L'histoire militaire de l'Iran couvre . Jusqu'en 1935, l'Iran est connu sous le nom de Perse.

Ère achéménide vignette|gauche|Territoire sous contrôle perse, approximativement vers

vignette|Lancier, palais de à Suse, peut-être un Mélophore.

Teispès fut le fils et le successeur d'Achéménès à la tête de la Perse (-675 à -640). Vers -674/70, il doit se soumettre à Phraortès, roi des Mèdes.

Selon la Cyropédie de XénophonCyropédie, VII, 5, 66–68, le corps des Mélophores est créé par Cyrus l'Ancien, fils de ce dernier, qui juge les gardes des portes insuffisants pour garantir sa sécurité et sa tranquillité. Les Mélophoresdu grec ancien / hoi mêlophoroi, littéralement « les porteurs de pommes » également appelés les « Immortels », sont un groupe de qui constitue la garde personnelle du Grand Roi de Perse. Ils ont notamment combattus les Grecs lors des guerres médiques.

Vers 553, une guerre éclate entre Astyage, souverain du royaume mède, et Cyrus II, roi d'Anshan et descendant de Teispès et d'Acheménès. Les sources babyloniennes (le Songe de Nabonide et la Chronique de Nabonide) et grecques ne s'accordent pas sur la responsabilité du conflit. Si Hérodote présente la marche contre Ecbatane du fait de Cyrus, la Chronique indique qu'Astyage « mobilis[e] [son armée] et il march[e] contre Cyrus, roi d'Anshan, en vue de la conquête. » Toujours est-il qu’il s’ensuit une guerre médo-perse de plusieurs années. Astyage a placé Harpage à la tête de l’armée mède : ce dernier trahit son souverain et exhorte l’armée à faire de même lors de la première bataille, qui voit une victoire des armées perses. Cependant, contrairement à ce que prétend Hérodote (I, 130), cette bataille ne suffit pas à emporter la décision. Selon Ctésias (utilisé par Diodore, IX, 23), Astyage renvoie alors ses officiers, en nomme de nouveau et prend lui-même en main la conduite de la guerre. Selon Nicolas de Damas et Polyen (VII, 6–9), les combats sont violents en Perse, particulièrement près de Pasargades. Cependant, Cyrus finit par retourner la situation et remporte la victoire. Il se lance alors dans la conquête de la Médie, et Ecbatane finit par tomber vers 550.

vignette|Soldat perse (à droite) et soldat mède (à gauche)

On ne connaît pas précisément les campagnes que mène Cyrus dans les années suivant sa victoire sur Astyage. Mais c’est probablement vers 547 que Crésus, roi de Lydie, attaque l’empire perse Hérodote (I, 46) La volonté de conquête s’ajoute à ces motifs de prudence : Hérodote explique plus loin que I, 73. Le Lydien s’est préparé en interrogeant l’oracle de Delphes lequel, comme à son habitude, a fourni une réponse ambiguë, lui assurant que « s’il entreprenait la guerre contre les Perses, il détruirait un grand empire » et lui conseillant de rechercher « l'amitié des États de la Grèce qu’il aurait reconnus pour les plus puissants »I, 53. Aussitôt, Crésus avait noué un traité d'alliance avec Sparte. La contre-attaque de l’armée perse ne se fait pas attendre. Lorsque Cyrus arrive en Cappadoce, il propose à Crésus de devenir satrape de Lydie, autrement dit d’accepter la domination perse, mais celui-ci refuse. Crésus est confiant, car il a passé des alliances non seulement avec Sparte mais aussi avec l’Égypte d’Amasis et Babylone — mais celle-ci n’intervient finalement pas dans le conflit. De son côté, Cyrus a demandé aux cités grecques d'Ionie de faire défection, mais sans succès, I, 76. Après la bataille de la Ptérie, bataille qui eut lieu près de l'Halys en Cappadoce, Crésus, qui ne s’avoue pas vaincu, fait marche arrière. L’hiver venu, il démobilise son armée et espère pouvoir profiter de la mauvaise saison pour mettre sur pied une armée encore plus puissante. Contre toute attente, Cyrus lance son offensive en plein hiver ; après de nombreuses batailles, il finit par forcer Crésus à se réfugier dans sa citadelle de Sardes. Au quatorzième jour du siège, la ville tombe (probablement en 546).

Les cités grecques d’Asie mineure refusent quant à elles de se rendre, mais des révoltes à Babylone et en Asie centrale obligent Cyrus à rentrer en urgence à Ecbatane. Il confie la charge de lever les tributs à un Lydien, Paktyès ; celui-ci se révolte, rassemble les Lydiens et marche sur Sardes. Cyrus dépêche son général Mazarès pour régler l’affaire ; il finit par capturer Paktyès, et met complètement l’armée lydienne sous commandement perse. Mazarès commence à conquérir une à une les cités grecques ; puis, à la mort du général, Cyrus envoie Harpage achever la conquête, qui dure quatre ans.

Après son départ de Sardes, Cyrus se dirige vers la partie orientale de son empire ; malgré l’acte d’allégeance des peuples d’Asie centrale après le renversement d’Astyage, plusieurs tribus se sont en effet soulevées. On ne connaît pas la chronologie des nouvelles conquêtes que Cyrus accomplit, mais lorsqu’il marche sur Babylone en 540 se sont ajoutés à son empire la Parthie, la Drangiane, l’Arie, la Chorasmie, la Bactriane, la Sogdiane, le Gandhara, la Scythie, la Sattagydie, l’Arachosie et le Makran.

vignette|Détail de gardes mède (gauche) et perse (droite) Le royaume néo-babylonien de Nabonide est le second grand rival de l’Empire perse constitué par Cyrus. De fait, les hostilités avec Babylone ont certainement commencé au cours des années 540 ; à la fin de cette décennie, la guerre ouverte éclate. Bénéficiant du soutien d’Ugbaru, gouverneur babylonien du pays de GutiumIl s’agit probablement du Gobryas mentionné par Xénophon dans la Cyropédie : le personnage est présenté comme un Assyrien souhaitant venger le meurtre de son fils par Nabonide, jaloux des exploits du jeune homme à la chasse (IV, 6, 1–11)., l’armée de Cyrus remporte une première victoire à Opis (10 octobre 539), puis à Sippar, et enfin assiège Babylone où s’est retranchée l’armée du roi Nabonide. La ville est puissamment fortifiée, et dispose de suffisamment de réserves pour soutenir un long siège. Les Perses détournent alors le cours de l’Euphrate pour permettre à une petite troupe sous la conduite d’Ugbaru de s’emparer des citadelles, alors que les Babyloniens célèbrent une grande fête religieuse. Quatre jours plus tard, le 12 octobre 539, Cyrus fait son entrée dans la ville.

Lorsque Cambyse, fils et successeur de Cyrus, dirige son armée vers l'Égypte en 525, le pays est dans une situation critique. Amasis est mort l'année précédente, Psammétique III lui a succédé. Deux alliés de poids lui ont fait défaut : Polycrate de Samos, le maître tout puissant des Cyclades a rejoint Cambyse, ainsi que Phanès d'Halicarnasse, un important mercenaire, chef des troupes cariennes du pharaon, et ayant une grande connaissance de l'Égypte, en particulier des voies d'accès. Après avoir conquis Gaza au passage, qui servira de tête de pont à toutes les campagnes vers l'Égypte, l'armée perse traverse le Sinaï avec l'aide des tribus arabes. L'armée égyptienne s'est massée à Péluse, porte d'entrée de l'Égypte. Après un long siège, les Égyptiens sont obligés de se retirer à Memphis, où ils sont de nouveau assiégés. La ville finit par tomber, Psammétique III est capturé et Cambyse pénètre en vainqueur dans la capitale. Comme Cyrus avec l'empire mède, Cambyse reprit à son compte les conquêtes en cours de l'Égypte vers la Libye et la Cyrénaïque, et vers l'Éthiopie. La Libye et Cyrène se soumirent sans combattre, par contre la campagne vers l'Éthiopie fut un échec. Les troupes phéniciennes de l'armée perse refusèrent de s'attaquer à Carthage, et l'expansion de l'empire perse sous Cambyse s'arrêta là.

Après une période d'instabilité, un général de Cyrus II, Darius réussit à prendre le pouvoir. Les conquêtes de Darius vont se porter vers l'ouest de l'empire; elles apparaissent comme un effort de consolidation et de sécurisation des frontières héritées de Cyrus et Cambyse, plutôt que comme une volonté d'expansion.

Le premier territoire conquis, vers -519, est Samos, qui n'intègre cependant pas l'empire mais est confié au tyran Syloson, obligé de Darius. C'est la première incursion des Perses dans la mer Égée.

En -513, à la suite d'une guerre civile à Cyrène, la plus grande partie de la Libye est soumise.

Également en -513, Darius prend en personne la tête d'une expédition vers la Scythie, dont l'objectif final reste incertain. Selon Hérodote (, 87), elle rassemblait , accompagnés de 600 navires, les effectifs étant principalement fournis par les cités de l'Hellespont. La flotte se dirige vers le Danube, tandis que Darius soumet une partie de la Thrace et les Gètes. Rejoignant la flotte à l'embouchure du Danube, l'armée s'enfonce en territoire scythe, mais les populations locales, très diverses, résistent tout en refusant l'affrontement ouvert. Darius est finalement obligé de battre en retraite, le Danube marquant ainsi une frontière définitive de l'empire perse. Sur le chemin du retour, la conquête de la Thrace est achevée. Devant la menace, la Macédoine se soumet sans combat et devient un protectorat.

En -500, à la suite de l'appel à l'aide de tyrans de Naxos chassés par leur peuple, le tyran de Milet, Aristagoras propose au satrape Artaphernès de prendre Naxos, et de là, les Cyclades et l'Eubée. L'expédition est approuvée par Darius, mais des dissensions dans le commandement la font échouer, et pour éviter le châtiment du Grand Roi, Aristagoras se rebelle, déclare l'Ionie indépendante et impose l'isonomie. Il obtient le soutien d'Athènes, qui envoie 25 navires. La première attaque a lieu en -499 contre Sardes, qui est incendiée mais l'acropole reste imprenable ; les rebelles subissent une lourde défaite près d'Éphèse, et Athènes retire son soutien. Cependant, le soulèvement se propage dans toute la région, de Byzance à la Carie et à Chypre. Après quelques premiers succès contre l'armée perse, le rapport de force s'inverse et les cités retombent aux mains des Perses l'une après l'autre. Aristagoras meurt dans un combat contre les Thraces. La flotte ionienne est finalement vaincue à Ladé en -494, et Milet tombe. Les Perses se montrent impitoyables envers les vaincus.

En -493, Darius envoie son gendre Mardonios en Asie Mineure, d'où il intègre la Macédoine à l'empire, ainsi que les Bryges et Thasos.

La conquête de la Grèce se prépare dès -491, pour laquelle toutes les cités d'Asie Mineure sont mises à contribution ; le premier objectif semble être la capture des îles de la mer Égée : Naxos tombe en -490, puis Délos, Karystos, et l'Eubée. La domination perse sur la mer Égée est ainsi complète. La deuxième partie sera rapidement interrompue : les Perses débarquent dans la plaine de Marathon, où ils sont écrasés par les Grecs coalisés menés par les Athéniens, et doivent battre en retraite. Le peu d'insistance des Perses montre que l'objectif principal de cette expédition était bien la mer Égée et non la Grèce continentale.

L'empire perse a alors atteint son extension maximale.

vignette|Léonidas aux Thermopyles, par David À la mort de son père Darius, Xerxès participe à des campagnes en Égypte () et à Babylone (). Il relance ensuite à nouveau le projet d'une campagne militaire dirigée contre la Grèce. Il soumet l'Égypte révoltée, puis reprend les desseins de son père contre la Grèce (-480) : il fait des levées en masse, parvient à rassembler plus d'un million d'hommes (chiffre très vraisemblablement exagéré), équipe en même temps une flotte de plus de , destinée à longer le littoral de la mer Égée, jette un pont de bateaux sur l'Hellespont pour franchir ce détroit et dans sa folie fait, dit-on, fouetter la mer pour la punir d'avoir rompu ce pont. Il perce l'isthme qui unissait le mont Athos au continent pour donner passage à sa flotte, reçoit la soumission de la Macédoine et de la Thessalie, est longtemps arrêté devant les Thermopyles que défend Léonidas et ne les franchit qu'après avoir perdu . Il prend Thèbes, Platée, Thespies, entre sans résistance dans Athènes, qu'il livre aux flammes, mais voit sa flotte anéantie, par Thémistocle à Salamine (-480).