Étienne Copel, né le à Saint-Étienne, est un général de brigade aérienne de l'Armée de l'air française. Il fit une brillante carrière d'officier et a été, en 1981, le plus jeune général français en activité« Spécial Défense – Le dogme nucléaire, le danger chimique, le service militaire – Un général s'insurge », L'Express, 1706, 16-22 mars 1984, de couverture et 19-28 : Jérome Dumoulin, « Un général s'insurge » ; entrevue avec Yves Cuau et Jérome Dumoulin, « Étienne Copel : ; « Cinq experts lancent le débat : François de Rose, L'iconoclaste – , La morale et la bombe – Pierre Gallois, Des idées archaïques – Jean-Pierre Chevènement, Politique d'abord ! – Michel Aurillac, Incertitude et dissuasion ».Alain Mathieu, « Crédits militaires – Sarkozy a raison : des économies sont possibles – Entretien avec le général Étienne Copel », dans Société Civile, 39, septembre 2004.« Étienne Copel », sur le site des éditions Michalon, consulté le 8 mars 2010.. Il fut l'un des trois pilotes de chasse à avoir effectué le largage d'une bombe atomique pour des essais à Moruroa (plus connu sous le nom de MururoaLe Petit Larousse 2008, Paris, éd. Larousse , 1542.), en 1973. Il se rendit célèbre en 1984 en démissionnant de son poste de sous-chef d'état-major de l'Armée de l'air, afin de pouvoir exprimer librement sa conception de la politique de défense de la France et publier son premier livre.
Il a continué à faire connaître, par ses livres et ses conférences, ses points de vue sur ses sujets de prédilection comme la Sécurité civile, les choix politiques en matière de Défense en particulier sur la force de dissuasion nucléaire française, et les dangers du terrorisme.
Origines familiales Étienne Copel est le fils de Pierre Copel. et de Kyra Alexandroff, née à Moscou, le . Ils s'étaient mariés à Versailles, le . Une rue de Saint-Étienne porte le nom de Pierre Copel en son hommage.
Carrière militaire Entré à l'École de l'air de Salon-de-Provence en 1954, il en sort major en 1956. Il est breveté pilote de chasse en 1957. Il effectue deux séjours sur le théâtre des opérations en Algérie, qui lui valent quatre citations.
En 1969, il commande la première escadre nucléaire tactique.
Alors lieutenant-colonel, commandant de la de chasse à la base de Luxeuil ()Ministère de la Défense – Base aérienne 116 - Luxeuil – « Historique de l'escadron de chasse 02.004 », sur le site ba116.air.defense.gouv.fr.« Histoire-Stratégie : « TAMARA » Essai réel en vol de la première arme nucléaire tactique », Revue des anciens élèves de l'École de l'air, Le Piège, 181, juin 2005., il expérimente le , à Mururoa, sur le Mirage III E (617 immatriculé BE), en présence du ministre de la Défense Robert Galley, le largage de la première arme nucléaire tactique AN-52. Il s'agit du français (nom de code : Tamara). Il est alors le deuxième pilote à réaliser cet essai en vraie grandeur depuis un avion, mais le premier à le faire en solo.. Le premier essai de ce genre eut lieu à Fangataufa le , sur Mirage IV avec deux personnes à bord, et le troisième et dernier essai depuis un avion fut réalisé le également en solo, à Mururoa, sur Jaguar A. Les trois seuls pilotes français à avoir effectué un essai nucléaire sont issus de l'École de l'air de Salon-de-Provence.
La même année (1973), il est reçu major à l'École supérieure de guerre aérienne.
De 1977 à 1979, le colonel Copel commande la base aérienne de Reims ().. En 1978, il y accueille, en particulier, des MiG-23 soviétiques dans le cadre des échanges du Normandie-Niémen.
Le , à l'âge de , il est nommé général de brigade aérienne. Il commande alors le Centre d'opérations de la Défense aérienne à Taverny. En 1983, il est nommé sous-chef d'état-major de l'Armée de l'air, chargé des opérations.
Étant en désaccord avec les choix politico-stratégiques de l'époque concernant la Défense nationale, il démissionne de ce poste le afin de pouvoir exprimer ses points de vue publiquement.
Carrière civile Publications Son premier livre, Vaincre la guerre (tiré à ) qui paraît en 1984 est une remise en cause des options de l'époque dans de nombreux domaines militaires, en particulier la vision classique de la dissuasion nucléaire. Il y dénonce également le service national, qu'il juge dépassé, dans sa forme d'alors. Il prône un service bref suivi de quelques périodes de réserve très courtes, dans le but de construire une garde nationale destinée à la protection du territoire en cas, par exemple de grave danger terroriste.
Il publie son deuxième ouvrage en 1986 : La Puissance de la liberté, dans lequel il prévoit la chute de l'Empire soviétique.
En 1991, paraît : Le Nécessaire et l'inacceptable, où il explique et défend l'énergie nucléaire, en particulier pour lutter contre l'augmentation de l'effet de serre, tout en dénonçant la vulnérabilité des centrales nucléaires, en particulier en raison du risque d'écrasement d'un avion gros porteur aux mains d'un pilote suicide. Il y préconise un certain nombre d'améliorations des centrales actuelles.
Puis en 2003, il publie : Prévenir le pire, éviter les catastrophes terroristes, livre dans lequel il explore les pistes possibles afin d'éviter les catastrophes d'origine terroriste et dans lequel il critique et, entre autres, le remplacement du M45 par le M51.
Il renouvelle ces critiques en 2004 dans différentes interviewsÉtienne Copel, « Économiser sur le nucléaire », dans Le Figaro, 18576, 27 avril 2004.« Faut-il réduire les dépenses nucléaires ? Étienne Copel : « Des économies pour financer les besoins de défense civile », propos recueillis par Christian Makarian, L'Express, 18 octobre 2004, sur le site lexpress.fr, consulté le 29 janvier 2010. ainsi que le format de la FOST à quatre SNLE. Selon lui, « Essai réussi pour le nouveau missile nucléaire français contesté », Le Monde, 27 janvier 2010.. Il justifie la critique de la dissuasion nucléaire par des motifs économiques (« défense civile, modernisation des armées et réduction du déficit de l'État ») et stratégiques :
En , il donne raison au roi du Maroc, Mohammed VI, d'avoir choisi les avions F-16 américains, au détriment du Rafale français, pour les Forces aériennes royales de son paysÉtienne Copel, « F16 : Pourquoi M6 a eu raison », Jeune Afrique, 2443, 4 au 10 novembre 2007..
En , il émet des idées pour réaliser des économies en matière de Défense nationale et donne un avis sur les Livres blancs, en particulier sur celui sur la Défense de 2008..
En , il se prononce à nouveau pour une réduction des dépenses dans le nucléaire militaire au profit, entre autres, de la réduction de certaines économies dans le domaine des armements classiques, tout en s'opposant à la disparition totale de la forces de dissuasion nucléaire française comme le propose, par exemple Michel Rocard..
En , il donne un avis positif concernant la décision du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, d'acquérir des drones américains..
Son analyse du Livre blanc 2013. l'amène à formuler les mêmes critiques relativement à la priorité donnée en France à l'arme nucléaire aux dépens des autres formes de défense, pourtant à ses yeux essentielles, en relation avec les menaces terroristes, en particulier sur le territoire national..
Depuis 2010, il collabore au magazine La Revue dont il est membre du comité éditorial et pour lequel il écrit régulièrement des billets...
Engagement politique De 1992 à 2004, il est élu UDF au conseil général de l'Aube.
Il a été président du parc naturel régional de la Forêt d'Orient.
Il a été candidat UDF aux élections sénatoriales de 1998...
Il a été conseiller municipal de Troyes, 2001-2008 (majorité municipale).
Activité bénévole En 1987, il devient vice-président du Haut comité français pour la défense civile« Étienne Copel », revue Défense nationale, sur le site defnat.com, consulté le 19 janvier 2010. fondé par le général Billotte et Maurice Schumann. Dans ce comité, il est président du collège des expertsHaut Comité Français pour la Défense Civile..
Titres Il est ingénieur de l'École de l'air et titulaire d'une maîtrise de droit.
Décorations Voir : « Biographie », sur le site des éditions Gallimard.. Croix de la Valeur militaire avec quatre citations. Commandeur de l'ordre national du Mérite
Ouvrages Vaincre la guerre, une autre défense, une autre armée, Lieu Commun, , 1984, (réimpr. 2006), 246 . Vaincre la guerre, c'est possible !, Folio Actuel, 1985, 224 . La Puissance de la liberté, les chances d'une défense de l'Europe, Lieu Commun, , 1986, (réimpr. 2006), 224 . Le Nécessaire et l'inacceptable, centrales nucléaires, terrorisme..., Balland, , 1991, 235 Isabelle Cordonnier, Politique étrangère, , , 1991, , recension sur Persée.. Prévenir le pire, éviter les catastrophes terroristes, Paris, Michalon, , 2003, 203 . Collectif, dont : Pierre Pascallon (dir.), Thierry d'Arbonneau, Jean-Claude Baert, Étienne Copel, Bernard Libat, Pierre Mathe, Henri Paris, Jean Rannou, La Dissuasion nucléaire française en question(s), actes du colloque organisé en par Pierre Pascallon, L'Harmattan Paris, 2006, 510 . Au-delà du mirage – Souvenirs d’avenir, Éditions Favre, 2021, 272 Claude Franc, Revue Défense nationale, , (), 2021, , recension sur Cairn.info..
Notes et références
Liens externes
« Au-delà du mirage » – 4 questions à Étienne Copel. Le point de vue de Pascal Boniface », IRIS, 17 septembre 2021.
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