Un garde-corps est un ouvrage s’élevant à hauteur d’appui et servant de protection devant un vide, afin de prévenir les chutes. La fonction de garde-corps peut-être remplie par diverses formes d’ouvrages, comme le parapet ou la balustrade. Il peut également prendre d’autres noms en fonction de son contexte d’installation, par exemple rampe d’appui dans un escalier ou barre d’appui pour une fenêtre.

Après avoir longtemps pris la forme d’un parapet, les garde-corps deviennent progressivement de plus en plus ajourés après l’apparition du style gothique au . Privilégiant à l’origine le motif de l’arcature, la forme des jours se diversifie à partir du jusqu’au début du . Dans l’architecture monumentale, les garde-corps prenant la forme de balustrade deviennent dominant à partir du milieu du , en accompagnement de l’architecture de la Renaissance. Cette forme est pratiquement hégémonique dans l’architecture occidentale jusqu’au .

Du fait de son rôle comme élément de sécurité, la mise en place des garde-corps est encadrée dans la construction contemporaine par des lois et des normes dans la plupart des pays. Celle-ci spécifient généralement des cas où la présence d’un garde-corps est obligatoire, ainsi que ses dimensions et sa résistance minimales.

Terminologie vignette|redresse|La rampe d’appui est un garde-corps adapté à un escalier. La galerie à l’étage comporte par ailleurs une balustrade servant de garde-corps. Le garde-corps est un ouvrage s’élevant à hauteur d’appui et servant de protection devant un vide, afin de prévenir les chutes. Il se définit ainsi par sa fonction, à la différence par exemple de la balustrade, qui se définit par sa forme et peut avoir toute sorte de fonction, y compris de garde-corps. En pratique, notamment dans l’architecture monumentale, la fonction de protection est parfois secondaire, le garde-corps ayant dans certains cas d’abord un rôle décoratif. Le garde-corps peut de fait être appelé différemment selon sa forme : un garde-corps comportant des balustres peut ainsi être désigné sous le nom de balustrade ou un garde-corps plein sous celui de parapet. Les termes « garde-fou », « rambarde », « prannel », « accoudière », « avant-pie » et « garde-poitrine » sont considérés comme étant synonymes de garde-corps.

Le garde-corps est généralement constitué d’un socle, sur lequel reposent des dés servant de supports à un appui. Il est dit « ajouré » lorsqu’il est percé d’ouvertures décoratives en faisant un remplage.

Le garde-corps peut prendre des noms spécifiques en fonction du contexte dans lequel il se trouve. Le garde-corps d’un escalier est ainsi appelé rampe d’appui. Celle-ci est posée ou attachée au limon et surmontée d’une main-courante. Sur les ouvertures, un garde-corps ajouré peut surmonter ou remplacer une allège. Il est appelé « barre d’appui » s’il prend la forme d’une simple barre et balconnet s’il est en légère saillie par rapport à l’embrasure.

Histoire L'obligation d'installer des garde-corps est mentionné dans l'ancien testament, sur les terrassesDeutéronome 22:8 et autour des fossesExode 21:33.

vignette|Parapet de la tribune du porche de l’église abbatiale de Vézelay, première moitié du Au Moyen Âge, les garde-corps restent longtemps sous la forme de parapets et se trouvent plutôt à l’intérieur des bâtiments, les circulations extérieures étant rares jusqu’à la fin du . Le développement de l’architecture gothique entraîne la multiplication des circulations, par ailleurs souvent étroites, dans les hauts des édifices. Il en résulte non seulement un recours plus fréquent au garde-corps, mais également l’évolution de celui-ci selon les formes du style gothique. Il s’allège en devenant ajouré, dans un premier temps surtout sous la forme d’une arcature à jour. Le triforium de la nef de la cathédrale de Rouen, construit vers 1230, présente ainsi un garde-corps ajouré d’une arcature en arc-brisé.

La forme et la mise en œuvre demeurent néanmoins tributaire des matériaux disponibles, ainsi les calcaires de qualité disponibles dans l’Oise et la Seine permettent de sculpter finement des garde-corps ajourés d’une seule pièce, tandis que la pierre plus cassante de Normandie ne permet pas d’extraire des dalles monolithes de grande dimensions, avec pour conséquence que les garde-corps y sont plus bas.

vignette|redresse|Garde-corps à motif crénelé, cathédrale de Troyes, . Les arcatures disparaissent largement des garde-corps partir de la fin du , les motifs de trilobes, quadrilobes, triangles et carrés à redents leur étant préférés. Les formes se diversifient au et sont marquées une volonté de casser l’horizontalité des gardes-corps. Cela se traduit dans certains cas par des dispositions originales, comme le recours à des créneaux décoratifs pour le garde-corps de la coursive supérieure du chœur de la cathédrale de Troyes. L’accroissement des ajours tend cependant à fragiliser les garde-corps, qui deviennent par conséquent de plus en plus épais au cours du , avec un passage d’une douzaine de centimètre en moyenne au à une trentaine à la fin du .

Le garde-corps à panneaux, dans lequel des panneaux identiques se suivent, séparés au joint par un montant vertical, répondent à la fois de ce principe, d’autant que le montant est souvent surmonté d’un pinacle ou d’un fleuron, et de l’idée d’améliorer l’efficience de la production en permettant la production en série de modules identiques. Les garde-corps à panneaux se diffusent au cours du et deviennent dominants à partir du début du . Dans le même temps, le style de la Renaissance se traduit sur les garde-corps en pierre par le développement de la forme de balustrades. Ses balustres sont d’abord des colonnettes imitant les colonnes des ordres antiques, comme le dorique, avant de prendre leur forme caractéristique imitant le bois tourné. Bien qu’alors nouveaux dans l’architecture monumentale en pierre, les garde-corps de type balustrade existent depuis au moins le sur les constructions en bois, notamment dans l’architecture civile.

Le garde-corps de type balustrade devient largement dominant à l’époque moderne, jusqu’au . Il en existe diverses variantes : balustrade toscane, ionique, corinthienne, etc.

Contexte réglementaire et normatif normatif Du fait de son rôle comme élément de sécurité, la mise en place des garde-corps est encadrée dans la construction contemporaine par des lois et des normes dans la plupart des pays. Ainsi, en France, le Code de la construction et de l'habitation rend obligatoire la présence de garde-corps sur les constructions neuves à certains endroits, par exemple sur les balcons, et précise leur hauteur minimale..

Les textes réglementaires et normatifs traitent aussi souvent du cas du garde-corps dans le cadre du travail en hauteur. C’est en effet d’une activité particulièrement risquée : la chute est ainsi en France en 2019 la deuxième cause d’accident du travail entraînant un arrêt de plus de quatre jours après les accidents de la route.. En Europe, la norme européenne ISO 14122-3 fournit ainsi des prescriptions sur les garde-corps devant équiper les machines et les circulations qui y conduisent.. Les espaces de travail provisoires, par exemple un échafaudage, sont également concernés par ce type des dispositions réglementaires, par exemple dans le Code du travail en France, et normatives, par exemple la norme EN 13374 en Europe...

Notes et références

Annexes Bibliographie . .

Articles connexes Escalier

Balustrade Parapet Échelle à crinoline

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