Le système d'irrigation de Dujiangyan () est conçu en Chine au par le gouverneur Li Bing (李冰) et son fils Er Lang, pour éviter les inondations provoquées par la rivière Min, et irriguer la plaine de Chengdu. Il fonctionne sans interruption depuis sa création, et continue de se développer. À partir du , l'ouvrage devient également un site touristique.

Histoire Pendant la période des Royaumes combattants, l'État de Qin prend le contrôle de la région constituant l'État de Shu. Elle est alors pauvre et peu peuplée. La plaine de Chengdu manque d'eau, tandis que la rivière Min, qui dévale du plateau tibétain, provoque des inondations régulières au moment de la fonte des neiges, époque où son débit peut dépasser , contre 500 en période de basses eaux. De plus, cette rivière est aussi une voie de communication indispensable pour assurer la circulation des marchandises, des troupes et des approvisionnements. Un barrage pourrait permettre de se défendre contre les inondations, mais le transport en serait entravé, aussi le gouverneur Li Bing (en fonction à partir de 272 ou 277 Av JC selon les sources) adopte un projet plus ambitieux qui remplit les trois fonctions.

L'idée est de séparer la rivière en deux flux par une digue formant une île artificielle. Le bras intérieur nourrit le système d'irrigation avec un flux relativement stable et contrôlable d'eau peu chargée en sédiments ; à cet effet des gabions en bambous servent de filtre. Le bras extérieur, plus lent dans un chenal plus large et moins profond, charrie les sédiments et absorbe les variations de débit de la rivière. En aval de la prise d'eau d'irrigation le flux intérieur se reconnecte au flux extérieur. L'eau d'irrigation doit passer par un canal creusé dans la montagne.

Le projet reçoit un budget de , de quoi payer des dizaines de milliers de travailleurs pendant plusieurs années.

Avant de pouvoir lancer le projet, Li Bing doit amadouer les animistes locaux, pour qui la rivière est une divinité. Il le fait en détournant la coutume locale d'offrir une épouse au fleuve : organisant un banquet où une de ses filles doit être l'épouse, il prétend être offensé du refus de la divinité de l'accepter, organise un combat où un taureau symbolise le fleuve, le fait tuer, et proclame avoir ainsi vaincu le fleuveShiji, ch.116, xi nan yi lie zhuan, pp 2995–2996.

Technique de construction Grâce à une série de barrages mobiles, une partie des eaux de la rivière Min est dérivée vers un canal qui les conduit vers la plaine de Chengdu. Pour éviter l'accumulation de limon dans le système d'irrigation, une digue est construite au centre de la rivière. La base de celle-ci est réalisée après avoir constitué d'énormes gabions faits de bambous. Cette partie du travail prend quatre ans. alt=Démonstration de fabrication de gabion en bambou tressé.|gauche|vignette|Démonstration de fabrication de gabion en bambou tressé.|185x185px thumb|droite|Partage des eaux du Min

Quant au canal d'irrigation, sa construction nécessite le creusement de la montagne, performance remarquable compte tenu des moyens disponibles à l'époque. Parmi les techniques utilisées, le chauffage et le refroidissement répétés de la roche permettent de la fracturer et de faciliter son percement. Cette partie du travail prend huit ans.

Conjointement au mont Qingcheng, l'ouvrage est inscrit en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Deux autres grands canaux historiques existent en Chine : le canal Lingqu, dans la province du Guangxi le canal Zhengguo, dans la province du Shaanxi

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Fiche du Patrimoine mondial

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