L'Islande est un État insulaire de l'océan Atlantique Nord composé d'une île principale, représentant 99,7 % de sa superficie (18 du monde en superficie), autour de laquelle gravitent quelques petites îles et îlots, située sur la dorsale médio-atlantique dont elle représente une des parties émergées. À une distance de au sud-est du Groenland., le pays se situe à quelques kilomètres au sud du cercle arctiqueSeule la petite île de Grímsey est coupée par le cercle arctique, au-delà duquel se situe l'îlot inhabité de Kolbeinsey..
Géologiquement, l'Islande est marquée par le volcanisme à l'origine de phénomènes comme les geysers ou de formations d'îlots comme Surtsey. Son relief est relativement élevé au centre (Hautes Terres d'Islande) et caractérisé par des fjords sur les côtes. Plus de la moitié du territoire est dépourvue de végétation.
L'île, d'une densité de 3,2 habitants par kilomètre carré, connaît une répartition très inégale de la population, qui se concentre dans la région de Reykjavik, et est quasiment absente du centre du pays. Son économie dépend en partie de ses ressources naturelles, et en particulier la pêche, l'élevage et l'activité géothermique.
Situation
thumb|left|L'Islande dans l'océan Atlantique Nord. thumb|Carte de l'Islande.
L'Islande est un État insulaire à la limite entre l'océan Atlantique et l'océan Arctique. Le pays se situe en Europe du Nord. Ses plus proches voisins sont le Groenland, situé à au nord-ouest, et les îles Féroé, à au sud-est. D'une superficie de , le pays est entouré d'une zone économique exclusive de . L'Islande est bordée par la mer d'Irminger au sud-ouest, le détroit de Danemark à l'ouest, la mer du Groenland au nord et la mer de Norvège à l'est.
L'île principale est située à quelques kilomètres au sud du cercle arctique. L'île de Grímsey se situe sur le cercle arctique, au-delà duquel se situe l'îlot inhabité de Kolbeinsey qui constitue le point le plus septentrional de l'Islande.
En tant qu'État insulaire, l'Islande n'a pas de frontière terrestre mais possède deux frontières maritimes : l'une avec la Norvège (plus précisément avec l'île Jan Mayen), l'autre avec le Danemark (constituée de deux tronçons, l'un avec le Groenland, l'autre avec les îles Féroé).
Géographie physique
Géologie
upright=1.5|thumb|left|Système volcanique de l'Islande. thumb|Un des aspects de l'éruption de l'Eyjafjöll en 2010. thumb|L'île de Surtsey, formée dans les années 1960, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. thumb|upright|Le geyser Strokkur. thumb|left|La faille d'Almannagjá témoigne de l'activité géologique de l'Islande.
L'Islande est située au milieu de l'Atlantique sur la dorsale médio-océanique entre l'Europe et l'Amérique. Ainsi, d'un point de vue de la tectonique des plaques, la partie nord-ouest de l'Islande est sur la plaque américaine et la partie sud-est est sur la plaque eurasiatique. De plus, un point chaud se situerait juste en dessous de l'Islande, plus précisément sous le massif du Vatnajökull. Cette situation unique engendre sur l'île une importante activité volcanique et géothermale, située principalement le long de ce graben, là où le magma est le plus près de la surface.
Les manifestations à la surface de cette intense activité volcanique sont nombreuses : de nombreux volcans et failles éruptives sont situés sur l'île, dont environ 130 actifs, et de nombreux phénomènes paravolcaniques comme les solfatares et les sources thermales, dont les geysers (ce mot étant lui-même d'origine islandaise). L'abondance d'une telle énergie géothermique fait que la plupart des habitants ont accès à l'eau chaude et au chauffage domestique pour des prix très modiques.
Depuis l'ère tertiaire, cette île de ne cesse de se transformer à cause de l'activité volcanique permanente ; ses contours sont donc en évolution relativement rapide (à l'échelle des temps géologiques) et .
Le volcan Eyjafjöll est entré en éruption le , provoquant l'arrêt des lignes aériennes dans le nord de l'Europe durant plusieurs jours...
La fonte des glaciers en Islande s'est significativement accélérée à partir des années 1990. La surface de glace qui a fondu dans le pays depuis l’an 2000 est de 750 km². Au rythme actuel, les glaciers pourraient disparaitre d'ici 200 à 300 ans..
Topographie et hydrologie thumb|Carte physique de l'Islande.
L'Islande possède un relief assez important. Le centre de l'île (les hautes terres d'Islande) constitue un vaste plateau d'altitude supérieure à , et les côtes sont souvent montagneuses, découpées de fjords (en particulier la région des fjords de l'ouest et l'Austurland). Le point culminant de l'île est le volcan Hvannadalshnjúkur, au sud-est, avec .
Environ 10 % de l'île est recouverte de glaciers. Il y a quatre glaciers importants : le Vatnajökull, le Hofsjökull, le Langjökull et le Mýrdalsjökull. Ces glaciers alimentent plusieurs grandes rivières glaciaires (d'où le nom Jökulsá de plusieurs d'entre elles) dont la Þjórsá est la plus longue () et l'Ölfusá la plus importante quant au débit (/s). Ces rivières offrent une source importante d'électricité, utilisée principalement par l'industrie.
Ces caractéristiques géographiques exceptionnelles ont permis à l'île de développer un tourisme en plein essor, également pour observer les aurores boréales.
La topographie de l'île est marquée par une activité volcanique encore prégnante voire en augmentation. De plus en raison de la fonte accélérée des glaciers dans le contexte du réchauffement climatique l'île subit une élévation rapide de son sol (rebond isostatique), dont le début coïncide avec les premiers indices relevés (il y a environ 30 ans) de modifications locales du climat suffisantes pour faire fondre la glace à une vitesse accélérée (jusqu'à 35 mm/an, soit 1,4 pouce/an dans les années 2000-2014). Le relèvement du sol n'est pas parfaitement homogène : certaines parties du centre-sud de l'île montent de 35 mm/an, une vitesse qui surprend les chercheurs qui suivent ce mouvement ascendant du sol via un réseau géodésique spécialement installé de 62 récepteurs GPS fixés au sol ou sur des rochers de différents parties de l'Islande (depuis 1995 pour certains de ces récepteurs). Les données fournies par ce réseau montrent que . Il existe des traces géologiques d'un phénomène similaire lors de la dernière déglaciation (entamée il y a environ 12000 ans) avec une activité volcanique qui dans certaines régions de l'Islande avait augmenté de trente fois. L'augmentation récente de la fréquence d'éruptions volcaniques régionales (comme l'éruption de l'Eyjafjöll en 2010, qui a eu des conséquences économiques négatives dans le monde entier) pourrait être liée à ce phénomène de rebond isostatique. De futures études vont porter sur un éventuel lien entre la variation saisonnière de l'épaisseur et du poids des calottes glaciaires et ces mesuresNote intitulée Iceland rises as its glaciers melt from climate change ; publiée le 29 janvier 2015 à propos d'un article du "Geophysical Research Letters" ; Université de l'Arizona. Un phénomène similaire a été signalé en 2010 pour les îles du Svalbard et du Groenland, avec au Groenland un soulèvement de l'ouest de l'île qui semble avoir commencé dans la fin des années 1990. L'élévation y atteignait déjà 1 pouce par an (2,5 cm) vers 2010, et à ce rythme pourrait doubler pour atteindre deux pouces par an (5 cm) d'ici 2025 selon Tim Dixon (professeur de géophysique à l'Université de Miami et l'un des auteurs principaux de l'étudeGreenland rapidly rising as ice melt continues paru le 18 mai 2010).
Climat
L'Islande possède un climat océanique tempéré, soumis à l'influence des vents froids polaires. Grâce au Gulf Stream, ses côtes sud et ouest bénéficient d'une température bien plus clémente en hiver que New York.. Les températures ne s'éloignent jamais beaucoup de ( en moyenne annuelle à Reykjavik, à Akureyri). Les précipitations varient du nord au sud. Akureyri, au nord, a un total inférieur à , alors qu'au sud certaines stations météorologiques atteintes de plein fouet par les tempêtes océaniques ont un total pluviométrique annuel qui peut dépasser .
Un proverbe islandais illustrant la variabilité du temps dit : « Si le temps ne te plaît pas, attends juste cinq minutes ».
L'île est presque totalement située au sud du cercle Arctique et connaît donc une alternance jour/nuit toute l'année, même si la durée de clarté du jour est très courte en hiver, et les nuits sont très courtes en été. Seule la petite île de Grímsey, qui constitue le lieu habité le plus septentrional d'Islande, est traversée par le cercle polaire arctique.
Flore et faune thumb|left|De maigres forêts et fruticées de bouleaux pubescents, aujourd'hui quasiment disparues, couvraient le quart de l'Islande avant la colonisation humaine. thumb|Le plateau central islandais est le plus souvent nu ou juste parsemé de quelques plantes rabougries. thumb|left|Les landes rases riches en éricacées (camarine, callune, myrtille…) constituent le principal type de couverture végétale continue.
Plus de la moitié du territoire islandais est dépourvue de végétation terrestre ou juste colonisée par de rares plantes dispersées. Après avoir décompté les quelques étendues d'eau : lacs, rivières et lagunes, qui couvrent environ 2 % de la surface du pays, c'est donc un désert qui occupe principalement le plateau central et les chaînes montagneuses et qui est composé de glaciers (environ 10 % du territoire islandais), d'étendues de roches volcaniques nues (environ 23 %), de terrains à végétation très éparse (environ 13 %) et de sables (environ 3 %) ..
La périphérie de l'île est plus verdoyante, avec majoritairement de nos jours des paysages de toundra. Ce ne fut pas toujours le cas: les Vikings au découvrirent une île couverte à plus du quart de sa superficie par des forêts ou des buissons de bouleaux pubescentsOn peut voir à Drumbabót (près du Markarfljót) les vestiges d'une forêt de bouleaux noyée par la crue d'une rivière glaciaire au , puis enfouie sous les sédiments avant de réapparaître récemment par suite de l'érosion.. Les défrichements agricoles, l'exploitation du bois pour la construction ou comme combustible et le pâturage des moutons ont fait disparaître ces boisements naturels . qui ne couvrent plus aujourd'hui que 1,1 % de la surface de l'île (0,2 % de forêts et 0,9 % de buissons). Cependant depuis un peu plus d'un siècle, également pour lutter contre les phénomènes d'érosion, l'Islande a développé une politique de conservation, et également d'afforestation en plantant diverses espèces exotiques. La plus importante forêt issue de cet effort, est celle de Hallormsstadarskogur, près de Egilsstadir, créée à partir de 1903 dans l'est de l'île. Ces forêts se sont avérées de très bons puits de carbone, du fait de la pauvreté initiale en carbone du sol.
Les principales formations végétales actuelles sont alors des landes rases qui s'étendent sur environ 35 % de l'Islande et qui peuvent être constituées soit de sous-arbrisseaux dont notamment la camarine noire (Empetrum nigrum), la callune (Calluna vulgaris), la myrtille des marais (Vaccinium uliginosum)…, soit simplement de tapis de mousses ou de lichens parsemés ici ou là de quelques touffes de petites plantes vasculaires. Les autres habitats sont des tourbières et marécages (environ 7 %), des prairies naturelles (environ 3 %), et des terres agricoles (environ 2,5 %) essentiellement représentées par des pâtures et prairies de fauche.
thumb|left|upright=0.9|La Dryade à huit pétales (Dryas octopetala), Holtasóley en islandais, la fleur nationale du pays, que l'on trouve également en Arctique, dans les Alpes et autres montagnes d'Europe, est l'une des premières colonisatrices des terres libérées par les glaciers ou des champs de lave refroidis.