vignette|Paysage avec arc-en-ciel (1805) par Joseph Anton Koch. Après avoir été sauvé du Déluge, Noé construit un autel à Dieu ; Dieu envoie l'arc-en-ciel comme signe de son alliance.
Les Sept Lois de Noé (en , également appelées Sept Lois Noahides, constituent un ensemble de lois morales universelles qui, selon le Talmud, furent données par Dieu comme une alliance avec Noé et ses descendants, c'est-à-dire toute l'humanité.
Les Sept Lois de Noé interdisent l'idolâtrie, le blasphème, l'assassinat, l'adultère et l'immoralité sexuelle, le vol, la consommation de viande d'animal vivant, et imposent l'obligation d'établir des tribunaux. Les lois noahides incluent également des détails et obligations.
Selon la loi juive, les non-juifs (nommés « Gentils ») ne sont pas tenus de se convertir au judaïsme, mais ils doivent observer les Sept Lois de Noé pour avoir la garantie d'une place au paradis (Olam HaBa), la récompense ultime des Justes. Les non-juifs qui choisissent de suivre les Sept Lois de Noé sont considérés comme des « Justes parmi les nations » (en .
Liste Les sept lois de Noé, telles qu'elles sont traditionnellement énumérées dans le Talmud de Babylone et la Tosefta, sont les suivantes :
1. Ne pas adorer d'idoles
2. Ne pas blasphémer.
3. Ne pas commettre d'assassinat.
4. Ne pas commettre d'adultère, ni d'immoralité sexuelle.
5. Ne pas voler.
6. Ne pas manger de chair arrachée à un animal vivant.
7. Instituer des tribunaux.
Selon le Talmud, les sept lois furent d'abord données à Adam, puis à Noé. Les sages rabbiniques du au ne sont pas d'accord quant au nombre exact de lois données originellement à Adam. Six des sept lois peuvent être déduites exégétiquement de passages du Livre de la Genèse, la septième étant l'établissement de tribunaux.
La plus ancienne version rabbinique complète des sept lois noahides se trouve dans la Tosefta :
Sept commandements furent donnés aux fils de Noé :
concernant la justice (Dinim)
concernant l’idolâtrie (Avoda zarah)
concernant le blasphème (Qilelat Hachem)
concernant l’immoralité sexuelle (Gilouï arayot)
concernant l’effusion de sang (Chefikhout damim)
concernant le vol (Gezel)
concernant le fait de prendre un membre à un animal vivant (Ever min ha-haï)
Origine
Bible hébraïque L'existence d'un ensemble de lois morales pour toute l'humanité était déjà affirmé dans la Torah écrite et est mis en évidence dans le Livre de la Genèse (par exemple, en référence à Melchisédech dans Genèse 14:18-20), le Livre de Job et le Livre de Jonas (montrant que Dieu serait connu et que son appel à la repentance serait entendu même par les Ninivites, même les plus impies, les rendant ainsi acceptables au yeux de Dieu), démontrant que Dieu entretenait une relation directe avec chaque personne, indépendamment de sa culture ou de sa religion, et qu'il sauverait tous les « Justes parmi les Nations » qui se conformeraient aux Sept Lois de Noé.
Livre des Jubilés Le Livre des Jubilés, généralement daté du , comprend une liste sensiblement différente de six commandements aux versets 7:20-25 : (1) observer la justice ; (2) couvrir la honte de leur chair ; (3) bénir leur créateur ; (4) honorer leurs parents ; (5) aimer leur prochain ; et (6) se garder de la fornication, de l'impureté et de toute iniquité.
Talmud Selon le Talmud de Babylone, les Sept Lois de Noé s'appliquent à toute l'humanité. Dans la Torah, l'expression « B'nei Noa'h » ( désigne l'humanité entière. Le Talmud affirme également : Traité Sanhédrin 105a:12 :. Tout Gentil (signifiant non-juif) qui vit selon ces lois est considéré comme un Juste parmi les GentilsTraité Sanhédrin 105a:10 :
Traité Sanhédrin 105a:11 :. Toujours selon le Talmud, les lois furent d'abord donnée à Adam puis à Noé (d'où dérive le terme Noahide).
Les sages du Talmud ont divulgué plusieurs autres lois, outre les sept recensées dans le Talmud et la Tosefta. Ces lois, interdisent notamment, l'accouplement d'animaux d'espèces différentes, le greffage d'arbres d'espèces différentes, la castration, l'émasculation, la sorcellerie. Certains sages, comme le rabbin Ulla bar Ismaël, sont même allés jusqu'à divulguer une liste de 30 lois noahidesLe Rabbin Ulla bar Ismaël dans le traité Houlin 92a:21 : . Le Talmud étend la portée des sept lois initiales pour atteindre 100 des 613 Commandements.
Subdivisions Les différentes sources rabbiniques ont des positions différentes sur la manière dont les sept lois noahides doivent être subdivisées en catégories. Maïmonide, dans son Mishné Torah, a inclut l'interdiction de greffer les arbres. Comme le Talmud, Maïmonide interpréte l’interdiction d'assassiner comme incluant l'interdiction d'avorter. Maïmonide indique également que les descendants d'Ismaël et de Kétourah ont l'obligation de se circoncire le huitième jour, mais ne sont pas punis en cas de non-respect de la circoncision.
David ben Solomon ibn Abi Zimra, un commentateur de Maïmonide, s'est dit surpris que Maïmonide ait omis l'interdiction de la castration et de la sorcellerie parmi les lois noahides, interdictions qui sont également mentionnées dans le TalmudTraité Sanhédrin 56b:1.
Le rabbin Ulla bar Ismaël a écrit au sujet de 30 lois que les enfants de Noé se sont imposés. Il n'en cite que trois, à savoir les trois que les non-juifs de son époque observent : ne pas établir de mariage homosexuels, ne pas vendre de charogne ou de chair humaine sur le marché et respecter la Torah. Le reste des lois n'est pas mentionné. Bien que les autorités semblent considérer comme acquis que les trente commandements d'Ulla incluaient les sept originaux, trente lois supplémentaires sont également possibles d'après cette lecture.
Il existe deux listes différentes des 30 lois. Les deux listes comprennent 23 commandements (mitzvot) supplémentaires qui sont des subdivisions ou des extensions des sept lois. L'une provient de l'ouvrage du , Asarah Maamarot, du rabbin Menahem Azariah da Fano et l'autre du de Samuel ben Hofni, récemment publié à partir de ses écrits judéo-arabes, après avoir été découverts dans la Guéniza du Caire. Le rabbin Zvi Hirsch Chajes suggère que les commandements énumérés par Menahem Azariah de Fano ne sont pas liés aux sept premiers, ni basés sur la Torah écrite, mais ont plutôt été transmis par tradition oraleKol Hidushei Maharitz Chayess I, fin chapitre. 10.
Punition En pratique, la loi juive rend très difficile l’application de la peine de mort. Il n'existe aucune trace d'un non-juif ayant été mis à mort pour avoir enfreint les sept lois noahides. Certaines catégories de peine capitale mentionnées dans le Talmud n'auraient jamais été appliquées. que les rabbins ont inclus la discussion de ces sujets en prévision de l'ère messianique à venir. Le non-Juif est exempt de punition s'il commet une faute par inadvertance. De plus, il n'est pas possible de punition s'il commet un péché sous la contrainte, même un péché pour lequel un Juif est tenu de subir le martyre plutôt que de le transgresser (par exemple, l'idolâtrie, l'adultère ou l'assassinat).
Selon le traité Sanhédrin 56a, pour les Noahides reconnus coupables d'un crime capital, la seule méthode d'exécution sanctionnée est la décapitation, considérée comme l'une des peines capitales les plus légères. D'autres sources indiquent que l'exécution se fera par lapidation s'il a des relations sexuelles avec une femme juive fiancée, ou par strangulation si la femme juive a accompli les cérémonies de mariage, mais n'a pas encore consommé le mariage. En droit juif, la seule forme de blasphème passible de mort est le blasphème contre le Nom Ineffable (Lévitique 24:16). Certains rabbins du Talmud estimaient que seuls les délits pour lesquels un Juif serait exécuté étaient interdits aux non-juifs. Les rabbins du Talmud discutent des infractions et sous-infractions qui sont considérées comme des crimes capitaux, et des infractions qui sont simplement interdites.
Maïmonide affirme qu'un non-Juif résidant sous autorité juive qui n'accepte pas les sept lois noahides doit être exécuté, car Dieu a imposé au monde l'observation de ces lois. Toutefois, un non-Juif qui ne souhaite pas se convertir au judaïsme ne doit pas y être contraint.
Pour les autres interdictions telles que le greffage d'arbres et la bestialité, il soutient que les enfants de Noé ne doivent pas être exécutés. Maïmonide apporte un universalisme absent des sources juives antérieures. Le Talmud diffère de Maïmonide en ce qu'il considère les sept lois comme applicables par les autorités juives sur les non-juifs vivant au sein d'une nation juive.
Nahmanide est en désaccord avec le raisonnement de Maïmonide. Il limite l'obligation de faire appliquer les sept lois aux autorités non-juives, retirant ainsi cette question des mains des Juifs. Les Tossafot semblent être d'accord avec le raisonnement de Nahmanide. Selon certains avis, la punition est la même, que l'individu enfreigne la loi en connaissance de cause ou par ignorance de celle-ciTalmud de Babylone, Traité Makot 9a, commentaire de Rachi..
Certains spécialistes débattent de la possibilité pour les sociétés non-juives de modifier les lois noahides en matière de preuve (par exemple, en exigeant plus de témoins avant la punition ou en autorisant les preuves circonstancielles) si elles estiment que cela est plus juste. Alors que la loi juive exige deux témoins, la loi noahide, telle qu'elle est consignée par MaïmonideMoïse Maïmonide, Lois des Rois, 9:14, peut accepter le témoignage d'un seul témoin oculaire comme suffisant pour l'application de la peine de mort. Bien qu’un aveu de culpabilité ne soit pas admissible comme preuve devant un tribunal juif, la question de savoir s’il constitue ou non un motif suffisant de condamnation devant les tribunaux noahides fait l’objet de débats considérablesContemporary Halakhic Problems, Volume II, Partie II, Chapitre XVII Capital Punishment in the Noachide Code III. Rules of Evidence in the Noachide Code Contemporary halakhic problems, par J. David Bleich, 1977-2005.
Il existe également un débat quant à savoir si la peine idéale pour la violation de ces lois est la peine de mort, ou s'il appartient au tribunal de décider quelle peine est la plus appropriée. Alors qu’une simple lecture du Talmud pourrait suggérer que la peine idéale est la peine de mort, un certain nombre de commentateurs éminents, dont le rabbin Yosef Eliyahu Henkin, ont soutenu qu’il appartient aux tribunaux de décider.
Point de vue de Maïmonide Le philosophe et rabbin juif médiéval Maïmonide (1135-1204) a écrit dans le code juridique Mishné Torah que les non-juifs doivent observer les Sept Lois de Noé et peuvent étudier les lois noahides. Maïmonide affirme également que les non-juifs peuvent accomplir un commandement autre que les Sept Lois de Noé - tel que la charité ou un sacrifice - dans le but d'être récompensés, selon la procédure halakhique correcte, et personne ne peux les empêcher de le faire. Néanmoins, les Gentils ne peuvent observer le repos du Shabbath.
Selon Maïmonide, enseigner aux non-Juifs à suivre les Sept Lois de Noé est un devoir pour tous les Juifs, un commandement en soi. Néanmoins, la majorité des autorités rabbiniques au fil des siècles ont rejeté l'opinion de Maïmonide, et le consensus halakhique dominant a toujours été que les Juifs ne sont pas tenus de diffuser les lois noahides aux non-Juifs.
Maïmonide soutient que les Gentils (non-juifs) peuvent aller au paradis (Olam Haba) simplement en observant les Sept Lois de Noé et en les acceptant comme ayant été divinement révélées à Moïse sur le Mont Sinaï. Selon Maïmonide, ces non-Juifs atteignent le statut de Hassid Oumot Ha-Olam (« Peuples pieux du monde »), et sont différents de ceux qui respectent les lois noahides par raisonnement moral/éthique.
Maïmonide écrit dans Lois des Rois (Hilkhot Mekhalim) :