L'Aermacchi MB 326 est un avion d'entraînement avancé et d’appui tactique conçu en Italie dans les années 1950. Il a rencontré un succès certain puisqu'il a été utilisé par une quinzaine de pays différents et produit à 750 exemplaires, dont une partie sous licence en Australie, en Afrique du Sud ainsi qu'au Brésil.
Conception vignette|gauche|RAAF Macchi MB-326 A7-041 C’est en 1953 que le bureau d’études Macchi de Varèse, sous la direction de l’ingénieur Ermanno Bazzocchi, commença l’étude d’un biplace d’entraînement à réaction capable d’assurer des missions d’appui tactique. L’appareil proposé à l’AMI était un monoplan métallique à aile basse cantilever dont le bord d’attaque accusait une légère flèche tandis que le bord de fuite était sans flèche. Les prises d’air du réacteur, un Bristol Siddeley Viper, étaient montées dans l’emplanture de l’aile qui était coiffée par les réservoirs de carburant. La dérive était en légère flèche tandis que le stabilisateur affectait une forme en plan similaire à celle du l’aile. L’ensemble reposait sur un train tricycle escamotable et le pilote et l’instructeur étaient assis sur des sièges éjectables montés en tandem dans un cockpit pressurisé sous une longue verrière articulée à droite. L’accent était mis sur la facilité du pilotage et une maintenance facile. Le projet ayant trouvé un écho favorable auprès des militaires, deux prototypes et une cellule d’essais statiques furent commandés, le futur appareil recevant la désignation MB-326 (pour Macchi-Bazzocchi).
Le premier prototype [I-MAKI/MM.571] effectua son premier vol le piloté par Guido Carestiato, chef-pilote d’essai du constructeur. Équipé d’un Bristol Siddeley de , il était nettement sous-motorisé. Le second exemplaire [I-MAHI/MM.572] prit donc l’air le avec un développant . En l’AMI passa commande d’une présérie de 15 exemplaires.
Le le premier prototype fut victime d’un accident alors qu’il effectuait une démonstration en Égypte, tuant son pilote, Nicola Macchia. Quelques semaines plus tard le second appareil fut présenté au Salon du Bourget où il effectua une présentation impressionnante. Le premier appareil de présérie prit l’air le . Les évaluations confirmèrent que le MB-326, rapidement surnommé « Macchìno » (le « petit Macchi ») dans l’Aeronautica Militare, était un appareil robuste, agréable à piloter, maniable et performant. Il s’octroya rapidement plusieurs records de vitesse, de montée et d’altitude dans sa catégorie.
Versions
MB.326 Version de base, c'est un appareil d'entraînement avancé et de conversion sur réacteur non armé destiné à l'Aeronautica Militare Italiana. 118 MB-326 furent livrés à l’AMI sur 135 exemplaires commandés, les premiers exemplaires entrant en service en . 1 exemplaire a été prélevé pour développer la version MB-326B, 4 ont servi de prototypes MB-326G et MB-326K pour l’Afrique du Sud, 12 ont été terminés comme MB-326E.
MB-326A Certaines sources attribuent cette désignation aux 15 appareils de présérie. En réalité elle couvre une version armée destinée à l’entraînement au tir et au bombardement qui fut proposée en vain à l’Aeronautica Militare.
MB-326B Poursuivant son idée d’une version armée du MB-326, Macchi préleva un MB-326 de série [MM.54187/I-MACK] qui fut équipé d’un viseur de tir et de 6 pylônes sous voilure pour emporter jusqu’à de charges externes, un armement fixe composé de 2 mitrailleuses Browning de calibre étant envisagé. Après évaluation par l’Aeronautica Militare le ‘prototype’ fut remis au standard, mais il fut à l’origine de plusieurs versions d’exportation. Dès 1965 la Tunisie passa commanda de 8 MB-326B pour les missions d’entraînement et d’appui tactique.
MB-326C C’est pour faciliter l’entraînement des équipages de Lockheed F-104G Starfighter que fut étudiée cette version, la pointe avant avec le radar NASARR et l’avionique du Starfighter étant montés sur un MB-326B qui devait recevoir un réacteur plus puissant. Un prototype aérodynamique fut réalisé par modification d’un MB-326 remis par la suite au standard. L’Aeronautica Militare préféra finalement commander le TF-104G.
MB-326D 4 appareils d’entraînement non armés furent commandés par la compagnie aérienne Alitalia [I-ADIA/E/O/U] afin de former les pilotes de ses futurs avions de ligne à réaction. Doté d’une avionique civile, le premier exemplaire fut livré au printemps 1963. Trois de ces appareils seront par la suite transférés à l’Aeronautica Militare.
MB-326E Si l’Aeronautica Militare refusa de commander une version armée d’appui du MB-326 malgré les nombreux efforts d’Aermacchi, elle obtint 12 appareils d’entraînement au tir en faisant monter sur un fuselage de MB-326 une voilure renforcée de MB-326G. Le cockpit recevait un viseur, une cinémitrailleuse et une avionique légèrement modifiée. 12 appareils furent ainsi réalisés à partir de 1968, soit six MB-326 convertis [MM.54168, 54169, 54180, 54190 + 2 autres] et 6 exemplaires modifiés sur chaîne [MM.54384/54389]. Ces appareils étaient généralement équipés de canons en pod sous voilure.
MB-326F Dans la foulée de la Tunisie, le Ghana commanda en 1965 neuf appareils d’entraînement et d’appui tactique similaires au MB-326B mais avec une avionique plus sophistiquée, des réservoirs de bout d’aile agrandis et la possibilité de recevoir des bidons supplémentaires sous voilure.
MB-326G L’apparition du réacteur Viper 20-540, développant , permettait de doubler la capacité d’emport en charges externes. 2 prototypes de biplace d’entraînement et d’attaque au sol furent donc réalisés par conversion de deux MB-326 [MM.54289/I-BACJ, MM.54290/I-FAZE], le premier prenant l’air le . La cellule était renforcée, l’avionique modernisée et les prises d’air élargies pour accroître le flux d’air vers le réacteur. Ces prototypes furent ensuite utilisés pour développer le réacteur destiné au MB-326K.
MB-326GB L’Argentine fut le premier client du MB-236G avec 8 MB-326GB achetées par la Marine en 1969. La même année le Zaïre commande 17 exemplaires (Il semble que 15 appareils seulement aient été livrés), et en 1971 la Zambie obtient 23 machines.
MB-326GC Xavante Le principal client du MB-326G fut le Brésil. En 1969 une délégation menée par Dott Foresio, président d’Aermacchi, et l’ingénieur Bazzocchi se rendît en effet au Brésil pour y présenter le MB-326G. Elle regagna l’Italie avec une commande pour 36 MB-326GC qui furent livrés en 1971. Embraer devait ensuite construire sous licence 130 appareils supplémentaires. La Forca Aerea Brazileira désigna ses MB-326GC AT-26 Xavante. Quelques avions produits par Embraer furent modifiés sur chaîne comme avions de reconnaissance avec une nacelle recevant 4 appareils de prise de vue Vinten, devenant des RT-26. Au début des années 1980 Embraer a également vendu 6 avions au Togo et 9 au Paraguay. Ce seront les derniers MB-326 à sortir d’usine, la chaîne brésilienne fermant en 1983. Les 11 AT-26 transférés à la Marine argentine après la guerre des Malouines par Embraer provenaient des surplus de la Force aérienne brésilienne.
MB-326H L’Australie fut le dernier client du MB-326B, sous réserve que le biplace italien soit adapté à ses spécifications : avionique particulière, adaptation aux charges externes utilisées par la RAAF, réacteur (même puissance que le standard, mais un groupe auxiliaire de démarrage plus puissant). 12 exemplaires furent produits par Aermacchi, les livraisons débutant en 1967. Les 18 exemplaires suivants furent livrés en pièces détachées et assemblés localement par Commonwealth Aircraft Corporation, qui devait produire ensuite sous licence 67 CA.30. Sur ces 97 avions 10 furent livrés à la Royal Australian Navy, le solde étant pris en compte par la RAAF. La patrouille acrobatique de la RAAF, The Roulettes, utilisa des MB-326H de à 1989.
MB-326K Devant le succès remporté par le MB-326G Aermacchi décida de réaliser une version monoplace d’attaque au sol avec cockpit blindé et 2 canons de calibre installés sous le fuselage. Une nouvelle version du réacteur Viper fut développée spécialement, en collaboration entre Rolls-Royce et Fiat, le , développant .
Les deux derniers MB-326 de série [MM54390/I-AMKK/I-IVAO et MM.54391/I-KMAK/I-IVAP] furent utilisés comme prototypes. Le premier effectua son premier vol le avec un réacteur et des canons ADEN, le second débuta ses essais en vol en 1971 avec le réacteur définitif et des canons (125 obus par arme). Cette version pouvait emporter de charges externes, y compris le missile air-air Matra Magic, la voilure était renforcée.
MB-326K Impala II La SAAF, qui faisait un bon usage de ses MB-326M Impala I contre la guérilla angolaise, ne pouvait manquer de s’intéresser au MB-326K dont elle commanda 100 exemplaires sous la désignation Impala Mk II. 14 furent construits en Italie et 86 sous licence par Atlas Aircraft Corporation avec des moteurs , Atlas ne pouvant ou ne souhaitant pas obtenir une nouvelle licence pour construire le réacteur. MB-326KD 6 MB-326K achetés en 1975 par l’Émirat de Dubaï. MB-326KG 6 MB-326K vendus au Ghana en 1978. MB-326KT 8 MB-326K commandés par la Tunisie en 1976. MB-326KZ 6 MB-326K commandés par le Zaïre.
MB-326L Version biplace d’entraînement avancé du MB-326K, qui semble avoir conservé un Viper 20-540. MB-326LD 2 exemplaires pour l’Émirat de Dubaï en 1975. MB-326LT 5 exemplaires pour la Tunisie en 1976.
MB-326M Impala I Fin 1965 Aermacchi obtint de l’Afrique du Sud une commande portant sur un MB-326B doté d’une avionique très sophistiquée, mais surtout avec une capacité d’emport sous voilure plus étendue. Cette version reçut le nom local de Atlas Impala Mk.I. L’usine de Varèse a produit 46 MB-326M, les livraisons débutant en 1966. Après acquisition d’une licence Atlas Aircraft Corporation construira 105 exemplaires supplémentaires jusqu’en 1975. Cette machine a été la monture de la patrouille de voltige aérienne de la SAAF, les Silver Falcons.
MB-326N Projet qui évoluera en MB.339V.
MB-326RM 5 MB-326 de l’Aeronautica Militare convertis en appareils de contre-mesures électroniques.
Pays utilisateurs Afrique du Sud L'Afrique du Sud a obtenu, en 1964, une licence de production du MB-326M (similaire au modèle 'G'), appelé Impala Mk.I la production a commencé en 1966. Elle a reçu 40 appareils fabriqués en Italie suivis par environ 125 unités produites localement par Atlas Aircraft Corporation. Ils ont été utilisés aussi bien pour l'entraînement qu'en configuration armée. Sept exemplaires du MB-326K furent aussi acquis en tant que chasseurs légers, 15 autres assemblés à partir de prêts-à-monter et environ 78 produits sous licence appelés Impala Mk.II. La production sous licence du modèle monoplace a débuté en 1974. Les Impala Mk.II, construits en Afrique du Sud, de conception italienne, motorisation britannique et armement français étaient très efficaces, ils ont aussi été dotés de contremesures électroniques pour leur propre défense.
L'Afrique du Sud a utilisé les Impala au combat contre les Angolaais, les Cubains et dans quelques mouvements militaires. Ils volaient typiquement à 550– à une altitude de pour éviter le risque d'être visé voire abattu par la défense antiaérienne. L'un d'eux fut abattu par un SA-7, un autre est rentré avec un missile (SA-7,8 ou 9) non explosé dans sa tuyèreWar machines 1985, ..