La seconde bataille de Fontenay-le-Comte a lieu le lors de la guerre de Vendée. Elle s'achève par la victoire des Vendéens qui s'emparent de la ville de Fontenay-le-Comte.
Prélude
Après avoir repoussé les Vendéens à la bataille du 16 mai, les républicains de Fontenay-le-Comte pensent avoir remporté une victoire décisive. Le , hommes commandés par Bretonville, un officier de Sandoz, reprennent Parthenay.. Le , sur ordre de Beaufranchet d'Ayat, le général Chalbos reprend La Châtaigneraie avec fantassins, 250 cavaliers et neuf canons.., mettant facilement en fuite les quelque 300 insurgés encore présents dans le bourg.. Cependant d'Ayat lui retire bientôt hommes qui partent renforcer les postes de La Mothe-Achard, de Sainte-Hermine et de Luçon. D'Ayat annonce alors qu'il se tient sur la défensive et qu'il attend les instructions du Comité de salut public.
Mais dès le , les chefs vendéens décident de rassembler leurs forces et de repartir à l'assaut de Fontenay-le-ComteLa Revue du Bas-Poitou, 1899, p.343-357.. Le 21, les Angevins de Cathelineau et Stofflet se rassemblent à Cholet, tandis que les Poitevins de Lescure et La Rochejaquelein se réunissent à Châtillon-sur-Sèvre et à Pouzauges. Le 22, ils se mettent en route. Bonchamps sort à son tour de Cholet le et rejoint le reste de l'armée à Saint-Pierre-du-Chemin le 24. Royrand, le chef de l'armée du Centre, envoie également hommes depuis Chantonnay, commandés par Béjarry et VerteuilLa Revue du Bas-Poitou, 1899, p.84-86..
À La Châtaigneraie, Chalbos apprend l'arrivée des Vendéens le à 6 heures du soir et donne aussitôt l'ordre de la retraite. Il quitte le bourg à 10 heures du soir et arrive à Fontenay le lendemain, à 5 heures du matin.
Le , les forces vendéennes, désormais réunies, se remettent en marche. Après avoir assisté à une messe au petit matin, les insurgés chantent des cantiques et des litanies ou récitent leur chapelet tout au long du chemin, tandis que Cathelineau marche en tenant en main une grande croix plaquée d'argent. Les Vendéens traversent La Châtaigneraie sans s'y arrêter et se portent sur Fontenay-le-Comte.
Forces en présence Les Vendéens sont bien plus nombreux que lors de la bataille du . Selon la marquise Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein, ils sont désormais près de .. Dans son rapport, le général Chalbos estime les forces insurgées à . Du côté des historiens, Berthre de Bourniseaux avance hommes, Benjamin Fillon parle de à Vendéens, Roger Dupuy de ., Émile Gabory de à ., Yves Gras de , Jean Tabeur de à et l'historien Jean-Clément Martin de sans doute à insurgés.. Ces derniers n'ont comme artillerie que cinqLa Revue du Bas-Poitou, 1899, p.348., six. ou sept canons, selon les sources.
L'armée républicaine compte quant à elle hommes selon le rapport du général Chalbos rédigé le . La marquise de La Rochejaquelein évoque hommes chez les « Bleus ». Pour Benjamin Fillon, les républicains ont hommes de troupes réglées et 400 gardes nationauxLa Revue du Bas-Poitou, 1899, p.346-347.. Pour Jean-Clément Martin, les patriotes sont peut-être à et pour Yves Gras . Les forces républicaines sont composées entre autres des chasseurs à cheval de la Gironde, du régiment de chasseurs à cheval, de la compagnie franche de Toulouse, du bataillon de volontaires de l'Hérault et du bataillon du Midi. Elles disposent également de 37 canons. Les généraux d'Ayat, Chalbos et Nouvion sont présents, ainsi que trois représentants en mission : Jacques Garnier dit « Garnier de Saintes », Jean-François Goupilleau dit « Goupilleau de Fontenay » et Philippe-Charles-Aimé Goupilleau dit « Goupilleau de Montaigu ».
L'armée vendéenne est bien plus nombreuse, mais après sa déroute à la bataille du , ses combattants n'ont presque plus de munitions. Seuls les hommes de Bonchamps, qui n'avaient pas pris part à l'affrontement, sont encore bien pourvus. Le terrain dégagé est également à l'avantage des républicains.
Déroulement À Fontenay, l'arrivée de l'armée vendéenne est annoncée le matin à 11 heures, à la surprise des républicains qui ne les attendaient pas si tôt. À midi, sous une forte chaleur, l'armée insurgée débouche dans la plaine de Fontenay en chantant le Vexilla Regis.
Côté républicain, Jean-Baptiste Nouvion commande le centre en s'appuyant sur les redoutes des moulins de Morienne. Alexis Chalbos dirige le flanc gauche, à la Croix-du-Champ et Beaufranchet d'Ayat le flanc droit, à Charzais. Le gros de l'artillerie est déployé sur la plaine et une batterie est établie au clos de Haute-Roche.
Côté vendéen, Lescure commande l'aile gauche, où son flanc est couvert par la rivière de la Vendée. Cathelineau, Stofflet et Duhoux de Hauterive, qui remplace d'Elbée, blessé à la bataille du , sont au centre. À droite, Bonchamps fait face à Chalbos et déploie ses troupes en ordre oblique, jusqu'à la forêt de Baguenard. La cavalerie, avec à sa tête Dommaigné, La Rochejaquelein, Sapinaud et Beaurepaire, est en réserve. Marigny dirige l'artillerie.. Deux colonnes sont également chargées de contourner la ville : l'une par l'ouest, l'autre à l'est, par la Balingue. Les chefs vendéens haranguent leurs hommes en les engageant à aller chercher les munitions qui leur manquent chez les républicains et en promettent une récompense de 100 écus pour celui qui s'emparera de la Marie-Jeanne.
La bataille s'engage à 1 heure de l'après-midi sur les mêmes lieux que celle du . L'artillerie vendéenne tire quelques coups mais se retrouve rapidement à court de munitions. L'artillerie républicaine est mieux pourvue, mais les Vendéens se mettent à plat ventre à chaque décharge, avant de se relever pour poursuivre leur avancée.
Sur la gauche, Chalbos tente de tourner les forces de Bonchamps avec les chasseurs de la Gironde, mais le feu des insurgés les repousse. Chalbos donne alors l'ordre aux gendarmes à cheval de charger, mais seuls quelques-uns d'entre eux s'élancent réellement. Les autres s'enfuient et jettent la confusion parmi les fantassins. Le centre des républicains s'effondre en premier, malgré une bonne résistance du bataillon du Midi. La cavalerie vendéenne s'élance et disloque l'aile gauche des républicains qui est la dernière à céder.
Les officiers et les représentants en mission tentent de rallier les fuyards, mais Goupilleau de Montaigu est blessé d'un coup de baïonnette par un soldat qu'il essayait d'empêcher de fuir. À pied, le représentant Garnier de Saintes manque d'être capturé et est sauvé par un gendarme qui lui offre son cheval.
Les républicains se replient vers l'intérieur de la ville, suivis par les Vendéens. Les forces de Lescure et Bonchamps sont les premières à pénétrer dans Fontenay, par le nord. Deux colonnes d'insurgés entrent également dans la ville par le sud-est et le sud-ouest après l'avoir contournée : la première en passant par la Balingue pour couper la route de Niort, et la seconde, commandée par Verteuil et Béjarry, en passant par la route d'Auzay, les hauteurs de Terre-Neuve et le port de Gros-Noyer. Environ républicains se retrouvent cernés et se rendent, les autres s'enfuient sur Niort ou sur Marans. Bonchamps est cependant blessé par un soldat républicain qui avait fait semblant de déposer les armes. Ce dernier est aussitôt massacré, ainsi que plusieurs autres patriotes ayant eu le malheur de se trouver au même endroit.
De son côté, Lescure s'empare des prisons et délivre les 240 combattants vendéens faits prisonniers au combat du , ainsi que plus de 200 autres captifs, suspects ou parents d'émigrés., dont l'ancien chef d'escadre Charles Sochet des Touches.
D'Ayat et Nouvion se mettent à la tête de quelques gendarmes pour faire face à la cavalerie vendéenne et couvrir la retraite de l'armée par la route de Niort. Ils parviennent à protéger la fuite de quelques canons. Un groupe de cavaliers royalistes menés par un chef nommé Forest parvient cependant à reprendre la Marie-Jeanne après un combat contre des gendarmes près du village des Granges, au sud-est de Fontenay. Selon les représentants en mission, seulement 700 à 800 soldats républicains parviennent à Niort. D'autres se réfugient à Marans et d'autres encore désertent.
À 2 heures et demi de l'après-midi, les Vendéens sont entièrement maîtres de la ville. La bataille a duré à peine une heure.
Pertes Les pertes vendéennes sont faibles. Dans une lettre adressée le à William Bulkeley, Louis Sapinaud de La Verrie écrit que l'armée déplore 17 morts et 65 blessés... Selon la marquise de La Rochejaquelein, les Vendéens perdent ..
Du côté des républicains, la marquise de La Rochejaquelein affirme que 700 Bleus ont été tués lors de la bataille, dont 60 massacrés après la blessure de Bonchamps., et que à ont été faits prisonniers. Selon Marie de Scépeaux, marquise de Bonchamps et épouse de Charles de Bonchamps, les républicains laissent hommes tués ou blessés et prisonniers.. Pour Sapinaud de La Verrie, les républicains ont perdu 800 hommes et ont laissé prisonniers. Le , le général Boulard, en poste à la Mothe-Achard, qui n'a que des renseignements indirects, parle de 6000 tués de part et d'autreRegistres de correspondance du général Boulard sur SHD B 5/4-2. L'abbé Félix Deniau parle quant à lui de républicains tués ou blessés. Pour les historiens Émile Gabory et Yves Gras, les pertes des patriotes sont plutôt de 70 tués. De même pour Benjamin Fillon, les pertes des forces républicaines données par les auteurs royalistes sont exagérées. D'après le compte original des fossoyeurs, qui enterrèrent les corps en présence du maire Biaille-Germon et du citoyen Brunetière, le nombre des républicains tués est précisément de 64.. Dans son rapport au ministre de la Guerre, le commissaire ordonnateur de l'armée fait également mention de 115 blessés qui sont respectés à l'hôpital.. Cyprien Delon, lieutenant-colonel en second du bataillon de volontaires de l'Hérault, affirme quant à lui que les pertes de son bataillon sont de 40 morts et 105 prisonniers, cependant les registres du corps donnent un bilan deux fois inférieur..
Environ républicains sont faits prisonniers. Les Vendéens saisissent également 30. à 40 canons, fusils, des drapeaux et francs en assignats.
Conséquences vignette|Victoire de Fontenay, vitrail de l'église du Pin-en-Mauges réalisée par Jean Clamens, 1895.
Le soir de la bataille, les Vendéens vident les caves et se jettent sur toutes les bouteilles de vins pour célébrer leur victoire. Les papiers publics et l'arbre de la liberté sont brûlés. Des pillages sont commis, même si les dégâts demeurent assez limités.. Les insurgés font des fouilles dans les maisons particulières et s'emparent des vêtements qu'ils trouvent. Ils pillent particulièrement les boutiques des chapeliers, les épiceries et les armureries. Les marchands s'en plaignent auprès des généraux royalistes qui délivrent en dédommagement des billets payables à la paix.
Le , les chefs vendéens tiennent un premier conseil de guerreLa Revue du Bas-Poitou, 1899, p.357-373.. Certains d'entre-eux, dont Bonchamps, sont favorables à poursuivre la marche pour attaquer Niort, puis les ports de La Rochelle ou de Rochefort afin de prendre ensuite contact avec les Anglais. Niort ne compte alors pour sa défense que hommes. D'autres chefs préconisent de marcher sur Les Sables-d'Olonne. Aucun plan de campagne n'est établi, mais les généraux s'accordent pour la création d'un Conseil supérieur de la Vendée chargé d'administer les territoires insurgés.. Son siège est établi à Châtillon-sur-Sèvre.. Stofflet est également nommé commandant de Fontenay-le-Comte.
Le même jour, une messe est célébrée à l'église Notre-Dame de Fontenay-le-Comte par l'abbé Barbotin et un Te Deum est chanté pour célébrer la victoire. Cathelineau marche en tête, sa croix en mains. Les corps des Vendéens tués au combat sont enterrés à cette occasion.