Angers (prononcer ) est une commune de l'Ouest de la France traversée par la Maine, chef-lieu et siège de la préfecture du département de Maine-et-Loire dans la région Pays de la Loire.

Située sur l'axe Paris-Nantes, Angers est en la deuxième commune la plus peuplée de la région Pays de la Loire et la dix-huitième de France avec . En , la ville est la commune-centre d'une aire d'attraction peuplée de , d'une unité urbaine de et d’une intercommunalité, la communauté urbaine Angers Loire Métropole (ALM), comprenant et .

Capitale historique et place forte de l'Anjou, berceau de la dynastie des Plantagenêts, Angers est l'un des centres intellectuels de l'Europe au sous le règne du « bon roi René ». La ville doit son développement comme son rôle politique et historique à sa position au niveau d’un point de convergence géologique, hydrographique, culturel et stratégique.

Au , Angers se distingue par sa spécialisation dans le domaine du végétal : Végépolys Valley est le premier pôle de compétitivité horticole européen, la ville abrite également le siège de l'office communautaire des variétés végétales. Ses universités, ses musées et son activité culturelle en font également un centre culturel important qui comprend notamment le château des ducs d'Anjou, construit au , qui abrite la tenture de l'Apocalypse, le plus grand ensemble de tapisseries médiévales connu, inscrit au registre international Mémoire du monde de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). La richesse de son patrimoine lui vaut le label de ville d'art et d'histoire.

Géographie Localisation La ville est située dans l'ouest de la France, au centre du département de Maine-et-Loire, sur l'axe de communication entre le bassin parisien et l'océan Atlantique. Elle est située dans l'ouest du Val de Loire, aux confluences du Loir, de la Mayenne et de la Sarthe. Ces deux dernières rivières forment ensuite la Maine qui se dirige au sud-ouest vers la Loire. C'est sur ces confluences de trois rivières et d'un fleuve, carrefour naturel des voies de communication sur un promontoire rocheux, que les premiers hommes à l'origine d'Angers se sont implantés..

Elle est distante de de Saumur et de de Cholet, sous-préfectures du département ; de de Nantes, capitale régionale ; de du Mans, de de Tours et de de Rennes, communes de plus de des départements voisins ; enfin, de de Paris (distances orthodromiques)..

Angers se trouve à de l'océan Atlantique (Pornic en Pays de la Loire) et de la Manche (Courtils en Normandie).

Avec une superficie de , Angers est moins étendue que les préfectures voisines que sont Nantes, Le Mans ou encore La Roche-sur-Yon mais davantage que Tours et a une surface équivalente à celle de Poitiers.

Géologie et relief Le Maine-et-Loire, dont Angers est le chef-lieu, est situé pour moitié sur le Massif armoricain et sur le Bassin parisien. Située au centre du département, Angers est à la jonction de ces deux grandes structures géologiques, granitique à l'ouest et sédimentaire à l'est..

La commune est principalement assise sur le Massif armoricain. Les terrains issus de ce dernier trouvent leurs origines du Briovérien supérieur et du Cambrien basal () au Carbonifère supérieur (), par ailleurs le bassin houiller de Basse Loire est situé à moins de des limites communales.. Angers et le quart nord-ouest du département ont un sous-sol principalement composé de gisements de fer, d’ardoises et de calcaire pour la chaux. De nombreux gisements ardoisiers se trouvaient dans la commune (dans le quartier du Grand-Pigeon notamment) ou à proximité, principalement à Trélazé. Les terrains ferrifères disparaissent au nord de la commune ; dans le quartier de Monplaisir se trouvait l’ancienne mine de fer du Pavillon. Quant aux calcaires du Massif armoricain, ils se concentrent en lentilles carbonatées que l’on retrouve par exemple dans le synclinal d’Angers. Ils sont exploités pour la fabrication de chaux ..

L'altitude de la commune est faible et varie entre ., ce qui ne l'empêche pas d'être particulièrement vallonnée. : la rive gauche est entaillée par plusieurs vallons perpendiculaires à la Maine alors que la rive droite voit s'élever notamment le plateau des Capucins point culminant de la commune.. Beaucoup d'escarpements schisteux apparaissent également dont le promontoire à partir duquel s'est développée la ville. et qui domine la rivière sur plus d'une vingtaine de mètres. À l'inverse, d'autres quartiers sont à une très faible altitude au bord de la rivière et de ce fait vulnérables aux inondations (notamment les quartiers Saint-Serge, Thiers-Boisnet et de la Doutre)« Cartographie confluence Maine — Angers », (consulté le 7 octobre 2015)..

Hydrographie vignette|upright=0.8|La confluence de la Mayenne et de la Sarthe (à gauche) formant la Maine (à droite), au nord d'Angers.|alt=Vue de la confluence de deux rivières au petit matin.

La Mayenne et la Sarthe, qui se rejoignent près de l'île Saint-Aubin, forment la Maine qui traverse la ville et rejoint la Loire à quelques kilomètres, à la Pointe.. Au niveau du centre-ville, elle s’écoule dans un étroit goulet d’étranglement lié d’une part au verrou rocheux à hauteur du château et d’autre part à l’artificialisation des berges et la construction de nombreux quais, principalement au . À l’aval, la rivière retrouve un champ d’expansion des crues (prairies de la Baumette et lac de Maine) où un seuil a été érigé en 1994 afin de favoriser la navigation fluviale. Son débit moyen inter-annuel est d’environ /s« Rapport de présentation du plan de prévention des risques inondations dans le secteur de la confluence de la Maine », sur le site de la préfecture de Maine-et-Loire (consulté le 3 octobre 2015)..

Au nord de la commune, vers l'amont, se rencontrent les basses vallées angevines principalement composées de prairies inondables.. Constituées le long de la Mayenne, de la Sarthe et du Loir, elles représentent une « zone naturelle d’expansion » d’une superficie d’une centaine de km2. Leur capacité de stockage est d’environ de mètres cubes, soit un minimum d’une quinzaine de jours d’écrêtement au niveau d’AngersDREAL Pays de Loire, DDT de Maine-et-Loire, « TRI Angers-Val d’Authion-Saumur – Rapport de présentation de la cartographie du risque d’inondation », sur le site de la préfecture de Maine-et-Loire, septembre 2013 (consulté le 3 octobre 2015)..

Le secteur « Angers – val d’Authion – Saumur » a été identifié comme un territoire à risque important (TRI) : la commune est en effet concernée par un important risque d’inondation. Compte tenu de la faible longueur de son cours (), la Maine est fortement dépendante de l’activité hydrologique de la Loire et de ses affluents et elle connait schématiquement trois types de crues : elles peuvent tout d'abord être dues à la crue d’une ou plusieurs des trois rivières en amont ; elles peuvent s’expliquer également par une crue de la Loire : celle-ci limite l’écoulement de la Maine et provoque un stockage des eaux en amont ; un scénario de crue extrême prévoit la concomitance entre deux crues centennales , mais la période de retour d’un tel événement est évaluée à plus de .

La cote d'alerte de la Maine est fixée à . La crue de a été retenue comme représentative d’une crue fréquente (crue décennale) à Angers et les basses vallées (hauteur d'eau de au pont de la Basse-Chaîne). Lors de la crue centennale de 1995 , la Maine a atteint une hauteur historique de le au repère de crue situé au pont de Verdun et un débit de /s.

Angers est également parcourue par le Brionneau, qui prend sa source dans le Haut-Anjou et dont les eaux sont retenues dans l'étang Saint-Nicolas à l'ouest de la ville. Ce dernier serpente dans un vallon, séparant deux quartiers de la ville. D'autres ruisseaux s'écoulent depuis les vallons de la rive gauche, perpendiculaires à la Maine, comme celui du vallon du ruisseau, au sud. L'ancien ruisseau de l'Esvière a quant à lui disparu sous l'effet de l'urbanisation.

Un lac artificiel, le lac de Maine, vaste plan d'eau de , fut aménagé à la fin des en parc de loisirs ouvert à tous.. Situé sur les anciennes prairies inondables d'Aloyau, le lac provient de l'exploitation par la ville de carrières de grave..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Beaucouzé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Milieux naturels et biodiversité Angers se situe à la périphérie immédiate du site du Val de Loire classé au patrimoine mondial de l’Unesco.. La ville est également l'une des deux villes-portes du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine avec Tours en Indre-et-Loire..

vignette|upright=0.8|L'île Saint-Aubin, à l'extrémité des basses vallées angevines.|alt=Photographie d'un canal au milieu de champs ; des lentilles d'eau.

Au nord, les « basses vallées angevines », grande zone humide de plus de , intègrent la ville au niveau de l’île Saint-Aubin. Celles-ci correspondent aux rives de la Mayenne, de la Sarthe et du Loir, principalement constituées de prairies inondables, bocages, mares et haies ; elles sont un refuge de biodiversité important, notamment ornithologique et abrite une flore et une faune typiques du Val de Loire.. Les « basses vallées angevines » sont protégées par le réseau Natura 2000 (au titre des directives « Habitat » et « Oiseaux ») et relèvent également de la Convention de Ramsar, traité international visant à la conservation et à l’utilisation durable des zones humides. L’île angevine de Saint-Aubin représente près de 10 % de ces espaces naturels et environ 15 % du territoire de la ville, c’est dire son importance, tant au niveau de la biodiversité locale que des espaces naturels communaux. Elle joue de surcroît le rôle important « d’écrêteur de crues » pour la ville située à son aval immédiat. Aujourd’hui, l’île, inhabitée, est toujours exploitée par les agriculteurs et offre un cadre naturel apprécié des habitants. L’ancienne ferme a été rénovée par la municipalité qui y a installé la Maison de l’île, lieu de détente et d’exposition..