L’église Notre-Dame-de-Grâces de Cotignac, ou le sanctuaire Notre-Dame des Grâces, est une église catholique située à Cotignac dans le département français du Var, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. L'église est construite en 1519 après les apparitions de Notre-Dame de Grâces à un simple paysan, Jean de La Baume, sur ce même lieu. Des religieux sont affectés au sanctuaire et très rapidement rattachés à la congrégation de l'Oratoire.

D'abord modeste sanctuaire régional, le lieu devient un site de pèlerinage de premier plan lorsque le frère Fiacre augustin déchaussé, vient officiellement en pèlerinage depuis Paris pour y prier la Vierge afin d'accorder au roi Louis XIII un héritier. La grossesse de la reine Anne d'Autriche et la naissance du futur Louis XIV sont vus comme un accordé par Notre-Dame des Grâces. Cet événement attire l'attention sur le sanctuaire, et celui-ci restera lié à la monarchie jusqu'à la Révolution.

À la Révolution, les révolutionnaires pillent et rasent totalement le sanctuaire. En 1810, l'église est reconstruite par les habitants du lieu. Elle est prise en charge par la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée. Ceux-ci font réaliser des travaux d'aménagement dans le sanctuaire. En 1981, les Oblats transmettent la gestion du sanctuaire aux frères de la Communauté Saint-Jean.

Aujourd'hui, ce sanctuaire accueille par an, ce qui en fait le premier site visité dans le département du Var.

Historique Apparition mariale

Les 10 et , un modeste paysan, Jean de La Baume, voit la Vierge Marie sur une colline proche du village de Cotignac. La Vierge lui demande de transmettre aux habitants du village et à leurs responsables son message, à savoir venir en pèlerinage sur ce lieu, et y construire une église ... Les travaux pour la construction de l'église commencent dès le . Le , le pape Léon X accorde une série d'indulgences au sanctuaire provençal..

Vers la fin du , un groupe de prêtres et de religieux s'installe à proximité de l'église pour y étudier et organiser le culte. Ce petit groupe s'organise autour de la règle de saint Philippe Néri, et voit sa règle approuvée par le pape Clément VIII en 1599. En 1615, cet oratoire (groupe de religieux) est rattaché au mouvement de l'Oratoire de France. Ce rattachement est approuvé par le pape Urbain VIII..

Les pèlerinages du frère Fiacre thumb|Le Vœu de Louis XIII, par Philippe de Champaigne (1638). Après 20 ans de mariage, Louis XIII et Anne d'Autriche n'ont toujours pas d'enfant et le trône de France se trouve sans héritier. Le , un religieux de l'ordre des Augustins déchaux, le frère Fiacre, pendant qu'il prie, reçoit une révélation intérieure : la reine Anne d'Autriche devait, pour obtenir le fils souhaité, faire réaliser trois neuvaines de prières à la Sainte Vierge : une à Notre-Dame de Paris, une à Notre-Dame des Victoires, et la dernière à l'église Notre-Dame des Grâces de Cotignac. Une fois informée, la Reine mandate le frère Fiacre pour réaliser ces neuvaines qu'il débute le .. La reine l'envoie à Cotignac pour y conclure ses neuvaines qui se terminent le suivant. Neuf mois plus tard, le , Louis XIV naît à Saint-Germain-en-Laye...

thumb|left|200px|Tableau, vu en songe par le frère Fiacre. Informé de la grossesse de la reine, le , Louis XIII demande au frère Fiacre, avec son prieur, de retourner au sanctuaire de Cotignac pour effectuer une neuvaine de messes, afin de demander que la grossesse de la reine se passe bien, et que l'enfant tant espéré naisse en bonne santé.. Le , Louis XIII décide de consacrer le pays entier à la Vierge Marie. C’est le fameux .

En 1644, la reine demande au frère Fiacre de porter à l'église de Cotignac un tableau qu'elle a fait réaliser spécialement représentant le roi, à genoux, présentant sa couronne et son sceptre à la Vierge.. Ce tableau, exposé dans l'église, sera détruit à la Révolution..

Visite de Louis XIV et d'Anne d'Autriche La régente Anne d'Autriche et le roi Louis XIV, au début de son règne, se rendent en personne au sanctuaire de Cotignac. Le samedi , le cortège royal arrive à Cotignac. Le roi est accompagné d'une escorte militaire composée de et d'un détachement de mousquetaires..

L'annonce de son arrivée dans la petite commune provoque un grand émoi dans la population et parmi les notables qui s'interrogent sur la conduite à tenir pour accueillir un tel hôte de marque, d'autant que les caisses de la commune sont vides.. Un seul chemin carrossable atteignait alors le sanctuaire, depuis la route de Montfort. Mais il fallait l'élargir, ce qui fut fait pour cette occasion. Ce (baptisé pour l'occasion au nom du roi), Louis, la Reine et tout le cortège le suivent jusqu'à l'escalier qui reçut le même nom. Lors de sa visite, le jeune roi, âgé de 21 ans, fait don à la statue de la Vierge du long cordon de moire bleu céleste que portent les membres de l'Ordre du Saint-Esprit, dont il est membre, comme tous les membres de la famille royale. Pour sa part, la reine fait don, sur ses deniers, de six messes à célébrer à perpétuité.. Pour l'anecdote, les frais liés aux travaux d'aménagements routiers, ainsi que l'hébergement et l'alimentation de la garde du roi mettront de longs mois à être remboursés par la commune aux fournisseurs, et demanderont aux créanciers de multiples relances auprès des .

De retour à Paris, Louis XIV demande au frère Fiacre d'aller porter en son nom à Notre-Dame de Grâces, une copie du traité des Pyrénées et de son contrat de mariage avec Marie-Thérèse d'Autriche, ainsi qu'un tableau représentant le roi et la jeune reine.. Le religieux se rend alors en au sanctuaire pour y déposer les documents, et poursuit son pèlerinage vers Rome, à la demande cette fois de la reine Anne d'Autriche. En 1667, un an après la mort de la reine régente, Louis XIV fait porter par le frère Fiacre, dans l'église de Cotignac, une plaque en marbre noir, à la mémoire de sa mère rappelant qu'. Cette plaque se trouve toujours installée sur le mur de l'église plaque commémorative d'un pèlerinage de Louis XIV en 1667..

En 1661, les habitants de la commune de Cotignac cèdent au profit des pères de l'Oratoire ayant la charge du sanctuaire marial, des terrains et forêts où est situé le sanctuaire. Ce don fait par les habitants est contesté par le seigneur local, mais un accord est finalement trouvé entre les trois parties. En échange de cette donation, les religieux s'engagent à desservir également la chapelle Saint-Joseph, construite quelques mois plus tôt, sur le lieu d'une apparition de saint Joseph à trois kilomètres du sanctuaire.. Une nouvelle donation est faite 10 ans plus tard, toujours au profit du sanctuaire, mais par le seigneur cette fois-ci, avec une contestation de la commune.Lors de la Révolution, après la saisie des bien des religieux par l’État, la commune demandera la restitution des terrains, sans succès. Ils seront vendus au profit de l’État, et la forêt qui compose le terrain sera entièrement coupée..

thumb|Plaque présente dans l'église rappelant que le cœur du religieux est enterré dans l'église. En 1684, juste avant sa mort, le frère Fiacre demande par écrit au roi Louis XIV la permission de pouvoir faire enterrer son cœur dans l'église de Notre-Dame des Grâces, sous le marchepied de l'autel. Le religieux décède le , et le roi accède à sa demandeLa lettre, rédigée avant le décès du frère, a été présentée au roi après le décès du religieux.. Le , deux religieux de son ordre se présentent au sanctuaire, portant le cœur du défunt moine dans une boîte de plomb. Après la messe et une courte cérémonie qui rassemble les religieux du sanctuaire, le cœur est enterré dans l'église, sous l'autel..

Durant toute cette période, et jusqu'à la Révolution, le sanctuaire est l'objet de très nombreuses processions et pèlerinages, organisés par des villes, des corporations, des corps religieux et des confréries. Un certain nombre de paroisses du diocèse avaient fait le vœu de venir chaque année en procession au sanctuaire pour rendre des actions de grâce à la Vierge. Cet afflux de pèlerins n'était pas sans poser de problèmes pour leur hébergement car il manquait régulièrement des places dans le sanctuaire, et ceux-ci devaient être logés en ville..

Destruction à la Révolution et reconstruction En 1793, les pères de l'Oratoire qui gèrent le sanctuaire sont expulsés. Les révolutionnaires détruisent le tableau offert au sanctuaire par la reine Anne d'Autriche, mais le tableau décorant le maître autel, et que le frère Fiacre avait vu en songe avant sa première venue, est sauvé par le maire du village, Jean-François Templier, qui avant la venue des révolutionnaires, découpe la toile du tableau avant de la cacher. Une fois le calme revenu, il restitue ensuite la toile au sanctuaire. L'église est transformée en une prison (par les révolutionnaires), où des sont enfermés avant d'être déportés sur Toulon pour y être exécutés. Lorsque le 9 thermidor (le )Le 9 thermidor correspond à la chute de Robespierre et à la fin de la terreur révolutionnaire en France., toutes les prisons sont vidées, le sanctuaire et son domaine sont mis en vente (l'église, le couvent attenant, et la forêtLe chroniqueur local rapporte que la municipalité de Cotignac s'est opposée à la vente de la forêt, et a demandé, en vain, sa rétrocession à la commune. qui l'entoure) par les révolutionnaires. En 1796, les bâtiments sont détruits pour récupérer tous les matériaux de construction pouvant être revendus, et la forêt est entièrement rasée. Le chroniqueur local ajoute que a fait fouiller Les religieux vivant sur le site étaient enterrés dans un cimetière privé, dans l'enceinte du sanctuaire., pour y rechercher des pierres et éléments à revendre..

vignette|alt=Emplacement où la statue de la Vierge fut déposée par les Révolutionnaires|Emplacement où la statue de la Vierge fut déposée par les Révolutionnaires En 1810, l'église est reconstruite par les habitants de la ville.. Les archives départementales attribuent à Mr Gérard est le fils d'un d'après le chroniqueur O. Tessier (voir . l'initiative et la conduite des travaux. La reconstruction se fait sur le même plan que l'église primitive, par les habitants du village de Cotignac, chacun finançant suivant ses moyens, et certains habitants offrant gracieusement des journées de travail, à défaut d'argent, pour la reconstruction.. La nouvelle église est inaugurée le . Dans la nouvelle église sont replacés la statue de la Vierge (qui avait pu être préservée des destructions révolutionnaires - voir illustration ci-contre), ainsi que le tableau de la ViergeLe chroniqueur note que la peinture du tableau lui semblait relativement récente (en 1860), émettant l'hypothèse qu'il s'agissait soit d'une copie, soit d'une toile restaurée par un peintre lors de sa remise en place. La tradition locale maintient qu'il s'agit bien de la toile présente dans le sanctuaire lors de la visite du frère Fiacre en 1637. et la pierre gravée offerte par le roi Louis XIV..

Le lieu de pèlerinage est alors confié à la congrégation des Oblats de Marie-Immaculée., qui vont réaliser de gros travaux d’adduction d'eau et d'aménagement du site..

Au et jusqu'à aujourd'hui En 1938, la statue de Notre-Dame des Grâces, est couronnée canoniquement..

En 1981, les Oblats de Marie-Immaculée cèdent le lieu aux frères de la Communauté Saint-Jean, et leur confient l'animation des pèlerinages..

En lien avec le sanctuaire Saint-Joseph de Cotignac, la communauté Saint-Jean organise de multiples activités et pèlerinages à thèmes, tout au long de l'année : pèlerinages et retraites pour les familles, pour les enfants, les mères, les pères, et les célibataires... Les activités pastorales se font en lien avec le monastère Saint-Joseph du Bessillon, situé à près de , et relié par un chemin à travers la forêt..