Abdullah Ibrahim, né Adolph Johannes Brand le au Cap (Union d'Afrique du Sud) et mort le à Prien am Chiemsee (Bavière, Allemagne)., est un pianiste de jazz et compositeur sud-africain. Il a d'abord utilisé le pseudonyme Dollar Brand (d'après une marque de cigarettes populaires).

Lié au mouvement anti-apartheid, il est plusieurs fois arrêté. Après son exil en Europe de 1962 à 1968, devenu un musicien reconnu ayant joué avec d'autres grands jazzmen américains et européens, il retourne s'installer au Cap. Il se convertit à l'islam et change alors son nom en Abdullah Ibrahim. Il doit quitter à nouveau son pays natal une dizaine d'années plus tard ; il y revient à la fin de l'apartheid.

Biographie Né au Cap le ., Adolph Johannes Brand est classé « métis » par les lois de l'apartheid.

Il est exposé très tôt à la diversité culturelle du port maritime de la ville : la musique traditionnelle africaine, les chants Malais du Cap, le carnaval, les succès populaires et les enregistrements de jazz américain...

Au début des années 1960, Dollar Brand forme un groupe (The Jazz Epistles). avec, entre autres, Hugh Masekela. Ensuite, avec Sathima Bea Benjamin, il part en Europe. À Zurich, où ils s'installent durant trois ans, de 1962 à 1964 au Café Africana, Duke Ellington les remarque lors d'un concert et leur permet d'être enregistrés à Paris. Ils emboîtent le pas au compositeur, ne désirant pas dans ces années marquées par l'apartheid en Afrique du Sud, retourner pour l'instant dans leur pays natal. Il épouse Bea Benjamin à Londres en 1965. La même année, Duke Ellington leur permet aussi de jouer au Newport Jazz Festival.

Puis Brand joue entre autres en solo au Carnegie Hall et Ellington lui permet d'accéder à la célébrité lorsqu'il l'inclut dans son orchestre pour une série de concerts au piano. Par la suite, il joue et enregistre avec Elvin Jones, Max Roach, Don Cherry ou Archie Shepp.

vignette|gauche|Abdullah Ibrahim en concert au festival de jazz d'Oslo (août 2016). Il revient en Afrique du Sud à la fin des années 1960, se convertit à l'islam et adopte le pseudonyme d'Abdullah Ibrahim. En 1976, il quitte à nouveau l'Afrique du Sud pour New York, alors que sa composition Mannenberg devient un chant de lutte et l’hymne officieux des émeutes de Soweto en 1976.

En 1984, il fonde la formation et le label Ekaya (« terre natale du Cap » en langue xhosa), enregistrant avec cette formation l'album The Balance, tout en se produisant régulièrement en solo. Il revient à nouveau dans son pays au début des années 1990, avec la fin de l'apartheid.

En 2016, à l'Emperors Palace, à Johannesbourg, Ibrahim et Hugh Masekela se produisent ensemble pour la première fois depuis 60 ans, réunissant The Jazz Epistles pour commémorer le anniversaire des manifestations historiques de la jeunesse du à Soweto..

Style et influences La musique d'Abdullah Ibrahim reflète la complexité identitaire de son pays, tout comme son patronyme peut évoquer le kaléidoscope originel.

Sa musique est intimement liée à l'histoire de la musique noire et de la lutte des populations sud-africaines contre l'apartheid. Elle associe l'influence de la musique de son enfance passée dans le pays, hymnes protestants et musique du Cap, avec un langage basé sur le piano et le blues, liés harmoniquement à Duke Ellington et à Thelonious Monk dans sa texture, et une influence new-yorkaise..

Discographie

Notes et références

Voir aussi

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