Boussu (en borain, variante du picard, et en wallon Boussu-dlé-Mont) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, ainsi qu’une localité située à une dizaine de kilomètres de Mons et de la frontière française où siège l’administration communale. Boussu se situe dans le Borinage, région anciennement réputée pour son bassin minier.
Toponymie De même que sa voisine, Hornu, cette commune est fort ancienne et l’histoire de sainte Waudru y mentionne l’existence d’une église au . Dans les actes du passé, Boussu conquiert des titres fort divers : Buxutum, Bussuth, Bussut, Bossut, Boussut. Cependant l’étymologie est fort simple. Cela signifie « l’endroit abondant en buis » (en latin buxus : signifiant buis ou buxutum signifiant taillis de buis). Géographie Boussu est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, à une dizaine de kilomètres de Mons et une petite dizaine de la frontière française.
L'entité de Boussu englobe les anciennes communes de Boussu (7300) et Hornu (7301). Cette région présente un paysage varié, allant des zones urbaines de Boussu-centre et Hornu aux quartiers résidentiels plus paisibles du Petit-Hornu et Boussu-Bois situés dans le haut de la commune. La commune fait aussi partie de l'aire urbaine Mons-Borinage avec Quaregnon, Saint Ghislain, Colfontaine, Dour, Frameries et Mons.
Sections de la commune
# Nom Superf.(km²).. Habitants(2025). Habitantspar km² Code INS 1 Boussu 13,31 11.014 827 53014A 2 Hornu 6,76 9.387 1.388 53014B
Géographie physique Boussu se situe dans la plaine alluviale de la vallée de la Haine, au nord du Borinage, dans un environnement marqué par un relief très doux et une topographie globalement basse. L’altitude moyenne avoisine , avec des points extrêmes allant d’environ dans les zones les plus basses et marécageuses jusqu’à près de vers les hauteurs du sud, notamment du côté de Boussu‑Bois.
Le territoire s’organise autour d’un contraste entre la plaine humide du nord et les pentes plus sèches du sud. La Haine, cours d’eau principal, coule au nord du bourg actuel ; son lit a été modifié à plusieurs reprises au fil des siècles. Elle était autrefois accompagnée d’une dérivation naturelle, la Reauwe, qui traversait les marais et rejoignait la Haine plus à l’ouest. Le ruisseau du Hanneton, principal affluent local, prend sa source dans le bois de Saint‑Ghislain et descend vers Boussu en creusant un vallon marqué, avec un dénivelé d’environ sur . Son cours, autrefois torrentueux et sujet aux débordements, a été canalisé et en grande partie couvert à partir du .
La partie nord du territoire conserve encore des zones humides héritées du paysage post‑glaciaire : prairies marécageuses, ruisseaux, saulaies et bosquets de peupliers, notamment aux Herbières, aux Grands Prés ou au Parc à Saules. Ces terrains alluvionnaires contrastent avec les sols limoneux des versants et les sols argilo‑sablonneux du sud. Le sous‑sol reflète l’histoire géologique du Borinage : grès, schistes, bancs calcaires crayeux et surtout couches houillères, qui ont fortement conditionné l’occupation humaine et l’industrialisation.
L’agglomération s’est historiquement développée sur les zones plus sèches situées au sud de la vallée, progressant du marais vers les pentes boisées menant au plateau du Haut‑Pays. Le château de Boussu lui‑même fut établi sur une petite éminence, les Almottes, qui émergeait autrefois du grand marais bordant la Haine.
Quartiers de la commune
Gare de Boussu. Grand place. Moulin de brique. Cité du foyer moderne. Quartier de l'alliance Quartier Barabas. Quartier vedette. Place Saint-Charles. Petit Bruxelles. Boussu-Bois. Cité hades. Cité de la corderie. Hornu. Petit-Hornu. Grand-Hornu.
Démographie
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,2199499,7199599,4199699,1199798,4199897,7199996,9200097,0200197,1200296,8200396,9200496,5200597,0200697,0200797,3200897,6200996,9201097,2201197,0201296,2201395,6201495,3201595,9201695,5201795,6201896,0201995,8202095,9202195,9202296,3202397,2202498,1202598,6202699,2
Histoire La commune est déjà occupée à la Préhistoire au lieu-dit Saint-Antoine (Boussu-Bois) et à Boussu-Centre.
En 768, sous Charlemagne, Boussu porte le nom de bourg, ce qui semble indiquer l'existence d'un château.
Au , est érigé à Boussu un château-fort qui aura son heure de gloire aux et s.
Les enfants de Regnier au Long-Col, après la bataille de Péronnes en 974, se fortifient dans le château de Boussu. La plus grande partie de ce village formait un fief important relevant du comté de Namur et qui appartint successivement aux familles de Boussu, de Ramignies, de Fontaine, de Hénin-Liétard et Riquet de Caraman. Les seigneurs avaient pour devise : Je y seray Bossut.
En 1478, le château de Boussu est pris par Louis XI.
Vers 1490, Isabelle de Lalaing et son époux Pierre de Hennin-Liétard passent commande d'un livre d'heures auprès du Maître d’Antoine Rolin. Cet ouvrage luxueusement enluminé, connu sous le nom de Heures de Boussu, est conservé à la Bibliothèque de l'arsenal.
vignette|Heures de Boussu (BNF). Intérieur d'une chambreHeures de Boussu (Horae Cambrai) Texte en ligne.. (1490).
En 1510, Maximilien d’Autriche et Charles, prince d’Espagne, octroient au bourg de Boussu un franc marché, le mardi de chaque semaine.
En 1539 : début de la construction d'un château Renaissance sous la direction de Jacques Du Brœucq.
En 1555, l'empereur Charles Quint érige cette seigneurie en comté, en faveur de Jean de Hénin-Liétard, seigneur de Boussu, gentilhomme de sa chambre.
En 1655, le roi Louis XIV prend le château de Boussu et assiège la ville de Saint-Ghislain accompagné du Cardinal Mazarin.
Le , le général autrichien de Beaulieu surprend les Français, campés à Boussu, et les met en déroute.
Le a lieu le combat de Boussu entre l'armée autrichienne et l'armée française (Première Coalition).
Au : Le général-comte Maurice Gabriel de Riquet de Caraman fait bâtir un castel sur les ruines du châtelet d'entrée du château de Du Brœucq.
En 1914-1918, occupation allemande.
En 1940-1945, occupation allemande.
Destruction du pont-rail des Herbières.
En 1960 : fermeture des 3 derniers charbonnages de Boussu-Bois.
Armoiries
Administration municipale et politique
Liste des bourgmestres avant 1977
Liste des bourgmestres depuis 1977
Vie politique La vie politique Boussutoise est marquée depuis le début par la prédominance du Parti socialiste. En 2015, le Parti socialiste ouvre sa majorité au parti ecolo et offre l'échevinat de la mobilité et de l'environnement.
En 2018, le Parti socialiste, malgré la majorité absolue dont il dispose, passe pour la première fois sous la barre des 50 % aux élections communales. Quatre listes sur les huit présentes seront représentées au conseil communal : Le Parti socialiste (16 sièges) ; La liste citoyenne Agora (3 sièges) ; la liste de cartel Echo (CDH-Ecolo) (4 sièges) ; La liste Rassemblement citoyen (2 sièges).
À la suite des élections communales du , Parti socialiste a obtenu 52,90 % des voix, soit une augmentation de 4,97 % par rapport aux élections précédentes. Cette progression, bien qu'importante, a conduit à une perte d’un siège pour le PS, qui en décroche 15 cette fois, en raison du mode d’attribution des sièges suivant la clé Imperiali. Sandra Narcisi devient la première bourgmestre élue de l'histoire de Boussu, marquant un moment historique pour la commune.
Par ailleurs, certains groupes politiques comme la liste citoyenne AGORA ne se sont pas représentés. Leur ancien chef de groupe, Cyril Mascolo, a rejoint la majorité en devenant président du conseil communal.
Du côté de l’opposition, le groupe Les Engagés a remporté 6 sièges, tout comme le groupe AlternatiV, composé de membres Ecolo, de libéraux du MR et de socialistes dissidents.
Conseil et collège communal 2024-2030 Ci-dessous, le tableau des résultats des élections communales de 2024. PartiVoix (2024)Voix (2018)% (2024)% (2018)+/-Sièges+/-CollègeLES ENGAGÉS 2.267 - 22,16% - 0.0 % 6.0PS 5.412 5.111 52,90% 47,92% 4.97 % 1.0AlternatiV 2.552 - 24,94% - 0.0 % 6.0MR - 495 - 4,64% 0.0 % 0.0LA DROITE - 237 - 2,22% 0.0 % 0.0PP - 312 - 2,93% 0.0 % 0.0JEXISTE - 465 - 4,36% 0.0 % 0.0ECHO - 1.676 - 15,71% 0.0 % 4.0RC - 1.166 - 10,93% 0.0 % 2.0AGORA - 1.203 - 11,28% 0.0 % 3.0Total % %
Collège communal Bourgmestre Sandra Narcisi dite Barbi Narcisi PS 1er Échevin Tanguy Van Mullem PS 2e Échevin Jean Homerin PS 3e Échevin Michel Vachaudez PS 4e Échevin Eric Bellet PS 5e Échevine Sabrina Barbarotta PS Présidente du CPAS Céline Honorez PS
Jumelage
Patrimoine et culture
Monuments et sites remarquables vignette|Mémorial de Thierry de Hennin-Liétard (1406-1430). vignette|Retable de la Vierge ().
La Chapelle seigneuriale de Boussu qui jouxte l'église Saint-Géry de Boussu-Centre a été fondée au et remaniée au début du . Entièrement restaurée en 2015, elle renferme une crypte, deux mausolées de style Renaissance et un troisième de style baroque, ainsi que divers bas-reliefs de l'école Tournaisienne. Le monument le plus ancien de la chapelle est un bas-relief funéraire servant de mémorial à Thierry de Hennin-Liétard, mort à Venise en 1430. Outre un gisant maniériste en albâtre attribué au sculpteur montois Jacques Du Brœucq (1505?-1584), la crypte contient aussi un transi en pierre de Baumberger représentant un cadavre décharné rongé par les vers, appelé dans la région « l'homme à moulons », attribué à Colijn de Nole.
La chapelle abrite aussi le retable de la Vie de la Vierge attribué à Passchier Borreman, qui se trouvait dans l’église Saint-Géry contigüe. Ce retable a été installé en après restauration par l’Institut Royal du Patrimoine Artistique et réintégration des 12 statuettes volées en 1914, longtemps détenues par le musée Musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam et récupérées en 2019 par décision judiciaire. Le retable est placé dans la galerie supérieure de la chapelle et protégé par une vitre blindée.
Le site du parc du château de Boussu. Construit par Jacques Du Broeucq en 1539, ce château de style Renaissance faisait 100 mètres de côté et possédait des écuries pouvant recevoir 300 chevaux. Jean V de Hennin-Liétard, premier et grand écuyer de Charles-Quint y reçut l’empereur à deux reprises, ainsi que son fils Philippe. Plusieurs hôtes de marque y séjournèrent, tels Louis XIV, Mazarin et le futur roi d'Angleterre Guillaume III.
Le château ayant été détruit par les guerres, seul subsistait le châtelet d’entrée qui fut transformé en résidence pour la famille de Caraman en 1810, avec un parc à l’anglaise. La famille de Nédonchel, devenue propriétaire du site en 1836, entreprit des travaux d’agrandissement du châtelet en y ajoutant entre autres une chapelle. Le , le château, qui servait d'entrepôt de munitions, a été dynamité par l'armée allemande en retraite.
Depuis 2010, l’asbl Gy Seray Boussu a entrepris la restauration du site pour y installer un centre d’interprétation, un musée et un lapidarium. Il est aussi prévu d'y ajouter une salle d’expositions temporaires, une bibliothèque et un centre de documentation sur la Renaissance dans les pays du Nord de l’Europe.