Denis Peschanski, né le à Paris, est un historien français.

Il est directeur de recherche au CNRS depuis 2005, devenu émérite depuis son départ à la retraite en 2023. Il est également un militant politique, membre du Parti communiste français jusqu'en 1981, puis candidat du Parti socialiste avant de rejoindre La République en marche ! en 2017.

Biographie Famille Issu d'une famille juive d'Europe de l'Est, Denis Peschanski est le fils d'Alexandre-Sacha Peschanski (1908-1994)Mort en février 1994 à l'âge de 86 ans, Alexandre-Sacha Peschanski, militant communiste, après avoir combattu dans les rangs des volontaires des Brigades internationales en Espagne, s’est engagé dans les rangs de la Résistance avant d’être déporté. Officier FFI, il avait été fait officier de la Légion d’honneur au titre de son action dans la Résistance. L'Humanité, 26 février 1994. et de Dora Kronfeld (1910-2005)Militante communiste, résistante et déportée, Dora Peschanski a fait carrière comme chimiste au CNRS ; sa thèse portait sur Contribution à la cinétique chimique des systèmes hétérogènes (1947, université de Paris 7). Elle a également traduit du russe (en collaboration avec Wladimir Mercouroff, Moïse Haïssinsky, M. S. Tarasenko, l'important ouvrage de Viktor Nikolaevitch Kdratiev La Structure des atomes et des molécules, édition mise à jour, sous la direction de M. Haïssinsky (Paris, Masson et Cie, 1964, 467 p.) [D. L. 3584-64] notice n° FRBNF33064702. Sources : Sudoc et Opale, .. Il est le frère du biologiste Marc Peschanski et du physicien Robi Peschanski.

Carrière professionnelle Entré au CNRS en 1982 comme ingénieur d'études, puis chercheur après son doctorat troisième cycle, Denis Peschanski a soutenu son doctorat d'État en 2000 et est depuis 2005 directeur de recherche au CNRS.

Historien spécialiste de l’histoire du communisme, puis de la France de Vichy et des « années noires », chercheur en Memory studies, il est membre depuis 2016 du Centre européen de sociologie et de science politique (Paris 1, EHESS, CNRS) après avoir été depuis 2002 au Centre d’histoire sociale du , et auparavant à l'Institut d'histoire du temps présent.

Par ailleurs, il a été, de 1995 à 2000, secrétaire scientifique de la section 33 du Comité national de la recherche scientifique (Formation du monde moderne).. En 1998, il a mis sur pied une coordination des secrétaires scientifiques et, à ce titre, a fait partie du bureau de la Conférence des présidents de section du CN, structure qui a été officialisée par voie de règlement intérieur.. De l’été 2001 à l’été 2005, il a été membre du conseil scientifique du CNRS (secrétaire scientifique et membre du bureau)..

De à , D. Peschanski a été directeur scientifique adjoint au CNRS, département des sciences humaines et sociales... En , le projet qu’il copilote avec Ed Berenson (New York University) « Memory and Memorialization » a été retenu pour trois ans par la Fondation Face et l’ambassade de France aux États-Unis. Le projet associe NYU et le CNRS, le mémorial de Caen et la US Fondation for Museum and Memorial 9/11... En le projet qu’il anime, MATRICE (entre mémoire individuelle et mémoire collective), a été retenu comme équipement d’excellence (Equipex, 2011- 2020).. En , le projet qu’il codirige avec Francis Eustache (neuropsychologue) sur la mémoire du 13-Novembre. a été retenu par les Investissements d’avenir et l’équipex MATRICE a été abondé pour mener ce programme transdisciplinaire porté scientifiquement par le CNRS et l’INSERM et administrativement par héSam université puis par l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne après la dissolution d'héSam université. En 2023 le projet qu'il porte avec le président des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation, TEMOINS3945, a été retenu par l'ANR dans le cadre de l'appel à projets Sciences avec et pour la société (SAPS)https://anr.fr/fileadmin/documents/2025/ANR-SAPS-oct2025.pdf.. Membre étranger de la commission de recrutement du Fonds national de la recherche scientifique (Belgique) entre 2007 et 2010, Peschanski devient pour trois ans, mandat renouvelé (2010-2015), président de la commission SHS 4..

Il dirige la collection « Archives contemporaines » aux éditions Tallandier de 2003 à 2009 (parmi les titres : Vivre à en mourir. Lettres de fusillés ; les Lettres de Drancy ; le carnet d’Algérie d’Antoine Prost, avec une préface de Pierre Vidal- Naquet ; le Journal de Goebbels, édition française en quatre volumes en liaison avec l’IFZ de Munich). Depuis 2012, il dirige la collection « Mémoire(s) » chez Hermann. Entre 2016 et 2019, il dirige avec Henry Rousso une nouvelle collection aux éditions Belin (« Contemporaines »).

Il a été conseiller historique du film Hôtel du Parc (Pierre Beuchot), et coauteur d’un autre, Les voyages du Maréchal. Il est d’auteur de trois documentaires avec Jorge Amat (La traque de l’Affiche rouge; Maréchal, nous voilà ? La propagande sous Vichy ; et La France des camps), coproduits et diffusés par France-Télévisions (France 2) en et en .. Il est l'auteur de Manouchian et ceux de l'Affiche rouge, réalisé par Hugues Nancy et produit par Nova Prod., diffusé la première fois le sur France 2.

Associé à deux fondations, la fondation pour la Mémoire de la Déportation et fondation pour la Mémoire de la Shoah, il préside le conseil scientifique du Mémorial du camp de Rivesaltes de 2001 à 2022.. De 2006 à 2023, il préside le conseil scientifique du Mémorial de Caen.. Depuis 2009, il est membre du conseil scientifique du mémorial de la Shoah., depuis 2017 du conseil scientifique de l’OSE (Œuvre de Secours aux Enfants ; CS présidé par Arnold Migus puis par Agnès Buzyn). et depuis 2017 du conseil scientifique de l’ECPAD. Pour ce dernier, il en devient le président en 2022.. En 2011 et 2012, il a été conseiller près le président du conseil général de Seine-Saint-Denis pour les questions d’histoire et de mémoire de la Seconde Guerre mondiale.

Il intègre le comité mémoriel près la déléguée interministérielle à l’Aide aux victimes (DIAV) en 2018, puis le comité de préfiguration du musée-mémorial sur les sociétés face au défi du terrorisme installé par le président de la République..

D' à , Denis Peschanski a présidé le conseil scientifique et d'orientation de la mission du des débarquements, de la Libération de la France et de la Victoire.. Depuis , Denis Peschanski préside le conseil scientifique des Hauts Lieux de la Mémoire Nationale en Île de France..

Carrière politique Membre du Parti communiste français jusqu'en 1981, il en est exclu comme « agent infiltré par la bourgeoisie », selon son propre témoignage (publié, alors, dans La Dépêche de Louviers, ville où il demeurait)Témoignage, dans La Dépêche de Louviers, février 1981. Remarque : ces guillemets demandent la citation des sources, ce motif d'exclusion du PCF ayant depuis longtemps été abandonné en 1981.. Il vient d'une famille engagée à gauche, son frère Marc est militant à Lutte ouvrière depuis 1967. Devenu secrétaire de la section du PS de Bourg-la-Reine, il est candidat socialiste à l'élection cantonale de 2004 contre Patrick Devedjian, puis tête d'une liste PS-Verts-MoDem à l'élection municipale de 2008. Il est depuis 2008 élu d'opposition au conseil municipal de Bourg-la-Reine.

En 2011, il se présente à nouveau à l'élection cantonale contre Patrick Devedjian qui le bat avec 51,22 % des voix au second tour« Ces personnalités élues, réélues ou battues », Le Figaro, 28 mars 2011.. En , pour l'élection législative, il est à nouveau candidat contre Devedjian comme suppléant de l'écologiste Fabien FeuilladePascale Krémer, « Le PS déchiré dans la des Hauts-de-Seine », blog du Monde, 5 juin 2012.. Patrick Devedjian est proclamé élu mais l'élection est invalidée par le Conseil constitutionnel : une élection partielle est organisée en , Denis Peschanski se présente encore contre Devedjian comme suppléant de Julien Landfried (MRC) cette fois-ci« Denis Peschanski suppléant de Julien Landfried », Le Parisien, 7 novembre 2012. mais sans succès. En 2014, il se présente à nouveau comme tête d'une liste PS-Verts-Centristes-MRC à l'élection municipale de Bourg-la-Reine. Il démissionne du conseil municipal en . Il n'a pas repris sa carte du parti socialiste en 2017.

Denis Peschanski fait partie des intellectuels et des personnalités juives européennes« Vers un mouvement juif européen pour la paix », Le Nouvel Observateur, 21 avril 2010. ayant appelé le à la signature de l'« Appel à la raison », sous le signe JCall ()« Analyse de la polémique suscité par cet appel », par Alain Gresh, Le Monde diplomatique..

Le , il fait partie des signataires d'une tribune de chercheurs et d'universitaires annonçant avoir voté Emmanuel Macron au premier tour de l'élection présidentielle française de 2017 et appelant à voter pour lui au second, en raison notamment de son projet pour l'enseignement supérieur et la rechercheLa tribune est relayée le lendemain par Le Monde : .. Il a rejoint le mouvement En Marche ! devenu LREM.

Publications Travaux universitaires 1981, Discours communiste et « grand tournant » — Étude du vocabulaire de L'Humanité (1934-1936), thèse de doctorat en Linguistique, direction Jacques Droz et Antoine Prost, université de Paris I, (517 f.) - Texte remanié publié sous le titre Et pourtant ils tournent, vocabulaire et stratégie du PCF, 1934-1936, 1988. 2000, Les Camps d’internement en France (1938-1946), doctorat d'État sous la d’Antoine Prost, Université Panthéon-Sorbonne, 3  (948 f.) - national de thèse 2000PA010665. En archives ouvertes sur HAL - tel-00362523, 2009-02-18 PDF - Texte remanié publié sous le titre La France des camps : l'internement, 1938-1946, 2002.

Ouvrages et direction d'ouvrages (liste indicative) , . . . Histoire politique et sciences sociales, Bruxelles,  Complexe, collection Questions au  siècle , 1991, 285 p. . [réédition de l'article des Cahiers de l'IHTP] Avec la collaboration de Marie-Christine Hubert et Emmanuel Philippon, Les Tsiganes en France, 1939-1946, Paris, CNRS éditions, collection Histoire du , 1994, 176 p. et 2010, Paris, CNRS éditions, 176 p. (réédition fac-similé en réduction édition de poche 12 ×  de l'ouvrage de 1994 - modifications dédicace et de couverture). . Les Carnets de Marcel Cachin, 1906-1947, Paris, CNRS Éditions, 1997, 1270 p. Présentation par Denis Peschanski, Yves Santamaria et Serge Wolikow. , . . « La Résistance et les Français : nouvelles approches », Cahier de l'IHTP, , . Avec Gilles Le Béguec (dir.), Les Élites locales dans la tourmente : du Front populaire aux années 1950, Paris, CNRS-Éditions, collection CNRS histoire, 2000, 460 p. . .

Des Étrangers dans la Résistance, Paris, Éditions de l'Atelier, & Champigny-sur-Marne, Musée de la Résistance nationale, 2002, 126 p. [  Dominique Schnapper ] . Réédité en 2013 avec le DVD La Traque de l'Affiche rouge (cf. infra) Avec Tuvia Friling (dir.), Journal de David Ben Gourion 1947-1948 — Les secrets de la création de l'État d'Israël, trad. Fabienne Bergmann, Paris, éditions de la Martinière, 2012, 624 p. . Les Années noires, Paris, Hermann, 2012, 430 p. . Entretiens avec Boris Cyrulnik : Mémoire et traumatisme. L’individu et la fabrique des grands récits, Paris, INA éditions, 2012, 80 p. . Mémoire et mémorialisation — Volume 1 : de l’absence à la représentation (dir.), coll. « Mémoire(s) », Hermann, 2013, 338 p. . Avec D. Maréchal (dir.), Les Chantiers de la mémoire, Paris, INA éditions, 2013, 172 p. Avec Thomas Fontaine, La Collaboration 1940-1945. Vichy, Paris, Berlin, Paris, Tallandier, 2014, 320 p. Francis Eustache et ali, Mémoire et oubli, Paris, Le Pommier, 2014, 160 p. Francis Eustache et ali, Les Troubles de la mémoire : prévenir, accompagner, Paris, Le Pommer, 2015, 176 p. Avec Renée Poznanski et la collaboration de Thomas Pouvreau, Drancy. Un camp en France, Paris, Fayard, 2015, 298 p. Francis Eustache et ali, Mémoire et émotions, Paris, Le Pommier, 2016, 176 p.