La Fédération des salariés du secteur des activités postales et de télécommunications (FAPT-CGT) regroupe au sein de la Confédération générale du travail les salariés de toutes les entreprises ayant des activités postales et de télécommunications, dont La Poste, et Orange (ex France Télécom).

Origine 1909 - 1919 : une double naissance À la fin du et au début du , unis dans une même administration, les Postes et Télégraphes, placée sous l'autorité d'un Ministère ou d'un sous-secrétariat d'État, les personnels travaillant dans ce service public relèvent pourtant de statuts d'emploi différents. Les organisations qu'ils créent pour défendre leurs intérêts traduisent cette diversité. Le Syndicat national des ouvriers des PTT, créé en Georges Frischmann, Histoire de la fédération CGT des PTT, Éditions sociales, Paris, 1967, p.99 s'adresse à la petite partie du personnel (environ 5 000 unités), dont le statut d'ouvrier garantit le droit syndical. C'est la seule organisation de postiers à se voir reconnue la possibilité d'adhésion à la CGT. Ce que le syndicat fait dès sa création en adhérant à l'Union des Syndicats de la Seine. Il délègue des représentants à tous les Congrès de la CGT jusqu'en 1914. Au congrès de 1906 ceux-ci votent la Charte d'Amiens1906 Le congrès de la Charte d'Amiens, Institut CGT d'histoire sociale,, 1983. Reprint du congrès, p. 429 : 4 syndicats des PTT prennent part positivement au vote..En 1900 sont créées avec l'approbation d'Alexandre Millerand, ministre "socialiste" (mais "indépendant") du Commerce, des postes et télégraphesMadeleine Rebérioux, La République radicale ? 1898 - 1914, Points-Seuil, 1975, p. 75 et suivantes, Perspectives et réalisations sociales de Millerand à Trouillot. deux Associations. L'Association générale des agents des PTT naît en novembre. Elle concerne les personnels des bureaux de poste, des services ambulants et des centraux télégraphiques et téléphoniques, au nombre de 40 000 environ. En décembre est fondée l'Association Générale des sous agents des Postes et télégraphes. Ces sous-agents ce sont les facteurs, au nombre de 50 000 environ. Les deux associations regroupent près de la moitié des personnels. Mais association n'est pas syndicat. En effet, tous, agents de l'État, n'ont pas le droit de se syndiquer, pas plus que de faire grève. En 1906, une grève de facteurs parisiens a quand même lieu....à l'initiative d'un syndicat créé illégalement et non reconnu. Lors des grèves postales de 1909, qui mettent en péril le gouvernement Clemenceau, la plupart de ces organisations se rassemblent les syndicats et associations générales des diverses catégories du personnel des PTT voit le jour, sous le nom de Fédération des P.T.T.Christian Henrisey, Postiers en grèves 1906-1909, CE Sud Est PTT, 1995, p. 215. Cette première fédération syndicale reste autonome de toute affiliation à la CGT. En 1911, elle présente des candidats et des candidates aux élections des représentants du personnel à la Commission extraparlementaire instituée auprès du sous-secrétaire d'État des Postes et télégraphes. Toutes catégories confonduesIl y a quatre collèges : agents, sous-agents, ouvriers, personnels féminins. Cf les résultats dans le Bulletin des Postes et télégraphes, N° 5, mai 1911, L'Humanité, 18 mai 1911 et G. Frischmann, p. 179. elle obtient 54 % des 83 000 suffrages exprimés. Cependant cette Fédération disparate a une brève existence : elle ne survit pas à la guerre.

1919 marque la naissance de la Fédération nationale des travailleurs des PTT. D'emblée elle s'affilie à la CGT .

1919 - 1945 : la fédération postale La guerre finie, et dans l'effervescence sociale qui suit, les Associations des personnels des PTT se transforment en SyndicatsG. Frischmann, p. 201 et suivantes. Dès lors l'adhésion de tous à la CGT s'impose. Le de la Fédération nationale des Postes, Télégraphes, Téléphones se réunit le 28,29 et , rue de la Grange-aux-Belles à Paris. Les délégués de 308 sections syndicales, soit une par département et organisation fédérée, adoptent statuts et programme revendicatif. Le premier article de ses statuts précise qu'elle est formée entre les trois syndicats nationaux "catégoriels" : le Syndicat national de agents des PTT, qui fait suite (en 1918) à l'Association Générale des agents, le Syndicat national des employés des PTT, créé en 1905, sous le nom de "Syndicat national des sous-agents des PTT". Ce syndicat national avait adhéré (illégalement) à la CGT en 1910. l'Union fédérale des syndicats ouvriers des PTT, qui se nomme par la suite Syndicat national du personnel des services techniques des PTT.

L'article 3 stipule : La Fédération est adhérente à la Confédération générale du travail et à la Fédération internationale des Postes, télégraphes et téléphones. Cependant la souveraineté de la Fédération sur les syndicats qui la constituent ne recueille pas l'unanimité, notamment dans la catégorie des agents. De même la revendication de la journée de huit heures et du repos hebdomadaire (de nombreux bureaux travaillent sept jours sur sept) se heurte à des inquiétudes ou des incompréhensionsSelon G. Frischmann, 117 voix se prononcent "pour", 103 voix se prononcent "contre", 7 s'abstiennent.... De fait jusqu'en 1945, la Fédération nationale des travailleurs des PTT de France et des colonies (nom adopté en 1923), longtemps appelée par les syndicalistes des PTT et dans les congrès de la CGT, Fédération postale, est un agglomérat de trois syndicats nationaux avec leurS sections départementales propresLe terme "agglomérat" est utilisé dans La CGT et le mouvement syndical, p. 414, par la Confédération en 1925, lorsqu'elle présente la fédération des PTT, concédant "une organisation provisoire qui ne répond pas aux statuts confédéraux"..Elle tient son du 15 au et annonce 50 000 adhérents. Elle revendiquait en 1919, 75 000 adhérents. Les PTT employant alors environ 150 000 personnes le taux de syndicalisation à la CGT se situerait entre 33 % et 50 %. Les événements de la vie syndicale des années 1921-1922 et la scission qui s'opère entre la "vieille CGT" et la CGTU chamboulent ce paysage.

(en cours de reprise de rédaction)

Entre 1922 et 1935, les syndicalistes révolutionnaires et les communistes font vivre la FPU, Fédération postale unitaire, au sein de la CGTU. Les anciens "unitaires" deviennent majoritaires au sein de la Fédération CGT des PTT après la Libération. L'un des leurs, Fernand Piccot devient secrétaire général au congrès de Limoges, en . Depuis lors c'est de l'héritage de la FPU, plus que de la fédération postale "confédérée" à la CGT de Léon Jouhaux, que se réclament les dirigeants de la Fédération CGT des PTT. Au contraire, après la scission de 1947, la plupart des dirigeants de la fédération postale CGT de l'entre-deux guerres se retrouvent dans la Fédération syndicaliste des travailleurs des PTT de Force ouvrière.

Liste des congrès, des secrétaires généraux; nombre d'adhérents

: 28 - 1919 . Paris . 75 000 syndiqués. André Dutailly secrétaire général : Léon Digat secrétaire général, Joseph Lartigue et Antoine Tournadre secrétaires-adjoints. 62 100 syndiquésJean-Louis Robert, La scission syndicale de 1921. Essai de reconnaissance des formes, Publications de la Sorbonne, 1980, tableaux descriptifs, p. 191-208.. : 15 - 1921 . Paris . 48 600 syndiqués. Combes : 22 - 1922 . Paris. Léon DigatLa CGT et le mouvement syndical, Paris, 1925. est secrétaire général jusqu'en 1926 année où Antoine Tournadre lui succède : octobre 1927 . Paris . Congrès extraordinaire à la suite de conflits de tendance et de personnes. Paul Gibaud est élu secrétaire général. : 24 - 1928 . Paris . 35 430 syndiqués. Paul Gibaud est élu secrétaire général : 7 - 1932 . Paris . 44 220 syndiqués. Émile Courrière lui succède : 4- 1934 . Paris . 48 440 syndiqués. Albert Perrot est élu secrétaire général : 10 - 1935 . Congrès de la réunification syndicale avec la FPU, (Fédération postale unitaire). Albert Perrot secrétaire général, Henri Gourdeaux secrétaire général adjoint. CGT : 48 400 syndiqués ; CGTU : 10 000 syndiquésAntoine Prost, la CGT à l'époque du front populaire, tableaux par fédérations, p. 180-194. Les chiffres des années antérieures proviennent de cette source. Sur le processus de la réunification syndicale aux PTT, cf Georges Frischmann, op. cit.. 1936 : 65 180 syndiqués avant le front populaire, 111 600 syndiqués en 1937. : 8 - 1938 . Vichy . 94 800 syndiqués. La direction est réélue, mais lors d'un Conseil national fédéral, en , une nouvelle direction est élue : Aimé Cougnenc secrétaire général, Roger Fournier secrétaire-adjoint; tous deux sont de la même tendance, anciens "confédérés". septembre 1944 : deux fédérations postales revendiquent la légitimité. L'une est issue de la Résistance, dirigée par les anciens "unitaires" Emmanuel Fleury, Fernand Piccot, l'autre perpétue la direction "confédérée" de 1940 Jean Mathé, Aimé Cougnenc et Edmond Fronty. avril 1945 : une direction fédérale provisoire est mise en place, dont sont exclus les anciens dirigeants confédérés. André Coste, issu d'un mouvement de résistance non communiste est le secrétaire général provisoire. À ses côtés figurent le leader de la grève "insurrectionnelle" des PTT parisiens d', le communiste Emmanuel Fleury et un bureau fédéral de neuf autres membres, dont le socialiste Dominique Grimaldi. : 10 - 1945 . Limoges. Fernand Piccot est élu secrétaire général. Un secrétaire général-adjoint, lui aussi ancien "unitaire" le seconde, René Bontemps. Les votes du congrès font ressortir 95 000 syndiqués environ. Mais ce chiffre ne tient pas compte de ceux des syndiqués revendiquant "une fédération postale démocratique" qui n'ont pas pris part au congrès. Dès cette date, une scission syndicale s'amorce aux PTT. Le vote montre aussi l'écrasante majorité qui se dégage en faveur de la nouvelle direction : 79 556 voix pour, 10 588 voix contre, 5 048 abstentions. , lors du de la CGT, la fédération des PTT annonce 150 000 syndiqués... dit "extraordinaire" : 9 - 1946 . Paris . 122 500 syndiqués. Fernand Piccot est réélu. Les opposants à la direction, soit refusent de participer au congrès, tels Camille Mourguès, Charles Béreaux, soit refusent de participer à la direction fédérale comme Dominique Grimaldi. La direction sortante est approuvée cependant par 92 156 voix, contre 27 748 et 4 875 abstentions. : 19 - 1948 . Paris. Fernand Piccot est réélu secrétaire général. La scission syndicale et l'échec des grèves de 1947Serge Lottier, La fédération CGT des PTT et l'affrontement de classe en 1947, Fédération des Postes et Télécommunications, Montreuil, 1998. entrainent une désyndicalisation massive de la CGT : 61 300 syndiquésSerge Lottier (direction), Histoire de la fédération CGT des PTT 1945-1981, IHS CGT-FAPT & Le Temps des cerises, Paris, 2011, p. 568. Les chiffres des années postérieures jusqu' à 1981, proviennent de cette source, sauf autre mention. : 6 - 1950 . Paris. 53 000 syndiqués. Georges Frischmann est élu secrétaire généralBernard Bouche, Le de la Fédération postale CGT, article p. 245-254, in La CGT dans les années 1950, Presses universitaires de Rennes, 2005. en remplacement de Fernand Piccot. : 25 - 1952 . Paris . 46 000 syndiqués. Georges Frischmann rééluMaurice Desseigne, La fédération CGT des PTT et la guerre d'Indochine (1946-1954), article p. 343-354, in La CGT dans les années 1950, op. cit.. : 16 - 1954 . Paris . 47 000 syndiqués. : 9 - 1957 . 45 700 syndiqués. Paris. Aux côtés de Georges Frischmann, réélu secrétaire général, René Duhamel est secrétaire-général-adjoint. : 5 - 1960 . Paris. 41 900 syndiqués. Georges Frischmann est réélu secrétaire général : 13 - 1962 . Paris. : 17 - 1964 . Montreuil. : 21- 1967 . Issy-les Moulineaux . 62 700 syndiqués fin 1966. : 21 - 1970 . Issy-les Moulineaux . 75 200 syndiqués : 17 - 1972 . Paris. Georges Frischmann est réélu secrétaire général, Louis Viannet est secrétaire général-adjoint