La gare de Strasbourg-Ville : il s'agit de la dénomination officielle de , pour la différencier des autres gares strasbourgeoises. ; les annexes du DRR de l'année en cours ou de la suivante., usuellement appelée « gare de Strasbourg », ou encore « gare centrale : cette autre dénomination est essentiellement utilisée dans les transports en commun urbains. », est une gare ferroviaire française située près du centre-ville de Strasbourg (Bas-Rhin), dans la collectivité européenne d'Alsace, en région .

Inaugurée en 1883 par l'administration allemande de l'époque, elle remplace l'ancienne gare de Strasbourg, et constitue le centre d'une « étoile ferroviaire » à cinq branches dont une est transfrontalière. C'est une gare de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF), dont la desserte est aussi bien régionale que nationale et internationale. Elle est également le principal pôle d'échanges de l'agglomération strasbourgeoise. Elle est la troisième gare de France (hors région parisienne) quant à l'importance du trafic voyageurs, derrière Lyon-Part-Dieu et Lille-Flandres.

Un important réaménagement de la gare (ainsi que de son parvis), marqué par la construction d'une verrière devant la façade historique, a été réalisé dans le cadre de la mise en service du en 2007.

Situation ferroviaire Établie à d'altitude, la gare de Strasbourg-Ville est l'aboutissement, au point kilométrique (PK) ., de la ligne de Noisy-le-Sec à Strasbourg-Ville (également appelée ligne de Paris-Est à Strasbourg-Ville ; la gare précédente est le triage de Hausbergen). Nœud ferroviaire, elle constitue l'origine, au , des lignes de Strasbourg-Ville à Saint-Louis (la gare suivante est Graffenstaden), Strasbourg-Ville à Saint-Dié (la gare suivante est Strasbourg-Roethig), Strasbourg à Lauterbourg (la gare suivante est Schiltigheim), et Strasbourg-Ville à Strasbourg-Port-du-Rhin (cette dernière permet l'accès au réseau allemand ; la gare suivante est Strasbourg-Neudorf). En outre, la gare est l'origine du chaînage des PK de la ligne de Réding à Metz-Ville (et de son prolongement, la ligne de Metz-Ville à Zoufftgen), bien que le début de cette dernière soit situé en gare de Réding (à plus de en direction de Paris).

Pour toutes les catégories de trains, ses voies ( et , plus celles de service) et appareils de voie sont parcourables à la vitesse limite de dans la zone des quais (au nombre de 6) et les proches environs. Lesdites voies sont toutes électrifiées en  – (courant alternatif monophasé)Documentaire :  / , parcours en cabine de conduite de la , assurant le ; publié par en 2011..

L'ensemble des circulations ferroviaires de la gare, et d'une partie des lignes y affluant, est contrôlé par un unique poste d'aiguillage informatique ; ce document est une archive.., officiellement nommé « Strasbourg-Ville poste 1 » (situé au ) et fonctionnant en continu ; il est également appelé la commande centralisée du réseau (CCR) de Strasbourg.. Il peut commander jusqu'à différents par l'intermédiaire de , et ainsi gérer quotidiens.

vignette|gauche|alt=Vue de l'arrière du poste d'aiguillage informatique de Strasbourg, depuis les quais de la gare.|Le poste d'aiguillage informatique. + Longueur utile des quais Nom du quai Nom de la voie DimensionQuai 1-25-31Voie 1Voie 25Voie 31Quai 2-3Voie 2Voie 3Quai 4-5-30Voie 4Voie 5Voie 30Quai 6-7Voie 6Voie 7Quai 8-9Voie 8Voie 9Quai 32-33Voie 32Voie 33

Histoire La desserte ferroviaire de Strasbourg, qui débute en 1841, s'articule autour de trois gares qui se succédèrent au cours de la deuxième moitié du , la dernière étant la gare actuelle (mise en service en 1883).

Gare de Koenigshoffen vignette|alt=Le débarcadère de Koenigshoffen, en 1841.|Le débarcadère de Koenigshoffen, en 1841.

Le « débarcadère » provisoire de Koenigshoffen, situé à l'extérieur des fortifications de la ville, est mis en service le . par la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle, lorsqu'elle ouvre le tronçon de Strasbourg (Koenigshoffen) à Benfeld de sa future ligne de Strasbourg à Bâle ; ce document est une archive.. L'exploitation commerciale de la ligne débute le de la même année, date à laquelle la commune de Saint-Louis est atteinte. est finalement rejointe en .

Ancienne gare

La gare dite « du Marais-Vert » est mise en service le , par la Compagnie du chemin de fer de Strasbourg à Bâle. Elle est située le long du , à l'emplacement de l'actuel centre commercial Place des Halles. La gare de Koenigshoffen est alors utilisée comme gare aux marchandises.

Le , la section entre Sarrebourg et Strasbourg de la future ligne Paris – Strasbourg est mise en service par la Compagnie du chemin de fer de Paris à Strasbourg. Un an plus tard, le , le tronçon entre Nancy et Sarrebourg est inauguré à son tour par la même compagnie. Ladite ligne est alors intégralement ouverte.

vignette|alt=Vue générale de l'ancienne gare de Strasbourg-Ville, en 1869.|L'ancienne gare de Strasbourg, vue générale vers 1869. — . Le est achevé en 1854. Cette gare terminus verra la liaison ferroviaire jusqu'à la frontière allemande entrer en service le , avec l'inauguration du pont de Kehl.

La Compagnie des chemins de fer de l'Est, issue de la fusion des diverses compagnies ferroviaires de l'Est de la France (dont Paris – Strasbourg et Strasbourg – Bâle le ), inaugure la ligne entre Strasbourg et Barr (via Molsheim) le .

En 1871, la gare entre dans le réseau de la Direction générale impériale des chemins de fer d'Alsace-Lorraine (EL), à la suite de la défaite française lors de la guerre de 1870 (et le traité de Francfort qui en découle). Un changement de train devient dès lors nécessaire pour relier Paris, qui s'effectue à partir de 1875 à la gare frontière de Nouvel-Avricourt.

Gare actuelle Des années 1870 au début des années 1900 Le projet de construction d'une nouvelle gare, de passage, est lancé en 1871 ; ce document est une archive. par les autorités allemandes ; le document audio contenu par cette page., dans le cadre de la Neustadt (dont elle est le premier bâtiment majeur, destiné à démontrer le savoir-faire de l'Empire.), conférence d'Élisabeth Paillard, 27 et ; voir l'annonce dans ce document : ; ce document est une archive.. Celui-ci est approuvé par la chambre de commerce le ., et les travaux débutent en 1878.. Le est l'œuvre de l'architecte berlinois Johann Eduard Jacobsthal. Ce dernier s'est inspiré de la gare centrale de Hanovre, achevée en 1879, pour en concevoir les plans. Ladite nouvelle gare, alors appelée , est mise en service le (cependant, les travaux se poursuivent jusqu'en 1898 ; cette page est une archive.). À cette occasion, un banquet est organisé, mais sans inauguration officielle. Le premier train qui entre en gare est l'express d'Appenweier.. La nouvelle gare est le premier bâtiment de Strasbourg entièrement éclairé à l'électricité. Elle remplace dès lors la gare du Marais-Vert, en cul-de-sac et trop exiguë, donc incompatible avec le développement du réseau d'Alsace-Lorraine et de son intérêt stratégique militaire ; ce document est une archive.. Cette dernière, désormais nommée « ancienne gare », est transformée en halle de marché ; elle reste néanmoins reliée au réseau ferroviaireD'après cet ancien plan du nœud ferroviaire de Strasbourg , sur le site Elsassbahn (consulté le ).L'ancienne gare et son embranchement, aujourd'hui disparus, sont visibles sur cet outil de comparaison de cartes de l'IGN : ., pour la desserte marchandises résultant de sa nouvelle fonction.

Située sur un terrain (principalement occupé par le glacis) des anciennes fortifications. et au carrefour des grands axes internationaux Paris – Vienne et Bâle – Cologne, l'actuelle gare est à ses débuts non seulement une gare voyageurs, mais aussi une gare aux marchandises, une gare de triage et un dépôt de locomotives. Ses installations s'étendent ainsi sur .. La vaste place en hémicycle se situant devant la façade de l'édifice, d'une superficie de , est aménagée en partie à l'emplacement de l'ancien bastion dit « des Païens » (Heiden Bollwerk) . En outre, les actuels boulevards de Metz et du Président-Wilson (en lieu et place de l'ancienne basse rue des Païens), ainsi que les rues Kuhn, du Maire-Kuss et la Petite rue de la Course, sont alors créés. Une dizaine d'hôtels sont par la suite édifiés sur le pourtour de ladite place. Par ailleurs, les quatorze voies ferrées franchissent les remparts grâce à deux tunnels qui y sont percés. Ces derniers, équipés de portes métalliques blindées, sont démolis en 1934.

vignette|redresse|alt=Photographie montrant l'aménagement intérieur du salon de l'Empereur.|L'ancien salon de l'Empereur. La gare se compose d'un important en grès des Vosges, également construit à l'emplacement dudit bastion, comportant plusieurs étages dont deux sont ouverts aux voyageurs : le rez-de-chaussée se situe au niveau de la place et l'étage supérieur au niveau des quais ; cet article, paru dans Travaux , est une archive.. L'architecte s'est librement inspiré du style néo-Renaissance dans le dessin des façades. En 1885, le est orné de deux fresques, réalisées par Hermann Knackfuss, représentant l'entrée de Frédéric Barberousse à Haguenau en 1167 et celle de à la forteresse de Hausbergen le ., le tout pour célébrer l'union de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne. Dans ce même hall, sont toujours en place deux statues du sculpteur allemand Otto Geyer ; elles représentent l'agriculture et l'industrie. Côté voies, une grande marquise (ou halle métallique) est également construite, afin d'abriter les voyageurs en attente sur les quais. Enfin, des salons de l'Empereur, dessinés par l'architecte et luxueusement aménagés (mobilier rare, cheminées en marbre, grands lustres, radiateurs reliés à un système de chauffage à la vapeur), sont accessibles par le quai longeant le ; ils n'ont cependant jamais été utilisés par ; cette page est une archive.. (ni même par son successeur . et sa femme, qui y avait à sa disposition son propre salon), mais sont réaménagés en salons d'honneur en 1923, puis reconvertis en salles de réunion et en bureaux.

vignette|alt=Plan légendé en allemand, montrant le rez-de-chaussée du bâtiment voyageurs et les cinq souterrains de la gare.|Plan de la gare (1894), montrant notamment les cinq souterrains originels. À l'origine, la gare compte cinq souterrains d'accès aux quais. Par la suite, trois autres souterrains sont creusés, portant le total à huit. La plupart sont des souterrains de service (dont certains sont encore utilisés par la SNCF) réservés aux bagages, au courrier et aux militaires. Deux candélabres, d'une hauteur de et dessinés par l'architecte, se trouvaient sur la place de la Gare, devant l'entrée principale du .

vignette|alt=Vue de la tour de section ovale, à l'angle de la place de la Gare et de l'ex-Kronenburger Ring.|La tour d'angle du bâtiment administratif, qui abritait les appartements du directeur des chemins de fer impériaux d'Alsace-Lorraine. Le bâtiment administratif, situé le long de l'actuel boulevard du Président-Wilson, est construit entre 1881 et 1884. Il est agrandi entre 1892 et 1893, puis entre 1912 et 1913. Une dernière extension est réalisée en 1920. Dans les , ce bâtiment abrite la direction régionale de la SNCF. Une aigle, qui pavoisait l'ancienne gare lors de son inauguration par , est exposée dans une cour intérieure de l'édifice. Elle a été installée à cet emplacement au lendemain de la Première Guerre mondiale. Les appartements du directeur des chemins de fer impériaux d'Alsace-Lorraine se trouvaient dans la tour à l'angle de la place de la Gare et du .