Le Meilleur des mondes est une revue atlantiste d'opinion trimestrielle sur l'actualité politique internationale ayant paru de 2006 à 2008.
Créée par un groupe d'intellectuels, de journalistes, de philosophes et d'historiens français, la revue est un organe de presse du Cercle de l'Oratoire fondé en 2001 à Paris. Elle représente un néo-conservatisme français. Cette revue est éditée par les éditions Denoël et dirigée par le journaliste Michel Taubmann. Son neuvième et dernier numéro paraît à l'automne 2008.
Les origines de la revue Le noyau dur de ce groupe d'intellectuels s'est constitué après le choc provoqué par les attentats du 11 septembre 2001. Autour de Michel Taubmann, responsable alors d'Arte-Info, à Paris, et de son épouse Florence, pasteur du temple de l'Oratoire du Louvre, des réunions puis des conférences publiques ont été organisées dans l'une des salles dépendant du temple. Le groupe s'est dès lors, peu à peu, nommé le Cercle de l'Oratoire.
Le journaliste Éric Aeschimann présente ses créateurs comme « un groupe informel d'intellectuels et de journalistes, issus pour la plupart de la gauche ou de l'extrême gaucheJean Birnbaum, « "Le Meilleur des mondes", une voix pour l'Amérique », lemonde.fr, 24 mars 2006, mais partis en guerre contre l'antiaméricanismeÉric Aeschimann, Les meilleurs amis de l'Amérique, Libération, 9 mai 2006. » D'après Éric Aeschimann, la revue Le Meilleur des mondes « est née du rapprochement du Cercle de l'Oratoire avec un petit noyau composé d'Olivier Rolin, Marc Weitzmann, Romain Goupil et Olivier Rubinstein. » Éric Aeschimann décrit les « oratoriens » comme proches des néoconservateurs américains. Certains refusent cette étiquette, comme Anne Norton, qui publie un article critique sur le sujet dans le premier numéro « Leo Strauss et les néoconservateurs, le conservatisme abandonné ». D'autres défendent le néo-conservatisme, à l'instar de Bruno Tertrais : « Les néoconservateurs américains ont été injustement critiqués et je partage certaines de leurs analyses. D'ailleurs, certains sont adhérents du Parti démocrateÉric Aeschimann, Une revue qui pointe l'arme à gauche, liberation.fr, 9 mai 2006. »
Ligne éditoriale Selon Jean Birnbaum, sa ligne éditoriale est marquée par , et .
Pour Gaël Brustier, il s'agit de la .Voir aussi « Dans les revues... », Le Monde diplomatique, juin 2006. Ou encore Vincent Cheynet qui parle de « la revue néoconservatrice Le meilleur des mondes » dans « Val et le P.N.B. », La Décroissance, n° 59, mai 2009, p. 10..
La revue récuse ces appellations. « La ligne directrice, indique son rédacteur en chef, c’est l’antitotalitarisme, car nous pensons que la question est toujours d’actualité. Certains pensent que le totalitarisme s’est arrêté avec la chute du Mur de Berlin, ils n’imaginent pas que l’islamisme radical représente un vrai danger. Il n’y a jamais eu autant de propagande anti-juive. Nous sommes entrés dans une période de chaos et la démocratie doit être défendueEntretien donné à Anne-Juliette Brugière pour le site web Massorti.com, le 15 octobre 2006.. »
Positionnements Le groupe multiplie les interventions publiques, notamment pour soutenir le droit d'ingérence et la légitimité de diverses interventions militaires occidentales après l'attaque du .
Soutien à l'intervention militaire en Afghanistan Le cercle lance une première pétition en faveur de l'intervention des troupes anglo-américaines dans la guerre d'Afghanistan. Elle prend la forme d'une tribune publiée dans le journal Le Monde le :
«Cette guerre est la nôtre
Depuis le début des frappes se développe un climat de dénigrement systématique à l'égard de la riposte américano-britannique. Ce dénigrement est alimenté par l'absence de résultats spectaculaires de cette campagne militaire.
Effectivement, les alliés ne semblent pas en mesure d'atteindre rapidement leurs deux premiers objectifs : la mise hors d'état de nuire de Ben Laden et le renversement des talibans. Nous ne nous en réjouissons pas. Nous pensons au contraire que face aux difficultés d'aujourd'hui et peut-être aux échecs de demain, il faut développer en France comme dans les autres pays un mouvement de soutien aux soldats qui défendent nos libertés et notre sécurité.
Cette guerre est légitime car il s'agit pour les États-Unis d'un acte d'autodéfense à la suite d'une agression sur leur propre sol qui a coûté la vie à des milliers d'innocents de toutes religions et de toutes nationalités. [...]
Entre les démocraties et le terrorisme, on ne doit pas rester neutre contrairement à ce que prétendent un certain nombre d'intellectuels proches du PCF et de la Ligue communiste révolutionnaire dans un récent appel intitulé " Cette guerre n'est pas la nôtre " (Le Monde daté 21-) ou encore le philosophe gauchiste Toni Negri qui, interviewé récemment dans ces colonnes (), refuse de choisir entre " les talibans du dollar et les talibans du pétrole ".
Ce raisonnement, dominant à l'extrême gauche, s'inscrit dans la filiation du défaitisme révolutionnaire prôné par les communistes qui, en 1940, à l'abri du pacte Hitler-Staline, renvoyaient dos à dos les " impérialismes allemand et anglais ", le nazisme et la démocratie. Cette fausse symétrie est toujours aussi absurde. En effet, Bush et Blair sont les dirigeants élus de deux des plus anciennes démocraties. Leurs deux pays ont en commun un attachement indéfectible à la liberté. Aucun d'eux ne fut contaminé par la lèpre totalitaire, rouge ou brune, qui accéléra au la décadence du continent européen. Ben Laden, lui, est l'incarnation d'un nouveau totalitarisme opposé au monde occidental non par souci de la justice sociale mais par haine de la démocratie.[...]
Pour cela, il faut souhaiter la victoire des Américains et des Britanniques. Notre victoire. Car cette guerre est la nôtreCette guerre est la nôtre, Le Monde, 8 novembre 2001. »
Cette tribune est signée par Susanna Dörhage, journaliste; Hans Joachim Kruse, journaliste; Michel Taubmann, journaliste; Stéphane Courtois, historien; Denis Lefebvre, historien; Jean-Louis Panné, historien; Pierre Rigoulot, historien; Ilios Yannakakis, historien; gérard Grunberg, politologue; Pascal Perrineau, politologue; Claudie Broyelle, écrivain; et Jacques Broyelle, écrivain.
Soutien à l'intervention militaire d'Irak Le cercle publie une première pétition contre la manifestation mondiale contre la guerre d'Irak du dans le journal Le Figaro. Dans la première phrase du texte, il est fait allusion aux accords de Munich.
«Nous ne manifesterons pas ce samedi !
Parce que l'histoire nous a appris que crier « Vive la paix » n'est pas nécessairement le meilleur moyen de faire reculer les agressions et les dictatures ; Parce que nous nous sentons solidaires des populations d'Irak soumises à une dictature sanguinaire ;
Parce que nous n'avons aucune confiance dans la parole de Saddam Hussein assurant n'avoir ni armes de destruction massive ni liens avec les terroristes ;
Parce que nous croyons qu'un nouvel Irak plus démocratique changera positivement la donne économique et politique dans un monde moyen-oriental qui s'enfonce dans la misère et l'amertume ; [...]
Parce que ce défilé n'empêchera pas la guerre, nous ne manifesterons pas ce samedi Nous ne manifesterons pas ce samedi !, Le Figaro, 15 fevrier 2003. »
La tribune est signée par: Stéphane Baumont, juriste; Claire Brière-Blanchet, journaliste; Arthur Kriegel, médecin; Stephen Launay, politologue; Denis Lefebvre, journaliste; Pierre Lorrain, politologue; Marc Ozouf, correcteur; Jean-Louis Panné, historien; Robert Pépin, traducteur; Jean-Michel Perraut, pasteur; Robert Redeker, philosophe; Jacques Rigoulot, médecin; Pierre Rigoulot, historien; André Sénik, philosophe; Pierre-André Taguieff, chercheur; Florence Taubmann, pasteur; Michel Taubmann, journaliste; Guy Tissier, ingénieur; Shmuel Trigano, philosophe; Ilios Yannakakis, historien.
Le , trois des principaux collaborateurs de la revue, Pascal Bruckner, André Glucksmann et Romain Goupil, expriment dans une tribune du Monde leur « joie de voir le peuple irakien en liesse fêter sa libération et... ses libérateurs ! » et déplorent qu'en France « l'opposition à la guerre [ait] dégénéré en opposition systématique à Washington »Point de vue : la faute, par Pascal Bruckner, André Glucksmann et Romain Goupil, tribune, lemonde.fr, 14 avril 2003.
Alors que la décision des États-Unis de déclarer la guerre à l'Irak est vivement contestée à travers le monde, le groupe publie une nouvelle tribune de soutien à la politique étrangère des États-Unis. Cette tribune soutient la coalition militaire dans son intervention contre Saddam Hussein:
« Avec Washington et Londres, pour le peuple irakien.
Des soldats américains et britanniques ont engagé le combat contre la tyrannie de Bagdad. Ils sont soutenus par les gouvernements de plusieurs démocraties, telles l'Espagne, l'Australie, la Pologne, la République tchèque et le Danemark. Nous regrettons que la crise irakienne n'ait pas trouvé de solution dans le cadre de l'Organisation des Nations unies.
Mais depuis le matin du nous sommes entrés dans une autre phase, celle d'une guerre opposant les deux plus anciennes démocraties du monde, Royaume-Uni et États-Unis, à la tyrannie sanglante de Saddam Hussein. Dans cette situation, nous ne pouvons accepter les discours qui renvoient dos à dos George W. Bush et Saddam Hussein. Les pacifistes doivent admettre qu'à partir du déclenchement des hostilités leur combat a changé de nature. En demandant le "cessez-le-feu immédiat" ou "le retrait des troupes américaines d'Irak" avant la défaite de Saddam Hussein, ils ne servent pas la paix, mais le maintien au pouvoir du dictateur de Bagdad.
Pour notre part, nous choisissons le camp du peuple irakien. Sa liberté dépend désormais de la victoire des armées anglo-américaines et de la coalition qui les soutient. Nous n'accordons pas pour autant un blanc-seing à l'Administration Bush et souhaitons pour l'après-guerre que le sort de l'Irak soit remis dès que possible entre les mains de ses habitants dans le cadre d'un État fédéral. La liberté et la démocratie ne doivent pas être un luxe réservé aux pays occidentaux. Le peuple d'Irak y a droit lui aussi, comme tous les autres peuples de la région. Nous sommes à ses côtés dans l'attente d'une capitulation sans conditions de la dictature qui l'opprime depuis plus de trente ans« Avec Washington et Londres, pour le peuple irakien., Le Figaro, 4 avril 2003. »