thumb|logo de la BNE.
La Bibliothèque nationale d'Espagne (en ou BNE), qui dépend du ministère de la Culture espagnol, est la plus grande bibliothèque publique d’Espagne. À ce titre, elle reçoit et conserve les exemplaires de tous les livres publiés en Espagne et se doit de réunir, cataloguer et conserver les fonds bibliographiques qui comprennent plus de de publications produites sur le territoire national depuis le début du . De plus, elle conserve une collection d’incunables, de manuscrits, d’estampes, de dessins, de photographies, de gravures sonores, de partitions…
Pour pouvoir consulter ces fonds, il suffit d’être en possession d’une carte de lecteur ou de chercheur. Les salles d’exposition et le musée de la Bibliothèque, où se déroulent diverses expositions et activités culturelles, sont libres d’accès.
La Bibliothèque nationale d’Espagne diffuse son patrimoine bibliographique grâce à son catalogue et à l’élaboration de la Bibliographie espagnole. Elle a développé des services au public dans les salles de consultation, des services à distance à travers sa page web., des services d’information bibliographique spécialisée et le prêt entre bibliothèques. L’accès aux collections numériques de la Bibliothèque s'effectue via la Bibliothèque numérique hispanique.. Le musée de la Bibliothèque. divulgue les collections, le fonctionnement et l’histoire de la Bibliothèque nationale. De plus, la bibliothèque a développé un programme d’actions culturelles..
Histoire Origines thumb|left|200px|Escalier et entrée principale de la Bibliothèque nationale d'Espagne, monuments à San Isidoro, Alonso Berruguete, Alfonso X el Sabio par José Alcoverro Le , le roi approuve le plan que lui ont présenté son confesseur Pedro Robinet et Melchor de Macanaz pour créer une Bibliothèque royale. La création de celle-ci dynamise la culture espagnole du , notamment grâce à sa mission de « rénover l’érudition historique et de sortir au grand jour les véritables racines de la nation et de la monarchie espagnoles »..
La construction du bâtiment commence rapidement dans le passage qui unissait l’Alcázar royal de Madrid au monastère de l'Incarnation.
La Bibliothèque royale est ouverte au public le . Le , signe le décret royal fondateur, qui déclare le caractère public de la bibliothèque, ouverte à « tous les étudiants » et qui établit les règles fondamentales pour son fonctionnement.
Quand la bibliothèque ouvre ses portes, ses fonds sont alors composés de matériaux provenant des collections privées des monarques d’Espagne, et , lequel ordonna d’amener plus de de France.. Les premiers exemplaires ajoutés à la collection sont confisqués aux Austrophiles, qui perdirent la guerre de Succession, comme le marquis de Mondéjar et le duc de Uceda. À cette collection sont ajoutées quelques bibliothèques privées de nobles comme le comte d’Aguilar et le duc de Medinaceli. En 1715, la Bibliothèque royale compte déjà imprimés, manuscrits et .
Le précédent du dépôt légal, établi en 1716, permet à la bibliothèque d'agrandir ses collections de manière considérable. À cela s’additionne l’effet de l’ordonnance royale du , avec laquelle la Bibliothèque royale acquiert le droit d’évaluer les taxes des librairies sur la vente, et de sélectionner entre les listes de livres qui lui étaient présentées les œuvres qui n’étaient pas dans ses fonds..
En 1738, la première œuvre issue du fruit du travail de la Bibliothèque est publiée sous le titre de , réalisée par Cristobal Rodriguez. Cette œuvre, appuyée pendant sa préparation par le Bibliothécaire en chef Juan de Ferreras, est la première d’une série d’œuvres de paléographie espagnole.
Durant l’époque de Juan de Ferreras, des catalogues ou indices ont commencé à être développés pour le public. Le bibliothécaire Juan de Iriarte s’est spécialement chargé de cette tâche, élaborant le Regia Matritensis Bibliotheca Geographicca et Chronologica en 1729, le premier catalogue de la bibliothèque, et postérieurement le Regia Matritensis Bibliotheca Mathematica (catalogue de mathématiques) et le Regiae Bibliothecae Matritensis Codices Greci (catalogue de manuscrits grecs).
L’arrêté royal du , rédigé par le bibliothécaire Juan de Santander et approuvé par le roi , modifie l’original de 1716 en créant l’Imprimerie royale qui liait « le travail éditorial de la Bibliothèque aux plus remarquables imprimeurs, relieurs et graveurs de l’époque. » Le bibliothécaire en chef devient directeur de la Bibliothèque royale et les bibliothécaires sont considérés comme serviteurs de la Maison royale, avec les privilèges correspondants. Le graveur Manuel Monfort Asensi, nommé trésorier en 1784, permet à l'institution de constituer un premier fonds d'estampes « Monfort y Asensi, Manuel », in Juan Carrete Parrondo, Diccionario de grabadores y litógrafos que trabajaron en España. Siglos XIV a XIX, août 2009..
Au cours du , la Bibliothèque change de lieu à plusieurs reprises. En 1809, sous le règne de Joseph Bonaparte, la bibliothèque s’installe au couvent de l’ordre des Trinitaires de la rue Atocha. En 1819, la bibliothèque change de lieu une fois encore et s’installe au palais où le Conseil a tenu ses sessions d’Amirauté en raison des réclamations par l’ordre des Trinitaires après le retour de . En 1826 s’effectue un troisième transfert de l’ancienne résidence du marquis Alcañices, dans l’actuelle rue de Arrieta, son lieu de résidence durant le .
Les collections de la bibliothèque ont également été touchées par les événements du . Tout d’abord, le désamortissement espagnol conduit au dépôt de nombreuses œuvres espagnoles provenant d’institutions religieuses supprimées. En effet, en 1837, la création de la commission provinciale scientifique et artistique est créée dans le but de sélectionner les œuvres provenant de couvents supprimés. Celles-ci furent déposées dans les bibliothèques et les musées, ou vendues aux enchères. De cette façon, sont déposés à la Bibliothèque nationale environ volumes venant de couvents madrilains affectés par le désamortissement espagnol. La bibliothèque récupère également une grande partie des collections de la Bibliothèque du Parlement, fondée par l’assemblée constituante Cortes de Cadix en 1814, et qui sera abolie en 1838.. Enfin, en 1869, Manuel Ruiz Zorrilla ordonne la saisie des archives, des bibliothèques et des collections d’art détenues par des cathédrales, des mairies, des monastères et des ordres militaires au nom du désamortissement culturel. Par ce moyen, la bibliothèque nationale d’Espagne peut s’enrichir grâce aux œuvres de valeurs possédées par les cathédrales d’Avila et .
Par le décret du , la Bibliothèque royale est rebaptisée Bibliothèque nationale et elle dépend désormais du ministère de l’Intérieur de la Péninsule. Des bourses sont accordées à la bibliothèque qui devient « le principal moteur de recherche bibliographique en Espagne ». Elles permettent de promouvoir les intérêts des bibliothécaires et des bibliographes. En 1858, le corps des archivistes, des bibliothécaires et des archéologues est créé.
En 1876, la Bibliothèque a déjà acquis livres, dépliants imprimés et plus de manuscrits. Malgré plusieurs déménagements, la Bibliothèque nationale s'agrandit encore et ses besoins dépassent la capacité des lieux qu’elle occupait auparavant. En 1857, un projet est mis en œuvre pour la construction d’un nouveau siège social. En 1864, c’est finalement l’architecte Francisco Jareño Alarcóna qui est choisi.
Le , 1866 la reine pose la première pierre du Palais des archives, bibliothèques et musées, situé dans un fameux boulevard de la capitale (el Paseo de Recoletos). Pour des raisons économiques, le travail avance très lentement à cause de nombreux changements dans le projet initial. En 1884, Antonio Ruiz de Salces Jareño remplace Francisco Jareño Alarcóna pour la construction du nouveau bâtiment de la Bibliothèque nationale. En 1892, il achève la construction de l’édifice et le , la bibliothèque nationale est ouverte au public.
thumb|Siège de la Bibliothèque nationale d’Espagne à Alcalá de Henares. Le commence avec l’approbation du « Règlement des bibliothèques publiques de l’État » par le décret royal du . Grâce à cette loi, qui abroge celle de 1857, la Bibliothèque nationale prend la tête des bibliothèques espagnoles.
Durant cette période, l’érudit espagnol Marcelino Menéndez y Pelayo est le directeur de la Bibliothèque nationale. Il promeut la création de catalogues spécialisés, le catalogue des Manuscrits arabes existants à la Bibliothèque nationale de Madrid, de Francisco Guillien Robles en 1899, le catalogue des Portraits de personnes espagnoles de 1901, et en 1906 le catalogue de la Collection des dessins originaux de la Bibliothèque nationale, d'Angel M. Barcia. Ainsi une nouvelle impulsion est donnée à la Restauration des Archives, Bibliothèques et Musées, qui est un instrument important dans le développement du champ de bibliothéconomique en Espagne.
En 1930, le ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, Elias Tormo, crée le Conseil de la Bibliothèque nationale, un organe qui a élu Miguel Artiguas comme directeur de la bibliothèque. Durant la Seconde République espagnole, Artigas et le Conseil lancent un processus de restauration, d’extension de l’édifice et des réformes des services de bibliothèque. Parmi celles-ci, on compte la réorganisation du Salon de Lecture, la création du conseil général, ouverte au public et inaugurée par le président Niceto Alcalá-Zamora, et aussi l’extension des horaires d'ouverture.
Pendant la guerre civile, la Bibliothèque nationale ferme ses portes. Les fonds les plus précieux sont évacués aux tours de dans la province de Valence. Pour sauver de la destruction les fonds des centres religieux, palaces ou maisons particulières, autour de volumes sont transférés à la Bibliothèque par l’intermédiaire du Conseil de la capture et de la protection des trésors artistiques. Beaucoup de ces fonds proviennent de prestigieuses bibliothèques privées, et certains ne purent être rendus à la fin de la guerre. L’édifice de la Bibliothèque nationale est aussi victime des bombardements pendant la guerre. Cependant, ils n’ont causé aucun dommage aux fonds hébergés à l’intérieur.
Après la guerre, Miguel Artigas est à nouveau élu directeur et en 1939, le système décimal est introduit pour l'indexation des fonds des bibliothèques publiques espagnoles. Dans les années après la guerre, différentes expositions marquantes ont lieu, dont deux dédiées à Miguel de Cervantès et une autre sous le titre de « Un millénaire du livre espagnol » en 1952. En 1953, le nouveau siège des Archives historiques nationales, qui avant partageait l’édifice avec la Bibliothèque et le musée archéologique national de Madrid, est inauguré.
Bien qu’il y ait eu de nombreuses réformes d’organisation et de gestion de la Bibliothèque durant les années 1950, la plus importante est le décret organique du et son règlement correspondant, publié le de la même année. Le nouveau règlement restructure les services de la Bibliothèque, en imposant notamment que le directeur soit un membre du Corps facultatif et en réduisant les fonctions de la direction. En 1957, un nouveau décret de dépôt légal est promulgué, il obtient que les imprimeurs respectent les mêmes dispositions de la loi.
Malgré les réformes, il y a toujours beaucoup de missions bibliothéconomiques à caractère national que la Bibliothèque ne remplit pas. Par exemple, en 1970, est créé l’Institut bibliographique hispanique, comprenant le Service national d’information documentaire et bibliographique, le Dépôt légal et la Commission nationale de planification et de coordination bibliographique. La Bibliothèque de périodiques nationale fondée en 1941, réunit aussi une importante collection de presse espagnole. En 1978, les collections de la Bibliothèque comprennent autour de de pièces et ont aux alentours de lecteurs annuels.