pour les historiens arméniens (renumérotant le prince en quand il fut sacré roi)., ou Lévon ou Lewon (en arménien ), né en Cilicie en 1342 et mort à Paris le , est le dernier roi d'Arménie (cilicienne) ayant régné de à .
Biographie Famille
Léon est le fils de Jean de Lusignan (), connétable d'Arménie, régent du royaume arméno-cilicien (1341)., et d'une inconnue vraisemblablement d'origine arménienne... Il appartient à la branche arménienne de la maison de Lusignan, issue du mariage de ses grands-parents, Amaury de Lusignan (), seigneur de Tyr, et Zabēl d'Arménie...
Jeunesse chypriote En 1344, l'oncle de Léon, Guy de Lusignan (roi d'Arménie sous le nom de ), est assassiné par une conjuration de barons arméniens hostiles à la politique latine du souverain, en particulier à ses relations avec le pape. Sa mère est donc contrainte de se réfugier avec lui et son frère à la cour du roi .
Après la mort de son frère aîné Bohémond, à Venise, en 1363, il lui succède en tant que prétendant à la couronne arménienne. Cette candidature est soutenue par son cousin, le roi , qui obtient en 1365 des lettres du pape reconnaissant ses droits à la couronne.
En , Isabelle de Lusignan, cousine germaine de Léon et femme du despote de Mistra, profite de l'escale du roi à Modon dans le Péloponnèse pour réclamer la venue de Léon à ses côtés ; elle souhaite en effet en faire son héritier en le mariant à sa fille Catherine Cantacuzène. L'assassinat du roi Pierre en compromet ce projet et le prince d'Antioche, régent du royaume, n'autorise pas Léon à quitter l'île. En , Léon finit par épouser une veuve chypriote issue d'une influente famille féodale de l'île, Marguerite de Soissons, fille du bailli de Famagouste. Il entame également des démarches pour récupérer les rentes des fiefs de son grand-père, Amaury de Lusignan, qui avaient été confisquées par la couronne à la suite de sa trahison, mais le régent prend prétexte de la minorité royale pour différer le règlement de l'affaire.
Le , lors du couronnement du nouveau roi comme roi de Jérusalem dans la cathédrale de Famagouste, il reçoit le titre honorifique de sénéchal du royaume de Jérusalem. Cependant, le roi n'accède toujours pas à sa requête concernant les rentes de son grand-père. Toutefois, sa cousine Isabelle, venue de Morée pour assister au couronnement, parvient durant l'–1373 à force de pression et d'intrigues à récupérer une partie des rentes, rentes qu'elle remet aussitôt à Léon.
En Arménie, la situation politique est critique : le royaume est réduit à sa capitale, Sis, d'ailleurs assiégée par les troupes mameloukes. En , le roi est assassiné. Début , une délégation de barons vient à Chypre proposer la couronne à Léon. Ils espèrent que ce prince latin aura l'appui du pape et pourra ainsi trouver des soutiens en Occident pour sauver le royaume de la menace musulmane.
Toutefois, en Léon est fait prisonnier avec une grande partie de la noblesse chypriote par les Génois après la prise de Famagouste par ces derniers. Il doit payer une rançon et prouver qu'il n'a pas été mêlé à l'assassinat du roi pour être libéré et enfin gagner l'Arménie.
Règne de Sis Le , Léon débarque avec sa famille à Korikos, seul point de la côte arménienne encore contrôlé par les chrétiens. Le , il parvient à entrer dans Sis assiégée.
Très rapidement, il entre en conflit avec les gouverneurs arméniens de la ville à propos des comptes du royaume, puis avec le catholicos à propos de la question du rite du couronnement.. Léon, catholique convaincu, refuse de se faire couronner selon le rite de l'Église arménienne. Finalement un compromis est trouvé et est couronné le selon les deux rites, latin et arménien...
Les marges de manœuvre politique du roi sont très restreintes, à l'occupation turque s'ajoute une opposition interne au roi, qui échappe même à plusieurs tentatives d'assassinat.
La ville de Sis tombe finalement aux mains du sultan mamelouk d’Égypte, Malik al-Achraf le , peut-être par trahison. Le roi et sa famille sont emmenés en captivité au Caire ; c'est la fin du royaume d'Arménie..
Captivité en Égypte Détenus ensuite par le sultan Az-Zâhir Sayf ad-Dîn Barquq, et sa famille sont assignés à résidence au Caire. Le roi de Chypre, , tente d'envoyer une ambassade pour demander sa libération, sans succès. Les démarches du pape, de la reine de Naples, du Grand maître de Rhodes ainsi que de l'empereur byzantin restent également vaines.
En 1378, Jean Dardel, un franciscain français, devient son confesseur. Il est l'auteur d'une chronique d'Arménie, principale source de l'histoire du roi .. En 1380, le religieux débarque à Barcelone afin d'obtenir le financement de la rançon du roi Léon par le roi d'Aragon, ..
Marie de Lusignan, unique enfant légitime de Léon, meurt au Caire en 1381 et Marguerite de Soisson, son épouse, décède peu de temps après. Elles sont inhumées ensemble en l'église Saint-Martin du Caire...
C'est finalement le roi de Castille, , qui réunit les sommes nécessaires. Le , le roi Léon quitte définitivement l'Égypte.
Exil doré en Europe Après un bref séjour à Rhodes où il retrouve sa cousine Isabelle, ne parvenant pas à revenir à Chypre pour réclamer ses biens, il s'embarque pour Venise, d'où il gagne la cour pontificale d'Avignon. Le , il y reçoit la rose d'or des mains de l'antipape ..
En , Léon quitte Avignon pour une tournée de remerciement des souverains ibériques qui ont contribué à sa libération. Il visite les cours d'Aragon, de Castille et de Navarre. Au cours de ce voyage le roi lui offre la seigneurie de Madrid, Andújar, Guadalajara et Villarreal (aujourd'hui Ciudad Real) et une rente de en .
En , il s'installe à Paris à l'hôtel de Saint-Ouen, sous la protection du roi dont il devient un conseiller et un intime. Mis à part quelques missions diplomatiques à Londres et un voyage en Castille en 1390 pour les funérailles de son ami , Léon reste jusqu'à sa mort en 1393 à la cour du roi de France à Paris.
L'exil doré de Léon en Europe a suscité quelques critiques de la part de contemporains : ainsi le bénédictin anglais Thomas Walsingham dit de lui qu'« il extorqua aux rois chrétiens d'abondants présents, afin que son exil sur une terre étrangère soit plus heureux qu'un règne pacifique chez lui ».
Décès meurt le en exil à Paris à l'âge de 51 ans. Son règne n'aura duré que sept mois..
Inhumation vignette|Tombeau de Léon de Lusignan dans l’église des Célestins à Paris, dessiné par Louis Boudan pour Roger de Gaignières, . est inhumé au couvent des Célestins à Paris (quartier Saint-Paul, ). Ce choix des Célestins comme dernière demeure s'explique par le fait qu'il résidait dans l'hôtel des Tournelles, proche de la demeure favorite des rois de France, et , l'hôtel Saint-Pol, dans le quartier actuel du Marais. Le couvent était d'ailleurs comblé de faveurs par ces deux monarques et par tous les grands seigneurs qui gravitaient autour de la cour royale. Le tombeau de de Lusignan était placé dans le chœur de l'église des Célestins, à droite de l'autel majeur. Cet emplacement est bouleversé à cause de remaniements ayant eu lieu vers 1600. Puis vient la destruction d'une grande partie de son décor pendant la Révolution française. La tombe est profanée vers 1793. Les bâtiments du couvent disparaissent dans la foulée dont le cloître, tandis que l'église est abattue vers 1840 : à l'emplacement se trouve aujourd'hui la caserne de la Garde républicaine...
Gisant Son gisant est d’une qualité équivalente à celle des tombeaux des rois de France de la fin du . Les accessoires portés par le souverain, c'est-à-dire la couronne fleuronnée et le sceptre tenu de la main droite, aujourd'hui brisé, soulignent la dignité du défunt.... gauche|vignette| Il en est de même de l'inscription gravée sur la dalle noire :
Soit : ..
Quant aux deux lions sur lesquels reposent ses pieds, ils sont un symbole de puissance, probablement sans lien avec les armoiries du prince. Dans la main gauche, Léon ne tient pas un autre attribut du pouvoir royal, mais une paire de gants, attribut royal inexistant, mais que l'on rencontrait dans de nombreuses dalles gravées de grands seigneurs, notamment au , souvent accompagnés d'autres symboles de chasse.
Le gisant de marbre blanc et sa dalle de marbre noir sont sauvés par Alexandre Lenoir, qui les place dans son Musée des monuments français, puis dans la basilique Saint-Denis de Saint-Denis après 1817..
Mémorial Le , à Lusignan, un monument est inauguré à la mémoire du dernier roi arménien ..
Mariage et descendance Marguerite de Soissons Marguerite est la fille de Jean de Soissons, bailli de Famagouste, et de Marie de Milmars. En 1369, Léon de Lusignan épouse Marguerite de Soissons (). Elle meurt au Caire en captivité.
Postérité Le couple a une enfant unique. :
Marie de Lusignan, née peut-être en 1374 en Cilicie et morte au Caire en 1381.
Descendance illégitime Léon a avec plusieurs concubines : Guy de Lusignan, né en France en 1386 et décédé en 1405, chanoine de la cathédrale de Soissons. Il hérite d'une partie des biens de son père ; Philippe de Lusignan, capitaine de la Tour d'Ambleny ; Étienne de Lusignan, chevalier à Sis, la capitale du royaume arménien de Cilicie ), et .
Ascendance
Sceaux et armoiries Sceau Avers : Rond, .....
Description : Sceau armorial à l'écu penché timbré, tiercé en pal : au 1 un lion couronné (Arménie) ; au 2 une croix potencée cantonnée de quatre croisettes (Jérusalem) ; au 3 un burelé (Lusignan) brisé d'un lion couronné brochant (Chypre). L'écu penché, timbré d'un heaume de profil couronné, cimé d'une tête de lion dans un vol banneret burelé (armes de Lusignan), supporté par deux lions. Dans le champ du sceau, des fleurs.
Légende : S ⠅LEONIS ⠅ QUINTI____ENIE
Sceau Avers : Rond, ..
Description : idem que le précédent.
Légende : S' LEO... NI.TI R..IS ARMENIE
Armoiries
Références..
Notes et références
Sources et bibliographie
Sources héraldiques
Armorial Le Breton, Paris, Archives nationales, Les collections du Musée des Archives nationales AE/I/25/6, .
L'armorial le Breton, éd. Emmanuel de Boos, Paris, Centre historique des archives nationales, , 2004.
Sources narratives
Jean Dardel, « Chronique d'Arménie », dans Recueil des Historiens des Croisades, : Documents arméniens, Paris, Imprimerie nationale, 1906.
Sources sigillographiques Inventaire des sceaux de la Bourgogne recueillis dans les dépôts d'archives, musées et collections particulières des départements de la Côte-d'Or, de Saône-et-Loire et de l'Yonne, éd. Auguste Coulon, Paris, Ernest Leroux, 1912. Inventaire des sceaux de la collection Clairambault à la Bibliothèque nationale, éd. Germain Demay, , Paris, Imprimerie nationale, 1885. SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Léon de Lusignan », sur sigilla.irht.cnrs.fr, Cnrs / IRHT.
Bibliographie Benjamin Bourgeois, La royauté : dynamiques et représentations. Royaumes de Jérusalem, Chypre et Arménie cilicienne. , Thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Isabelle Augé, Université de Montpellier Paul-Valéry, , , . Claude Mutafian, « Lusignan, un preux chevalier et/ou un piètre monarque », dans Les Lusignans et l'Outre-mer, Poitiers, 1993, . Wipertus Hugo Rudt de Collenberg, The Rupenides, Hethumides, and Lusignans : The Structure of the Armeno-Cilician Dynasties, Paris, Klincksieck, 1963.
Annexes Articles connexes
Maison de Lusignan Maison de Poitiers-Aquitaine Armorial de la maison de Lusignan Royaume arménien de Cilicie Liste des souverains arméniens de Cilicie Jean d'Arménie-Lusignan Marguerite de Soissons (reine d'Arménie)
Liens externes
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