thumb|Tentes des Enfants de Don Quichotte au bord du Canal Saint-Martin, à Paris. thumb|Tentes installées par les Enfants de Don Quichotte à Toulouse, France (février 2007). thumb|Tentes installées par les Enfants de Don Quichotte à Lille, France (mars 2007).
Les Enfants de Don Quichotte est une association française présidée par Jean-Baptiste Legrand, créée le à l'initiative d'Augustin Legrand, Pascal Oumakhlouf et Ronan Dénécé. Son siège social est à Chécy (Loiret).
L'intention de ses créateurs est de .
De la première occupation du canal Saint Martin, naîtra une association nommée Les Enfants du Canal qui gère actuellement plusieurs centres d'hébergement à Paris. Ses membres fondateurs sont Armelle Legrand (la mère de Jean-Baptiste) la trésorière, le docteur Jacques Bérès son président (cofondateur de Médecins sans frontières), Roseline Ducrocq secrétaire, le docteur Éric Hensperger (spécialiste en addictologie, SMES hopital st Anne, bus methadone medecins du monde) vice-président, après plus de dix ans à la tête de l'association, ils ont démissionné collectivement pour faire place à la relève en 2020. Son premier directeur fut Christophe Louis qui a quitté l'association également en 2020. Cette association créera ensuite Les Romcivics, un projet qui consiste à faire travailler - en service civique - des jeunes issus de la communauté Rom.
L’action de l’hiver 2006-2007 L’association déclare avoir pour objectif de porter à la connaissance générale les conditions de vie (précarité du logement, de travail, de soins, instabilités psychiques et physiologiques,…) des sans domicile.
Dans la nuit du 15 au 16 , elle installe un village de quelque 200 tentes sur les berges du canal Saint-Martin à Paris. Par cette action, elle cherche aussi à se faire connaître des milieux associatifs, politiques et médiatiques. L'association crée également un site sur lequel elle met en ligne la "Charte du Canal Saint Martin", signée le .
Début , sur les quais de Jemmapes et de Valmy, plusieurs centaines de SDF et quelques dizaines de volontaires (lesquels partagent à des fins de solidarité les conditions des premiers) sont présents. À partir du , d'autres campements se forment en France comme à Nantes, Lille, Grenoble, Toulouse et Bordeaux. Créé le , le campement de Strasbourg devient le deuxième de France avec 70 tentes.
Les Enfants de Don Quichotte reçoivent alors le soutien de nombreuses personnalités politiques : Bertrand Delanoë, Christine Boutin, François Bayrou ou François Hollande ainsi que de l'acteur Jean Rochefort. Jean-Louis Borloo est alors ministre de l'Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement dans le gouvernement Villepin et Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale et à la Parité, est dès lors chargée d'être l'interlocutrice au gouvernement. Les relations avec cette dernière seront en revanche tendues, donnant lieu de sa part à des déclarations critiques restées célèbres pour le mouvement ("poudre aux yeux").
Dans la première semaine de janvier, le gouvernement annonce un projet de loi sur le droit au logement opposable (DALO) entrant dans le cadre nouveau d'un Plan d’Action Renforcé en direction des personnes Sans Abri (PARSA)Plan d'action parsa qui approuve les principes de la Charte du Canal Saint Martin. Augustin Legrand déclare le la levée des campements en annonçant une sortie de crise immédiateAnnonce du 8 janvier 2007, Augustin Legrand : sortie de crise!. Le , le conseil des ministres examine le projet de loi.
Cependant l'association des Enfants de Don Quichotte, par le biais des responsables locaux du mouvement et en l'absence d'Augustin Legrand qui s'était engagé pour un mois dans un tournage en Afrique du Sud, choisit de ne pas retirer le campement du quai de Jemmapes ni ceux de province. Elle envisage de n'enlever que les tentes des SDF à qui sont proposées des solutions de logement pérenne, acceptées personnellement et correspondant aux attentes de la charte (les solutions de relogement ne peuvent notamment pas être prises à d'autres SDF).
En France, les campements doivent alors affronter plusieurs obstacles à leur bonne tenue et qui sont relatifs aux conditions de la rue, comme la gestion de la violence interne et externe aux campements, l'hygiène, la possibilité d'usage de l'eau ou des sanitaires publics, l'aide médicale, la gestion des réapprovisionnements alimentaires et vestimentaires, la lutte contre le froid… Plusieurs appels seront lancés vers les associations d'entraide (médecin du monde, banque alimentaire…), le public (appel au don et organisation de quêtes communes à proximité des campements), ainsi que les pouvoirs publics (protection de la police, aide des communes pour les accès aux premières nécessités…). Le rapport avec les policiers et agents du renseignement, souvent volontaires dans leur mission, sera généralement très bons, alors que les conflits au cours des actions de police donneront lieu à plusieurs incidents (destruction du portable du représentant de Nice l'amenant en justice, évacuation des campements avec destruction des tentes et maîtrise des militants ou même des enfants, lutte avec les instances locales pour remonter les campements en des lieux plus sûrs ou convenus après les premières évacuations…).
La Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale, engagée depuis le dans la « sortie de crise »engagement FNARS dans la sortie de crise EDQ, est alors chargée de coordonner au niveau local et national les solutions individuelles de relogement et de suivi social dans un accompagnement prévu pour un an. Une liste par campement des personnes présentes est ainsi établie et transmise à ses antennes locales. La levée individuelle des tentes sera progressive jusqu’au mois de mars et parfois de mai après que plusieurs refus aient été faits par les SDF aux médiateurs de la FNARS (hôtels-meublés le plus souvent : absence d'autres solutions, incohérence du prix avec les ressources de l'usager, contraintes d'horaire et de promiscuité, absence de cuisine et de lieu de rangement, absence de travail social comme le ré-apprentissage du quotidien ou l'envergure du retour à l'emploi, inadaptation dans certains besoins de prises en charge médicosociales, absence de relais, fréquence et rapidité des retours à la rue).
Ainsi les explications des SDF, portées par la médiation des Enfants de Don Quichotte, devaient être entendues pour être prises en compte du mieux possible par les organismes concernés, tout autant que par les médias et l'opinion publiqueFNARS : L’impact de l’action des Enfants de Don Quichotte. Cependant, une grande majorité des SDF devra accepter les seules solutions de relogement provisoire en hôtel que les services sociaux avaient à disposition immédiate par des rallonges de budget. La spirale de ce type de dépenses en l'absence d'autre investissement de logement plus rentable sera déplorée par l'association. Parallèlement, quelques formes d'aménagements et d'investissement ont eu lieu localement et de manière pilote comme le renfort ou la création d'équipes de travailleurs sociaux dédiées aux usagers placés en hôtels (avec des axes de travail collectif et individuel reconsidérés) ou encore la création de villages de réadaptation sociale en bungalow ("Villages de L'espoir", projet de Jacques Deroo, moniteur-éducateur et ex SDF) qui donnent enfin des perspectives à la sortie de rue.
La loi du instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale est publiée au Journal officiel le . Son décret d'application entre en vigueur le Décret du 28 novembre 2007 relatif à l'attribution des logements locatifs sociaux, au droit au logement opposable et modifiant le code de la construction et de l'habitation et les premiers recours devant la commission de médiation par dépôt de dossier de candidature sont recevables au pour les catégories de SDF les plus précaires et au pour tout citoyen ayant un problème caractérisé de logementLe DALO expliqué par le Ministère du Logement et de la Ville. Le recours particulier de droit opposable qu'elle permet en justice contre l'État est rendu actif en .
Cette loi est critiquée, notamment par les organisateurs des Enfants de Don Quichotte et certaines personnalités du milieu associatif. Ils lui reprochent notamment de ne pas mettre en place d'outils favorisant la création ou la réquisition de logements, ni l'accompagnement social des bénéficiaires potentiels, et donc qu'elle ne contribuera que marginalement à réduire le nombre de personnes sans domicile fixe ou mal logées.
Christine Boutin succède à Catherine Vautrin le en tant que Ministre de la Ville et du Logement à la suite de la formation du premier gouvernement Fillon. Sa sensibilité pour le mouvement et son engagement pour le droit au logement aurait pu favoriser ses rapports avec Augustin Legrand, mais ce dernier gardera une attitude combattive à l'égard de toute résistance du gouvernement concernant les revendications des associations tournées vers le mal-logement et l'exclusion dont il veut permettre la mise en lumière, l'expression, mais aussi la fédération.
Hiver 2007-2008 Les 29Conférence de consensus, journée du 29 novembre 2007 et 30Conférence de consensus, journée du 30 novembre 2007 est organisée une conférence de consensus en présence de Christine BoutinConférence de consensus, intervention de Christine Boutin le 29 novembre 2007 regroupant les principaux représentants de l'action sociale en lien avec la précarité et succédant à 3 forums locauxForums locaux avant la conférence de consensus du 28 et 29 novembre 2007. Augustin Legrand y confirme ses engagements auprès des associations dans une lutte contre les évidences, les amalgames, les préjugés et la fatalité, ainsi que son devoir de citoyen qu'il veut investir, et fait part de sa volonté de recommencer des actions si nécessaireConférence de consensus, intervention d'Augustin Legrand le 29 novembre 2007. vignette|Augustin Legrand, le 13 mai 2009 à Paris. Le matin du samedi , les Enfants de Don Quichotte, des SDF et des sympathisants tentent, sous la direction d'Augustin Legrand, de s'installer sur les bords de la Seine au niveau de Notre-Dame, mais ils sont repoussés par les forces de l'ordre l'après-midi même et sont obligés d'abandonner leurs tentesLes Enfants de Don Quichotte près de Notre-Dame. À la suite de cette tentative le premier ministre François Fillon annonce qu'il s'occupera personnellement de cette affaireFillon annonce un contrat entre le gouvernement et les associations d'aide aux SDF. Il invite les associations concernées comme les Enfants de Don Quichotte à discuter le jeudi et charge le député Étienne Pinte d'une mission sur l’hébergement d’urgence et l’accès au logement des personnes sans-abri ou mal logéesChronologie de la mission Pinte et décalage a posteriori avec ce qui sera retenu par le Premier Ministre. Ce dernier remettra son rapport le Rapport de la mission Pinte, jugé satisfaisant par les associations qui demandent la mise en œuvre de ses propositions.
Les associations ainsi mises en présence commencent à se fédérer en collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logéesCollectif des associations unies - Demande d'application qui verra concrètement le jour en . Il se donne pour objectif de permettre une action coordonnée, concertée et plus efficace de ses acteurs associatifs - bénévoles ou professionnels - tout en préservant les vocations militantes et plurielles. Il garde pour interlocuteur principal au gouvernement Christine Boutin et Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.