Bagassa guianensis est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Moraceae. C'est un grand arbre pionnier d'origine sud-américaine. C'est l'espèce type du genre monospécifique Bagassa Aubl..
Elle est connue dans les Guyanes, sous les noms de Bagasse, Bois vache, Maman bœuf, Odoun (Créole), Pakasa (Wayãpi), Pakad (Palikur), Tatajuba (Portugais), Bacasse, Bagasse, Bakassa, Bakasse (Caribe), Cow wood (Anglais), Kaw-oedoe (Sranan tongo), Odon, Odou, Odoun (Paramaka), Yawahedan (Arawak). On l'appelle Tatajuba, Amapa-Rana au Brésil.
Description Bagassa guianensis est un arbre dioïque, atteignant de haut, avec des rameaux feuillés épais de , finement pubérulents (scabres sur les tiges juvéniles), et avec des branches latérales horizontales non caduques.
Les feuilles sont simples opposées, wikt:cartacé à sub coriace. Les stipules sont latérales, libres, pubérulentes, longues de . Le pétiole est long de . Le limbe est entier à trilobé (3 parties chez les juvéniles) avec les extrémités longuement acuminées (3 nervures primaires partent de la base de la feuille), de forme deltoïde, largement ovale, elliptique, à sub orbiculaire, à base émarginées à cordiforme, à apex courtement acuminé à aigu, et mesurant . Les marges sont crénelées à dentées en scie, (serrée chez les juvéniles). La face adaxiale (supérieure) comporte une nervure principale plane, lisse et pubérulent dessus (scabre à scariduleuse chez les juvéniles). La face abaxiale (inférieure) est densément finement pubérulente (scabre chez les feuilles juvéniles), avec des nervures saillantes.
Les inflorescences unisexuées naissent à l'aisselle des feuilles.
L'inflorescence staminées (mâle) en épi, est longue de , dont pour le pédoncule. Les fleurs portent à 4 sépales et 2 étamines.
L'inflorescence pistillée (femelle) globuleuse, mesure de de diamètre, dont pour le pédoncule.
Les fruits sont petits, ressemblant à des drupes, entourés d'un périanthe charnu, verdâtres à maturité, sont agrégés en infrutescences globuleuses verdâtres, mesurant de diamètre.
Répartition Bagassa guianensis est présent au Suriname, en Guyane et au Brésil (Pará, Maranhão et nord du Mato Grosso).
Écologie Bagassa guianensis est un grand arbre pionnier à croissance rapide de canopée ou émergent, peu commun dans les forêts anciennes et les vieilles forêts secondaires, au latex très abondant, qui affectionne les futaies sempervirente à semi-persistante, non inondée, mais surtout les végétations secondaires où il peut être commun. Il est fertile d'août à décembre.
En Guyane, l’exploitation de cette espèce, relativement peu commune en forêt, est réglementée par l’ONF car elle est considérée comme une « espèce clé » en raison de sa fructification à contre-saison qui permet de nourrir un grand nombre d’animaux.
On a étudié les effets de son exploitation sur la génétique de ses populations.
Utilisation Bagassa guianensis connu en Guyane et en Amazonie pour son bois jaune doré de haute qualité, naturellement imputrescible (notamment grâce à sa teneur en arachidine) et résistant aux termites, ressemblant à l’Iroko d’Afrique, et très apprécié pour des usages intérieurs et extérieurs. Les propriétés de son bois ont été largement étudiées.
Le latex laiteux et comestible de Bagassa guianensis était bu par les balatistes (saigneurs de Balata) lorsque la nourriture était rare.
Les troncs sont également utilisés pour la construction de pirogues.
Les Palikur l'emploient à des fins magiques : les chasseurs consomment l'eau de pluie contenue dans les "coupes" formées par les feuilles tombées au sol, pour favoriser la rencontre d'un jaguar à chaque sortie de chasse. Le bain préparé avec les feuilles donne un don de divination aux personnes qui possèdent des dons chamaniques (l'utilisation de cet arbre est réputée dangereuse).
La sciure du bois de Bagassa guianensis peut être utilisé pour se propriétés adsorbantes remarquables.
Les extraits de Bagassa guianensis ont des propriétés anti-corrosives sur le zinc, et antifongiques dans le cadre des pathologies humaines (des souches de champignons résistants sont néanmoins apparues).
Il dispose d'une densité typique des "bois de fer", d'où son emploi dans la construction, notamment les structures devant résister aux conditions environnementales humides et salines.
Plantation L'intérêt potentiel de Bagassa guianensis en plantation est connu depuis longtemps. Des plantations expérimentales sont suivies par l’ONF et le CIRAD pour étudier sa culture. Cette essence forestière pourrait devenir en Guyane un sérieux concurrent local au teck qui a pourtant, lui, a fait l’objet de presque 200 ans de sélection.
Protologue vignette|gauche| Bagassa guianensis (Pl. 376) d'après Aublet, 1775 (1. Baie. - 2. Baie coupée en travers. - 3. Graine.) En 1775, le botaniste Aublet propose le protologue suivant :
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des plantes décrites par Fusée-Aublet
Liens externes
Catégorie:Moreae Catégorie:Espèce de Moraceae (nom scientifique) Catégorie:Espèce de feuillus (nom scientifique) Catégorie:Dicotylédone endémique d'Amérique du Sud Catégorie:Arbre au Brésil Catégorie:Dicotylédone du Brésil Catégorie:Environnement au Maranhão Catégorie:Dicotylédone du Mato Grosso Catégorie:Dicotylédone du Pará Catégorie:Arbre en Guyane Catégorie:Dicotylédone de Guyane Catégorie:Dicotylédone du Suriname Catégorie:Plante décrite par Aublet Catégorie:Plantes comestibles de Guyane