Cette page concerne l'année 1831 du calendrier grégorien.
Événements
Janvier
: le bey de Tunis prend Oran. Conformément à la convention signée avec la France en 1830, Husayn bey propose ses services à la France. Il espère obtenir Constantine et placer son frère Mustapha au gouvernement d’Oran. Mais les violences exercées par ses troupes en Algérie font scandale et Paris ne ratifie pas la convention. Ce revirement nuira aux relations franco-tunisiennes, alors que, en offrant ses services à l’occupant, le bey s’est compromis aux yeux des musulmans. : la loi relative à la composition des cours d'assises et aux déclarations du jury est adoptée provisoirement par la chambre des députés ; elle est amendée par la chambre des pairs le et définitivement adopté le . : arrêté envoyant des étudiants devant le Conseil académique pour tentative d'associations, attroupements et manifestations de jeunes gens autour de la Sorbonne. : le ministre des affaires étrangères britannique Palmerston fait échouer le projet de la France d’annexer la Belgique. La Conférence de Londres reconnaît l’indépendance de la Belgique.
Février vignette|gauche|upright|La délégation belge reçoit à Paris le refus par Louis-Philippe de la couronne offerte à son fils. : François Buloz reprend la Revue des deux Mondes. : le congrès national belge élit, à une faible majorité le duc de Nemours, fils de Louis Philippe, comme roi des Belges. Le , une délégation belge est reçue à Paris par le roi des Français, qui refuse, sous la pression britannique. : loi qui admet le culte israélite au nombre des cultes reconnus par l'État et met le traitement de ses ministres à la charge du trésor public. : émeute à Rome. Napoléon-Louis et son frère Louis-Napoléon Bonaparte soutiennent le combat des carbonari contre le pape. vignette|gauche|Dessin de Viollet-le-Duc - Sac de l'archevêché de Notre-Dame de Paris le 14 février 1831. 14 - : émeutes à Paris à la suite d’un service funèbre organisé par les légitimistes à Saint-Germain-l’Auxerrois pour l’anniversaire de l’assassinat du duc de Berry. L’église est envahie et mise à sac par les républicains. Le lendemain, l’émeute saccage le palais de l'Archevêché et de nombreuses églises à Paris et en province. La maison de campagne de l'archevêque à Conflans est dévastée, les églises de l'Assomption et de Saint-Roch sont menacées mais échappent au pillageC. L. Lesur, op. cit, .. La maison de l'avocat Dupin, rue Coq-Héron, est menacée au cri de « A bas le jésuite ». La garde nationale intervient pour empêcher qu'elle ne soit pillée. Les émeutiers participent à la mascarade du carnaval de Paris avec les vêtements liturgiques volés dans le pillage.
bal chez les Rothschild. Thiers raconte à Rémusat le sac de l'archevêché qu'il a laissé faireRémusat (Mémoires, t. 2, p. 434) : « Thiers et le sac de l’archevêché », Rémusat : « J'y rencontrai Thiers, et nous eûmes sur ce point, au milieu du salon, une conversation qui se tourna en discussion à la grande curiosité de la galerie qui, naturellement, était pour moi. Il était allé le matin aux ruines de l'archevêché. C'est là qu'il avait trouvé Arago et sa compagnie, et qu'ils avaient eu un entretien dont il fut plus tard question à la tribune. Il avait été vivement frappé de la rapidité irrésistible avec laquelle s'était consommée cette grande destruction. La sensation est forte chez lui. Indifférent à ce qu'on lui rapporte, Thiers ressent presque avec excès l'impression de ce qu'il voit; pour peu que le spectacle soit frappant et inattendu, son imagination s'émeut. La vue de la force et de la force triomphante ne le trouve jamais insensible. Sa seconde pensée est, non de lui résister, mais de s'en emparer. C'est ce qui lui reste de son commerce historique avec Mirabeau, Danton, Napoléon. Je reconnus cet effet dans notre conversation du bal ou du concert de Rothschild, et je l'ai retrouvé d'autres fois. Il me disait sans cesse : « Ah ! si vous aviez vu ce que j'ai vu ce matin ! » Sa politique en resta modifiée quelque temps. » Thiers, sortant du Palais Bourbon où il avait apostrophé durement Berryer, était allé se rendre compte sur place de l'émeute. Il arriva à l'archevêché au moment où Arago se préparait à pénétrer avec ses gardes nationaux dans le bâtiment pour mettre fin à la dévastation. Craignant une collision sanglante, Thiers intervint pour empêcher cette intervention. Arago, se rendant à cet ordre d'un sous-ministre, ne bougea pas et le pillage de l'archevêché se poursuivit. Les malveillants virent dans cette action personnelle de Thiers, une preuve de la complicité du gouvernement avec les émeutiers.. Sainte-Pélagie à Paris devient prison politique. Le un nouveau pavillon est ouvert, dit « pavillon des princes », dévolu aux détenus politiques. : une ordonnance supprime les fleurs de lys sur le sceau de l'État qui porte désormais un livre ouvert avec les mots Charte de 1830.
Benjamin Delessert, député de Maine-et-Loire, interpelle le cabinet sur les évènements des 14 et . Débats houleux à la Chambre les 17, 18 et . loi sur l'organisation municipale. Louis-Philippe oppose un refus à la proposition du Congrès belge d'offrir le trône à son fils puîné le duc de Nemours.
en Algérie, le Lieutenant-général Bertrand Clauzel est remplacé par le général Pierre Berthezène, qui avec ses successeurs, le duc de Rovigo (-), Théophile Voirol (-), se contente de l’occupation d’Alger et de ses environs, à de rares exceptions près. Vivien est préfet de police jusqu'au . : le gouvernement français refuse de soutenir les révolutionnaires italiens. Alors que les troupes de « volontaires du Rhône » sont recrutés par les carbonari pour soutenir les savoyards qui revendiquent leur rattachement à la France, Louis-Philippe ordonne au préfet de police de Lyon d'interdire cette expédition, menaçant d'expulsion ou d'emprisonnement ceux qui enfreindraient cet ordre.
Mars center|thumb|upright=3|Evenements de 1831 à Paris : émeutes républicaines à Paris. À l'occasion de l'acquittement de prévenus de délits de presse, rassemblements d'ouvriers qui marchent sur le Palais-Royal, au Louvre et sur la place de Grève : « De l'ouvrage ou du pain ! »C. L. Lesur, op. cit, ..
loi pour la répression de la traite des noirs. loi sur la composition des cours d'assises et sur la majorité nécessaire pour les décisions rendues par le jury contre l'accusé. : démission du ministre de la Justice, Joseph Mérilhou, qui estime le Gouvernement insuffisamment favorable au mouvement.
loi créant la légion étrangère (première loi du train de réformes engagées par le maréchal Soult dans l’organisation de l’armée). émeute de républicains à Paris sur la fausse nouvelle de la prise de Varsovie par les Russes. Les fenêtres de l'ambassade de Russie à Paris sont lapidées tandis que la foule chante la Marseillaise. Le lendemain, Sébastiani présente les excuses du gouvernement à l'ambassadeur russe Pozzo di Borgo. Jacques Laffitte est mis en minorité au sein de son propre ministère sur les affaires italiennes entrainant sa démission le . : rassemblement d'étudiants au Panthéon qui essayent vainement de soulever le faubourg Saint-Antoine et le faubourg Saint-Marceau après avoir tenté de débaucher les polytechniciens. : la foule rassemblée au Panthéon se porte sur les maisons de Comte, procureur du roi révoqué, et Mérilhou, ministre démissionnaire, pour les féliciter. : départ de Jacques Laffitte et gouvernement Casimir Perier (parti de la Résistance). : parution de Notre-Dame de Paris chez Gosselin. : discours d'investiture de Casimir Perier, président du Conseil, devant la Chambre des députés ; il demande à la Chambre de voter quatre douzièmes provisoires en attendant l’adoption régulière du budget, en présentant ce vote comme un vote de confiance au nouveau gouvernement. Il pose les principes de sa politique extérieure et décide la non-intervention en Europe ; les mouvements révolutionnaires (Belgique, Italie…) seront écrasés. : Louis-Napoléon Bonaparte et sa mère Hortense sont à Paris où ils résident un mois rue de la Paix. : loi sur la formation et l'organisation des conseils municipaux par la voie de l'élection. : loi sur l’organisation de la Garde nationale sédentaire et mobile, par l'élection directe des sous-officiers et l'élection indirecte des officiers supérieurs. Restauration de la Garde nationale. : Chateaubriand publie De la Restauration et de la monarchie élective. : à Paris, première exécution de la Neuvième Symphonie de Beethoven.
Avril
: rassemblements tumultueux au Châtelet, au Pont au Change et sur le quai aux Fleurs, qui se reproduisent le lendemain en s'étendant à tout le quartier. : Tocqueville et Beaumont s'embarquent au Havre pour les États-Unis, d'où ils repartiront le .. Dès la traversée, Tocqueville rédige un journal de voyage. 6 - : procès des républicains de la Société des amis du peuple, dit des « dix-neuf patriotes », dont Trélat, Cavaignac, Guinard, Audry. Ils sont acquittés.
le vote de la Chambre des députés sur les douzièmes provisoires montre une large confiance à l’égard du gouvernement : 227 voix pour contre 32 contre.. une ordonnance de Casimir Périer décide le rétablissement sur la colonne Vendôme de la statue de Napoléon.. : loi renforçant les mesures contre les attroupements.. 15 - : à Paris, les manifestations organisées devant la cour d’assises à l’occasion du procès des dix-neuf meneurs républicains sont vigoureusement dispersées par la Garde nationale associée à l’armée.. : promulgation de la loi sur les élections législatives qui abaisse le cens électoral de 300 à de contributions directes et le cens d'éligibilité de à . Elle double le nombre d'électeurs. : clôture de la session parlementaire. - : Louis-Napoléon séjourne clandestinement avec sa mère à l'hôtel de Hollande, 16 rue de la Paix. Hortense de Beauharnais est reçue en audience par Louis-Philippe, mais n'obtient pas la levée de la loi d'exil, mais seulement le droit de rester en France le temps de soigner son fils atteint d'une jaunisse. Après les manifestations du , ils sont sommés de quitter le pays et débarquent à Douvres le ..
Mai vignette|La rue de Castiglione, 1831. : manifestation bonapartiste à Paris à l'occasion de l'anniversaire de la mort de Napoléon. Des couronnes d'immortelles sont déposés place Vendôme. vignette|gauche|Un régiment d'apothicaires brandissant des clystères orchestré par le général George Mouton de Lobau ; représentant son utilisation de canons à eau pour calmer les émeutes. Lithographie de J.C., 1831
banquet républicain aux Vendanges de Bourgogne (au Temple), lors duquel Évariste Galois porte un toast « A Louis Philippe, s'il trahit... » un couteau à la main. Les 9 et , nouveaux rassemblements et manifestations place Vendôme quand les autorités ordonnent d'enlever les milliers de couronnes d'immortelles déposées depuis le ; le comte de Lobau, commandant de la Garde nationale, disperse les manifestants avec quelques pompes à incendie. Tocqueville et Beaumont arrivent à Newport (Rhode Island) puis gagnent New York le et y résident jusqu'au . Du au , ils visitent la prison de Sing Sing, où ils passent plusieurs jours. - : voyage de Louis-Philippe en Haute-Normandie et en Picardie. Le roi est de retour à Saint-Cloud le 28. - : séjour de Chateaubriand à Genève. : ordonnance prononçant la dissolution de la Chambre des députés et fixant les élections au et la réunion des Chambres au .
Juin - : voyage officiel de Louis-Philippe dans l’Est de la France ; Meaux, Château-Thierry, Chalons, Valmy, Verdun, Metz, Nancy, Lunéville, Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Besançon, Troyes. 14- : émeutes à Paris, réprimées par la Garde nationale et les unités de ligne. Violentes échauffourées au faubourg Saint-Denis et boulevard Bonne-Nouvelle. : ordonnance avançant au l’ouverture de la session parlementaire.
Juillet