SICPA (acronyme de l'ancien nom « Société industrielle et commerciale de produits alimentaires ») est le leader mondial dans la fourniture d'encres et de solutions de sécurité pour la plupart des billets de banque du monde ainsi que pour les passeports, tickets de transport, cartes plastifiées ou billets de loterie à gratter. La société se positionne également depuis les années 2000 sur le marché de la traçabilité sécurisée de produits soumis à des droits d'accises (tabacs, alcools, ou carburants) ou réglementés (par exemple, produits halal).

Les produits de la société visent à assurer la protection de la valeur et de l'intégrité des droits mondiaux de propriété industrielle et intellectuelle ainsi que l’augmentation des recettes fiscales par une combinaison de la technologie des encres de sécurité et de la technologie de suivi sécurisé et de traçabilité.

SICPA a son siège et ses autres activités de direction à Prilly à proximité de Lausanne, en Suisse. L'entreprise possède des sites de production dans 30 pays sur les cinq continents, d'où elle a fourni des services à plus de 180 États.

Elle fait l'objet de nombreuses polémiques pour son manque de transparence, l'opacité voire l'illégalité de certains contrats et des accusations de corruption. En Suisse, elle est condamnée pour responsabilité pénale en lien avec des actes de corruption.

Histoire Création et développement des activités d'encres de sécurité En 1927, à Lausanne, Maurice Amon (1880-1959) crée une société de produits agricoles, alimentaires et vétérinaires (notamment de graisse à traire) et la nomme Société Industrielle et Commerciale de Produits Alimentaires (SICPA). La société se diversifie rapidement sur les encres pour imprimeries.

Après la guerre, ses fils Albert (1916-2010) et Salvador (1912-1993), reprennent la direction et orientent la société vers des encres sophistiquées, dont le but est qu'elles soient inimitables afin d'empêcher la contrefaçon.. En 1948, l’entreprise fournit à l’Espagne une encre sécurisée pour l’impression d’un nouveau billet de banque de 100 pesetas.

Albert Amon s'allie à un ami italien Gualtiero Giori, spécialiste de l'impression, qu’il convainc de s’installer à Lausanne. Giori fonde en 1965 une société avec son concurrent, le britannique De La Rue, le plus ancien imprimeur fiduciaire du monde.

Albert crée un standard pour les encres de sécurité des billets de banque, qui définit des normes relatives à la qualité d'impression ainsi qu'à la résistance physique et chimique des encres. En 1969, Interpol avalise ces normes.

La société se développe alors sur ce marché à l'international : en 1982, la société obtient un contrat, signé avec le Bureau of Engraving and Printing des États-Unis. En 1987, le premier billet utilisant l'encre OVI à changement de couleur est émis, en Thaïlande. En 2002, SICPA fournit des encres sécurisées pour le nouvel Euro. La société reprend les activités encres de sécurité de la société américaine Flint Ink. La société est présente selon ses déclarations dans 37 pays différents.

En 1990, l’usine quitte ses locaux d’origine et s’installe à Chavornay, le siège social et une partie des bureaux demeurent à Prilly, près de Lausanne.

En 1996, pour pallier une implantation délicate de SICPA en Australie, la Société de banque suisse (SBS) et la Banque cantonale vaudoise (BCV) s'associent aux commandes, Albert se retire, ses fils Philippe (1961-) et Maurice (1951-) entrent dans le conseil d'administration..

Développement des activités d’authentification et de traçabilité à l’international dans les années 2000

En , la société revend sa division encres d’emballage au groupe Siegwerk..

En 2006, SICPA lance une nouvelle génération de technologies de sécurisation des billets de banque, adoptée dans plus de 90 pays.

En 2010, elle acquiert la société Meyercord Revenue Inc, basée aux États-Unis.

En 2013, SICPA acquiert l'activité R&D d'Olivetti I-Jet, filiale d’Olivetti S.p.A., une société italienne.

Diversification des activités à partir de 2016 Secteur du numérique La société explique en accélérer l’acquisition d’innovations externes en investissant dans des start-up suisses, par exemple dans le domaine de la sécurité numérique.

Fin 2017, SICPA s'associe à l’initiative « Center for Digital Trust » de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui crée deux chaires d’enseignement et de recherche sur le sujet de la confiance numérique et de la cybersécurité.

En 2019, SICPA s’associe avec le Swiss Center for Biometrics Research and Testing dans le cadre de recherches en biométrie.

En 2020, lors de la pandémie de Covid-19, SICPA développe une application visant à consulter via un QR Code les résultats de tests Covid d'une personne et tenant lieu de passeport sanitaire.

En 2024, l’entreprise développe le marquage de carburants (essence, diesel, kérosène).

SICPA revendique en 2024 le dépôt de plus de 6 000 brevets et emploie 300 chercheurs en Suisse, en Espagne, aux États-Unis au Maroc et en Malaisie dans des domaines aussi variés que la chimie, l'optique, la science des matériaux, la cybersécurité, l'identité numérique ou de la sécurisation des transactions numériques.

Campus Unlimitrust (Anciennement Square One) En 2019, SICPA entame la construction d’un campus à Prilly du nom de « Square One » plus tard renommé « Unlimitrust Campus ». À terme, 10 % du site sera occupé par SICPA, le reste de l’espace par d’autres entreprises dont de nombreuses start-up.

Le site peut accueillir jusqu’à 1300 personnes. Le projet prend le nom de campus unlimitrust en 2022. Il abrite 35 entreprises à son inauguration en 2023 dont des entreprises de cybersécurité et d'intelligence artificielle telles que Approach Cyber, AICA, RUAG, Effixis et Visium.

Le campus rejoint en les 7 autres technopoles vaudois sous l’égide d’Innovaud, l’agence pour la promotion de l'innovation et de l'investissement du canton..

Historique des logos

Activités Technologies de sécurité Les encres et technologies de sécurité constituent l’activité historique de la société, notamment celles pour les billets de banque ou les documents et titres officiels tels que les passeports. L’entreprise travaillerait avec les banques centrales de la plupart des pays et ses encres entreraient en 2019 dans la composition de près de 90 % des billets de banque en circulation. La société propose des solutions et des services de protection des produits et des marques à l'industrie, afin de garantir l'intégrité de la chaîne logistique. Le système est constitué de solutions d'authentification intégrées et multi-couches, de solutions anti-effraction ainsi que de solutions d'identification et de traçabilité. La société est enfin positionnée depuis sur les solutions intégrées de traçabilité sécurisée consiste à doter d’un timbre sécurisé ou à apposer une marque directe sur les produits soumis à des droits d’accises, tels tabac, alcools, bières ou pétrole.

Lobbying SICPA est inscrite depuis 2015 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Elle déclare en 2018 pour cette activité des dépenses annuelles d'un montant compris entre et .

Selon le Center for Responsive Politics, les dépenses de lobbying de SICPA Holdings aux États-Unis s'élèvent en 2017 à .

En 2021, la diffusion des Pandora Papers révèle que la société a versé 1 million € à Dominique Strauss-Kahn dans des paradis fiscaux pour des activités de lobbying hors d'Europe en 2016 et 2017"Pandora Papers" : révélations sur les bonnes affaires fiscales de Dominique Strauss-Kahn au Maroc et aux Emirats arabes unis, France TV info. En 2015, SICPA avait initialement officiellement démenti travailler avec Dominique Strauss-Kahn..

Organisation Effectifs et chiffres clés L'entreprise ne communique pas sur ses chiffres (nombre d'employés, de bureaux, localisation de ces derniers etc.) mais aurait un chiffre d'affaires de 750 millions $ en 2003Jean Daloglou Retires From SICPA Group et 1,5 milliard en 2015. Elle serait passée de 1 100 salariés à 3 000 entre 2007 et 2013, avec entre autres de nombreuses acquisitions. Environ 400 personnes travaillent à son siège de Prilly, près de Lausanne. Depuis 2014, la société s'est cependant séparée d'une centaine de collaborateurs en Suisse, à la suite d'une réorganisation de deux de ses activités traçabilité et a mené un « plan de réorganisation » touchant 150 salariés en 2017. À la suite d’une enquête fédérale pour corruption présumée au Brésil l’entreprise aurait en 2017, selon des sources internes, perdu plusieurs contrats et licencié 850 personnes, soit un tiers de ses effectifs mondiaux.

Gouvernance De 2000 à 2003, Jean Daloglou a été le CEO du groupe, remplacé de 2003 à 2005 par Jan Secher. SICPA est aujourd'hui détenue et dirigée par Philippe Amon. Ce dernier a licencié son frère Maurice Amon en 2015https://gothamcity.ch/tag/maurice-amon/, Gotham City.

Mises en cause et controverses Suisse En , la lettre de veille juridique suisse Gotham City révèle que Sicpa est visé par une procédure pénale du Ministère public de la Confédération (MPC) en Suisse pour des faits de corruption au Brésil.Gotham City. Le même mois, le Ministère public de la Confédération « confirme mener une procédure pénale depuis 2015, qui s'est étendue entre-temps à des faits de corruption au Brésil » et rappelle qu'à ce stade « toutes les parties sont présumées innocentes ».. L'enquête vise à établir si la société suisse avait validé ou non les pratiques de corruption qui ont abouti à une condamnation judiciaire en première instance au Brésil.

En , Gotham City publie un second article, repris par la presse suisse précisant que « Sicpa est soupçonnée d’avoir corrompu des fonctionnaires dans quatorze pays ».Sicpa est soupçonnée d’avoir corrompu des fonctionnaires dans quatorze pays, Gotham City. L’article révèle que l'enquête fédérale a été déclenchée à la suite d'une demande d’entraide adressée par les Etats-Unis en , puis par le Luxembourg en 2016. Les informations reçues dans ce cadre ont d’abord conduit le MPC à enquêter sur d’éventuels pots-de-vin versés au Togo, au Ghana et aux Philippines. Sicpa « assure collaborer avec la justice » et estime que ses « procédures anti-corruption [sont] au niveau des meilleures pratiques ».

En , il est révélé que l'enquête est en cours depuis 2015 et qu'elle a été élargie à l’administrateur-délégué et propriétaire de la société, Philippe Amon.. Les pratiques visées concernent 14 pays : Togo, Ghana et Philippines, Egypte, Inde, Kazakhstan, Colombie, Nigeria, Pakistan, Sénégal, Vietnam, Venezuela, Ukraine et le Brésil.

En , la justice suisse condamne l’entreprise pour « pour responsabilité pénale en lien avec des actes de corruption » car en raison de « défauts constatés dans l’organisation de l’entreprise, des employés de SICPA avaient pu verser des paiements corruptifs à des agents publics étrangers dans le cadre d’affaires au Brésil, en Colombie et au Venezuela ». Elle est condamnée à reverser 80 millions de francs suisses à la justice helvétique à titre d'indemnité compensatoire pour les bénéfices réalisés au Brésil ainsi qu’à une amende d'un million de francs suisses. Le Ministère public de la Confédération condamne également un ancien directeur des ventes de l’entreprise pour “ corruption d’agents publics étrangers “.

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