thumb|Saint Michel, emblème séculaire de Bruxelles. À Bruxelles, jusqu'à l'occupation française, et la mise en application du décret d'Allarde et des lois Le Chapelier, des 14 et , sanctionnées par le roi Louis XVI, supprimant le privilège des corporations et instaurant la liberté des activités commerciales et industrielles dans tout le royaume de France puis tout le territoire de la République Française, il faut avoir la qualité de Bourgeois (en néerlandais poorter van Brussel, borger van Brussel; en français citoyenL'on employait indifféremment dans l'ancien régime en néerlandais l'expression borger van Brussel, poorter van Brussel, ou en latin civis Bruxellensis, oppidanus Bruxellensis et en français bourgeois de Bruxelles ou citoyen de Bruxelles. Voir: 1644: Steven Ydens, Histoire du S. Sacrament de miracle: gardé a Bruxelles, 1644, p. 36 : « En la susdite année mille quatre cens trente six, un honnorable personnage nommé Gilles du Mont Chevalier & citoyen de Bruxelles, fit eriger une Chappelle au mesme lieu, ou le miracle estoit advenu : & y fonda trois Messes à dire » : 1755 : Gabriel Dupac de Bellegarde, Mémoires historiques sur l'affaire de la bulle Unigenitus, 1755, p. 446: Mais cette cruelle inquisition a été encore poussée plus loin à l'égard de M. du Cellier ecclésiastique, citoyen de Bruxelles, mort le 14 du mois; 1783: Jean Baptiste Lesbroussart, De l'éducation belgique ou Réflexions sur le plan d'études, adopté 1783, p. 14: tandis que l'autre jouirait de la lumière des lettres à quel tître le fils d'un citoyen de Louvain, d'Anvers, ou de Gand reçevrait-il une autre; 1785: Theodore Augustine Mann, Abrégé de l'histoire ecclésiastique, civile et naturelle, 1785, volume 1, p. 50 : « Un citoyen de Bruxelles ne sera emprisonné ailleurs que dans cette ville même. Personne ne pourra se saisir d'un citoyen, que le seul Amman ou ses sergens ». de Bruxelles ou bourgeois de Bruxelles ; en latin civisExemple: Collection de mémoires relatifs à l'histoire de Belgique, Société de l'histoire de Belgique, n° 16,Bruxelles, 1863, p. 114 : « in hoc loco insignis quidam vir ex aula Imperatoris, civis Bruxellensis, qui narrabat se iterum atque iterum monachum convenisse de quibusdam negotiis, quae tum ad meam, tum aliorum causam pertinerent. » Bruxellensis ou oppidanusF. Favresse, L'avènement du régime démocratique à Bruxelles pendant le moyen, 1932 : « Arnoldus de Lapide, oppidanus Bruxellensis, est cité en août 1244 », ou Édouard Terwecoren, Collections de précis historiques, Bruxelles, 1869, p. 286: « honestus vir Jacobus Taie, oppidanus Bruxellensis, alter magistrorum fabricae ecclesiae beatae Gudulae, aetatis annorum LXX vel circiter » Bruxellensis) pour pouvoir non seulement y exercer des droits politiques, mais également pour pouvoir y pratiquer un métier et faire partie des Corporations ou Nations.
Ce statut privilégié de bourgeois existait dans toutes les villes européennes.
La qualité de Lignager donnait droit gratuitement à la bourgeoisie de Bruxelles. La Coutume de Bruxelles, telle qu'elle fut codifiée en 1570, prévoyait en ses articles 206 et suivants les conditions d'admission à la bourgeoisie de la villeRecueil des anciennes coutumes de la Belgique, publié par ordre du Roi, sous les auspices du Ministre de la Justice, par les soins d’une commission spéciale, Coutumes du Pays et duché de Brabant, quartier de Bruxelles, Tome premier, Coutumes de la ville de Bruxelles, par A. De Cuyper, conseiller à la Cour de cassation, membre de la Commission royale pour la publication des anciennes lois et ordonnances de la Belgique, Bruxelles, Fr. Gobbaerts, imprimeur du Roi, successeur d’Emm. Devroye, rue de Louvain 40, Bruxelles, 1869..
Historique dans les Pays-Bas méridionaux
L’origine de la plupart des privilèges accordés aux Bourgeois des villes se perd dans la nuit des tempsRapport sur les octrois communaux de Belgique, présenté à la Chambre des Représentants le 28 janvier 1845 par le Ministre de l’Intérieur, tome second, Bruxelles, Em. Devroye et Ce, Imprimeur du Roi, 40 rue de Louvain, 1845, Quatrième partie. Notices historiques sur l’ancienne législation concernant les octrois et sur l’état de ces impositions dans quelques-unes des villes principale de la Belgique, avant l’occupation française, p. 420.. À LouvainIdem, page 419., il résulte d’une charte de 1211 accordée par Henri Ier, duc de Brabant, qu’à cette époque ils étaient déjà anciens. Ce privilège de bourgeoisie devint payant au fil du temps. À AnversIdem, p. 154, déjà en 1298, une charte donna à la ville le privilège de n’accorder le droit de bourgeoisie qu’à ceux qui payeraient 20 sols de Louvain. À BruxellesIdem, p. 330., un règlement du magistrat du mois de dispose que celui qui obtiendra la bourgeoisie de Bruxelles devra payer deux florins de Florence. Pour les bourgeois forains de la ville de Bruxelles, un règlement de 1377 cerne également les contours du droit à payer.
Cette institution juridique qu'est la bourgeoisie des villes fut supprimée lors de l'occupation française des Pays-Bas méridionaux à la suite de la mise en application du décret d'Allarde et des lois Le Chapelier, des 14 et , sanctionnées par le roi Louis XVI, supprimant le privilège des corporations et instaurant la liberté des activités commerciales et industrielles dans tout le royaume de France puis tout le territoire de la République française.
À BruxellesCharles Pergameni, Les archives historiques de la ville de Bruxelles. Notices et inventaires. Bruxelles, 1943, pages 281 et 283., les bourgeois furent reçus jusqu’au et la ville délivra des quittances des droits payés par les bourgeois jusqu’au .
Qualité de bourgeois
Les habitants non bourgeois, appelés inhabitants ou en néerlandais ingesetene, n'ont aucun de ces droits politiques, mais ils n'en sont pas moins placés sous la protection des lois communales, et peuvent faire appel à la justice urbaine, ainsi qu'acheter des biens immobiliers. La qualité de bourgeois, qui impliquait un serment, était considérée comme un gage de fidélité à la ville et à la communauté urbaine.
À Bruxelles, les bourgeois étaient appelés « poortersDu Cange et al., Glossarium mediæ et infimæ latinitatis, Niort : L. Favre, édition augmentée de 1883-1887 : «Portarii, vulgo Porters, apud Flandrenses sunt habitatores oppidorum munitorum, quæ Flandr. Poort, Anglos. Port dicuntur. Vide Warnkœnig. Histor.[] Jur. Flandr. tom. 1. pag. 316. et infra Portireve. Alia notione vide in Portaticum ». », nom donné aux citoyens de villes importantes dites villes murées (voir : Délices des Pays-Bas). Ce mot dérive du mot néerlandais tombé en désuétude poorteMot répertorié par Jan Louys D'Arcy, Het groote woorden-boeck, vervattende den schat der Nederlandtsche tale, met een Fransche uyt-legginge, Rotterdam, des presses de Pieter van Waesberghe, 1651. Dont dérive également le mot poort-grave, mayeur de la ville., ville ou lieu fermé de murailles, comme les imposantes maisons de pierre que les riches bourgeois des Lignages de Bruxelles habitaient au début de l'existence de la ville, et auxquelles on donnait également le nom de « poorte » ou « porta » en latin, et dont le synonyme était « herberg » ou « hostel » et qu'on appelle aussi les steen. Chacune de ces « poorte » avait un nom, par exemple : « Poorte van den Galoyse », « Poorte van Coeckelberg », « de Gouden Poorte », « Priemspooerte », la « Raempoorte » (à Overmolen), la « porta des t'Serclaes » dit « le Palais », la « Slozenpoorte » (au Sablon), la « Poorte van de Tafelronde » ou la « Poorte van Vianen ».
La domonymie de Bruxelles étant très riche et variée.
La qualité de bourgeois, c'est-à-dire de citoyen d'une ville y disposant des droits politiques en opposition aux simple habitants, forme la base de l'organisation urbaine des villes. Le système urbain en Europe remonte pour beaucoup de villes encore existantes actuellement à l'Antiquité gréco-latine, d'autres ont été fondées vers l'an mil moment de la renaissance urbaineHenri Pirenne, Les villes du Moyen Âge, essai d’histoire économique et sociale, Bruxelles, Lamertin, 1927. , ainsi que : Les villes et les institutions urbaines, Alcan, 1939.. Le système de la civilisation urbaine s'est développé parallèlement à la civilisation rurale plongeant ses racines dans l'époque néolithiquePierre Bonenfant, professeur à l'Université de Bruxelles, « Racines préhistoriques de la Wallonie », dans Histoire de la Wallonie publiée sous la direction de Léopold Genicot, Toulouse, Privat, 1973, p.37-39 : .
Prérogatives de la bourgeoisie de Bruxelles Ci-après suivent les prérogatives des bourgeois de Bruxelles, telles qu'elles sont énuméréesHenry-Charles van Parys, Les prérogatives de la bourgeoisie de Bruxelles, dans L'Intermédiaire des Généalogistes, n° 62, mars 1956, Bruxelles, pages 98 et 99, se référant au manuscrit conservé au Cabinet des Manuscrit de la Bibliothèque royale de Belgique, (KBR), n° 21 753, f° 221. par le juriste Jean-François van Halen en 1750 :
Seuls les bourgeois de Bruxelles, que ce soit par naissance ou par achat, sont admissibles aux métiers de la Ville, exception faite de celui des bouchers qui est un métier ferméVoyez ce qu'il est dit de ce privilège des bouchers bruxellois à la page Nations de Bruxelles.. Cependant, pour pouvoir être nommé doyen d'un métier ou d'une gilde ou à un office de la Ville, il faut en outre être né en Brabant et de naissance légitime, Les bourgeois de Bruxelles ne sont pas redevables des tonlieux dans tout le Brabant, Les bourgeois de Bruxelles jouissent de la franchise de droit de porte et de chaussée lorsqu'ils viennent avec leurs voitures de la campagne et jouissent également de la franchise de barrière à la chaussée de La Hulpe, Les bourgeois de Bruxelles sont exempts du droit de louche au Marché aux Grains s'ils cultivent leur terre à l'intérieur de la ville ou dans la cuve de BruxellesAu XVIIe siècle, la cuve de Bruxelles comprenait Ixelles, Etterbeek, Saint-Josse-ten-Noode, Schaerbeek, Laeken, Anderlecht, Molenbeek-Saint-Jean-Saint-Jean et Saint-Gilles., Les bourgeois de Bruxelles ne peuvent être arrêtés nulle part dans les campagnes et villes du Brabant. Ils ne peuvent être attraits en justice que devant le Magistrat de Bruxelles.