La route du bord de mer est une route touristique de la Côte d'Azur qui longe la mer Méditerranée, depuis Le Trayas à l'est de Saint-Raphaël (dans le département du Var) jusqu'à Menton et la frontière italienne, sur une longueur d'une centaine de kilomètres, en passant par les communes de Saint-Raphaël (village du Trayas), Théoule-sur-Mer, Mandelieu-la-Napoule, La Bocca, Cannes, Vallauris, Antibes, Villeneuve-Loubet, Cagnes-sur-Mer, Saint-Laurent-du-Var, Nice, Villefranche-sur-Mer, Pont Saint-Jean, Beaulieu-sur-Mer, Èze-sur-mer, Cap-d'Ail, la principauté de Monaco, Roquebrune-Cap-Martin et Menton. Elle est une partie de l'ancienne route nationale 98 devenue route départementale 6098 dans les Alpes-Maritimes ou route métropolitaine 6098 dans la Métropole Nice Côte d'Azur (de Cagnes sur mer à Cap d'Ail).
Entre Nice et Roquebrune-Cap-Martin, la D 6098 porte également le nom de Basse corniche.
Du fait du relief tourmenté dans cette région des Préalpes de Nice, la route ne longe pas toujours le bord de mer, mais s'en éloigne parfois, positionnée en corniche à des altitudes assez variées. Son point culminant se situe dans le massif de l'Esterel, à une altitude de , au droit de la pointe de la Galère. Les divers cols rencontrés sont bien connus des cyclistes amateurs.
Compte tenu d’une importante urbanisation en bordure de côte , la route est presque entièrement en agglomération, imposant une vitesse de . À de rares exceptions, des vitesses supérieures sont autorisées sur certains tronçons. Inversement certaines traversées de villes ont imposé des zones 30Vitesse limitée à ..
Historique Sur son parcours, un tronçon de la Via Aurelia, une ancienne voie romaine, est identifié. le long du parc de Vaugrenier entre Villeneuve-Loubet et Antibes. Sous l’Empire, cette voie romaine est aménagée en Via Julia Augusta. Pendant de nombreux siècles, le littoral demeure quadrillé de nombreux chemins vicinaux, souvent en mauvais état. Ils sont plus ou moins entretenus par les autorités locales. Au , l’avènement du chemin de fer freine le développement du réseau routier. La route par le bord de mer est créée en 1933, et elle est définie, alors, comme la route de Marseille à Menton. Elle se confond par endroits avec la mythique (ou N7 ou RN7). À la suite de la réforme de 1972Réforme de 1972, son tracé a alors été presque intégralement repris par la RN98 dans les Alpes-Maritimes (à l'exception du pourtour du Cap d'Antibes, inscrit D2559), avant son déclassement définitif en 2006 et de porter la numérotation D6098.
Une route en symbiose avec la mer Cette symbiose a de bons côtés avec la présence, tout au long de la Route, de nombreuses plages et ports de plaisance ; elle présente également les inconvénients d'une mer qui peut se rendre agressive et destructrice à son encontreHervé Barelli, « Nice et la mer : le bras de fer permanent », dans la rubrique Histoire de Nice-Matin, 9 novembre 2014.
La mer pour le plaisir thumb|Plage des Ponchettes à Nice
De très nombreux kilomètres de plages bordent la route permettant à ses usagers de s'adonner aux plaisirs de la natation et autres activités nautiques. La route longe 29 ports de plaisance sur une centaine de kilomètres, offrant un total de plus de , ce qui en fait une densité kilométrique des plus élevées en Europe. Ces ports sont aussi un moyen d'accès à la route, en de nombreux points, pour les plaisanciers cabotant le long de la côte. Ces ports offrent aussi des animations aux utilisateurs de la route, des commerces, des restaurants, des parkings, avec également la possibilité de s'évader en mer, soit sur des navires de commerce soit en louant des bateaux auprès de loueurs présents sur presque tous les ports.
La mer agressive thumb|Coup de mer à Cannes la Bocca La mer recouvre parfois la route lors de tempêtes, lui causant de graves dégâts, avec, parfois, des victimesMathilde Tranoy, Stéphanie Gasiglia, Frédéric Delmonte, Chrystèle Burlot, « Coup de mer : un mort et au moins un disparu au Cap Ferrat », dans Nice-Matin, 2 janvier 2010, en ligne www.cannes.maville.com. Elle commence à être soumise aux effets du réchauffement climatique avec une montée des eaux qui finira par rendre impraticables certaines portions, ou nécessiter d'importants travaux de surélévation. Des tempêtes plus importantes, dès le début du , ont causé des dégâts de plus en plus fréquents à la route elle-même, aux véhicules y circulant et aux installations construites entre la route et la mer, dont les restaurants de plage. Des fermetures temporaires de portions de la route, lors de ces tempêtes, ont été décrétées créant des embouteillages gigantesques, le trafic devant être reporté sur la .
Les principales portions concernées se trouvent sur la commune de Cannes, par coups de labbé« Cannes - grêle, pluie, mer en furie : la route a été fermée hier », dans Nice-Matin, décembre 2008, en ligne sur cannes.maville.comEmmanuelle Pouquet, « Battu par la mer, le trottoir s'effondre boulevard du Midi », dans Nice-Matin, 28 décembre 2009, en ligne www.cannes.maville.com, à hauteur du quai Laubeuf à l'entrée du Vieux-Port de CannesPierre Valet, « Cannes : Les manèges des forains s'arrêtent avant l'heure », dans Nice-Matin, 7 janvier 2009, en ligne sur www.cannes.maville.comPierre Valet, « Alerte météo orange : des dégâts en fin de journée », dans Nice-Matin, 20 février 2010, Alerte météo orange : des dégâts en fin de journée ; sur La Croisette, par vent violent de sud-ouest, phénomène rare le jour de l'an 2010, valant aux restaurants de plage des dégâts considérablesPierre Comet, « Fortunes diverses pour les plagistes », dans Nice-Matin, 4 janvier 2010, Fortunes diverses pour les plagistes A. J. avec A. M., « Les plagistes font grise mine », dans Nice-Matin, 20 janvier 2010, en ligne www.cannes.maville.com — Cette vague dévastatrice devait être la dernière, un système de protection devant être installé au mois d'avril suivant Pierre Comet, « Bientôt la fin des coups de mer sur la Croisette ? », dans Nice-Matin, 6 janvier 2010, Bientôt la fin des coups de mer sur la Croisette ? , malheureusement le système installé fonctionne mal et fait polémiquePierre Valet, « La houle plus forte que la digue sous-marine », dans Nice-Matin, 20 septembre 2010, La houle plus forte que la digue sous-marine — sur le boulevard Eugène-Gazagnaire, à la sortie de Cannes, par coup de LevantA.C., « Cannes - Tempête à l'Est : le boulevard Gazagnaire encore fermé ! », dans Nice-Matin, 27 décembre 2008, Cannes - Tempête à l'Est : le boulevard Gazagnaire encore fermé !, du Littoral à Golfe-Juan, James-Wyllie à Antibes, par vent d'Est ; sur la portion d'Antibes à Villeneuve-Loubet ; sur le boulevard de la Plage à Cagnes-sur-Mer« Vagues géantes à Cagnes : envoyez-nous vos vidéos et photos », dans Nice-Matin, 26 janvier 2009, en ligne sur www.nice.maville.comIsabelle Brette, « Cagnes-sur-Mer : Le front de mer refait surface », dans Nice-Matin, 22 février 2010, cagnes-sur-mer le front de mer refait surface.
Les autres vents méditerranéens, mistral, ponant, libeccio, soufflant de terre, ne lèvent pas un fetch suffisant pour créer des vagues balayant la route. Par contre, ils peuvent être gênants pour ses usagers, surtout en deux-roues.
Les grandes tempêtes dévastatrices thumb|Le restaurant "Plage des sports" de Cannes détruit après la tempête du 9 novembre 2011
Les tempêtes ont des effets néfastes et dévastateurs sur la route elle-même, sur les plages qui la bordent et aussi, parfois, dans les ports de plaisance. Historiquement les événements qui font référence datent des mois de novembre et . Ces intempéries hors normes précèdent la rupture du barrage de Malpasset le et provoquent la destruction complète de la route entre Antibes et Villeneuve-Loubet, quartiers envahis par les fleuves en crue dont le Paillon qui inquiète beaucoup Nice, raz de marée sur Nice, etc. Plus récemment, la Côte d'Azur a été particulièrement affectée par des coups de mer à des dates parfois inattendues : les , , le , , le , , le — la quatrième en 4 mois, causant des dégâts considérables sur toute la Côte d'Azur, submergeant la route du bord de mer sur des dizaines de kilomètres, principalement à Nice« Le littoral balayé par un terrible coup de mer », dans Nice-Matin édition Côte d'Azur, 5 mai 2010, Le littoral balayé par un terrible coup de mer« Vague géante : la côte niçoise ravagée », dans linternaute.com, le 7 mai 2010, reportage photos, Vague géante : la côte niçoise ravagéeet à CannesAlexandre Carini, « La houle se déchaîne sur le Vieux-port et la Croisette », dans Nice-Matin, 5 mai 2010, La houle se déchaîne sur le Vieux-port et la Croisette, démolissant les installations des plages à huit jours du début du festival de Cannes et causant plus d'un million d'euros de dégâts sur le seul quai LaubeufPierre Comet, « Coup de mer : les réparations après la désolation », dans Nice-Matin, 6 mai 2010, Coup de mer : les réparations après la désolation, le , la quatrième de l'année, avec encore des routes coupées et des dégâts sur les plages de CannesPierre Valet, « Premier coup de mer de l'hiver : dégâts et fatalisme », dans Nice-Matin, 11 novembre 2010, Premier coup de mer de l'hiver : dégâts et fatalisme, début , où l'épisode très long de gros mauvais temps, causa, outre de graves inondations et dégâts dans toute la région, des perturbations dans l'organisation du G20 de Cannes, la route étant fermée sur La Bocca obligeant les convois des chefs d'État à se dérouter par la nationale 7 créant des embouteillages non prévus, et, pendant les sept jours suivants, de longues coupures de la route en de nombreux endroits, pratiquement sur tous les secteurs où elle longe la mer et de nombreux dégâts allant jusqu'à la destruction complète d'un restaurant datant de plusieurs dizaines d'années ; les 4 et , à la suite d'un épisode de pluies exceptionnelles sur la Méditerranée avec de nombreux dégâts et même un gros navire échoué devant le CarltonDivers auteurs de reportage, « Intempéries record sur la Côte d'Azur - Le jour d'après », dans Nice-Matin, les 5 et 6 novembre 2014Jean-Alexis Gallien-Lamarche, « Intempéries. Un drame et de nombreux dégâts », dans www.cannes.maville.com, 6 novembre 2014, Intempéries. Un drame et de nombreux dégâts
Une route accidentogène Le bilan de la sécurité routière place le département des Alpes-Maritimes au des départements les plus accidentogènes sur le plan nationalDépartements les plus dangereux - 6° : les Alpes-Maritimes. Les deux-tiers des accidents se produisent sur la frange littorale, où l'on retrouve l'essentiel de l'urbanisation. La route y participe pour une bonne partie, compte tenu de la circulation de centaines de milliers de touristes, et du profil de la route mélangeant des parcours sinueux et de longues lignes droites sources d'excès de vitesse.
Le climat méditerranéen favorise une population importante de deux-roues, représentant 8 % du parc national, alors que celui des voitures n'est que 2 %, qui paient un lourd tribut, représentant près de 50 % des victimesFranck Leclerc, « Sécurité routière : 25 % de tués en moins dans les A.-M. en 2008 », dans Nice-Matin, 4 février 2009. D'ailleurs, la route est bordée de nombreux ex-votos à la mémoire de ces disparus, parfois un simple bouquet de fleurs accroché à une palissade ou un arbre. Quant aux blessés polytraumatisés, certains sont soignés dans le centre héliomarin de Vallauris situé sur une colline dominant la route.