François de Guénégaud (en 1661), il obtient un hôtel à Meudon - le futur hôtel Courtin situé en contrebas de l'Orangerie - estimé à qui s'ajoute à des biens qu'il possède déjà dans cette ville: un moulin et nombre de terres labourables, prairies et boisRevue de Champagne et de Brie : histoire, biographie, archéologie, documents inédits, bibliographie, beaux-arts, 1895, t.7, p.114.

Le , devant Beauvais, notaire, il cède l'Hôtel Guénégaud à Anne-Marie Martinozzi, nièce de Mazarin, veuve d'Armand de Bourbon, prince de ContiBulletin municipal officiel de la Ville de Paris 17 février 1920, p.713 en échange de : ) « la terre, fief et seigneurie du Bouchet Valpetit, baronie de Valgrand et fiefs en dépendant réunis sur ledit titre de baronnie de Valgrand... situés es paroisse de Valpetit et Valgrand... Plus le fief, terre et seigneurie de Montaubert situé en la paroisse de Valgrand » ; et ) « la maison et Hôtel de Conti [...] sur le quai de la rivière de la Seine »Léo Mouton, Le manoir de Jean Bouyn et l'école des Beaux-arts... : un coin du Pré-aux-Clercs, 1912, p.49.