Constantin Gueorguievitch Paoustovski (en ), né le à Moscou et mort le à Moscou, est un écrivain soviétique.
Biographie Fils de Gueorgui Paoustovski, statisticien des chemins de fer, et de son épouse Maria Grigorievna, Constantin Paoustovski a deux frères, Boris et Vadim, et une sœur prénommée Galina. En 1898, la famille déménage de Moscou à Kiev. Les parents divorcent en 1908. Sorti du gymnasium en 1912, Constantin poursuit ses études à la faculté d'histoire de l'université impériale Vladimir-le-Grand.
Au début de la Première Guerre mondiale, il rejoint sa mère à Moscou et s'inscrit à l'université impériale de Moscou, mais sera contraint d'interrompre ses études et commencer à travailler. Il devient conducteur de tramway, puis infirmier dans un train sanitaire transportant les blessés. Après que ses deux frères eurent péri sur le front, il rentre à Moscou, puis vit quelque temps à Ekaterinoslav, à Iouzovka, à Taganrog et en Crimée, avant de revenir sur Moscou après la révolution de Février. À la capitale, il travaille comme reporter et assiste aux événements de la révolution d'Octobre.
Lors de la Guerre civile russe, il vit en Ukraine, avec sa mère et sa sœur. Mobilisé en 1918, il sert sous les ordres du hetman Skoropadsky, puis, après le changement de régime, dans l'Armée rouge. Démobilisé, il voyage dans le sud de la Russie, vit à Odessa pendant deux ans et travaille au journal Moriak où il fait connaissance de Ilia Ilf, Isaac Babel, Edouard Bagritski, . Puis, il reprend ses voyages, en partant cette fois en direction du Caucase avec les passages à Soukhoumi, Batoumi, Tbilissi, Erevan, Bakou.
Entre 1920 et 1922, il vit rue Tchernomorska à Odessa.
À partir de 1923, il travaille comme rédacteur de l'agence Rosta à Moscou. Il commence à être publié. Il collabore avec la Pravda, Znamia, Smena, Nachi dostijenia, 30 Dnei, Autour du Monde. Tout en abordant les sujets politiquement corrects de l'époque, il concentre ses romans Kara-Bugaz (1932) et Kalkhida (1934) sur l'interaction complexe entre l'homme et la nature, gagnant ainsi une réputation de précurseur de la prose environnementale russe.
Avec le déclenchement de la Seconde guerre mondiale, Paoustovski devient correspondant de guerre sur le front du Sud. En , il retourne à Moscou et travaille à l'agence TASS avant d'être évacué avec sa famille à Alma-Ata. Il y travaille sur la pièce Jusqu'à ce que le cœur s'arrête. La pièce sera mise en scène en 1943 par le théâtre de Chambre Taïrov de Moscou alors évacué à Barnaoul. A la sortie de la guerre en 1945, il entame l'une de ses œuvres majeures, son autobiographie Le Récit d'une vie qu'il écrira jusqu'en 1963. Plusieurs parties de ce livre ont été publiées dans des magazines au fur et à mesure de leur écriture : Années lointaines (1946), Jeunesse agitée (1954), Le début d'un siècle inconnu (1956), Le temps des grandes espérances (1958), Une course vers le Sud (1959-1960) et Le livre des errances (1963). Il a été publié pour la première fois dans son intégralité par Goslitizdat en 1962.
Dans les années 1950, Paoustovski a vécu à Moscou et à Taroussa sur l'Oka. Il est devenu l'un des compilateurs des collections collectives les plus importantes de la période de libéralisation de la culture en URSS Moscou littéraire (1956) et Pages de Taroussa (1961). Pendant plus de dix ans, il a dirigé un séminaire de prose à l'Institut de littérature Maxime-Gorki, a été chef du département des compétences littéraires. Parmi les étudiants du séminaire Paoustovski figuraient : , Vladimir Tendriakov, , Iouri Bondarev, Iouri Trifonov, Ivan Panteleïev, Boris Balter.
L'auteur défendait ouvertement les dissidents comme Andreï Siniavski et Iouli Daniel.
Paustovski fut candidat au prix Nobel de littérature en 1967, mais c'est l'écrivain et diplomate guatémaltèque Miguel Angel Asturias qui le reçut. En 1968, il est à nouveau nommé et figure parmi les principaux candidats, mais il meurt avant que le lauréat ne soit choisi.
Selon sa volonté, il a été enterré au cimetière de la ville de Taroussa.
Œuvres 1929 : Nuages étincelants 1932 : Kara-Bougaz, récits d'aventures 1933 : Le Destin de Charles Lonceville, récit historique 1934 : Colchide, roman 1935 : Les Romantiques 1937 : Jours d'été, nouvelles 1938 : Le Pays de la Mestchiora, nouvelles 1938 : Roman du Nord, récit historique 1948 : Le Roman des forêts, biographies d'artistes 1955 : La Rose d'or, Notes sur l'art d'écrire 1945-1963 : Histoire d'une vie, autobiographie Les années lointainesCritique de l'ouvrage par M.M., Le Figaro littéraire du samedi 8 juin 1963, Une jeunesse inquiète Une ère inconnue commence Le Temps des grandes espérances Incursion dans le Sud Le Livre des pérégrinations
Œuvres dont la date n'a pas été trouvée Au cœur de la Russie, nouvelles La Tanche d'or, nouvelles L'Artel des petits moujiks La Mer Noire, roman La Barque vermoulue, récit Le Verrier, récit Les Hôtes de la vieille maison, récit Une nuit d'octobre, récit Le Télégramme, récit Poste forestier 273, récit Le Trésor enterré, récit La Bague d'acier, ce conte pour enfants, a été publié en français en 1976 aux Éditions La Farandole, la traduction étant de Paulette Michel, illustré par T. Ieriomina, l'impression en URSS.
Œuvres traduites en français Neige suivi de Une aube pluvieuse, traduction de Guy Imart, Alidades 2024, édition bilingue La mer noire, L'ancre de marine 2023 La tanche d'or, traduction d'Alain Capon, éditions de l'aube 2012 Au cœur de la Russie, nouvelles, traduction de Lydia Delft et Michèle Deniaud, Gallimard 1974 La Colchide suivi de Roman du Nord, traduction de Lydia Delft et Véra Varzi, Gallimard 1973 Kara-Bougaz, traduction de Lydia Delft et Michèle Deniaud, Gallimard 1972 Le roman des forêts suivi de Le pays de la Mestchiora, traduction de Lydia Delft et Michèle Deniaud, Gallimard 1971 Le destin de Charles Lonceville, traduction de Lydia Delft et Véra Varzi, Gallimard 1970 La rose d'or (notes sur l'art d'écrire), traduction de Lydia Delft et Paule Martin,Gallimard 1968 L'histoire d'une vie, 6 volumes, traduction de Lydia Delft et Paule Martin, Gallimard 1963-1967
Distinctions (1967) Ordre du Drapeau rouge du Travail (1939, 1962) Médaille pour la Défense d'Odessa (1995)
Notes et références
Bibliographie André Wurmser, Poésie et réalité : Histoire d'une vie (IV) : Le temps des grandes espérances, par Constantin Paoustovski, traduit par Lydia Delt et Paule Martin (Gallimard), Les Lettres françaises , 3-,
Voir aussi Frank Westerman, Ingénieurs de l'âme, 2006 Sophie Ollivier, Paoustovski, l'homme du dégel, édité en 2008 par l'Harmattan, Paris Isaac Babel Musée Constantin-Paoustovski à Odessa
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