Edmond Théry, né à Rognac (Bouches-du-Rhône) le et mort à Paris le Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , vue 19/31., est un journaliste, économiste et statisticien français.
Biographie
Edmond Théry est journaliste depuis 1879 : il est entré aux quotidiens Voltaire puis La Justice de Georges ClemenceauLe Figaro, 9 mai 1925, "Nécrologie". Il a aussi été le chroniqueur musical de La NationLe XIXe siècle, 16 avril 1905, Le Journal, 9 mai 1925. Il a collaboré ensuite aux quotidiens Le Matin et Le Figaro, et a siégé au conseil d'administration de ce dernier journalLe Figaro, 9 mai 1925.
Il fonde en 1892 et dirige jusqu'à sa mort l'hebdomadaire L’Économiste européen (32 pages d'informations économiques). En , Il est l'un des membres fondateurs avec Jules Domergue et Henry Garnier de la Société d'économie politique nationale (S.E.P.N.), présidée par l'économiste et universitaire Paul CauwèsIl préside la séance inaugurale: Le Figaro, 11 décembre 1897.
Edmond Théry a rappelé dans ses écrits que les tarifs douaniers n'ont pas une seule finalité, celle de la protection, comme le prétendent les libres-échangistes, mais trois : la protection (1) mais aussi la compensation (2, ce qui inclut l'échange) et la rémunération (3, les taxes d'importations sont une recette importante de l’État ce qui réduit les impôts payés par les Français).
La S.E.P.N. est favorable aux tarifs douaniers compensateurs, protecteurs et rémunérateurs.
Elle partage de nombreuses affinité avec une association d'agriculteurs et d'industriels présidée par Jules Méline, l'Association de l'industrie et de l'agriculture françaises.
Le choix de l'intitulé de la S.E.P.N. signifiait que les membres de la Société voulaient se différencier de la vénérable Société d'économie politique d'obédience libre-échangiste.
Théry a aussi été partisan du bimétallisme monétaire.
Publiciste, il est l'auteur de nombreux ouvrages, dont en 1901 Le Péril jaune, au sujet du décollage rapide de l'économie chinoise, que de nombreux Français redoutent, et non des moindres, comme Louis Delaunay-Belleville, président de la Chambre de commerce de Paris (voir le discours de M. Delaunay-Belleville, de 1895, prononcé à l'adresse du président de la République).
Edmond Théry a été un temps , c'est-à-dire journaliste tenant le bulletin financier, qu'il afferme, de journaux. Notamment L'Humanité de Jean Jaurès et d'Aristide Briand, en 1907 et 1908L'Humanité, 16 mars 1924, "L'Humanité communiste défendra L'Humanité de Jaurès", Claude Bellanger, Histoire générale de la presse française, Volume 3, PUF, 1969, p. 375, Alexandre Croix, Jaurès et ses détracteurs, Éditions du Vieux Saint-Ouen, 1967, p. 220 ( Théry aurait obtenu le contrat moyennant le versement de 19 000 francs ).
Après la mort d'Edmond Théry, des journaux d'extrême gauche (dont certains financés de manière occulte par l'U.R.S.S.) feront de lui un des quatre plus importants courtiers qui distribuent dans les journaux la manne de la publicité des emprunts au nom des grands établissements de crédit. Il serait l'agent du Crédit LyonnaisLa Vie ouvrière, 1910, Les Hommes du jour, 1er avril 1911, L'Humanité, 23 juillet 1920, Collectif, La guerre sociale: un journal "contre" : la période héroïque, 1906-1911, Les Nuits rouges, 1999, p. 110. Dans une époque où la vénalité de la presse est attestée, son hebdomadaire a en tout cas reçu de l'argent russeChristian Delporte, Les journalistes en France: 1880-1950, Seuil, 1999, p. 147 comme le montrent les révélations issues de la correspondance d'Arthur Raffalovitch (Affaire Arthur Raffalovitch). On y lit aussi cette lettre : L'Humanité, 13 mars 1924 (citation qui, en soit, n'atteste pas de la participation d'Edmond Théry à un système de corruption).
Il a été promu grand officier de la Légion d'honneur en 1913, sur le rapport du ministre de l'Agriculture. Il est, depuis 1911, membre de l'Académie d'agriculture de France et il possède un vignoble près de sa commune natale, dans les Bouches-Du-Rhône.
Il entretient de bonnes relations avec différents hommes politiques. Ainsi, à l'occasion du millième numéro de l’Économiste européen en 1911, un déjeuner au Ritz le voit entourer d'un ancien président de la République (Émile Loubet), de deux anciens présidents du Conseil (Georges Clemenceau et Jules Méline), de trois ministres ou anciens ministres, dont le ministre des finances Joseph Caillaux, ainsi que du gouverneur de la Banque de France, des directeurs des grandes banques, du syndic des agents de changeLes Hommes du jour, 1er avril 1911, Le Figaro, 20 mars 1911.
En outre, plusieurs missions lui auraient été confiées par des gouvernements françaisComptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France , 1925.
De plus, il est l'inamovible président de l'Association de la presse économique et financière, qu'il a fondée en 1905Le Figaro, 9 mai 1906, Ibid., 5 mai 1905, et il est vice-président des journalistes républicains.
Durant la Grande guerre de 1914-1918, Edmond Théry est lieutenant-colonel de territoriale et travaille pour le ministère de la Guerre. Début 1917, il est l'un des directeurs de la Section économiqueBulletin des lois de la République française, 1914, Comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, 1925, p. 513. Un témoignage critique: : Général R. Alexandre, Avec Joffre d'Agadir à Verdun : souvenirs 1911-1916, Berger-Levrault, 1932 , un service d'analyse et de conseils, rattaché au cabinet du ministre. Le ministre est alors le général Lyautey (voir l'article de Pierre Bruneau, dans la Revue militaire générale, de février 1922, page 149). Edmond Théry a été l'un des nombreux experts économiques à avoir non seulement préconisé le blocus des empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie) mais aussi avoir contribué à l'application de la guerre économique à travers l'exercice de ses fonctions au ministère de la GuerreLe Petit Parisien, 9 mai 1925.
À sa mort, il laisse cinq fils, dont René Théry, chargé de la rédaction de l’Économiste européen et qui prend la succession de son père, aussi bien de l'hebdomadaire que de l'Association de la presse économique et financièreJournal des économistes, 1925, Le Temps, 4 avril 1930.
Principales publications Sous l'uniforme, nouvelles militaires (1879) Les Finances de la République : le budget, la conversion, l'unification et l'extinction de la dette publique, les grands travaux du plan Freycinet (1883) La Crise des changes, la baisse de l'argent et ses conséquences, la situation monétaire du monde, le bimétallisme universel (1894) Histoire des grandes compagnies françaises de chemins de fer dans leurs rapports financiers avec l'État (1894) Les Fonctions de la Banque de France (1895) L'Évolution industrielle et commerciale (1897) Les Valeurs mobilières en France (1897) Europe et États-Unis d'Amérique] : statistiques d'ensemble : « maritimisme », populations, dépenses budgétaires, dépenses d'ordre militaire, dettes publiques, chemins de fer, commerce, banques d'émission, changes et escompte, numéraire international, production universelle de l'or et de l'argent (1899) Faits et chiffres, questions économiques d'actualité (1899) La Situation économique et financière de l'Espagne (1899) Les Finances ottomanes (1901) Histoire économique de l'Angleterre, de l'Allemagne, des États-Unis et de la France, 1890-1900 (1902) La Paix armée (1903) Le Péril jaune (1905) Le Septennat de M. Émile Loubet, au point de vue économique (1906) L'Égypte nouvelle au point de vue économique et financier (1907) La Situation économique et financière du Japon après la guerre de 1904-1905 (1907) Les Progrès économiques de la France : bilan du régime douanier de 1892 (1908) L'Europe économique (1911) La Fortune publique de la France (1911) La Transformation économique de la Russie (1914) Les Problèmes économiques de la guerre (1916) Conséquences économiques de la guerre pour la France (1922)
Sources Le Figaro, 9 mai 1925, Nécrologie Dossier de la Légion d'honneur d'Edmond Théry dans la base Léonore Comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France , 1925, Nécrologie
Notes et références
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