La est une console de jeux vidéo de la première génération commercialisée par Magnavox en aux États-Unis, puis en 1973 dans le reste du monde. Elle se présente sous la forme d'une boîte blanche avec un système de cartes de jeu, contenant des circuits numériques équipés de composants discrets, et qui se connecte à un téléviseur. L' peut afficher simultanément trois points carrés distincts à l'écran, en monochrome noir et blanc, et permet un comportement différent pour chacun des points en fonction du jeu. Les joueurs placent un calque en plastique sur l'écran et un ou deux joueurs utilisent les boutons rotatifs des contrôleurs de jeu reliés avec des fils à la console, afin de déplacer les points à l'écran. L' est commercialisée avec toute une panoplie d'accessoires tels que des dés, des cartes de jeu, des billets fictifs en papier, des jetons et des plateaux de jeux, qui sont utilisés conjointement aux jeux vidéo. Suivant les localisations, un peu plus d'une dizaine de jeux sont inclus avec la console et quelques jeux sont commercialisés en 1972, puis en 1973. Un périphérique appelé , sous forme de pistolet optique avec quatre jeux, est vendu séparément en 1972. La ludothèque comporte vingt-huit jeux au total.

Ralph Baer révèle qu'en 1951, il a eu l'idée de créer quelque chose d'interactif sur un écran, mais ne parvient à développer ce concept vague qu'en 1966, alors qu'il travaille chez Sanders. Il développe pendant trois ans le concept à l'aide de Bill Harrison et Bill Rusch, créant successivement plusieurs prototypes. Le septième, connu sous le nom de , est proposé à plusieurs fabricants avant que Magnavox n'accepte de produire la console en . À la suite de sa commercialisation en , Magnavox écoule durant son exploitation jusqu'en 1975. La console donne naissance à une série de consoles dédiées dérivées de l'originale, mais aussi à une seconde véritable console en 1978 appelée Videopac ou selon les localisations.

Un jeu de ping-pong de l', appelé , inspire Nolan Bushnell et Atari, qui créent le jeu d'arcade Pong. Ce dernier, le premier jeu d'arcade commercialement exploité et largement disponible auprès du public, est un immense succès. Les joueurs qui cherchent Pong achètent la console, et en dopent donc les ventes. Plusieurs entreprises, dont Atari, , Allied Leisure, Bally Midway et Williams Electronics violent les brevets déposés par Ralph Baer, Sanders et Magnavox, ce qui les pousse à lancer de nombreux procès pendant plus de vingt ans, qui seront tous gagnés. Ces poursuites permettent à Sanders et Magnavox de gagner plus de . La commercialisation de l' marque la fin de la genèse du jeu vidéo et la naissance de l'industrie du jeu vidéo commercial, ainsi que le début de la première génération des consoles de jeux vidéo. Cette création vaut généralement à Ralph Baer le surnom de ou .

Description vignette|Le Contrôleur de l'Odyssey.|alt=Une boîte blanche avec un dessus marron avec deux molettes et un bouton noir. L' se présente sous la forme d'une boîte en plastique rectangulaire blanche avec un liseré marron imitation bois, dotée d'un socle et d'un couvercle de couleur noir, et connectée à deux manettes rectangulaires par l'intermédiaire de fils. La console se connecte à la télévision grâce à un boîtier de commutation fourni, qui permet au joueur d'afficher la télévision classique ou le flux d'entrée créé par l', agissant comme un canal de télévision classique. Les contrôleurs, de couleur blanche avec un couvercle marron imitation bois et conçu pour être posés sur une surface plane, comportent un bouton de réinitialisation et trois boutons rotatifs, dont un à droite et deux sur la gauche. Le bouton ne réinitialise pas le jeu, mais des éléments dans les jeux, par exemple la suppression du point d'un joueur quittant le jeu. L'alimentation électrique principale de la console est réalisée par l'intermédiaire de six piles de type R14, incluses lors de l'achat de la console. Un adaptateur secteur facultatif est à l'époque vendu séparément. L' ne produit aucun son et peut uniquement afficher des graphismes monochromes composés de formes blanches sur un fond noir uniforme.

L'architecture de l' est composée de circuits électroniques numériques. Les circuits comportent des portes logiques diode-transistor (), utilisant des composants discrets tels que des transistors et des diodes. L' n'utilise pas un système de cartouche composé de ROM à l'instar des consoles classiques plus récentes, mais des , composées de circuits imprimés, qui doivent être insérés dans la console. La connexion de ces cartes modifie l'architecture interne, grâce aux circuits, aux interrupteurs et cavaliers qu’elles rajoutent, ce qui permet à la console d'afficher différentes formes ou d'agir différemment. Plusieurs jeux utilisent les mêmes cartes, mais des instructions sont données au joueur, afin de changer la physionomie du jeu.

L' a la capacité d'afficher à l'écran trois points de forme carrée et une ligne verticale. Deux des points sont contrôlés par les deux joueurs, et le troisième l'est par le système. La console comporte deux boutons rotatifs, qui permettent de déplacer la ligne sur l'écran et d'ajuster la vitesse du point contrôlé par la console. Certains jeux imposent donc au joueur un réglage préalable, par exemple la ligne centrale d'un jeu de tennis doit être déplacée sur le côté pour devenir un jeu de handball. La console est livrée avec un jeu de calques en plastique à placer sur l'écran, qui sont maintenus grâce à l'électricité statique créée par l'écran. Ces films permettent de rajouter des visuels au jeu, car ils sont transparents et imprimés de divers motifs, formes ou dessins en rapport avec le jeu. Plusieurs jeux différents utilisent donc la même carte de jeu, mais un calque différent, changeant complètement le contexte. Par exemple, un parcours de ski à la montagne devient une variante du jeu Jacques a dit basée sur des mouvements.

L' est vendue avec toute une panoplie d'accessoires nécessaires à certains jeux, comme des dés, des cartes, des jetons, des feuilles de score, des faux billets et des plateaux de jeu à l'instar d'un jeu de société classique. Un pistolet optique ressemblant à un fusil de chasse, un périphérique pour la console, est commercialisé en 1972. Ce contrôleur de jeu, appelé , a la forme d'un fusil et enregistre la position d'un tir lorsqu'il est pointé vers une source lumineuse tel qu'un point affiché à l'écran. Quatre jeux sont fournis avec le pistolet optique. Magnavox commercialise également une mallette de transport pour ranger la console et ses accessoires.

Liste des jeux Un total de vingt-huit jeux différents est commercialisé sur onze cartes de jeux pour la Magnavox . Treize jeux sont inclus dans la console, douze jeux aux États-Unis et un panel de dix différents jeux dans les autres pays. Six autres jeux sont vendus individuellement au prix de . Ils utilisent les mêmes cartes de jeux, avec des calques d'écran différents et des instructions spécifiques. Un autre jeu, Percepts, a été gratuitement envoyé aux joueurs répondant à un sondage à renvoyer sous forme de carte. Le est vendu en tant qu'accessoire pour la console, avec quatre jeux inclus sur deux cartes de jeux. Quatre jeux supplémentaires sont commercialisés en 1973, et conçus tout ou partie par Don Emry. Les jeux n'obligent pas à suivre de règles et ne gèrent pas de scores, ce qui est laissé à l'attention des joueurs.

Développement Genèse En 1951, Ralph Baer est recruté par le fabricant de matériel militaire , et est chargé de la création d'une télévision à la pointe de la technologie. Baer dévoile dans sa biographie que lors de ses recherches, il a l'idée d'intégrer quelque chose dans la télévision, une sorte d'interaction avec le téléspectateur, des jeux simples qu'il pourrait contrôler, plutôt que de seulement regarder passivement l'écran. Baer ne pousse pas plus loin cette idée, qui lui revient à l'esprit, bien des années plus tard, en , alors qu'il attend un collègue à un arrêt de bus. Il profite d'un peu de temps libre pour prendre quelques notes. Alors chef du service conception d'équipement () du sous-traitant dans le domaine militaire Sanders, il propose le concept d'utiliser une télévision pour jouer à des jeux vidéo. Le lendemain matin, , il transcrit ses notes dans une proposition de projet sur quatre pages, décrivant un dispositif dont le coût s'élève à , appelé , et qui peut se brancher sur l'écran d'une télévision permettant d'y afficher des jeux vidéo. À cette époque l'industrie du jeu vidéo n'existe pas encore, les premiers jeux vidéo de l'histoire commencent à apparaître à partir de la fin des années 1940 et, en cette année 1966, seuls des jeux sur ordinateurs centraux ont été développés et n'ont qu'un auditoire limité aux centres de recherches et aux institutions universitaires. Dans sa proposition, Baer désigne son projet en utilisation une terminologie militaire, puis à la fin, il le nomme (). Le matériel imaginé transmet un signal que la télévision peut interpréter comme un canal de télévision sur la chaîne 3 ou 4, et Baer décrit plusieurs jeux pouvant fonctionner dessus, dont un jeu d'action, de sport, de poursuites et d'autres.

Le , il dessine un schéma rudimentaire d'un jeu à deux joueurs appelé . Ce jeu permet de déplacer deux points dans n'importe quelle direction et indique comment rajouter de la couleur au champ de jeu. Mais ces jeux et n'ont pas vraiment d'application dans le domaine militaire et de rapport avec les contrats que Sanders a signés. Alors quelques jours plus tard, plutôt que de présenter le concept à ses supérieurs, Baer réquisitionne une pièce vide et assigne l'un de ces techniciens, Bob Tremblay, afin de travailler avec lui sur le projet. En , un premier prototype très basique (plus tard appelé ) est terminé. Cette première version permet de faire déplacer une ligne verticale sur l'écran d'une télévision. Baer réalise alors une démonstration du fonctionnement de son prototype au directeur de la recherche et du développement de chez Sanders, Herbert Campman, qui accepte avec hésitation de financer à hauteur de pour la main d'œuvre et de pour le matériel (la demande financière est déposée le ). Le projet est alors officialisé. vignette|La , le dernier prototype de console réalisé par Ralph Baer.|alt=Plusieurs boîtes de couleur marron, posées sur une table jaune.

Développement du concept