Walther von Brauchitsch, né le à Berlin et mort le à Hambourg, est un militaire allemand, Generalfeldmarschall du Troisième Reich.
Il est commandant en chef de l'armée de terre allemande (Heer) de 1938 à 1941, notamment au cours des deux premières années de la Seconde Guerre mondiale. Il est révoqué en , à la suite de l’échec des troupes allemandes devant Moscou.
Un an et demi plus tôt, le , après le succès de la bataille de France, il avait fait partie du groupe des douze officiers généraux promus par Hitler au grade, jusqu'alors réservé à de rares militaires, de Generalfeldmarschall.
Biographie
Origines et études Brauchitsch est né à Berlin le en tant que sixième enfant de , général de cavalerie, et de sa femme Charlotte Bertha . Il est l'oncle au troisième degré du pilote de course Manfred von Brauchitsch et, en tant que beau-frère de Hans von Haeften, il est également l'oncle des résistants Hans Bernd von Haeften et Werner von Haeften. La famille Brauchitsch avait une longue tradition du service militaire, et comme ses ancêtres, Brauchitsch a été élevé dans la tradition du corps des officiers prussiens. Sa famille s'est déplacée dans les cercles sociaux principaux de la haute société de Berlin, et son nom de famille ainsi que le rang militaire de son père l'ont mis sur un pied d'égalité avec n'importe quel officier ou fonctionnaire. Dans son adolescence, Brauchitsch s'était intéressé à la politique, et était fasciné par l'art. Pour l'aider à poursuivre ces intérêts, son père l'inscrit au lycée français de Berlin, plutôt que dans une académie militaire.
Débuts militaires En , il est incorporé comme lieutenant dans le de grenadiers de la Garde de Charlottenbourg et passe l'année suivante au d'artillerie de campagne de la Garde. Du au , il suit le cours de l'école de tir d'artillerie de campagne et d'artillerie à pied. Du au , il est affecté à la fabrique de fusils de Spandau.
Première Guerre mondiale Au début de la Première Guerre mondiale, en , Brauchitsch a atteint le grade de capitaine et a été nommé officier d'état-major du d'armée stationné près de Metz. Pendant la Première Guerre mondiale, il a servi avec la d'infanterie et le corps de réserve de la Garde. En 1916, il participe à la bataille de Verdun. Dans les deux années restantes du conflit, Brauchitsch a participé à la troisième bataille de l'Aisne, la bataille d'Armentières et l'offensive du Printemps. Brauchitsch reçut la classe de la Croix de fer et l'Ordre de la maison de Hohenzollern, et termina la guerre avec le grade de major.
République de Weimar
Allemagne nazie Lorsque Hitler prend le pouvoir (« Machtergreifung ») et accroît celui de l'armée, Brauchitsch est nommé chef du district militaire de la province de Prusse-Orientale. En 1937, . Même s'il est opposé au national-socialisme, il devient en grande partie . En 1938, il succède au général Werner von Fritsch en tant que commandant en chef de l'Armée de terre (la Heer), après que celui-ci a dû démissionner à la suite de fausses accusations d'homosexualité, dans le cadre de l’Affaire Blomberg-Fritsch.
Brauchitsch est contrarié par la montée en puissance des SS, il craint que cette organisation ne tente de remplacer l'Armée allemande régulière, la Wehrmacht. Il a des différends avec Erich Koch, le Gauleiter de la Prusse-Orientale et Hitler doit s'interposer.
Tout comme le général Beck, il s'oppose à l'annexion de l'Autriche en et à celle de la Tchécoslovaquie en , mais il ne s'oppose pas aux plans militaires de Hitler et ne fait rien lorsque Beck lui demande de convaincre l'état-major entier de démissionner si Hitler poursuit son plan d'invasion de la Tchécoslovaquie.
En , un groupe d'officiers ourdit un complot contre Hitler et essaie à plusieurs reprises de convaincre Brauchitsch, en sa qualité de commandant en chef de l'Armée de terre, de diriger le coup d'État prévu, mais celui-ci ne leur promet qu'une chose : Alors que le projet de coup d'État n'a pas de suite, Brauchitsch ignore les demandes d'aide de Beck et des autres conspirateurs qui voudraient utiliser l'armée pour renverser Hitler avant que l'Allemagne soit plongée dans la guerre.
Seconde Guerre mondiale vignette|upright=1.2|Dans la « clairière de Rethondes » de la forêt de Compiègne, de gauche à droite, Ribbentrop, Keitel (de profil), Göring, Hess (au fond de face), Hitler (de profil), Raeder (caché par Hitler) et Brauchitsch (de profil), devant le wagon de l'Armistice, la veille de la signature de l'armistice du . Le , incité par son second, le chef d'état-major adjoint de l'Armée de terre Franz Halder, par les conspirateurs, et par la plupart des hauts gradés de la Heer qui craignent d'attaquer aussi tôt la France, alors considérée comme la plus grande puissance militaire occidentale, Brauchitsch demande une audience à Hitler pour le convaincre que l'Allemagne ne pourra jamais gagner une guerre prolongée en Europe et le supplie d'abandonner ses plans de conquête. Hitler, furieux, lui adresse des insultes. Halder, présent, est horrifié lorsqu'il aperçoit son supérieur quitter la rencontre « mort de peur ». Hitler rencontre ensuite l'état-major pour déclarer qu'il va écraser l'Ouest en moins d'une année. Il fait également le vœu de « détruire l'esprit de Zossen », une menace qui affole Halder au point d'obliger les conspirateurs à annuler leur deuxième coup d'État planifié.
Le , Brauchitsch adresse une lettre à tous ses généraux dans laquelle il approuve au nom du Lebensraum toutes les mesures draconiennes prises contre la population polonaise et exige que cessent les critiques contre la politique raciale nazie.
En 1940, Brauchitsch devient un élément clé dans la guerre-éclair de Hitler contre l'Ouest, en participant aux modifications des plans militaires pour envahir la France.
Brauchitsch fait partie de la promotion des douze Generalfeldmarschall du .
Le , Brauchitsch entérine l'accord conclu le entre Reinhard Heydrich et Eduard Wagner qui autorise la constitution et l'autonomie opérationnelle des Einsatzgruppen sur le théâtre d'opérations de l'Armée de terre.
En , Brauchitsch est victime d’une grave crise cardiaque puis, en , soit six mois après le début de la guerre contre l'Union soviétique, il ne parvient pas à s'emparer de Moscou : cela lui vaut l'hostilité de Hitler qui cherche des boucs émissairesEnviron quarante officiers de haut rang sont relevés de leur fonction à la suite de leur échec devant Moscou.. Hitler le relève alors de ses fonctions et se met à occuper en personne le poste de commandant en chef de l’Armée de terre, à compter du Hitler occupe le poste de commandant en chef de la Heer (l’Armée de terre), en plus de celui de commandant en chef de l’Armée (la Wehrmacht) jusqu'à son suicide, soit quelques jours de la fin du conflit.. Brauchitsch est transféré à la Führerreserve (la réserve des officiers) où il reste sans affectation jusqu'à la fin de la guerre. Il n'a jamais revu Hitler après son limogeage.
Brauchitsch passe les trois dernières années de la guerre dans sa propriété du Schleswig-Holstein. L'une de ses rares interventions publiques est une déclaration condamnant l’attentat du contre Hitler, à propos duquel il dénonce plusieurs de ses anciens collègues officiers. Après le conflit, il s'est excusé de cela auprès de Halder, affirmant qu'il avait été contraint d’agir ainsi pour sauver la vie d’un membre de sa famille.
Procès et mort Après la guerre, en , Brauchitsch est arrêté dans sa propriété , il est emprisonné au camp 198 en Galles du Sud. Il est notamment accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il meurt en 1948 de pneumonie bronchique dans un hôpital militaire contrôlé par les Britanniques à Hambourg avant d'avoir pu être jugé. Il est enterré au cimetière de Salzgitter, en Basse-Saxe.
Vie personnelle et famille En 1910, Brauchitsch se marie pour la première fois avec Elizabeth , une riche héritière qui possède () de terres dans le Brandebourg. Le couple a deux fils et une fille, dont , qui est devenu officier de la Luftwaffe pendant la Seconde Guerre mondiale et a servi en tant qu'aide de camp de Göring. Brauchitsch divorce d’Elizabeth en 1938, après de mariage, pour refaire sa vie avec une femme avec laquelle il avait eu une liaison dans les .
En effet, en 1925, Brauchitsch avait rencontré Charlotte Rueffer, la fille d’un juge de Silésie. Il avait alors demandé le divorce mais sa femme avait refusé. Charlotte Rueffer s'était mariée peu après avec un directeur de banque appelé Schmidt ; mais ce dernier s'est noyé dans sa baignoire lors d’un voyage à Berlin.
Quand Brauchitsch revient de Prusse-Orientale en 1937, le couple illégitime reprend son idylle. Brauchitsch obtient le divorce et il se remarie aussitôt avec Charlotte.
La famille Brauchitsch comporte quelques noms connus : , le frère de Walther, est un général de la république de Weimar ; son neveu Manfred est un célèbre pilote automobile de Grand Prix des , au volant d’une Flèche d'Argent de Mercedes ; Hans et Werner von Haeften, ayant participé à l'attentat du , sont aussi les neveux de Walther von Brauchitsch.
Héritage Selon l'historien William E. Hart, Brauchitsch a été le seul officier général allemand en mesure de dire à Hitler, en présence d’autres personnes, que les jours pendant lesquels un caporal pouvait se prendre pour Napoléon étaient révolus ; en effet, Hitler se comparait souvent à Napoléon, ce qui irritait nombre de ses généraux. Hart décrit Brauchitsch comme un homme .
L'historien Helmut Krausnick le décrit comme . Franz Halder estimait son ancien chef et collègue comme étant . A contrario, l’historien Ian Kershaw dépeint Brauchitsch comme un .
Promotions au cours de sa carrière militaire Leutnant Oberleutnant Hauptmann Major Oberstleutnant Oberst Generalmajor Generalleutnant General der Artillerie Generaloberst Generalfeldmarschall
Décorations Croix de chevalier de l'ordre royal de Hohenzollern avec glaives Croix de fer (1914)
Croix du Mérite militaire (Autriche) avec décorations de guerre 1915 Croix de chevalier de de l'ordre de Frédéric avec glaives Chevalier de l'ordre protestant de Saint-Jean Médaille de service de longue durée de la Wehrmacht, de la à la Feuilles de chêne sur la Médaille de l'Anschluss Insigne d'honneur en or du NSDAP Médaille des Sudètes avec barrette du château de Prague Médaille de Memel Grand-croix de l'ordre de la Rose blanche le Ordre du Mérite militaire (Espagne) Agrafe de la croix de fer (1939)
Croix de chevalier de la croix de fer Croix de chevalier le Grand-croix de l'ordre de Saint-Alexandre avec glaives Ordre de Michel le Brave à Grand-croix de l'ordre du Mérite hongrois avec glaives Grand-croix de l'ordre de la croix de la Liberté, le Ordre du Soleil levant le
Dans la fiction 1949 : La Chute de Berlin, film de Mikhaïl Tchiaoureli, joué par Nikolaï Plotnikov.
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Liens externes
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