La base aérienne 185 est une ancienne base aérienne utilisée par l'Armée de l'air et l'aviation navale, située à 919 km à l'est de l’île de Tahiti, sur l'atoll de Hao, dans l'archipel des Tuamotu, en Polynésie française. Créée le , elle servait, notamment, de base logistique aux éléments stationnés sur l'atoll de Moruroa. Devenue par la suite base du Centre d'expérimentation du Pacifique (CEP), elle est dissoute le pour être rétrocédée à la DGAC par l'intermédiaire du Service d’état de l'aviation civile en Polynésie française (SEAC.PF). L'aérodrome de Hao sert de piste de déroutement pour des gros porteurs.

Histoire Genèse Dès 1962, plusieurs Avro Lancaster de l'escadrille 9S, basée à la BAN Tontouta (Nouvelle-Calédonie), assurent à partir de Tahiti, des missions photographiques au-dessus des atolls, futurs champs de tirs et bases du CEPLes deux années suivantes, ils opèrent à partir des terrains de Mururoa, Fangataufa et Hao pour photographier d'autres îles. Aussi, les premières rumeurs d’implantation d’un centre d’expérimentation nucléaire en Polynésie française commencent à circuler : des navires hydrographiques sont dépêchés sur les lieux pour sonder et baliser les lagons de Mururoa et de Hao, depuis leur passe respective jusqu'aux différents points de débarquement. Le premier de ces bâtiments est l'aviso colonial Francis Garnier (F730) qui avait déjà accompli une campagne hydrographique aux Tuamotu australes et aux Gambier, initialement prévu pour remplir cette fonction de base avancée. Mais les dimensions exceptionnelles qu’offre l’atoll de Hao permettent d’y installer une base aérienne dotée d’une très grande piste d’atterrissage. La population est mise au courant par Les Nouvelles de Tahiti du , qui titrent : « Mururoa sera le site du centre d’expérimentations du Pacifique ». Déjà, les troupes qui vont l’installer commencent à arriver et l’aménagement du CEP est une réalité. Des chantiers s’ouvrent, les importations augmentent. L'appel d’offres pour la construction de la piste de Hao est lancé en novembre 1963.

Construction de la base Les travaux font l’objet d’un marché signé en mars 1964 qui couvre, à la fois, l’infrastructure aéronautique, les ouvrages maritimes et certaines installations de la base vie. Les Grands Travaux de l’Est (aujourd'hui Grands Travaux de l’Océan indien, filiale de Colas) sont l’entreprise pilote et le maître d’œuvre, la MTBAT (Mission temporaire des bases aériennes aux Tuamotu). Le démarrage effectif des travaux a lieu en septembre 1964. La piste de x , construite par la de marche du génie de l'air, est achevée en décembre 1965 et le parking de pour les avions en septembre 1965. L’ensemble des travaux a nécessité, outre l’abattage de , le déplacement de de matières coralliennes, la mise en œuvre de d’enrobés de bitume, de béton, d’acier... Pour les trois pistes en chantier sur les atolls du CEP, c’est un hydravion Sunderland Bermuda du RAI (Réseau Aérien Interinsulaire) qui est sollicité. En 1964, les pistes de Hao, Moruroa et Fangataufa sont ouvertes, mais l’installation technique des bases est loin d’être terminée et suppose encore un important emport de fret. La DIRCEN (Direction des centres d'expérimentations nucléaires) fait alors l’acquisition de plusieurs Breguet Deux-Ponts auprès d’Air France. Avec ces transports lourds, il faut prévoir, pour les ingénieurs et chefs de chantier, des déplacements rapides entre les sites. Onze Alouette II de l'escadrille 27S sont ainsi affectés à Hao jusqu’en 1976. À partir de juillet 1964, deux Piper PA-23 Aztec puis des Cessna 411 sont également mis en service entre Moruroa et Fangataufa.

Impact économique de la base Pendant toute la durée des essais atmosphériques, de 1966 à 1974, Hao va connaître une activité importante et le village d’Otepa connaît une période faste. Les retombées économiques et les avantages matériels prodigués par les métropolitains et les infrastructures de la base sont une manne pour les habitants de l’atoll : usine de production électrique, unité de production d’eau douce, infirmerie-hôpital, une route, une darse pour la batellerie militaire, un club nautique… La multiplication des emplois avec l’installation du CEP engendre un fort taux de croissance démographique : on comptait en 1956, en 1977 et 1600 en 2000. Durant les campagnes de tir, la BA 185 peut accueillir jusqu’à . Ce sont les Douglas DC-6, les Breguet Deux-Ponts, puis les Caravelle qui assurent l’acheminenent des personnels vers Hao. L’activité sur l’atoll atteint son apogée pendant ces campagnes de tirs.

Unités présentes sur la base Section Liaison du Pacifique (SL-PAC) (1964-1966) Escadron de marche 85 « Loire » (1966-1974) Escadrille 8S (-) Groupement d'Aéronautique navale de Hao : Section de Liaison du Pacifique (-) Escadrille 23S (-) Escadrille 27S (-) Flottille 23F (-) Flottille 23F (-) Flottille 23F (-) Escadrille 12S (-) Groupement d'Aéronautique Navale du Pacifique (GAN PAC) (-) Mixte du Pacifique (-1998)

Notes et références

Bibliographie Livres Bernard Dumortier, Atolls de l'atome : Mururoa & Fangataufa, Marine Éditions, Rennes, 2004 dont une version abrégée est à

Articles .

BA 185 Catégorie:Archipel des Tuamotu