Éric Marie Joseph de Le Gorgue de Rosny dit Éric de Rosny, né le à Fontainebleau et mort le à Lyon, est un prêtre jésuite et anthropologue français, missionnaire au Cameroun. Il est particulièrement connu pour s'être fait initier dans la confrérie des beyoum ba bato (hommes-souche). C’est une obédience du Ngondô, un cercle très sélectif dont les membres sont les garants de la tradition et des rites sawas, du Cameroun.

Biographie Éric Marie Joseph de Le Gorgue de RosnyÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, né le à Fontainebleau est issu d'une famille d'ancienne bourgeoisie de Picardie de noblesse inachevée..

Il passe son enfance entre l'appartement parisien de ses parents et la maison familiale située près de Boulogne-sur-Mer« Éric de Rosny, le jésuite aux quatre yeux » publié le 10 avril 2009 sur le site du quotidien La Croix (consulté le 7 juin 2012). De ses lectures des récits de Matteo Ricci, missionnaire jésuite en Chine impériale, nait sa volonté de devenir Jésuite avec l'espoir d'être envoyé en Chine. Ainsi, Éric de Rosny intègre la Compagnie de Jésus en 1949 (entrée au noviciat de Laval le ) mais avec la prise de pouvoir par les communistes et Mao la Chine se ferme à l'influence chrétienne. Aucun missionnaire n'y est plus admis. Cela l'empêche de rejoindre la Chine. Il est alors envoyé en 1957 à Douala au Cameroun où il devient enseignant au collège Libermann qui vient d'être fondéSophie Murith, « Eric de Rosny : Aristocrate, sage, sorcier et jésuite » mis en ligne le 8 décembre 2010 sur le site de L'Hebdo (consulté le 7 juin 2012). Il est ordonné prêtre le « Nécrologie : Le Père Eric de Rosny rappelé à Dieu » sur le site de L'effort camerounais (consulté le 7 juin 2012).

Alors que l'Église catholique considère avec grande circonspection les traditions locales« Éric de Rosny, jésuite... et homme-souche » sur le site de l'hebdomadaire Jeune Afrique (consulté le 7 juin 2012) et interdisait autrefois aux chrétiens la fréquentation des guérisseurs, soucieux de comprendre ses élèves et de découvrir leur culture, il choisit de s'installer dans le quartier populaire d'Akwa à Douala où il s'intègre à la population dont il apprend la langue et les coutumesGilles Séraphin, « Éric de Rosny » dans le quotidien Le Monde daté du mercredi 14 mars 2012 page 27 (rubrique disparitions). Cela le conduit à s'intéresser notamment à la sorcellerie et, au début des années 1970, après avoir reçu l'accord de ses supérieurs religieux, un guérisseur l'initie aux mystères du « monde invisible » et à la « double vue »François-Xavier Maigre , « Décès du P. Eric de Rosny, le « jésuite africain » » publié le 5 mars 2012 sur le site du quotidien La Croix (consulté le 7 juin 2012). Cette « double vue » lui permet de voir plus que ce qui est visiblePierre de Charentenay, « Le Père Eric de Rosny, « l’homme souche » », publié le 12 mars 2012 sur le site de la revue Étvdes (consulté le 7 juin 2012) et notamment de voir la violence des relations entre les hommes. Il analyse la « double vue » et la compare aux Exercices spirituels de Saint Ignace et aux travaux de René Girard sur la violence et le sacré. « La double vue me sert d'instrument de connaissance comme le serait l'analyse freudienne pour un jésuite qui voudrait comprendre son prochain sans être pour autant psychanalyste » explique Éric de Rosny. À son tour Éric de Rosny initiera un apprenti guérisseur et lui transmettra son pouvoir de « double vue ».

De 1975 à 1982, il est directeur de l'Institut africain pour le développement économique et social (INADES) à Abidjan puis devient jusqu'en 1988 supérieur provincial des jésuites de l'Afrique de l'Ouest. En 1981, il trouve une certaine notoriété en France avec le succès de son livre Les Yeux de ma chèvre.

Dans les années 1990, il devient l'un des vingt-sept « vieux sages » de Douala lorsqu'il entre dans la confrérie des beyoum ba bato (hommes-souche). Au centre spirituel de Bonamoussadi de Douala, il accueille et conseille les nombreux visiteurs qui le consultent sur leurs souffrances et leurs angoisses et, à l'antenne de radio Douala, il répond chaque jour aux courriers qu'il reçoit.

En 2010, Il est fait docteur honoris causa de l'université de Neuchâtel.

Éric de Rosny meurt le , à Lyon.

Œuvres Éric de Rosny écrit plusieurs livres sur la médecine traditionnelle africaine, dont Les Yeux de ma chèvre, L'Afrique des guérisons, La Nuit, les yeux ouverts. Ndimsi, ceux qui soignent dans la nuit, éd. CLE, Yaoundé, 1974. Les Yeux de ma chèvre, , Plon, 1981. L’Afrique des guérisons, Karthala, 1992. Prix Louis-Castex de l’Académie française en 1993 La Nuit, les yeux ouverts, Seuil, 1996. Ici ou là en Afrique : récits et péripéties, L’Harmattan, 2002. Éric de Rosny (dir.), Justice et Sorcellerie, colloque international de Yaoundé, Karthala, 2006. En 2022 parait l’édition intégrale des articles rédigés par Éric de Rosny dans un coffret en 3 volumes.

Bibliographie Sous la direction de Gilles Séraphin, Religion, guérison et forces occultes en Afrique : Le regard du jésuite Eric de Rosny, Paris, Karthala, 2016. Perret-Clermont, A. N., Morerod, Jean-Daniel & Blanc, Jérémie (Éds.), Cultures et Guérisons. Éric de Rosny - L’intégrale, 3 volumes. Neuchâtel, Livreo Alphil, 2022.

Notes et références

Liens externes

Plusieurs œuvres de l'auteur disponibles, en texte intégral, dans Les Classiques des sciences sociales, avec l'autorisation de l'auteur

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