Théodore Lebreton, né le à Rouen où il est mort le , est un poète, chansonnier et bibliothécaire français.
Biographie Né d’un père journalier et d’une mère blanchisseuse, Lebreton entre à l’âge de sept ans dans une fabrique d’indiennes de sa ville natale, où il doit étendre, en qualité de tireur, de la couleur dans les châssis, quoique grêle, chétif et souffreteux, pendant quatorze heures par jour, pour un salaire de centimes par jour., au fond d'une imprimerie chauffée sans cesse à vingt-cinq degrés, quelle que soit la température extérieure..
Sachant à peine épeler, il apprend, à force de persévérance, à lire et à écrire et, au bout de quelques années, il éprouve le désir de tracer ce qu’il ressent. À quatorze ans, il parvient à être un ouvrier excellent et instruit dans son atelier. Le gout de la poésie se révélant en lui, il se laisse entrainer par l’inspiration et exhale, sans trop se préoccuper de l'orthographe, en vers les impressions de son âme, ses douleurs, ses joies, ses espérances et ses amours..
Économisant sur son salaire pour compléter son éducation en allant au spectacle, il choisit tout d’abord la forme dramatique pour tenter d’exprimer ses pensées, puisant dans l’histoire sainte, dans laquelle il avait appris à lire, le sujet d’Esther et d’Athalie, dont il parvient à construire, sans autre guide que lui-même, le plan. Il avait déjà écrit en vers le premier acte d’Esther, et quelques parties d’Athalie, lorsqu’il tombe, un jour, devant l’étalage d’un bouquiniste, sur des extraits d’Esther et d’Athalie de Racine, qui le découragent et le persuadent de renoncer pour toujours à ses projets de tragédies. Toujours poursuivi par l’envie d’écrire pour le théâtre, il s’essaie à la comédie, en faisant jouer, en 1832, à Rouen, sur le théâtre du Grand-Cours, un vaudeville de sa façon : le Jardin des artistes. Puis, il commet un drame romantique en cinq actes, l’Amour et l’échafaud. Il écrira également, en collaboration avec Charles Beuzeville, Corneille chez le savetier, scène historique de la vie de Pierre Corneille représentée au Théâtre des Arts de Rouen le .
Patronné par Marceline Desbordes-Valmore, à laquelle il avait envoyé deux de ses strophes, intitulées l’Impiété, le Délire poétique, dans les mains de celle-ci les fait publier dans le Journal de Rouen., après quoi elle s’occupe de lui trouver des parrains et surtout des souscripteurs pour la publication de son premier volume, Heures de repos d’un ouvrier. En 1837, un éditeur s'offre, et le recueil sort, peu de temps après.. Elle le recommande à Béranger, à Chateaubriand et à son ami Antoine de Latour.. Bientôt Victor Hugo et Lamartine témoignent leur sympathie au poète prolétaire, et dès lors, sa réputation est faite.
En 1836, l’homme de lettres rouennais, Charles Richard, attire l’attention sur lui en traçant une esquisse de sa vie d’ouvrier et de penseur et en concourant à la publication d’un recueil de ses poésies.. Ainsi tiré de l’obscurité, il publie d’antres recueils, mais jusqu’alors il était resté dans son atelier. En 1840, la ville de Rouen ayant fait l’acquisition de la collection des livres de Constant Leber, il obtient la place nouvellement créée de sous-bibliothécaire à la Bibliothèque publique pour l’administrer.
En 1848, il est élu quatrième sur vingt, avec , pour représenter le département de la Seine-Inférieure à l’Assemblée constituante, où il vote habituellement avec le partı démocratique modéré mais il n’est pas réélu à l’Assemblée législative.
Les conseils de quelques amis, et surtout ceux de Desbordes-Valmore, lui ayant révélé sa véritable vocation, il se passionne, dès lors, pour la poésie lyrique. Poète religieux, de santé chétive, Lebreton, dans ses premiers vers, se comparant à un oiseau en cage, a peint la misère du travailleur, sans y voir d’autre remède que la résignation sur la terre et le repos dans le ciel ; plus tard, son indignation a pris un accent plus vif sans aller plus loin. Membre de plusieurs sociétés savantes, cet honnête homme modeste a également publié différents recueils de chansons pleines dé verve et de gaité, qui ont été publiées en deux recueils, dans sa ville natale, bien qu’il ait été beaucoup plus connu à Paris. Son recueil Heures de repos d’un ouvrier, a été acheté à Paris par les personnages éminents.
Le grand œuvre de Lebreton est sa Biographie normande ; recueil de notices biographiques et bibliographiques sur les personnages célèbres nés en Normandie et sur ceux qui se sont seulement distingués par leurs actions et par leurs écrits et sa Biographie rouennaise ; recueil de notices biographiques et bibliographiques sur les personnages célèbres nés à Rouen qui se sont rendus célèbres ou qui se sont distingués à des titres différents. Ses Heures de repos ont eu trois éditions : Nouvelles heures de repos d’un ouvrier (Rouen, 1842, in-8º), Espoir, recueil de nouvelles poésies (Rouen, 1845, in-18).
Récompensé par les autorités municipales de Rouen, l’Association normande lui a, à son tour, accordé une médaille d’argent.. Membre correspondant de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen, il est également membre ou correspondant de plusieurs sociétés savantes.. Il a édité, de 1843 à 1848, la revue la Fraternité, revue maçonnique, recueil mensuel de la franc-maçonnerie rouennaise..
Il repose au cimetière monumental de Rouen..
Hommages vignette|Rue Théodore-Lebreton (aujourd’hui disparue), où il est mort. La rue des Maitresses, où il est mort, à Rouen, et qui avait reçu son nom, a disparu, en 1972, au profit de la construction de l’ensemble immobilier situé derrière les jardins de l’Hôtel de ville.
Iconographie Espérance Langlois a dessiné son portrait en 1840. Belloni a gravé son portrait pour la Galerie des représentants du peuple à l’Assemblée nationale, en 1848. David d'Angers a moulé son médaillon en bronze.
Publications . . . . . . . . .. Hommage au grand Corneille, Rouen, F. Baudry, 1834. Jeanne d'Arc et Pierre Corneille, Rouen, I.-S. Lefèvre, 1841. . . . . . . . .
Notes et références Notes
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