Thérèse Marie Léonie Gendebien dite Léo Marjane puis Marjane, née le Acte de naissance 980 de Thérèse Maria Léonie Gendebien, registre 3 E 160/546 Boulogne-sur-Mer 1912 Naissances, (vue 168 de 272). Acte rédigé le 27 août 1912 et elle est née hier, en ligne sur le site des archives départementales du Pas-de-Calais. - Note. Avec la date et le lieu de son mariage en mention marginale de l'acte. à Boulogne-sur-Mer et morte le à Barbizon«Mort de la doyenne de la chanson française Léo Marjane, à 104 ans», L’Obs, 19 décembre 2016., est une chanteuse française très en vogue durant les années 1940. Elle chante de nombreux standards de jazz et importe, selon ses mots, le jazz en France aux côtés de Jacqueline François et Jean Sablon..

Biographie Enfance et adolescence Thérèse Gendebien a deux ans lorsque sa famille dont le père est marchand de soieries. s’installe en Rhénanie. Elle passe son enfance en Allemagne, puis en Autriche. Elle a six ans lorsque son père meurt. Elle prend des cours de violon et de piano au conservatoire de Vienne. Sa famille habite ensuite à Marseille. Elle rêve de devenir écuyère, et l’amour des chevaux ne la quittera jamais, mais c’est sur les planches qu’elle monte très tôt. . Avec sa voix de contralto, on l’avertit qu’à l’opéra peu de rôles existent. Pensant que c’était insuffisant pour vivre, elle se tourne vers le music-hall.

À quinze ans, elle triomphe au concours Artistica à l’Alcazar de Marseille. et à seize ans, sous le nom de Rita Caroly (aussi orthographié Caroli ou Carolly)., elle forme un duo avec un chanteur en interprétant des chansons fantaisistesGérard Roig, Phonoscopies, n° 43, juillet 2003 et n° 44, octobre 2003.. Mais son premier désir était de devenir avocate.

Il est plus vraisemblable qu'ainsi elle évite de parler de sa première partie de carrière sous le nom de Rita Caroly, où elle faisait des numéros de danse et d'acrobatie, ce qu'elle nia jusqu'à ses cent ans : avocate, pas acrobate. Cette coquetterie aurait beaucoup amusé les Marseillais qui avaient assisté à ses débuts au music-hall.

Premiers succès à la scène À 25 ans, le à Marseille elle épouse le chanteur Raymondey (Raymond Gérard).. En 1932, elle chante au Caire, au cabaret Le Perroquet puis, de retour à Paris, à l’Alhambra l’année suivante, et au Petit Casino en 1934. Elle adopte alors le nom d’artiste de Léo Marjane puis accompagne son époux à Paris, où elle se produit à Bobino, à l’ABC et chez O'dett en 1931. Elle se fait remarquer par sa voix chaude et envoûtante de contralto, et par sa diction parfaite, au phrasé très moderne. Il est permis de penser que le prénom Léo est l'abréviation de Léonie. Mais les versions provenant de l’intéressée divergent d'une interview à l'autre.

Premiers enregistrements

Dès 1931, après des essais d’enregistrement infructueux chez Gramophone, elle grave ses deux premières plages pour Columbia, Les Prisons et Paris-Noël. Elle enregistre ensuite quatre titres chez Ultraphone en 1933 puis disparaît des studios jusqu'en 1937. Léo Marjane considère que sa discographie démarre réellement avec la Chapelle, balayant les deux premiers 78 tours d'un lapidaire : « ce n'étaient que des essais de voix ». Elle reste volontairement imprécise sur la période 1932-37, indiquant simplement « avoir vécu sa vie » lors d’une interview sur France Culture en ..

En effet, elle enregistre ensuite C'est la barque du rêve (1938), La Chapelle au clair de lune - (1937), son premier grand succès. Cette chanson la propulse au devant de la scène, et c’est Jean Bérard, à l’époque directeur de Marconi, qui la rappelle à Paris d’urgence, alors qu’elle se trouve en tournée au Brésil avec sa mère. Elle rentre pour enregistrer Begin the Beguine et Night and Day (1938), pour Pathé-Marconi., et entame une grande carrière à la scène.

Au cours de l’enregistrement d’un disque au Studio Cognac Jay, elle a l’idée d’amortir certaines syllabes en couvrant le micro de son bas de soie : un procédé si efficace qu’il est encore utilisé de nos jours..

Les États-Unis Elle met ensuite le cap sur les États-Unis et sillonne le pays pendant cinq ans. Elle est une des rares chanteuses françaises à interpréter des adaptations d’œuvres de compositeurs américains comme Harold Arlen, Hoagy Carmichael, Sam Coslow, Jimmy McHugh, Cole Porter, Jimmy Van Heusen, Harry Warren, Allie Wrubel et Duke Ellington.

Elle enregistre de nombreux titres dont ou de Cole Porter.

Les années d'Occupation De retour en France pendant l'Occupation allemande, Marjane devient une des plus grandes vedettes de la France occupée.

Elle se produit au Concert Pacra en 1941. Elle dirige son propre cabaret, L'Écrin, près de l’Opéra, puis Chez Léo Marjane, et se produit aussi dans d’autres salles à la mode, comme le Casino Montparnasse et les Folies-Belleville.

En 1942, elle remporte un immense succès avec la chanson Seule ce soirYoutube Je suis seule ce soir (avec paroles traduites en anglais)., dans laquelle se reconnaissent les centaines de milliers de femmes françaises dont le mari est prisonnier de guerre en Allemagne ; elle accède ainsi au vedettariat.

Elle divorce le .

La Libération et les critiques À la Libération, Léo Marjane est poursuivie par les Comités d’épuration pour avoir chanté dans des établissements fréquentés par des officiers allemands ainsi qu’à Radio-Paris.

Elle est arrêtée et jugée, puis finalement acquittée, mais sa notoriété et son image sont durablement atteintes. Elle est frappée d'interdiction de travailler pendant les années qui suivent la guerre, et jusqu’en 1951 ses disques conservés dans les archives de Radio France sont tous estampillés censuré.

Dans un entretien à l’occasion de son centenaire, elle dévoile :

Le rebond Le à Paris, elle épouse en secondes noces Charles, baron de Ladoucette (1912-2007), colonel et écuyer du Cadre noir, partageant une passion commune pour les chevaux. De cette union naît Philippe de Ladoucette.

Sous le nouveau nom de Marjane (), elle tente de relancer sa carrière, avec Mademoiselle Hortensia de Louiguy et Jacques Plante, Mets deux thunes dans l’bastringue de Jean Constantin, Je veux te dire adieu de Charles Aznavour et Gilbert Bécaud, et son interprétation de Secret Love de Doris Day et de Monsieur mon passé de Léo Ferré mais

En 1949, elle abandonne la scène mais continue d’enregistrer. Elle apparaît parfois au Brésil, aux États-Unis ou au Canada, où elle a animé une série d’émissions de télévision musicales, qu’elle double également en anglais, intitulée Quartiers de Paris / District of Paris et dont des archives subsistent à Radio-Canada. Cette partie de carrière est restée ignorée en France. En Amérique, elle connaît un gros succès, notamment à Québec, mais il est trop tard pour recommencer une carrière ; elle fait une rentrée remarquée à Paris en 54 au Moulin-Rouge. Jacqueline François lui obtient un contrat de disques chez Véga alors que le 33 tours Pathé (1954) était resté sans suite. Elle chante jusqu'en 1961, et se produit notamment au Sportpalast de Berlin, avec Zarah Leander au programme ; elle a également chanté en Allemagne de l'Est, accompagnée par les Chœurs de l'Armée rouge.

Le retrait Mais le métier changeait. Après une rentrée en 1959 à Pacra où elle ne tient l'affiche que quelques jours, en dépit de ses qualités d'interprète, elle comprend que son tour est passé, . Mais ses disques, dont les droits voisins sont désormais dans le domaine public pour la plupart, sont toujours réédités en compilations. Elle tente toutefois un bref « come-back » en 1969 qui n'a aucun retentissement, renonçant par la suite totalement au métier et se murant dans le silence jusque 2001, où elle accorde une interview à Martin Pénet pour France Musique.

Carrière au cinéma En 1943, Léo Marjane débute à l’écran dans le film Feu Nicolas, une comédie de Jacques Houssin avec le comique Rellys. Elle y chante deux blues écrits par Loulou Gasté (le futur mari de Line Renaud) : Saint-Madeleine et J'ai vendu mon âme au diable.

En 1951, elle est la tête d’affiche du film Les Deux Gamines, de Maurice de Canonge, adaptation d’un mélodrame qui avait fait couler beaucoup de larmes autrefois. La chanteuse y chante deux chansons puis disparaît pendant les trois-quarts du film (le personnage qu’elle incarne, Lise Fleury, disparaissant dans un accident d’avion). Marjane n’y apparaît qu’au début et à la fin.

On la retrouve dans un petit rôle de chanteuse des rues dans Elena et les Hommes (1956) de Jean Renoir, et elle prête aussi sa voix à une chanteuse de cabaret dans la version française du film Ariane (Love in the Afternoon) de Billy Wilder, en 1957.

Retraite thumb|285px|La tombe de Léo Marjane au cimetière de Barbizon (Seine-et-Marne).

À sa retraite, Marjane se consacre à sa famille et à sa première passion, l'équitation et l'élevage de chevaux, à Barbizon, près de Fontainebleau, dans le Gâtinais.. Elle meurt des suites d'une crise cardiaque le dans la même ville, âgée de 104 ans. Elle est inhumée au cimetière communalCimetières de France et d'ailleurs..

Les chansons interprétées et/ou enregistrées par Léo Marjane Léo Marjane a enregistré plus de 180 chansons pour les firmes Columbia en 1932, Ultraphone en 1933. puis Gramophone entre 1937 et 1944, Decca France entre 1946 et 1953, Pathé-Marconi en 1954/55, et Véga pour ses derniers titres.

(Liste non exhaustive triée par ordre alphabétique, sous réserve d’erreurs et d'omissions.)

Discographie Donne-moi Paris ; édité en 2004 par Pathé.

1912-2012, Léo Marjane : 100 ans - 100 succès, éditions Marianne Mélodie, 2012. Une intégrale du centenaire en 4 CD, rassemblant tous ses titres parus en 78 tours chez Gramophone entre 1937 et 1944, quinze faces gravées pour la firme Decca entre 1946 et 1953, la totalité des enregistrements Pathé de 1954-55, huit titres de la dernière période chez Vega, ainsi que quelques inédits et raretés.

Filmographie Cinéma 1943 : Feu Nicolas de Jacques Houssin : La chanteuse 1951 : Les Deux Gamines de Maurice de Canonge : Lise Fleury 1956 : Elena et les hommes de Jean Renoir : La chanteuse de rue 1957 : Ariane (Love in the Afternoon) de Billy Wilder : Une chanteuse

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Gianni Lucini, Luci, lucciole e canzoni sotto il cielo di Parigi - Storie di chanteuses nella Francia del primo Novecento), Novara, Segni e Parole, 2014, 160 p. .

Articles et entretiens Sylvaine Pécheral, Mon manège de stars. Adrien Hèche, in Phonoscopie. Discographie par M. Monneraye, J. Lubin, J.-M. Erny directement aux archives Pathé, années 1980, publiée in Phonoscopie.

Webographie Rediffusion d’une émission du , à l'occasion du centenaire de Léo Marjane, avec des archives inédites de l’INA. dans lequel Marjane témoigne de son soutien à la Résistance française et au réseau du Colonel Rémy pendant l’Occupation. . . . .

Liens externes

Léo Marjane sur dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net Léo Marjane, la chanteuse aux 100 printemps sur Le Point.fr Petite discographie sur Encyclopedisque.fr

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