Taxandria est un long métrage d’animationVoir Commentaire. belge réalisé par Raoul Servais, sorti en 1996.

Synopsis Accompagné de son précepteur, Jan, un jeune prince d’une dizaine d’années, est envoyé par son père dans un palace désert en bord de mer pour réviser ses examens. Il trouve un peu de réconfort auprès de Karol, le gardien du phare. Celui-ci s’attache à l’enfant et lui ouvre les portes de son domaine, TaxandriaTaxandria est le nom d’une région au nord de la Gaule romaine, correspondant à une partie de la Belgique actuelle : la Toxandrie., une cité onirique, le royaume du présent éternel.

Dans cette contrée imaginaire soumise à un régime totalitaire d'où toute représentation humaine est proscrite — les appareils photographiques en particulier y sont interdits —, deux adolescents, Aimée et Ailé, enfreignent les règles, s’emparent d’une et s’échappent grâce à une machine volante. Fasciné, le petit garçon découvre la force de l’amour et la valeur de la liberté.

Commentaire

Taxandria est le seul long métrage du cinéaste belge Raoul Servais. Ce projet fut porté sur une longue période.

Dès le début des , influencé par les surréalistes, notamment par Magritte et Delvaux qu’il connaît bien, il conçoit un synopsis autour d’une contrée imaginaire et élabore un déjà significatif.

Mais les financements sont difficiles à réunir et il doit faire quelques compromis. Après quelques tâtonnements, il s’assure de la collaboration de François Schuiten, auteur de bandes dessinées, dont l’univers graphique est proche du sien, comme dans les Cités obscures. Alain Robbe-Grillet et Frank Daniel sont également sollicités pour la réécriture du scénario. Sur le plan technique, Servais doit renoncer en partie au procédé qu’il avait mis au point, la servaisgraphie, car dans l’intervalle l’essor du numérique a rendu obsolètes les méthodes artisanales qui avaient fait sa renommée.

« Ce n’est pas un film d’animation ». Cette affirmation que l’on prête à Servais est volontiers reprise par les critiques. On peut y voir une forme de dénégation, avec un clin d’œil vers Magritte et son célèbre « Ceci n’est pas une pipe ». Plus prosaïquement la formule reflète peut-être les renoncements de l’auteur qui, sous la pression des enjeux économiques, a laissé son ambitieux projet s’éloigner de l’animation proprement dite pour se rapprocher peu à peu d’un film à effets spéciaux, limité à des incrustations certes spectaculaires sur des prises de vues réelles. De fait les aléas financiers précipitent la fin de l'aventure qui dure depuis près de quinze ans et, tel qu’il est présenté au Festival international du film de Flandre-Gand, en 1994, le film n’est pas vraiment achevé, si l'on en croit son réalisateur, et l'accueil est mitigé.

Peut-être trop longtemps attendu après le succès de courts métrages tels que , Chromophobia et surtout Harpya, Taxandria peine à trouver son public. À Paris, on dénombre la première semaine, et pour la France entière auront vu le film à la fin de la période d’exclusivité, dont dans la capitaleChiffres de la BiFi ..

Il est cependant très apprécié dans les festivals consacrés au cinéma fantastique, comme ceux de Bruxelles (BIFFF), Porto (festival Fantasporto), Sitges (Festival international du film de Catalogne) ou Rome et reste aujourd'hui un classique projeté dans les salles françaises classées Art et Essai.

Fiche technique Titre : Taxandria Réalisation : Raoul Servais Scénario : Frank Daniel, Alain Robbe-Grillet, Raoul Servais Musique : Kim Bullard Générique de fin : « », interprété par Amy Sky Son: Philippe Vandendriessche Production : Iblis Films (Bruxelles), Bibo TV&Film (Berlin), Les Productions Dussart (Paris), Praxino (Amsterdam), Mafilm (Budapest) Pays de production : Belgique, Allemagne, France, Hongrie, Pays-Bas Lieux de tournage des scènes d’extérieur : Nieuport Langue d’origine : anglais Format : couleur, Genre : animation, fantastique Durée : Date de sortie : (Festival international du film de Flandre-Gand)

Distribution (voix) Armin Mueller-Stahl : le gardien de phare Karol/le régent Virgilus Richard Kattan : Jan Elliott Spiers : Aimé Katja Studt : Ailée Julien Schoenaerts : le précepteur Daniel Emilfork : le premier ministre Robert Lemaire : l'imprimeur Lamp Rick Paul van Mullingen: l'homme

Autour du film

Distinctions du festival international du film fantastique de Rome en 1995 du festival international du film fantastique de Porto en 1995 Nommé pour le prix européen du film fantastique en 1996 Notes et références

Voir aussi Bibliographie Marianne Thys (sous la direction de), / Le Cinéma Belge / , Bruxelles, Cinémathèque Royale de Belgique, Ludion/Flammarion, 1999, Jean-Jacques Bernard, article dans Première, , Olivier Koehn, article dans Positif , , Thierry Valletoux, article dans Studio, , Philippe Moins, Maurice Corbet, Raoul Servais - Voyage en Servaisgraphie, Éditions de l'Œil 2013

Articles connexes Cinéma belge Liste des longs métrages d'animation

Liens externes Article critique par Sarah Pialeprat sur http://www.cinergie.be/endvd.php?action=display&id=399 Site de Raoul Servais Fiche Interview de Raoul Servais par Philippe Moins Récompenses sur le Portail fédéral

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