La base aérienne 122 Chartres-Champhol (parfois nommée simplement base aérienne de Chartres) désigne une ancienne base utilisée par l'armée de l'air tout au long du (1909-1997). Elle était située près de la ville de Chartres en Eure-et-Loir, principalement sur la commune de Champhol.
thumb|redresse|Couverture du livret de l'aviateur de la BA 122 Chartres-Champhol, 1987.
Opérationnelle dès 1909, elle est peut-être la plus ancienne des bases aériennes de l'Armée de l'air française. Avec une longévité de (un record, avec la Base aérienne 102 Dijon-Longvic « Capitaine Georges Guynemer »), elle fut l'une des implantations les plus durables de l'Armée de l'air Service Historique Cote 50E 36516 page 113 de http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/contenu/functions/dc/attached/FRSHD_PUB_00000267_dc/FRSHD_PUB_00000267_dc_att-FRSHD_PUB_00000267.pdf.
Au bord de la Route nationale 10, à environ au nord-est de la ville, elle couvrait, environ, de superficie, pour un périmètre de .
Après avoir été désignée par le numéro de la brigade aérienne qu'elle abritait, elle portait depuis le le numéro « 122 » en souvenir du Régiment Aérien de Bombardement de Nuit (RABN), qui y a déployé ses activités de 1923 à 1936. Elle fut successivement une base d'instruction au pilotage élémentaire, de bombardement aérien, de chasse aérienne et d'instruction à la chasse, puis de support.
La diversité de ces activités - du bombardement à la chasse, des navigants aux spécialistes, avec une forte présence de l'instruction, ainsi que le prestige des unités ou des personnalités qu'elle a accueillies - la rendent particulièrement représentative de l'Histoire de l'Armée de l'air française au .
Historique de 1909 à 1997 L'Histoire de la BA 122 débute avec la création d'un terrain d'aéroplanes, en 1909, qui sera le siège de l'école d'aviation installée en 1915, laquelle fut un important centre d'instruction au pilotage élémentaire durant la Première Guerre mondiale.
1909 : la création du terrain d'aéronautique Le "camp d'aviation" proprement dit apparaît primitivement en 1909 (à l'ouest de Chartres : entre la GC 24 et la N 839, à l'époque (actuelles D 24 et D 939), sur la commune de Sours, actuellement celle de Nogent-le-Phaye.
L'emplacement définitif, près de Champhol, profite d'un casernement de cavalerie, installé dès 1870 dans le quartier "Neigre", parfois orthographié "Nègre" (en confusion avec le nom de Charles Nègre, 1820-1880), et d'un casernement d'artillerie (d'Aboville), les deux également appelés "Cachemback" (du nom du débitant de boisson le plus proche).
Ces casernements abriteront, de 1874 à jusqu'à leur départ pour la guerre, en 1914, le Escadron du Train des Equipages Militaires, ou 4° ETEM Images du 4° ETEM à Chartres http://www.perche-gouet.net/histoire/photos.php?immeuble=1272. thumb|Quartier Neigre ou quartier Nègre. Escadron du Train des Équipages Militaires. Future base aérienne 122 Chartres-Champhol.
Ces anciens bâtiments resteront utilisés (en chambres et en bureaux) par la future base aérienne jusqu'à sa fermeture en 1997, suivie de leur destruction en 2016..
La vue de la Cathédrale, du site de Cachemback, est réputée comme très belle et fait l'objet de nombreuses photographies.
Le , l'ingénieur Gangler, aviateur à Issy-les-Moulineaux obtient de l'armée et de la municipalité la création d'un champ d'aviationhttp://www.luftfahrt-bibliothek.de/datenarchiv/1909-annee-aeroplane-1.pdf. De 1909 à la veille du conflit mondial de 1914, Chartres est un lieu d'expérimentations d'appareils aériens. Les constructeurs de l'époque testent leur engins, particulièrement avec l'aide des pilotes de l'école Savary : premiers avions Farman, Blériot, Antoinette, Hanriot ou encore, Grégoire GYP, de l'ingénieur Pierre-Joseph Grégoire (celui des Automobiles Grégoire), en .
Le , la Société d'Encouragement à l'Aviation, ou Comité d'aviation de Chartres inaugure l'ère de l'aviation civile chartraine.
Le , une station de tramway relie Chartres à son terrain d'aviation.
1909-1914 : les écoles d'aviation civiles Savary, Houry et Garaix Les pionniers de l'aviation visent aussi les premiers records. Chartres est leur théâtre d'opérations.
En , Charles de Piquerez s'escrime, en vain, à faire décoller un aéroplane. Jacques de Lailhacar parvient, le premier, à faire voler un avion à partir du terrain chartrain, le .
Le , le pilote Maurice Farman (1877-1964) réalise un vol direct de Buc à Chartres. Puis, le , pour une distance équivalente (environ ), il vole sans arrêt de Chartres à Orléans. Ces exploits lui vaudront la médaille d'or de l'Aéro-Club de France.
L'école de Robert Savary (1882-1935), constructeur et pilote comprend une section ouverte aux civils et une autre, pour les militaires. Elle fonde ainsi l'origine précoce des activités d'aviation militaire à Chartres. Elle ouvre en . (la première école de pilotage au monde ouvre en , à Pau).. L'école d'aviation de 1910 utilise des biplans Savary, puis des avions Farman.
L'école Houry la complète, avec des avions Blériot XI.
Hubert Latham se pose souvent dans le parc du château de Maillebois, sa maison natale, tout près de Chartres.
thumb|« Chartres (E.-et-L.) - M. Latham sur Monoplan Antoinette au-dessus des Flèches de la Cathédrale ».
Maurice Jusselin (1882-1964), le brillant chercheur et archiviste de Chartres, est aussi l'un des pionniers de l'aviation locale (il servira dans l'aviation durant le premier conflit mondial). Ami du pilote Joseph Frantz (1890-1979), il réalise les premières photographies aériennes de la cathédrale de Chartres, notamment le et le .
Le , le brevet de pilote est instauré.
Le , l'arme aérienne est placée sous l'autorité du Génie, le Ministre de la guerre hésitant longuement avec l'Artillerie. L'Aéronautique militaire est créée.
Le , Robert Savary reçoit le premier brevet de pilote intégralement passé à Chartres (brevet n°112 de l'Aéro-Club de France). Son école se développe à partir de . Le , le journaliste Edmond Poillot (1888-1910), également chef pilote de l'école Savary, breveté du , se tue à Chartres, avec son passager Partiot, dans un accident d'avion. Le , un monument est érigé en rappel du drame ; il sera déplacé en 1966, près de la rue Edmond Poillot.
L'école Grégoire devient l'école Houry en , avec Fernand Deletang pour chef pilote.
Le , les six premiers appareils militaires stationnent à Chartres, sous le commandement du capitaine Albert Étévé.
En 1911, René Level bat plusieurs records à Chartres (durée, distance). Le , René Level, chef pilote chez Savary, meurt des suites d'un accident d'aéroplane survenu le alors qu'il participait au meeting d'aviation de ReimsLe 17 octobre 1911 dans le ciel : Les obsèques de l’aviateur Level à Paris.
Chartrain, le célèbre pilote Lucien Deneau (1886-1971), l'un des mécaniciens de Louis Blériot est breveté militaire (après avoir passé le brevet de l'Aéroclub de France). Enfant du pays, il illustrera son art du pilotage à Tarbes et à Pau, avec d'audacieuses prouesses en monoplan Blériot, puis pendant la Première Guerre mondiale. Il survolera, le tout premier, l'Amazonie et terminera ses jours à Chartres. Il revient à plusieurs reprises voler à Chartres en 1911. Le restaurant Chaboche, installé sur le terrain, prévoit une fête en son honneur le ; elle est annulée à la suite de l'accident mortel de Pierre Maron, second pilote chez Savary.
Le , l'armée réceptionne ses premiers avions commandés à Savary. Le , Edmond Gastinger passe, le premier, en avion entre les flèches de la cathédrale. En 1911, le pilote militaire Joseph Frantz, moniteur chez Savary et premier pilote français à abattre un avion ennemi quelques années plus tard (en 1914), passe également entre les deux tours de la cathédrale (...). Le survol de l'édifice sera, très tôt, rigoureusement interdit. Savary forme les premiers élèves-pilotes militaires à Chartres, début 1912.
Le 3 au , Joseph Frantz procède aux premiers essais de radio TSF (ou télégraphie sans fil) entre son avion et le sol Patrimoine de l'aviation civile http://patrimoine-memoire.aviation-civile.gouv.fr/flb/07-01_Aviation-en-1912-dans-le-petit-parisien/files/assets/basic-html/page170.html, à l'aide d'un poste émetteur de Lucien Rouzet de trente-deux kilos, complété d'une antenne déroulable de trente mètres. Auparavant testée entre un dirigeable et le sol, en 1910, cette innovation sera généralisée dans les avions militaires à partir de 1915. Le premier message de Frantz parcourt dix kilomètres pour aller à son ami l'archiviste Maurice Jusselin.
Le Joseph Frantz échoue à battre le record d'altitude détenu par Maurice Prévost. Le 8 et le , se tient une grande fête de l'aviation chartraine. Le , le maréchal des logis aviateur Gustave Maréchal, victime du froid, s'écrase mortellement.
Le décret du créée les deux premiers centres aéronautiques militaires : à Saint-Cyr-l'École et à Étampes.
Le , l'école Aéro-Tourisme s'installe à Chartres. Victorin Garaix est son chef pilote.. En , Victorin Garaix bat plusieurs records de vols en altitude avec passagers Air Journal Garaix à Chartres http://www.air-journal.fr/2012-03-31-le-31-mars-1914-dans-le-ciel-nouveau-record-pour-garaix-545908.html. Sa rencontre avec Paul Schmitt conduit à les deux hommes à développer avec succès les aéroplanes Paul Schmitt. Ce dernier imagine les ailes à incidence variable..
Le Robert Savary est décoré de la légion d'honneur, place des Epars, à Chartres.
Fin , Joseph Frantz emportant huit passagers, bat le record du nombre de passagers en vol. Le , Frantz expérimente le monoplan de Stefan Drzewiecki. Le , Chartres connait une nouvelle fête de l'aviation, autour du restaurant Chaboche.
Du ou , Victor Garaix bat le record d'altitude avec passagers. Le lundi de Pâques 1914, Joseph Frantz réalise le premier vol de nuit à Chartres. Il décolle de nuit, survole la foire de Chartres et se pose sans difficulté.
Le , c'est encore un record décroché par Victorin (Victor) Garaix, surnommé "le grimpeur de Chartres", avec l'avion expérimental de Paul Schmidt...
Le , le commandant Julien Félix né en 1869, pionnier de l'aviation militaire (breveté le ), s'accidente mortellement lors d'un vol d'essai Accident du commandant J. Félix http://www.intensite.net/2009/201406actu/il-y-a-100-ans-en-eure-et-loir-un-aviateur-militaire-fait-une-chute-mortelle-sur.
Un décret du interdit toute activité aérienne, sauf militaire.
Victorin Garaix rejoint son affectation le , près de Verdun. Il est abattu, le premier pilote français, le , au-dessus de Tucquegnieux.
Durant la Première Guerre mondiale : la fameuse école d'aviation militaire Active dès 1909, l'école de pilotage militaire sous la forme d'une section militaire intégrée aux écoles civiles, est l'une des premières de France, avec celles d'Avord, de Pau ou d'Istres, sans mentionner Issy-les-Moulineaux, premier champ d'aviation français.
Avant 1915 La nécessité de former les pilotes dans un cursus militaire est apparue très tôt L'émergence des premiers terrains d'aviation militaire 1909-1914 http://rha.revues.org/7291.
Comme à Chartres, c'est en 1909 que le camp de Châlons se dote ainsi d'une école de pilotage, avec des avions Farman ; le terrain de Pau forme également très tôt, en avions Blériot.
En , quatre centres écoles entièrement destinés à la formation militaire sont en activité : à Châlons, à Versailles (exactement à Saint-Cyr-l'École), à Avord et à Pau.
Le , l'aéronautique militaire installe sa toute première école de pilotage, au camp de Châlons, sous la responsabilité du lieutenant Félix Camerman, premier pilote militaire à obtenir le brevet de pilote civil (). Huit officiers en sont les premiers élèves-pilotes, à la fin avril. Le , l'aéronautique militaire appelle ses aéroplanes "avions", en hommage à l'inventeur français Clément Ader. L'instruction au pilotage militaire débute ; le terrain de Chartres y contribue activement, dès le début de la guerre.