L’Homme au crâne rasé () est un film belge réalisé par André Delvaux, d'abord diffusé à la télévision en 1965 puis sorti en salles en 1966.

Synopsis Passif et maladroit, l'avocat Govert Miereveld, qui enseigne aussi dans une école de jeunes filles, tombe éperdument amoureux de l'une de ses élèves, la jolie Fran. Troublé et déprimé, il quitte son emploi et déménage dans une petite bourgade avec femme et enfants. Cependant, dans le cadre de ses activités juridiques, il est contraint d'assister à une autopsie éprouvante qui va précipiter son dérèglement mental. Miereveld finit à l'asile, où il ne cesse de se demander s'il a ou non tué celle qu'il aimait.

Commentaire La sécheresse d'un synopsis reflète mal l'architecture subtile du film qui joue avec les perceptions changeantes de la réalité – rêve ou pathologie ? –, conduisant imperceptiblement le spectateur du cartésianisme le plus maniaque jusqu'aux confins de l'irrationnel. Cette transcendance du réel situe résolument l'œuvre dans la mouvance du réalisme magique flamand, lui-même lié au surréalisme.

Aujourd'hui, le premier long métrage d'André Delvaux est volontiers présenté comme le « film fondateur du cinéma belge moderne »Le Cinéma belge, (voir bibliographie), un point de rupture un peu à la manière des films pionniers de la Nouvelle vague française au tournant des années 1960.

Au moment de sa première apparition à la télévision fin 1965Initialement le film était destiné à la télévision., la critique nationale se montre pourtant sceptique, voire réticente. La Libre Belgique lui trouvera par la suite des qualités relatives : « Si L'Homme au crâne rasé n'est pas pour nous un chef-d'œuvre, ni même, ainsi que nous le verrons, une réussite au sens fort du terme, ce n'en est pas moins une création nettement hors du commun ; nous le rangerons sans hésiter parmi les dix films à voir absolument sur les deux ou trois cents fabrications qui inondent, chaque année, le marché mondial. De combien de longs métrages belges peut-on dire autant ? D'aucun à notre connaissance… »La Libre Belgique, 16 mars 1967.. Il est vrai qu'à cette période, le cinéma belge ne se renouvelait guère, en dehors du documentaire et du cinéma d'animation, et ce film si différent semble avoir d'abord déconcerté.

L'accueil est nettement meilleur à l'étranger, et notamment en France, où le Nouvel Observateur, sous la plume de Michel Cournot, le classe parmi les chefs-d'œuvre, allant jusqu'à évoquer Citizen KaneLe Nouvel Observateur, 15 juin 1966..

Selon la Cinémathèque royale de Belgique, il s'agit d'« un fascinant mélange de raison et de fantasme d'une rare maturité esthétique, pour une première œuvre signant l'avènement d'un auteur et un renouveau du cinéma belgeProgramme du Musée du cinéma de Bruxelles des mois de décembre 2014, janvier et février 2015, p. 67.. »

En 1968, André Delvaux réalise Un soir, un train, également adapté d'une œuvre de Johan Daisne.

Fiche technique Titre : L’Homme au crâne rasé Titre original : Réalisation : André Delvaux Scénario : André Delvaux et Anna de Pagter, d’après le roman de l'écrivain flamand Johan Daisne, L'Homme au crâne rasé paru en 1948 Assistant réalisateur : Pierre Grunstein Directeur de la photographie : Ghislain Cloquet Musique : Frédéric Devreese Montage : Suzanne Baron, R. Delferrière Décors : Jean-Claude Maes Son : Antoine Bonfanti, Jo de Vogel Production : BRT (Bruxelles), Ministère de l’Éducation nationale et de la Culture Pays de production : Langue d’origine : néerlandais Format : noir et blanc ; Genre : drame Durée : 98 minutes Première diffusion télévisée : fin 1965 Sortie en salles : 1966

Distribution Senne Rouffaer : Govert Miereveld, un jeune avocat de province Beata Tyszkiewicz : Eufrazia Veerman dite Fran, une élève Hector Camerlynck : le professeur Mato Hilde Uitterlinden : Beps Annemarie Van Dijk : Corra Hilda Van Roose : mademoiselle Freken François Beukelaers : un patient Arlette Emmery : une élève Paul s'Jongers : l’assistant du professeur Mato Luc Philips : l’échevin François Bernard : le juge Brantink Vic Moeremans : le directeur Maurits Goossens : le recteur Dora van der Groen : la doublure voix de Beata Tyszkiewicz Yvonne Lex : la doublure de Beata Tyszkiewicz pour le chant

Autour du film

Distinctions

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Cinéma belge Réalisme magique Réalisme magique (Belgique)

Bibliographie Marianne Thys (sous la direction de), Belgian Cinema / Le Cinéma Belge / De Belgische film, Bruxelles, Cinémathèque royale de Belgique, Ludion/Flammarion, 1999, Adolphe Nysenholc, André Delvaux ou le réalisme magique, Paris, 2006, 236 p. Michel Ciment, critique dans Positif , , . Gérard Langlois, entretien avec André Delvaux à propos du film, Cinéma 66 , , . Marcel Martin, Le Flamand gris, Cinéma 66 , , . Petite planète du cinéma : Belgique, dans: Cinéma 67 , , .

Liens externes Strictly Film School (article du ) DVD Classik (analyse du film) Cinémathèque royale de Belgique (fiche, analyse et revue de presse multilingue)

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