Le Grand Prix automobile de France 1993 (Rhône-Poulenc Grand Prix de France), disputé sur le circuit de Nevers Magny-Cours à au sud de Nevers le , est la du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 et la huitième manche du championnat 1993.
Contexte avant le Grand Prix Annulation du Grand Prix puis retour au calendrier En , quelques jours avant le Grand Prix de France, le tribunal de grande instance de Quimper, saisi en référé par le Comité national contre le tabagisme (CNCT), enjoint à la chaîne de télévision TF1 d'éviter la diffusion d'images des marques de cigarette lors des Grands Prix de Formule 1, sous peine d'une astreinte de francs par plan séquence illégalement diffuséTF 1 ET LA DIFFUSION DU GRAND PRIX DE FRANCE DE FORMULE 1. Le tabac mis hors course, www.lemonde.fr. La plainte s'appuie sur la loi Veil du qui interdit la propagande ou la publicité en faveur du tabac et de ses produits à la télévision.
TF1 diffuse le Grand Prix de France 1992 sans tenir compte de la Loi Veil car l'amendement Neuwirth prévoit des dérogations pour certaines manifestations sportives comme les Grands Prix de Formule 1AUTOMOBILISME : le Grand Prix de France. Coup de tabac, www.lemonde.fr, 7 juillet 1992..
Après une nouvelle plainte du CNCT, le tribunal de grande instance de Quimper condamne, le , Williams à produire, sous astreinte d'un million de francs par jour, la convention de parrainage la liant au cigarettier Camel et aux sociétés Renault SA et Renault Sport, dans l'espoir que l'écurie anglaise renonce à arborer, le , les couleurs de son commanditaire au Grand Prix d'AustralieLes sociétés Williams et Renault sommées par un tribunal de produire leur convention de parrainage, www.lemonde.fr, 25 octobre 1992...
Frank Williams, propriétaire de l'écurie Williams, ne s'estimant pas concerné par la législation sur le tabac en France, passe outre la condamnation et alerte la Fédération internationale du sport automobile. thumb|La McLaren de la saison 1993 affichant son sponsor lié au tabac. thumb|La McLaren de la saison 1993 sans son sponsor lié au tabac. Mais cette décision de justice entraîne un risque quant à l'organisation du Grand Prix de France 1993, prévu à la date du : si le tribunal de Quimper fait appliquer son jugement à la demande du CNCT, le matériel de l'écurie Williams pourrait être saisi dès qu'il arrivera sur le sol français. Max Mosley, le président de la FISA écrit alors une lettre à Jean-Marie Balestre, président de la Fédération française du sport automobile :
Malgré cette mise au point, le , le président de la FFSA répond à la FISA qu'il n'est pas en mesure d'apporter les garanties réclamées pour l'organisation du Grand Prix de France à Magny-CoursLe sport automobile et les réglementations sur le tabagisme. Le Grand Prix de France de formule 1 est retiré du calendrier, www.lemonde.fr, 12 décembre 1992.. Le , le Conseil mondial de la Fédération internationale du sport automobile annonce le retrait du Grand Prix de France du championnat du monde de Formule 1 1993Magny-Cours orphelin du grand prix de France de Formule 1, www.lesechos.fr, 11 décembre 1992..
Pour remédier à cette annulation, la loi Evin subit un premier amendement : les chaînes de télévisions françaises sont autorisées à retransmettre les Grands Prix étrangers même en cas d'apparition de publicités pour le tabacAu Sénat M. Charasse dépose un amendement autorisant la publicité pour le tabac lors du Grand Prix de France automobile, www.lemonde.fr, 13 décembre 1992.TABAC-F1: UNE POLÉMIQUE FUMEUSE, www.humanite.fr, 15 décembre 1992.Le bon coup de Balestre, www.lexpress.fr, 25 mars 1993.. De plus, le , des garanties sont apportées par la FFSA concernant les amendements votés par le Parlement français, l'abandon par le CNCT des poursuites engagées en justice et la mise en place d'une commission chargée de répartir 450 millions de francs de crédits gouvernementaux destinés à compenser les budgets alloués par les cigarettiersSPORTS Une décision du Conseil mondial de l'automobile. Le Grand Prix de France de formule 1 rétabli au calendrier, www.lemonde.fr, 27 février 1993.. Cela incite le président de la FFSA à réclamer une procédure accélérée de rétablissement du Grand Prix de France au calendrier de la Formule 1AUTOMOBILISME Feu vert pour le Grand Prix de France, www.lemonde.fr, 6 février 1993..
Le Conseil mondial de l'automobile se prononce, le jeudi , pour le rétablissement du Grand Prix de France dans le championnat du monde de Formule 1.
La décision est officialisée le . Philippe Gurdjian, l'organisateur du Grand Prix de France, déclare dans une interview accordée au journal Libération en 1997 :
Les écuries se présentent finalement sans aucun sponsor de l'industrie du tabac au Grand Prix de France 1993 : ainsi, Williams remplace sur sa monoplace le logo de Camel par le logo de son écurieLivrées - Quand les écuries de F1 nous enfumaient !, www.motorsport.com, 31 décembre 2016. et McLaren fait de même avec Marlboro.
Débuts de Jean Todt chez Ferrari Le , Jean Todt est recruté par la Scuderia Ferrari au poste de directeur généralJean Todt quitte Peugeot pour rejoindre Ferrari, www.humanite.fr, 12 mai 1993.. Il est le premier étranger à occuper ce poste et il prendra ses fonctions le , à quelques jours du Grand Prix de France. Jean Todt est en effet sous contrat avec Peugeot Sport jusqu'au , dont il est le directeur sportif depuis 1982AUTOMOBILISME : Jean Todt quitte Peugeot pour Ferrari., www.lemonde.fr, 12 mai 1993.. Sous sa direction, Peugeot remporte le championnat du monde des rallyes en 1985 et 1986, le Paris-Dakar de 1987 à 1990, la course de cotes de Pikes Peak en 1988 et 1989 et les 24 Heures du Mans en 1992 et 1993. Cette dernière victoire est d'autant plus significative puisqu'elle se déroule quelques jours avant le départ de Jean Todt pour Ferrari (l'épreuve mancelle a lieu les 19 et ) et que Peugeot signe un triplé retentissantPeugeot au Mans : 1993, le triplé avant le retrait !, www.endurancemag.fr, 2 mai 2018..
La décision de Jean Todt de quitter Peugeot est liée au fait que la marque se retire de l'endurance à la fin de l'année 1993 mais ne souhaite pas s'engager en Formule 1Peugeot en F1: l'heure du choix, www.humanite.fr, 7 avril 1993.AUTOMOBILISME : Peugeot renonce à la formule 1 en 1994, www.lemonde.fr, 9 avril 1993., alors que Todt veut poursuivre sa carrière dans cette discipline : .
Ironie du sort, quelques mois après le départ de Jean Todt, Peugeot annonce son arrivée en F1 pour la saison 1994 en tant que motoriste de McLarenPeugeot réétudie la possibilité de se lancer dans la Formule 1, www.lesechos.fr, juillet 1993.Formule 1 : Peugeot entre dans la course, www.lesechos.fr, 16 septembre 1993.Peugeot sur la piste McLaren..., www.lesoir.be, 8 octobre 1993.Peugeot motorisera les McLaren, www.lemonde.fr, 10 octobre 1993...
Engagés Sur les quatorze écuries inscrites au championnat du monde 1993, treize sont présentes au Grand Prix de France. L'écurie March-Ilmor a déclaré forfait à l'occasion du premier Grand Prix de la saison, en Afrique du SudAfrique du Sud 1993, www.statsf1.com Unraced projects of the 1993 season, www.unracedf1.com.
Écurie Numéro Pilotes Châssis Moteur Pneus Canon Williams Team 0 Damon Hill Williams FW15C Renault RS5 3.5 V10 2 Alain Prost Tyrrell Racing Organisation 3 Ukyo Katayama Tyrrell 020C Yamaha OX10A 3.5 V10 4 Andrea De Cesaris Camel Benetton Ford 5 Michael Schumacher Benetton B193B Ford Cosworth HB 3.5 V8 6 Riccardo Patrese Marlboro McLaren 7 Michael Andretti McLaren MP4/8 8 Ayrton Senna Footwork Mugen Honda 9 Derek Warwick Footwork FA14 Mugen-Honda MF-351HB 3.5 V10 10 Aguri Suzuki Team Lotus 11 Alessandro Zanardi Lotus 107B Ford Cosworth HB 3.5 V8 12 Johnny Herbert Sasol Jordan 14 Rubens Barrichello Jordan 193 Hart 1035 3.5 V10 15 Thierry Boutsen Larrousse F1 19 Philippe Alliot Larrousse LH93 Lamborghini 3512 3.5 V12 20 Érik Comas Lola BMS Scuderia Italia 21 Michele Alboreto Lola T93/30 Ferrari 040 3.5 V12 22 Luca Badoer Minardi F1 Team 23 Christian Fittipaldi Minardi M193 Ford Cosworth HB 3.5 V8 24 Fabrizio Barbazza Ligier Gitanes Blondes 25 Martin Brundle Ligier JS39 Renault RS5 3.5 V10 26 Mark Blundell Scuderia Ferrari 27 Jean Alesi Ferrari F93A Ferrari 041 3.5 V12 28 Gerhard Berger Sauber 29 Karl Wendlinger Sauber C12 Sauber 2175 3.5 V10 30 Jyrki Järvilehto
Résultats des qualifications La première séance se déroule le vendredi après-midi de 13h00 à 13h45 et elle est limitée à douze tours complets maximum par pilote. Damon Hill réalise le meilleur temps devant Alain Prost, Michael Schumacher, Ayrton Senna et Jean Alesi. Michele Alboreto se montre le plus lent et occupe la place de non qualifié Rhone Poulenc French Grand Prix - QUALIFYING 1, www.formula1.com.
La deuxième séance a lieu le samedi après-midi de 13h00 à 13h45 et elle est limitée à douze tours complets maximum par pilote. Tous les pilotes améliorent leur meilleure marque sauf Michael Schumacher, Aguri Suzuki et Johnny Herbert. Damon Hill réalise la pole position devant son coéquipier Alain Prost Rhone Poulenc French Grand Prix - QUALIFYING 2, www.formula1.com.
C'est la première pole position de la carrière de Damon Hill et il empêche Alain Prost, auteur des sept premières poles de la saison d'en signer une huitième consécutive, ce qui lui aurait permis d'égaler le record d'Ayrton Senna, réalisé du Grand Prix d'Espagne 1988 au Grand Prix des États-Unis 1989Statistiques Pilotes - Pole positions Consécutivement, www.statsf1.com Magny Cours 1993. – First pole for Hill, 100th podium for Prost, maxf1.net, 4 juillet 2017. 1993 French Grand Prix, www.database.motorsportmagazine.com Murray Walker, "Murray Walker’s 1993 Grand Prix Year", Hazleton Publishing, 10 décembre 1993, page 70. .
Derrière les deux Williams-Renault, on trouve les deux pilotes britanniques de l'écurie française Ligier-Renault : Martin Brundle et Mark Blundell. Il y a ainsi quatre moteurs Renault aux quatre premières places sur la grille de départ. La bonne réussite du camp tricolore à domicile est renforcée par la sixième place de Jean Alesi et la présence dans le Top 10 des deux pilotes français de l'écurie française Larrousse : Érik Comas et Philippe Alliot.
Comme lors de la première séance, Michele Alboreto réalise le moins bon temps et hérite de la vingt-sixième place, synonyme de non-qualification pour la course.
Pilote Écurie Première séance Deuxième séance Grille Temps Vitesse moyenne Temps Vitesse moyenne 1 Damon Hill Williams-Renault 12 12 1 2 Alain Prost Williams-Renault 12 12 2 3 Martin Brundle Ligier-Renault 11 11 3 4 Mark Blundell Ligier-Renault 12 11 4 5 Ayrton Senna McLaren-Ford 12 12 5 6 Jean Alesi Ferrari 12 12 6 7 Michael Schumacher Benetton-Ford 11 11 7 8 Rubens Barrichello Jordan-Hart 12 12 8 9 Érik Comas Larrousse-Lamborghini 12 12 9 10 Philippe Alliot Larrousse-Lamborghini 11 9 10 11 Karl Wendlinger Sauber-Ilmor 11 11 11 12 Riccardo Patrese Benetton-Ford 12 12 12 13 Aguri Suzuki Footwork-Mugen-Honda 12 12 13 14 Gerhard Berger Ferrari 12 12 14 15 Derek Warwick Footwork-Mugen-Honda 12 12 15 16 Michael Andretti McLaren-Ford 12 12 16 17 Alessandro Zanardi Lotus-Ford 10 11 17 18 Jyrki Järvilehto Sauber-Ilmor 12 11 18 19 Johnny Herbert Lotus-Ford 12 12 19 20 Thierry Boutsen Jordan-Hart 12 12 20 21 Ukyo Katayama Tyrrell-Yamaha 12 11 21 22 Luca Badoer Lola BMS Scuderia Italia-Ferrari 12 11 22 23 Christian Fittipaldi Minardi-Ford 12 6 23 24 Fabrizio Barbazza Minardi-Ford 2 12 24 25 Andrea De Cesaris Tyrrell-Yamaha 12 12 25 Place non qualificative 26 Michele Alboreto Lola BMS Scuderia Italia-Ferrari 12 9
Course Déroulement de la course