, né le à Toyonaka, dans la préfecture d'Osaka, et mort le à Tokyo, est un mangaka, animateur, character designer, producteur, scénariste d'anime.

Travaillant dès ses 19 ans sous le pseudonyme homophone , dont la lecture osamu mushi rappelle le nom japonais d'un insecte : osamushi (), interview de Minoru Ishihara, ami d'enfance de Tezuka (1997). Son talent, sa production prolifique et ses techniques font de lui une figure et lui ont valu des titres tels que le père du manga, le parrain du manga ou encore le dieu du manga. De plus, il est souvent considéré comme l’équivalent japonais de Walt Disney.

Auteur prolifique, il a dessiné plus de pages au cours de sa carrière. Il a signé environ 700 œuvres et réalisé environ 70 séries animées, téléfilms animés, longs et courts-métrages d'animation. Plus de 120 millions de mangas ont été vendus depuis sa mort en 1989. Son œuvre comprend quatre caractéristiques majeures constantes : le respect de l'environnement naturel, le respect de la vie et de toutes les créatures vivantes, un scepticisme envers la science et la civilisation, et un engagement pour la paix et contre la guerre.

Il fonde les studios Mushi Production puis Tezuka Productions. Les premières séries animées réalisées à un rythme soutenu y sont expérimentées et mises en images. De même, y sont conçues successivement la première série animée japonaise avec une diffusion hebdomadaire, Astro Boy en 1963, et une des premières séries en couleurs, Le Roi Léo en 1965.

Il meurt d'un cancer de l'estomac en 1989. Sa mort a un impact immédiat sur le public japonais et les autres mangakas. Un musée dédié à sa mémoire et à ses œuvres est construit à Takarazuka. Il reçoit de nombreux prix à titre posthume. Plusieurs animations étaient en production au moment de sa mort.

Le prix Tezuka récompense deux fois par an depuis 1971 les talents d'un mangaka pour une œuvre dont le scénario est particulièrement intéressant. Le Prix culturel Osamu Tezuka désigne une récompense remise annuellement au Japon depuis 1997 à un mangaka par le journal japonais Asahi Shinbun.

Biographie Un artiste précoce Osamu Tezuka est né le à Toyonaka, dans la préfecture d'Osaka. Chose rare pour l'époque, son père possédait un projecteur de films. Les œuvres de Charlie Chaplin et de Disney font très tôt partie de la culture cinématographique du garçon. Très jeune, il est marqué par la vision des dessins animés de Walt Disney et il voue une affection toute particulière au film Bambi. L'influence de Disney apparaît dans le style graphique de Tezuka, rond, généreux et franc, et dans les grands yeux enfantins et très expressifs de ses héros, caractéristique empruntée aux personnages des productions Disney tels que Mickey Mouse et Bambi et reprise ensuite par de nombreux dessinateurs japonais....

La famille de Tezuka s'établit dans la ville de Takarazuka alors que ce dernier est âgé de quatre ans. L’environnement naturel de cette région a sans doute joué une grande influence sur la passion de Tezuka pour la nature. Sa fascination pour les insectes est née là-bas, alors qu’enfant, il parcourt les alentours..

Sa mère l’introduit très jeune à la vie artistique très riche de la ville, réputée pour son théâtre et sa revue. La Takarazuka Revue est un mouvement moderne de théâtre. En opposition au théâtre traditionnel japonais joué exclusivement par des hommes, occupant tous les rôles, même ceux des personnages féminins, la revue de Takarazuka ne fait jouer que des femmes.

Enfant, il ne cesse de dessiner et gagne l'admiration de ses camarades de classe en reproduisant leurs héros de mangas préférés. Il publie très jeune ses premiers mangas en 1946, et décroche à l'âge de une place de rédacteur au sein du Shōkokumin Shinbun, où il publiera en sa première bande dessinée professionnelle, Le Journal de Mā-chan, une série de comic strips, dans le quotidien d'Osaka..

Bien qu'il soit socialement reclus au début de sa scolarité, il finit par devenir très populaire tant auprès de ses camarades qu'auprès de ses professeurs pour sa production de manga.

Une soif d'indépendance et d'innovation

Médecine, manga et cinéma En parallèle à sa profession de dessinateur, il suit des études de médecine à l'Université d'Osaka. On retrouve des traces de cette formation dans son œuvre, particulièrement dans son manga Black Jack (1973), mettant en scène un chirurgien à gages, qui exerce dans l'illégalité. Le personnage du scientifique est une figure que l'on rencontre couramment dans son œuvre.

Dans un Japon détruit par la guerre, Tezuka rencontre le succès dès 1947, grâce à un manga appelé La Nouvelle Île au trésor qu'il réalise en collaboration avec . Ce titre se vend à ce moment à plus de .. Il mène alors une vie partagée entre la création artistique pour des magazines et ses études. Il travaillera aussi ensuite en tant que critique de cinéma. Il rencontre à cette époque le jeune Yoshihiro Tatsumi qu'il conseille, et qui deviendra plus tard le créateur du gekiga, démarche que Tezuka désapprouvera..

En 1952, Osamu Tezuka donne naissance à un héros qui marquera des générations de Japonais : . Un petit robot, créé le dans un monde futuriste, ayant l'apparence d'un jeune garçon. Détenteur de grand pouvoirs, sérieux malgré son apparence et fondamentalement bon, ce personnage est un défenseur de la paix et influencera de nombreux artistes et scientifiques, comme le témoigne Tatsuya Matsui, designer du robot enfant Posy :

Le style de Tezuka rencontre un franc succès en raison des éléments nouveaux qu'il introduit dans ses planches de mangas. Il adopte en effet un découpage cinématographique et un style précurseurs, se jouant des cases de bande dessinée avec beaucoup d'intelligence et de malice. Il est de ce fait présenté comme le père du manga moderne, mais sa contribution à l'art nippon ne s'arrête pas à ce domaine<ref>Xavier Hébert, « Le « style Tezuka » : un modèle de narration visuelle, , in Manga : « Osamu Tezuka : dissection d'un mythe », dirigé par Hervé Brient, Versailles : Éditions H, 2009, 256 pages.</ref>.

La villa Tokiwa

Dans les années 1950, pour les besoins de son travail de mangaka, . En , à 23 ans, il s'installe pour travailler à Tokyo sur la recommandation d'un éditeur, dans une petite maison de bois appelée Tokiwasō (la villa Tokiwa) . Tokiwasō « s'apparente à une sorte d'atelier de la Renaissance, où le maître donne les directives pendant que les « apprentis » font les décors, les trames et le travail de documentation »Beaux Arts - hors-série : Qu'est-ce que le manga ?, TTM Group, Paris, novembre 2008, 154 p. . Cette bâtisse deviendra célèbre pour avoir abrité depuis une succession d'artistes. Il connaît à cette époque une certaine rivalité avec Eiichi Fukui, mais celui-ci meurt subitement de surmenage en 1955.

Mushi Productions et Tezuka Productions En 1961, il fonde ses propres studios danime, Mushi Production, qui lui donnent l'indépendance nécessaire pour mener ses recherches sur les techniques de l'animation. Des courts métrages expérimentaux seront ainsi réalisés, tel que les Tableaux d'une exposition en 1966, Le Saut (Jumping) en 1984Le Saut (en anglais Jumping) sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=vmps58jF_F4 ou encore La Légende de la forêt en 1987, qui se veut un hommage musical et visuel au cinéma de Disney et un clin d'œil rendu sur l'évolution des techniques du cinéma d'animation..

Le succès rencontré par les œuvres permettront au studio d'employer de jeunes talents, comme Osamu Dezaki ou encore Hayashi Shigeyuki, célèbre sous le pseudonyme Rintarō, qui intègre le studio en 1962. Ce dernier a supervisé l'animation de plusieurs séries originellement publiées en mangas : Princesse Saphir, Le Roi Léo, Astro Boy, et se rappelle le challenge technique et narratif que représentait leur conception :

Couplée aux techniques d'animation limitée, la force d'innovation de Tezuka lui permet de concevoir la réalisation d'épisodes de séries animées à un rythme hebdomadaire ; un concept et surtout une technicité qui sont très vite adoptés par les plus grands studios et sont à l'origine des séries animées actuelles. Tezuka est ainsi à l'origine de la première série animée japonaise diffusée hebdomadairement, Astro Boy, en 1963, qui narre les aventures animées du robot aux allures de garçon qu'il avait créé en bande dessinée. Il est aussi l'instigateur d'une des premières séries japonaises en couleurs, Le Roi Léo en 1965, adaptation animée d'une autre de ses œuvres phares.

En 1968, Tezuka fonde un nouveau studio du nom de Tezuka Productions, qui produira les futurs films, mais aussi quelques remakes d'anciens anime de Mushi tels que, par exemple, la version en couleur d'''Astro le petit robot qui est ensuite diffusée en France.

À cause de tensions internes au sein de l'entreprise, Tezuka démissionne en mi-1971 de Mushi Production. Ne recevant plus de financement de la part de Tezuka, la maison mère Mushi Production fait faillite en . Étant resté garant, Tezuka est alors endetté de plusieurs centaines de millions de yens : il doit vendre plusieurs propriétés et multiplier les publications pour rembourser ses dettes.

La disparition du maître, la vie d'une œuvre et d'un studio thumb|Musée Osamu Tezuka dans la ville de Takarazuka. Affaibli par le cancer, son matériel de dessin ne le quitte pas, même dans sa chambre d'hôpital, et il poursuit les projets qu'il a entamés (une biographie de Beethoven en manga, l'adaptation animée de la Bible) jusqu'à sa mort en 1989, à laquelle des funérailles nationales sont organisées en son honneur.

Surnommé au Japon « Dieu du manga », Osamu Tezuka est apprécié du public ; il a eu une influence considérable sur l'art de l'animation, l'industrie du manga et plus généralement sur la culture populaire japonaiseDossier de presse de 8 films d'Osamu Tezuka, Les Films du Paradoxe..

Le studio Tezuka Productions gère désormais le patrimoine du maître et veille à adapter régulièrement ses œuvres sur écran avec le concours de nouvelles générations d'animateurs. C'est ainsi que Black Jack a connu de toutes nouvelles aventures en version animée par Dezaki sous la forme de thrillers médicaux. Son manga Metropolis, inspiré d'images du film homonyme de Fritz Lang, a été adapté en long métrage d'animation en 2001 par Rintarō, l'un de ses disciples, formé dans ses studios.

En 2003, des événements ont été organisés par le studio autour de la figure d'Astro Boy, dont la date de conception imaginée par Tezuka est le . Les studios Tezuka Productions ont autorisé le mangaka Naoki Urasawa (Prix Tezuka) à laisser libre cours à ses talents de dessinateurs et de concepteurs de thrillers pour rendre hommage au petit robot dans une aventure particulièrement périlleuse. Le manga est intitulé Pluto, en référence au dieu romain des enfers Pluton. Le scénario est fondé sur une histoire de Tezuka qui avait particulièrement plu à Urasawa quand il était enfant.

En 2009, un remake de la série de 1989 du Roi Léo a été produit à l'occasion du de Fuji TV. Il réunit des artistes de renom : Gorō Taniguchi pour la réalisation, un scénario de l'écrivain Osamu Suzuki, et au nombre des characters designers le peintre Yoshitaka Amano ..

Le musée Osamu Tezuka consacré son œuvre a été inauguré en à Takarazuka, la ville où il a passé son enfance. La vie de l'auteur est retracée le long d'un parcours, dans une salle pleine de grandes capsules transparentes et futuristes abritant les données de l'exposition. À l'extérieur, le public découvre un Walk of Fame des empreintes des différents personnages de Tezuka imprimées dans le béton.