Les relations franco-chinoises (chinois traditionnel : 中法關係 ; chinois simplifié : 中法关系) se réfèrent aux relations internationales entre la Chine et la France.

Histoire Contacts pré-modernes

La connaissance de la Chine, remonte aux Grecs et aux Romains qui la nommaient Sinae, This, ou Sères chez les géographes Ératosthène et qui correspond à la Chine Méridionale, ou peuplés pour Ptolémée des Séres, le peuple de la Soie comme le nomme aussi Pline ou Virgile. Ce peuple est décrit comme : . Une ambassade des Sères auraient été reçu par l'empereur AugustePoinsotte Jean-Michel, Les Romains et la Chine, réalités et mythes, Mélanges de l'école française de Rome Année 1979 91-1 pp. 431-479. C'est donc au travers les échanges de la route de la soie, soie dont les Romains étaient très demandeurs que se créent les connaissances et l'image d'une Chine, pays heureux de l'Extrême-Orient. À partir du , la Chine est connue comme le pays de l'argile fin.

À partir du , et les voyages diplomatiques pontificaux ou royaux de Jean de Plan Carpin en 1245, de Jean de Montecorvino, pour le pape Clement V établi en Avignon, parti à pied à la recherche des chrétiens nestoriens en 1247, d'André de Longjumeau (1249) et Guillaume de Rubrouck en 1253 auprès des empereurs mongols, enfin avec le Voyage de Marco Polo, les contacts et description du pays des Cins ou Cathay, (la désignation de la Chine) se font plus précis.

En 1588, le texte du portugais Juan Gonzalez de Mendoza est traduit en français Histoire du grand royaume de la Chine dont Michel de Montaigne s'inspire pour écrire dans ses Essais :

Contacts modernes

Les relations avec la Chine relèvent ensuite du commerce de la porcelaine d'abord au travers des commerçants levantins, puis à partir du , des Portugais et des Espagnols, porcelaine dont on trouve la trace dans les inventaires royaux français. Si la noblesse française collectionne depuis le la porcelaine chinoise, les empereurs chinois eux collectionnent les émaux de LimogesL’émail peint, entre France et Chine : rappel des connaissances, questions et méthode, un point de vue français, Séminaire « L’expérience des techniques », Université de Paris VII – Diderot, 20 janvier 2017, Paris à lire sur https://f-origin.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/3418/files/2018/11/NOTIN-Publication-en-ligne-se%CC%81minaire-2017.01.20.pdf.

Dans le chapitre du traité de 1637 de Song Yingxing'(宋應星) le Tiangong Kaiwu, (天工開物) consacré à l'histoire et la technique de la porcelaine, (traduit en français par Thien-kong-khaï-Wouen 1856) , les français apparaissent relevant du dans la description des porcelaines à inscrustations qui s'inspirent des émaux cloisonnés de Limoges. Les mots émaux (Fa-long) et Français (Fo-long) sont confondus en un "Falan" Song-Ing-Ing, Histoire et fabrication de la porcelaine chinoise , ouvrage traduit du chinois par M. Stanislas Julien,et Notes par M. Alphonse Salvétat, augmenté d'un Mémoire sur la porcelaine du Japon, traduit du Japonais par J. Hoffmann, Paris, 1856, Introduction et p36-37.

Reconnaissance entre l'Empereur Kangxi et le roi Louis XIV

thumb|Gobelet et sa soucoupe, porcelaine de Chine, cadeau de l'empereur chinois Kien-Long au philosophe Voltaire (1768), musée Carnavalet, Paris. Les jésuites français pressent les rois de France de les envoyer dans l'empire de Chine. Ainsi en 1685, Louis XIV envoie une délégation de 6 jésuites sous l'appellation de "mathématiciens du roi" pour établir des relations diplomatiques avec les empereurs chinois de la dynastie des Qing. La mission, qui concomitamment a des projets d'évangélisationMichèle Artois, L'empereur, les jésuites et le verre, L'Histoire numéro 499, rubrique Actualité page 22-23., rencontre alors l'empereur chinois Kangxi (alors orthographié Xangxi dans les textes) au nom du Roi Soleil et souligne la similarité des destinées des deux princes, en effet, tous deux se prétendant les serviteurs d'un « Dieu » pour contrôler leurs régions respectives. Reconnaissant la puissance du royaume de France en Europe, l'empire de Chine est lui considéré comme le plus puissant en Asie de l'Est. En 1686, Louis XIV a reçu une ambassade du Siam pour affirmer les liens militaires avec la France, mais le roi du Siam est renversé en 1688, son successeur n'ouvrant son pays qu'aux Hollandais.. L'empereur Kangxi envoie en France le Père Bouvet en tant que . L'ambassadeur est reçu par Louis XIV qui lui remet cadeaux et portraits à présenter à la cour de Pékin. Devant surveiller la collection de manuscrits offert à la cour de France par Kangxi, le chinois Shen Fuzong arrive en France en 1684, puis ensuite en 1702-04, vient Arcade Huang (connu sous le nom de Huang Jialü (1679-1716)) . Le , un vaisseau français L'Amphitrite accoste à Canton. Parti de La Rochelle le , avec à son bord le peintre Gherardini et des artisans miroitiers, il est reçu par les chinois comme un Coll, sous la direction de Lucien Bély, Dictionnaire Louis XIV, article Chine, Editions Robert Laffont, Paris, 2015.. En 1700, lors d'une fête à Versailles, Louis XIV apparaît vêtu de vêtements chinois, porté sur un palanquin précédé de musicien habillé « à la chinoise ». La même année Kangxi offre à Louis XIV, . S'ouvre en France, une période de sinophilie, caractérisée en France par le goût du style chinois, du style rocaille propre au . Alors qu'à Pékin les empereurs Yongzheng et Qianlong construisent le Yuan Ming Yuan en y intégrant des éléments français notamment des vitres issus de la première verrerie de Chine, le Bolichang qui a été fondée grâce à l'arrivée d'un jésuite qui « sache le secret de fabrication d'une bon émail et du verre » à la suite de la requête du supérieur Français de la compagnie de Jésus en Chine, Jean de FontenayCf. M. Crick, Chine impériale. Splendeurs de la dynastie Qing, 1644-1911, Genêve-Milan, Fondation Baur-5 continents ,2014.. En 1766, Louis XV offre à l'empereur Qianlong une des tapisseries de la série de la « Tenture chinoise » dessinée par François BoucherCat, Une des provinces du rococo, la Chine rêvée de François Boucher, Musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon,du 8 novembre 2019 au 2 mars 2020, 288 pages, Paris, In Fine éditions d'art, 2020 qui présente . En 1723, les missionnaires chrétiens, les yangguizi 洋鬼子, « démons occidentaux » sont expulsés de Chine. Cependant les jésuites ont rapporté en Europe le modèle des grandes écoles et des concours de mandarins, (du portugais mandarim, de mandar, commander). Sur ce modèle chinois crée les grands concours de fonctionnairesarticle Mandarins, Encyclopédia Universalis, à lire sur https://www.universalis.fr/encyclopedie/mandarins/ in Découvrez l’histoire des concours et leur origine !, à lire sur http://www.coachingpreparationconcours.com/2016/09/01/decouvrez-lhistoire-concours-origine/.

Au

Le consulat de Canton est abandonné en 1785 et depuis 1815, la France n'a plus accès au commerce avec la Chine sans passer par les fourches caudines britanniques. En 1808, le sinologue et dernier consul de France de Guignes publie "Son voyage à Péking, Manille... entre 1784 et 1801" à Paris, un ensemble de 70 gravures d'après ses dessins. Napoléon fait publier un dictionnaire Chinois-Français-Latin en 1811, Abel-Rémusat inaugure des cours de langues et civilisation chinoise au collège de France en 1814. En 1842, un consulat est ouvert à Canton par le roi Louis-Philippe. En 1843, le sinologue Bazin aîné (1799-1862) ouvre un cours de chinois à l’École des langues orientales vivantes à Paris, puis un premier ambassadeur est nommé en 1847 le baron Forth-Rouen en Chine. En 1856, allié aux Britanniques, le gouvernement de Napoléon III participe à la Seconde guerre de l'opium entre 1856 et 1860 au cours de laquelle le Palais d'été est détruit. Cette victoire impose les traités inégaux et ouvre la voie à la politique de colonisation de l'Asie du Sud-Est.

La guerre franco-chinoise entre 1881 et 1885, défait les projets de Prosper Giquel et inaugure la période de l'Indochine française. Il s'ensuit la révolte des Boxers contre les colons américains, européens et japonais qui se conclut par le traité qui assure l'hégémonie occidentale sur le territoire chinois. Après la première guerre mondiale les concessions allemandes et autrichiennes sont redistribuées entre vainqueurs par le Traité de Versailles, sans accord de la république de Chine ce qui ouvre la voie à la colonisation japonaise sur le Shandong.

À Paris, pendant le , se forge une image d'épinal exotique du chinois « mystérieux » au travers du théâtre, de l'opéra-comique et du cirque alors qu'à la fin du siècle on présente des adaptations traduites du théâtre chinois classiqueen particulier à travers les traductions de Judith Gautier, in Shih-Lung Lo, La Chine sur la scène française au , Chapitre II. Confrontation : pérégrinations en territoire chinois (1861-1880), p. 67-117, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 215p..

A la fin du , des missions scientifiques archéologiques françaises. sont menées avec l'accord du gouvernement chinois en particulier liés à la découverte des Manuscrits de Dunhuang.

Création d'une ambassade de la dynastie Qing en France

À Shanghai, une école de diplomates est ouverte par les Britanniques en 1862 ; elle va former les premiers diplomates chinois.

À partir de 1866, l'Europe et la France commencent à être visitées par les premiers voyageurs chinois dont ces diplomates qui écrivent récits et journaux de voyage où ils décrivent leurs surprises devant des mœurs qui les étonnent, nourriture, relation homme/femme, couple, relations aux parents, enfants, sexualité....

C'est à partir de 1878 qu'un premier ambassadeur de Chine, est nommé en France, tout étant ambassadeur en Grande-Bretagne depuis 1875.

La France apparaît alors aux Chinois comme un pays de grande culture artistique défait par l'Allemagne de l'industrie d'armement de Krupp, quand la Grande-Bretagne est la grande puissance commerciale. En 1883, un guide touristique pour Chinois présente le voyage en Europe comme un voyage dans un de la Chine où la liste .

Avant 1900, 50 étudiants chinois viennent étudier en France les sciences et le droit, parmi eux Wang Shouchang (王寿昌), auteur avec Lin Shu de la traduction, en 1899, de La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils, dont le succès fut immense et révolutionna l’écriture du roman chinois. 250 étudiants arrivent entre 1900 et 1912voir note 3..

Début du et mise en place d'une relation diplomatique et économique entre la France et la Chine

La reconnaissance de la Chine Selon les historiens l'année 1913 marque le début des relations diplomatiques et économiques entre la France et la Chine..

En 1913, le gouvernement français de la Troisième République reconnaît la république de Chine. Cet acte est effectué du côté français par les diplomates Alexandre-Robert Conty et Philippe Berthelot.

Dès 1913 est créée la Banque industrielle de Chine (BIC) par le financier André Berthelot. C'est une banque franco-chinoise née en 1913 avec le soutien du Ministère des Affaires Étrangères français et du gouvernement républicain chinois.

La création des premières institutions financières franco-chinoises La Banque industrielle de Chine est créée avec l'appui du Quai d'Orsay. Son bureau chinois est établi à Shanghai et son bureau européen à Paris. Cette banque visait à établir une coopération durable entre la Chine et la France, et à renforcer le poids de la Chine dans ses négociations avec ses créanciers. Elle devait faire concurrence au consortium de banques anglaises, allemandes, japonaises, russes mais aussi françaises qui contrôlait les finances de la dynastie Qing. La BIC s'inspire du modèle d'organisation anglais en Chine.