La cathédrale Saint-Maclou de Pontoise est une cathédrale catholique située à Pontoise dans le département français du Val-d'Oise en région Île-de-France.

L'église, consacrée au , a été élevée à la dignité de cathédrale par le pape Paul VI en 1966 à l'époque de la création du département du Val-d'Oise et à la suite de la création du diocèse de Pontoise dont elle est le siège. L'actuelle cathédrale est classée monument historique depuis 1840..

Localisation La cathédrale Saint-Maclou se situe en France, dans le département du Val-d'Oise et l'agglomération de la ville nouvelle de Cergy-Pontoise, dans la partie haute du centre ancien de la ville de Pontoise. La façade septentrionale (Nord) donne sur la place du Petit-Martroy, place où se situait l'ancien hôtel de villeFaçade transformée en portail du Jardin de la ville vers 1859 et inscrite monument historique . ; la façade occidentale (Ouest) également ainsi que sur la rue de la Coutellerie ; la façade méridionale (Sud) achève la perspective de la rue Thiers et de son escalier monumental ; le chevet donne sur la rue de l'Hôtel-de-Ville qu'il surplombe grâce à un haut soubassement ; et le croisillon Nord du transept enfin donne sur la place du Grand-Martroy. Y existe un portail secondaire, ainsi que dans le croisillon Sud, accessible par un escalier flanquant le chevet au Sud et montant depuis la rue de l'Hôtel-de-Ville.

Histoire thumb|left|180px|Plan schématique à la fin de la construction.

L'église Saint-Maclou n'a pas été bâtie en tant que cathédrale, mais comme église paroissiale du secteur Nord de la ville de Pontoise, autour du milieu du . Son premier curé se nommait Robert et vivait en 1165.

Une paroisse Saint-Maclou n'est toutefois pas attestée avant 1213, et elle était dotée d'une double cure jusqu'en 1736, particularité pouvant s'expliquer par l'existence antérieure d'une chapelle Saint-Eustache ayant cohabité un temps avec Saint-Maclou, ou par la division d'un héritage seigneurial comportant des revenus d'autel76-77.. Cette seconde possibilité est plus plausible, car la chapelle fondée en 1110 seulement était desservie par des vicaires de la paroisse Saint-Mellon, et n'était peut-être qu'une chapelle latérale d'une première église Saint-Maclou connue depuis 109011-12.. La paroisse dépendait alors de l'archidiocèse de Rouen.

En dehors du petit cercle de cathédrales construites comme telles sur le territoire de l'actuelle région Île-de-France, l'église Saint-Maclou peut être considérée comme l'un des édifices les plus importants, tant pour ses dimensions que pour sa valeur architecturale, avec la collégiale Notre-Dame de Mantes-la-Jolie, la collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes et la collégiale Saint-Martin d'Étampes. La première étude paraît par ailleurs dès 1587Dans : .1-2., et c'est l'un des cinq premiers sur le territoire de l'actuel département du Val-d'Oise à être classé monument historique par liste de 1840.

Aucun document d'époque ne subsiste pour attester la période de construction exacte de l'église Saint-Maclou, mais elle paraît postérieure à la basilique de Saint-Denis terminée en 1144. Il s'agissait d'une église de plan cruciforme se composant d'une nef de cinq travées accompagnée de deux bas-côtés simples ; d'un transept saillant dont chaque croisillon comportait deux travées successives, au nord et au sud ; d'un clocher central se dressant au-dessus de la croisée du transept et d'un chœur d'une unique travée en hémicycle, entouré d'un déambulatoire avec cinq chapelles rayonnantes.

Des éléments significatifs de cette église primitive subsistent, même si leur caractère initial s'est perdu au gré des remaniements. Il s'agit du chœur et du déambulatoire, dont toutes les baies ont été repercées ; des murs Est et Ouest du croisillon méridional, des murs Est et Nord du croisillon septentrional, avec sa tourelle d'escalier rectangulaire ; et de cinq arcs formerets en haut du mur Nord de la nef77.Planche II..

L'église primitive garda sa physionomie d'origine pendant un siècle et demi environ, jusqu'au , quand un ouragan fit chuter le clocher central, entraînant la destruction partielle de la nef avec l'effondrement de son dernier pilier côté Sud. La réparation de la nef fut prise en charge par les bouchers de la ville et terminée en 1325. À partir du milieu du siècle suivant, l'église fut agrandie par l'adjonction de deux travées supplémentaires à la nef et aux bas-côtés à l'Ouest, allant de pair avec l'élévation d'une nouvelle façade occidentale et la construction d'un nouveau clocher à gauche de cette dernière. Les travaux se poursuivirent avec la réfection des voûtes et des fenêtres du chœur et du déambulatoire, pour se terminer dans un premier temps en 1477 avec la construction d'une sacristie sur deux niveaux à l'emplacement de la première chapelle rayonnante au Sud du chœur. thumb|left|Chevet au début du , entouré de maisons accolées.

Pendant le second quart du , en 1530, l'agrandissement de l'église Saint-Maclou entra dans une deuxième phase, entraînant davantage que la première le remplacement de structures d'origine. Le bas-côté Nord initial fut démoli pour être remplacé par un double bas-côté flanqué d'une rangée de chapelles sur toute sa longueur. On procéda par reprise en sous-œuvre, laissant subsister la partie haute du mur de la nef tout en procédant à la construction de nouvelles arcades en dessous, ce qui explique la survivance des cinq formerets du .

La dernière chapelle à l'Est fut reliée à une travée supplémentaire de plan irrégulier, servant de narthex au portail septentrional, au Nord du transept. Ce portail supplémentaire fut terminé en 1540. Comme l'indique une date sur l'un de ses vitraux, la chapelle de la Passion suivit à peu d'intervalle, en 1545. Cette chapelle occupe l'emplacement des deux premières travées du second bas-côté Nord avec leurs deux chapelles. Un autre ajout de la même époque n'a pas survécu ; il s'agit d'un nouveau clocher central à l'emplacement du précédent. Le marché pour sa construction et nécessairement la réfection de la voûte de la croisée du transept qui le supporte est passé en date du avec Jean Delamarre, maître-maçon à Saint-Denis.

Cependant, les travaux ne s'arrêtent pas là. Il ne s'agit plus d'extensions, mais de l'embellissement de l'église et de son adaptation au goût de l'époque, qui vit l’avènement de l'architecture Renaissance dans le Nord de l'Île-de-France. Un marché pour la couverture par un dôme du clocher occidental du milieu du fut passé avec Pierre Le Mercier, de Pontoise, le 5.. Jusqu'en 1570, les voûtes de la nef, son mur méridional et le bas-côté Sud sont démolis et construits à neuf dans le style de la Renaissance. Les chapelles flanquant le bas-côté Sud sont achevées en 1578, mais bénies seulement le , par Henri le Meignen, évêque de Digne, natif d'Oissery. Comme dernière mesure de cette époque, les piles occidentales de la croisée du transept, dont la voûte ne venait d'être refaite qu'une quarantaine d'années auparavant, sont rebâties en sous-œuvre en 158577-78 et 87..

Le par ordonnance du cardinal de Saulx-Tavannes, archevêque de Rouen, et par lettres patentes du Roi, les 2 titres de la paroisse sont réunis. Il n'y aura donc désormais qu'un seul curé de Saint-Maclou.

Le fut témoin d'une série de modifications peu compatibles avec l'esprit s'installant un siècle plus tard, quand la conscience pour la valeur historique des bâtiments anciens s’éveilla. En 1739, le conseil de fabrique fit remplacer les baies hautes de la nef, et en 1742, celles de la chapelle de la Vierge.

En 1772, la décoration du sanctuaire fut adaptée à la mode de l'époque, et le dallage du sol constitué de pierres tombales fut remplacé en deux étapes en 1775 et 1783. En 1783, les chapiteaux des piles au Nord de la nef furent supprimés par l'entrepreneur Denis Belargent, et l'intérieur de l'édifice badigeonné par l'entrepreneur italien Borrani80.. Le pilier central du portail et le tympan sont détruits en 1784 sur ordre de M. de Monthiers. Un an après, le clocher central fut démoli sans être remplacé. Ensuite, la Révolution française apporta son lot d'actes de vandalisme, avec notamment le bûchage des statues du portail occidental. Cinq cloches et quatre statuettes d'argent sont fondues. À l'instar des autres églises principales de chacune des communes, Saint-Maclou est transformée en Temple de la Raison en 1793, puis en halle aux grains. L'église est rétablie au culte catholique suite au concordat de 1801 et ne dépend plus de l'archidiocèse de Rouen mais désormais à celui du diocèse de Versailles.

Au , les travaux allèrent dans le sens de la préservation et la restauration de l'édifice, à la suite de son classement. Sous la direction de l'architecte Henri Blondel, la chapelle de la Passion fut restaurée en 1860, et celle de la Vierge en 1871. Sous la direction de l'architecte des monuments historiques Alphonse Simil, la rosace de la façade occidentale enfoncée par une tempête en 1875 fut reconstituée en 1883, ainsi que le gable du portail principal. Finalement, grâce à la générosité de l'ancien maire de Pontoise, Alexis-Désiré-Ernest Mallet, le chevet du put être dégagé des maisons qui l'entouraient entre 1907 et 1911.

La création du département du Val-d'Oise entraîne la fondation du diocèse de Pontoise en date du et à cette date, l'église Saint-Maclou devient la cathédrale du diocèse.

Du mois d' au début de l'année 2021, des travaux de restauration ont été effectués sur la toiture et certaines voûtes pour un coût de plus de 2 millions d'euros, montant prise en charge par la ville de Pontoise.. En 2025 est signé un grand projet de restauration de la cathédrale entre l'État, la région, le département, la commune et d'autres acteurs pour un montant de plus de 15 millions d'euros, en faisant de la cathédrale le 2ème plus gros chantier de restauration d'Île-de-France après la basilique de Saint-Denis. Les travaux débuteront en juin 2026 par une restauration complète du clocher, puis des toitures et du bas-côté nord, des voûtes de la nef, de la rosace et des grandes orgues dans les années à venir.

Architecture Aperçu général thumb|upright|250px|Plan schématique de l'église depuis 1585, à la suite des agrandissements.

Régulièrement orientée, la cathédrale Saint-Maclou obéit initialement à un plan cruciforme qui, à la suite des adjonctions du , n'est plus aussi apparent qu'à l'origine. L'édifice a notamment perdu sa symétrie du fait des restrictions imposées par le tracé des voies publiques, avec un mur méridional oblique, et le transept n'est plus saillant par rapport aux bas-côtés. Depuis 1585, l'église se compose d'une nef de sept travées ; d'un bas-côté méridional simple de sept travées également, dont la deuxième à septième se prolongent vers le sud par des chapelles dont la profondeur augmente avec l'approche du chevet ; d'un bas-côté septentrional, doublé de la troisième à septième travée, et prolongé ici vers le nord par des chapelles de dimensions identiques ; d'une chapelle de la Passion de deux larges travées devant la première et deuxième travée du bas-côté septentrional ; d'un transept de deux bras de longueur égale, se composant chacun de deux travées ; d'une chapelle servant de narthex devant le croisillon nord ; d'un chœur d'une unique travée en hémicycle ; d'un déambulatoire avec quatre chapelles rayonnantes, la cinquième ayant été remplacée par une sacristie de deux niveaux ; et d'un clocher occidental se dressant au-dessus de la première travée du bas-côté septentrional.

Les dimensions de l'édifice sont les suivantes : Longueur totale : largeur totale : longueur du transept : largeur de la nef : largeur du double bas-côté nord : hauteur de la nef : ? hauteur des bas-côtés : ? hauteur du clocher : 45 m