Les vœux présidentiels du sont prononcés le par le président de la République française au cours d'une allocution à l'occasion du réveillon de la Saint-Sylvestre et du passage à la nouvelle année, diffusée à la télévision française.

De façon générale, cette allocution télévisée annuelle est prononcée au palais de l'Élysée, siège de la présidence de la République et résidence officielle du chef de l'État à Paris. Les vœux présidentiels permettent ainsi au président de la République de faire le point sur la situation économique, politique et sociale de l'année écoulée, de faire part de sa vision globale de la France et du monde et de ses souhaits pour l'année à venir.

Depuis le début de la , ce rendez-vous présidentiel face aux Français fait figure d'événement incontournable de la vie politique française. Après cette allocution le président de la République a pour habitude de présenter, dans les trois premières semaines de janvier, entre six et treize vœux en janvier aux différentes catégories (le corps diplomatique, les corps constitués de l'État, les forces vivesActeurs sociaux (syndicats, associations familiales et mutualistes, parents d'élèves, organisations d'employeurs et d'agriculteurs, anciens combattants) qui incarnent la société civile., la presse, les assemblées et à la presse).

Contenu Mise en place La tradition des vœux présidentiels ne s'est réellement établie qu'au début de la avec le président de la République Charles de Gaulle qui, chaque année, à partir de , proposait aux Français, un bilan complet de l'année déroulée et faisait part de ses souhaits à l'intention de l'année à venir.

Auparavant, sous la , la présentation des vœux officiels était une tradition tenue par le président du Conseil des ministres, sans toutefois que cela soit systématique, le président de la République ne s'exprimant qu'occasionnellement pour cette circonstance, et pas nécessairement le : par exemple, le président Vincent Auriol présentait ses vœux le « Les vœux du président Auriol aux Français », ., quand son successeur, le président René Coty le faisait le « Les vœux du président Coty pour », ..

La diffusion

Les vœux présidentiels sont habituellement diffusés à , simultanément sur les principales chaînes de télévision telles que TF1, , , M6 et les chaînes d'informations en continu telles que BFM TV, CNews, ou encore LCI. Sur TF1 et , les journaux télévisés débutent généralement deux ou trois minutes avant la diffusion de l'allocution même si jusqu'aux années , les journaux démarraient après les vœux. Les vœux présidentiels sont enregistrés généralement dans l'après-midi du et diffusés à précisément. Ce n'est pas tout le temps le cas comme ceux de François Mitterrand en 1988 ou ceux de Nicolas Sarkozy en qui ont été diffusés en direct.

Généralement, l'allocution dure en moyenne près de et est le plus souvent sous-titrée dans son intégralité. En et , il n'y a plus de sous-titrage mais un traducteur en langue des signes. Pour les vœux , le sous-titrage traditionnel fait son retour tandis que le traducteur en langue des signes disparaît. Pour les vœux et 2015, il n'apparaît ni sous-titrage ni traduction en langage des signes.

Générique de début

Généralement, la musique du générique utilisée est La Marseillaise, hymne national de la France, accompagnée d'images du frontispice du palais de l'Élysée, siège de la présidence, à l'intérieur duquel est tournée la séquence.

Cependant, La Marseillaise n'a pas tout le temps servi de générique. Ainsi Valéry Giscard d'Estaing ou François Mitterrand ne l'ont pas toujours employé. Par exemple ce dernier a utilisé en le Gracieusement sans lenteur de Jean-Joseph Mouret, en 1982 un concerto de Jean-Sébastien Bach puis à partir de « Voeux du président de la République : Mitterrand », . et pour le restant de son mandat les premières notes d' (Ouverture de l'Ode à l'Anniversaire de Sa Majesté), écrit par William Boyce, compositeur anglais, pour le roi . En , le président Jacques Chirac réinstaure La Marseillaise pour les vœux puis la conservera à chaque présentation des vœux. Ses successeurs Nicolas Sarkozy et François Hollande feront de même durant tout leur quinquennat.

Le président Nicolas Sarkozy utilise toujours la Marseillaise, mais les images diffèrent chaque année. Les vœux 2009 commencèrent par une image de la tour Eiffel éclairée aux couleurs européennes et le drapeau français en plein écran. Le générique des vœux est composé du drapeau français en plein écran avec se déroulant sur la partie blanche et dans cet ordre : la patrouille de France, une foule d'anonymes agitant des drapeaux, le globe terrestre qui tourne, l'Arc de Triomphe, puis le palais de l'Élysée. Pour les vœux , seul le drapeau français apparaît en plein écran.

Le générique de début comporte généralement l'inscription et son nom (ou ) et de même pour le générique de fin. Pour les vœux et , les noms de Nicolas Sarkozy puis François Hollande à partir des vœux , n'apparaissent pas à l'écran avec l'inscription . Pour les vœux , le nom de François Hollande réapparait, il est écrit tout en majuscules .

Présentation

vignette|Le bureau du président de la République au Salon doré du palais de l'Élysée. vignette|La bibliothèque de l'Élysée, qui accueillit les vœux de Sarkozy.

De façon générale, les présidents de la République, de Charles de Gaulle à François Mitterrand, ont tenu à présenter leurs vœux aux Français assis, les mains posées sur un bureau, hormis le président Valéry Giscard d'Estaing, qui était assis sur une chaise dorée couverte de soie fine. À partir de , Jacques Chirac les a plus souvent présentés debout. Après avoir présenté les vœux assis à son bureau, dans le Salon doré du palais présidentiel, Nicolas Sarkozy présente les vœux debout, dans la bibliothèque du palais présidentiel dans laquelle ont été prises presque toutes les photos des portraits présidentiels. Pour les vœux et , Nicolas Sarkozy se trouve également debout. Après avoir présenté ses vœux debout les deux premières années, François Hollande a présenté les vœux 2015 assis à son bureau, puis de nouveau debout pour .

D'autre part, Jacques Chirac les a plus souvent présentés avec vue sur le parc, éveillé par les lumières éclairant l'avenue Gabriel, à la différence des autres présidents, qui ont tous présenté leurs vœux depuis leur bureau, situé dans le Salon doré, ou dans un salon du palais servant comme tel.

Pour les vœux , Nicolas Sarkozy se trouve devant le drapeau français en plein écran. Sur le fond bleu à gauche est situé le drapeau européen ; sur la partie blanche centrale, on devine le palais de l'Élysée. Pour les vœux , Nicolas Sarkozy se trouve devant une image du palais de l'Élysée. Certaines fois, notamment pour les vœux , est inscrite en haut de l'écran, l'adresse du site officiel de l'Élysée : « Élysée.fr ». Pour les vœux 2015, aucune inscription n'apparait à l'écran. Pour les vœux , François Hollande se tient devant un pupitre avec derrière lui les drapeaux français et européens. Sur la pancarte il est écrit : Vœux aux Français avec dessous l'inscription Paris - Jeudi . D'un côté de la pancarte se situe le sigle de l'Élysée, et de l'autre se superposent les drapeaux français et européens.

Thématiques abordés

Il est souvent remarqué que les derniers vœux du mandat des présidents-candidats font peu références à l'élection présidentielle qui doit suivre malgré une défense discrète du bilan du mandat..

Fin

Depuis les premiers vœux de Nicolas Sarkozy, ainsi que ceux de François Hollande, sont inscrits dans le générique de fin, le nom du réalisateur, le directeur de la photographie et le chargé de production (ainsi que toute l'équipe technique dont le truquiste pour les vœux ). Lorsque l'allocution est terminée, les journaux télévisés et les chaînes d'info en continu reprennent l'antenne et les journalistes commentent les vœux immédiatement après.

Historique des vœux Charles de Gaulle

Acceptant de laisser entrer les caméras de télévision dans le palais de l'Élysée, Charles de Gaulle prononce ses premiers vœux aux Français en , pour l'année . Vœux pour : Ces vœux sont alors les plus longs (), jusqu'à ceux pour .. Vœux pour : Le , les vœux présidentiels sont retransmis en couleurs pour la première fois (à la suite du passage du noir et blanc à la couleur sur la Deuxième chaîne de l'ORTF le ). Vœux pour : Le président fait référence à Mai 68. Il ne sait pas que ce sont ses derniers vœux, il démissionnera quatre mois plus tard à la suite de la victoire du au référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation..

Georges Pompidou

Vœux pour : Ces vœux sont les plus courts jusqu'à présent (3 minutes 45). Vœux pour : En introduction, est joué un concerto, à la fin, c'est néanmoins la Marseillaise. Pompidou, physiquement affaibli, fit référence au choc pétrolier et aux craintes futures sur la situation. Il ne sait pas que ce sont ses derniers vœux, il meurt trois mois plus tard.

Valéry Giscard d'Estaing

Il va être celui qui modifiera le plus la formule des vœux. Il ne dira pas le traditionnel « Vive la République ! Vive la France » et fera moult modifications, plus ou moins réussies selon l'opinion.

Vœux pour : Il est le premier président à ne pas les présenter depuis son bureau, mais devant un feu crépitant, jambes croisées, et utilise le tutoiement. Il achève par cette conclusion . Vœux pour : Le président Valéry Giscard d'Estaing y associe son épouse Anne-Aymone« Vœux de monsieur et madame Giscard d'Estaing », .. Cette scène, qui se présente autour d'une cheminée où le feu crépite est une première pour la première dame de France, à qui il est offert, pour la première fois de l'histoire de la République, et la seule à ce jour, de s'adresser quasi-officiellement aux Français. Vœux pour : Dès le début, le président déclare que les vœux seront improvisés afin d'être plus proche des Français, se définissant comme .. Le générique est la Symphonie concertante pour violon et alto de Mozart.. Vœux pour : le président s'assoit, avant de prononcer ses vœux. La musique est la Grande symphonie funèbre et triomphale de Berlioz.

François Mitterrand

Vœux pour : François Mitterrand instaure le drapeau français et le sous-titrage pour les sourds et malentendants. Le générique est la Symphonie pour les soupers du Roy de De Lalande. Vœux pour : Fait exceptionnel, Mitterrand s'exprime depuis Strasbourg, en direct, à l'hôtel de Klinglin où siège la préfecture, justifiant la ville et son choix symbolique : là où Rouget de Lisle chanta La Marseillaise pour la première fois (reprise au générique de fin par les chœurs de l'opéra du Rhin), la célébration des de la ville, reconnue « capitale de l'Europe », les quatre ans de l'accord de Schengen et les quatre ans qui séparent du marché commun ainsi que le bicentenaire de la Révolution qui sera célébré toute l'année. Il introduit à l'occasion le drapeau européen à côté du drapeau français, tradition toujours conservée. Le générique du début est la Symphonie de William Boyce. Vœux pour : François Mitterrand prononce ses derniers vœux présidentiels, il ne se représente pas, atteint par un cancer dont les stigmates sont visibles. Il évoque la prise d'otage ratée du vol Alger-Paris, résolue une semaine plus tôt. Il ne s'est d'ailleurs pas exprimé ensuite. La phrase, , est restée célèbre.

Jacques Chirac

Le président emploie La Marseillaise pour le générique, ce sera le cas de tous ses successeurs.

Si en et en , il est assis dans un bureau, il prononce ses vœux debout dès , derrière un pupitre, par la symbolique du président gardien de l'ordre et des institutions en pleine période de cohabitation. Il fait de même pour les vœux qui suivent.

Vœux pour : il critique la politique socialiste du mandat précédent et fait référence aux grèves massives de et qu'il géra et terminées seulement quelques jours auparavant.