Hassan Iquioussen (en ), né le à Denain (France) est un imam et conférencier marocain d'obédience frériste, membre de Musulmans de France organisation réputée proche des Frères musulmans. Il est un des fondateurs des Jeunes musulmans de France.
Dès , il crée la controverse pour son proselytisme antisémites et misogynes ou favorables à Oussama ben Laden, ce qui lui vaut une . En , alors qu'un jugement du Conseil d'État français doit être rendu à son encontre, il fuit vers la Belgique qui l'expulse finalement au Maroc où il vit sans être inquiété.
Biographie Hassan Iquioussen naît à Denain en , dans une famille d'expatriés marocains.
Enfance et formation Originaire du Souss., son père part travailler en France dans le bassin minier en .. Il se marie en et donne naissance à neuf enfants. Il contribue à l'aménagement, dans de modestes baraquements, des premières mosquées du Valenciennois.
Hassan Iquioussen, cinquième enfant de cette fratrie, naît à Denain, commune du Nord proche de Valenciennes. Voué à acquérir automatiquement la nationalité française à sa majorité, il s'est, selon lui, heurté à l'opposition de son père, qui y a renoncé en son nom à son adolescence.. Il affirme avoir demandé la nationalité française à deux reprises en et , sans succès, alors que ses frères et sœurs ont pu l'obtenir.
Après un baccalauréat général littéraire, il obtient une licence d'arabe, une maîtrise en histoire sur Usman dan Fodio., cité par .., puis abandonne ses études alors qu'il poursuit un DEA d'histoire pour se consacrer à l'islam.
Vie de famille À l'âge de , il se marie avec Zaina, une Marocaine née à Casablanca, sœur de l'épouse de l'essayiste et imam Tareq Oubrou.... Cinq fils naissent de leur union, l'ainé est Soufiane Iquioussen.
Le , son domicile de Lourches est perquisitionné par la brigade de gendarmerie de Valenciennes. Cette perquisition fait suite à la volonté du gouvernement français de après l'assassinat de Samuel Paty, mais aussi à une audition de son fils aîné Soufiane, le , dans le cadre d'une enquête sur des malversations autour d'une entreprise (Garage Solidaire du Hainaut)...
Biens immobiliers
Le , Hassan et Zaina Iquioussen achètent à la société Darmanin Père & Fils (dirigée par Claude Darmanin, oncle paternel du futur ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin) une propriété de à Lourches, que le prédicateur ne tarde pas à transformer en . S'y adonnant à des activités d'élevage (de bovins, d'ovins et de caprins), elle est couramment surnommée par les locaux.
En , Hassan Iquioussen déclare être le gérant de quatre sociétés civiles immobilières, créées avec sa femme ou ses enfants. Par exemple, il est propriétaire de La résidence Sainte-Reine à Denain. Rénovée pour , elle comprend , avec un studio, cinq T2 et quatorze T3..
Prêcheur des cités Il commence la prédication dès ses , jouissant tôt d'une certaine notoriété grâce à son père. Il se forme en autodidacte, puis est pris en charge par le Jamal, qui structure alors le noyau dur frériste de la région dont Amar Asfar devient à l'époque le leader.
Il devient, avec Hani Ramadan, un des deux premiers prédicateurs phares en langue française.
Il est un des fondateurs des Jeunes musulmans de France (JMF) et fut surnommé le « prêcheur des cités ».. Accusant l'Union des organisations islamiques en France (UOIF) d'être récupérée par la branche marocaine des Frères musulmans, Al Adl Wal Ihsane, la JMF décide de rompre organiquement avec celle-ci. En , il fait qui incitent plusieurs jeunes femmes maghrébines à garder leur voile au lycée Faidherbe de Lille alors que l'établissement veut leur en interdire le port en application d'une circulaire du ministre de l'Éducation nationale, François Bayrou..
En , il est professeur d'éthique musulmane au lycée Averroès..
À la fin des années , Hassan Iquioussen fait la « deuxième partie » des conférences de Tariq Ramadan, dont il est proche. Il est aussi un invité récurrent du salon du Bourget, organisé tous les ans par l'UOIF d'orientation et d'identité frériste, et qualifiée de branche française des Frères musulmans..
Rapports avec les autorités françaises Début , il participe avec son fils à un dîner pré-électoral dans un domicile privé du quartier Gambetta à Tourcoing. Cette réunion, organisée en présence d'une dizaine d'autres personnalités influentes au sein de la communauté musulmane locale ainsi que du candidat à la mairie Gérald Darmanin (UMP), a pour but de ramener dans de ce dernier, avec qui Iquioussen déclare par ailleurs être ..
À partir de , il fait l'objet d'une . Quelques mois plus tard, il est condamné à de prison avec sursis pour dans sa propriété de Lourches.
Fin , un témoin déclare au Figaro que Hassan Iquioussen prêchait le et le combat contre la France dans le cadre de conférences organisées dans les locaux de l'AAIR (Ambitions et initiatives pour la réussite), une association roubaisienne controversée..
Procédure d'expulsion en
En , la préfecture du Nord refuse de renouveler le titre de séjour de Hassan Iquioussen à qui elle reproche des discours et ainsi que le développement de thèses et .
Selon son avocate, Lucie Simon, . Elle poursuit en évoquant les , de son client ..
Le , il reçoit à son domicile un bulletin de notification d'engagement d'une procédure d'expulsion à son encontre. Le , la commission départementale d'expulsion des étrangers donne un avis favorable à la sienne après que le préfet Georges-François Leclerc a plaidé en sa faveur..
Le , le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin annonce que l'imam en application de la loi contre le séparatisme... Selon son entourage, ... Ayant eu vent de cette hypothèse, le président du Mouvement réformateur (MR) Georges-Louis Bouchez s'oppose à son installation sur le territoire belge, dénonçant ..
Le , le ministre de l'Intérieur signe l'arrêté ministériel d'expulsion (AME) de l'imam..
Le , les autorités marocaines délivrent un laissez-passer consulaire, permettant selon Gérald Darmanin d'. Le , le laissez-passer consulaire est suspendu par les autorités marocaines qui déplorent une absence de ...
Procédure de référé en France
Devant le tribunal administratif de Paris Le , il saisit le tribunal administratif de Paris dans le cadre d'un référé-liberté visant à faire suspendre l'AME délivré à son encontre.. Dans l'après-midi du , une audience publique se tient devant la cour, réunie en collégiale pour l'occasion. Le , celle-ci décide de suspendre l'AME, évoquant au de Hassan Iquioussen . Selon Mediapart qui a pu consulter l'ordonnance de suspension de l'expulsion, . Pour les propos cités attestés par des pièces, elles ne relèvent pas de . Les propos jugés sur le rôle des femmes dans la famille, ne sauraient constituer un motif suffisant d'expulsion, compte tenu des retombées sur la vie familiale de ..
Devant la Cour européenne des droits de l'homme Le , l'avocate de Hassan Iquioussen saisit la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH), qui refuse le lendemain de suspendre son expulsion au motif qu'elle n'entraînerait pas de pour sa personne... À la suite d'un nouveau recours devant la CEDH contre la France en , les juges ont rejeté le l'ensemble des demandes d'Hassan Iquioussen pour irrecevabilité..
Recours ministériel devant le Conseil d'État Le ministre de l'Intérieur annonce qu'il va faire appel de la décision devant le Conseil d'État.. Dans l'éventualité où ce dernier ne lui donnerait pas gain de cause, il envisagerait de recourir à un changement de législation selon Sacha Houlié (LREM), président de la commission des lois de l'assemblée nationale.. Le , un recours est effectivement déposé auprès du Conseil d'État., qui examine l'affaire le . et annule l'ordonnance administrative suspendant l'AME le , estimant que les de Hassan Iquioussen .. Gérald Darmanin se félicite du verdict dans lequel il voit ..
Fuite en Belgique Le , des policiers Français se présentent au domicile de Hassan Iquioussen, à Lourches, dans le but de l'interpeller et de le placer en centre de rétention administrative.. L'intéressé, inscrit au fichier des personnes recherchées, n'est cependant plus sur place et a pris la fuite en Belgique..
Mandat d'arrêt européen Le , un juge d'instruction de Valenciennes délivre un mandat d'arrêt européen à son encontre pour . Le , le vice-Premier ministre belge Vincent Van Quickenborne annonce que si Hassan Iquioussen se trouvait dans son pays, il en serait expulsé.. Le , il annonce son arrestation par la police belge à proximité de la ville de Mons, non loin de la frontière avec la France.. Depuis Cayenne (où il assiste aux Assises de la sécurité), Gérald Darmanin d'une telle interpellation et les services belges pour cette dernière.. Hassan Iquioussen est quant à lui incarcéré à la prison de Tournai en attendant que les tribunaux belges se prononcent sur son cas.. Le , la chambre du conseil du tribunal de Tournai (ouest) refuse son extradition vers la France en raison de délivré à son encontre.. Le , après près d'un mois de détention, il est autorisé à quitter la prison de Tournai à condition de porter un bracelet électronique et de demeurer sur 24 au domicile d'un ami, résident belge.. Le , la Cour d'appel de Mons confirme le verdict rendu en première instance par la chambre du conseil de Tournai..
Expulsion de la Belgique vers le Maroc Le soir même, Hassan Iquioussen, clandestin au regard de l'État belge, est placé dans un centre fermé à Vottem en vue de son expulsion vers le Maroc.. Finalement, en , les autorités belges l'expulsent vers Casablanca au Maroc..
Procédure au fond en France Peu après son arrivée au Maroc, son avocate française rappelle que l'affaire est pendante quant au fond devant le tribunal administratif de Paris et précise que .
Le le tribunal administratif de Paris rejette sa requête en annulation des arrêtés du ayant conduit à son expulsion au Maroc. Son avocate indique son intention de faire appel...
Procédures connexes
Plainte en diffamation contre Gérald Darmanin Après la fuite de l'imam en Belgique, Gérald Darmanin ayant affirmé d'une part qu'il et d'autre part qu'il en se soustrayant à la procédure administrative d'explusion, Hassan Iquioussen s'estime diffamé et porte plainte contre le ministre devant le tribunal judiciaire de Paris..
Le , la du tribunal examine la recevabilité de la plainte, s'agissant de poursuites engagées contre un ministre dans le cadre de ses fonctions. En , le tribunal judiciaire se déclare incompétent considérant que cette affaire relève bien de la Cour de justice de la République..
Menaces de mort contre l'avocate d'Hassan Iquioussen et une juge Maître Lucie Simon, défenseure d'Hassan Iquioussen, est menacée de mort sur internet. Une plainte est déposée et le Parquet de Paris confie les investigations à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP)..
Parallèlement, une des trois juges ayant signé l'ordonnance de référé du tribunal administratif de Paris cassant l'ordonnance d'expulsion est également menacée et voit son nom diffusé sur Twitter. Elle dépose plainte..
Réactions publiques Le , le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) fustige sur son compte Twitter le soutien apporté à Hassan Iquioussen par Marwan Muhammad, Bilal Righi et Feïza Ben Mohamed..
Dans un communiqué publié le sur son compte Twitter, le député du Nord David Guiraud (LFI) s'oppose à l'expulsion de l'imam dans laquelle il voit le . et un .. Le , le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin recommande au groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale d'
Le , l'Union juive française pour la paix (UJFP) dénonce la procédure d'expulsion engagée à l'encontre de Hassan Iquioussen comme une ..
Le , la Ligue des droits de l'homme (LDH) dénonce la procédure d'expulsion engagée à l'encontre de l'imam comme une et un possible ..