Eugène Leroy est un peintre français, né le à Tourcoing, mort le à Wasquehal Benezit..

Biographie Origines familiales, éducation Son père Eugène Louis Leroy, représentant, meurt en 1911 alors qu'Eugène a 18 mois.. Sa mère est Marie Thérèse Charlotte Lepers. La famille Leroy est originaire de la ville d'Houplines.

Eugène Leroy est élevé par son oncle (un prêtre) et sa mère à Tourcoing.

Découverte de la peinture Pour ses quinze ans, sa mère lui offre la boîte de peinture de son père. Il commence alors à dessiner et découvre Van Gogh, Rembrandt, puis Jordaens, Le Greco et Goya avec l'aide de ses professeurs qui remarquent son talent et lui recommandent de travailler d'après nature, précepte qu'il ne remettra jamais en question. En classe de philosophie, il lit Bergson, puis Proust et part visiter Rome. Âgé de 18 ans, il est victime d'une pleurésie, contre laquelle il luttera durant trois ans. , dit-il. En , il dessine son autoportrait. Son professeur lui conseille de signer, de dater et conserver ce portrait. L'autoportrait devient un de ses thèmes favoris. Il apprend son métier avec les impressionnistes, le ciel, la peinture flamande à la recherche de la matière.

Il se lie avec Valentine Thirant qui devient sa femme en 1933.

Entrée aux Beaux-Arts de Lille En 1931, il entame, à l'école des beaux-arts de Lille, de courtes études, qu'il poursuit à Paris par des cours de dessin à l'académie de la Grande Chaumière. Se considérant « pas fait pour les études », ni les intrigues et « les courses à la carrière m'ont tout de suite hérissé », il retourne dans le Nord et fait des études de lettres. Son fils Eugène Jean (dit « Géno ») naît en 1934. En 1935 il s'installe près de Roubaix où, parallèlement à sa carrière de peintre, il est professeur de français, latin et de grec au collège Notre-Dame-des-Victoires. Avec ses élèves il découvre « La Fontaine et Virgile, Rabelais le bien -aimé et Montaigne par qui j'ai su que ma peinture était comme son livre», in Eugène Leroy. Toucher la peinture comme la peinture vous touche, L'Atelier contemporain, 2022, .. À partir de 1936, il commence à voyager en Flandres, pratique qu'il conserve toute sa vie une fois l'an. Il découvre James Ensor.

En 1936, il découvre La Fiancée juive de Rembrandt au Rijksmuseum d'Amsterdam, mais aussi la peinture de Malevitch qui la frappe par son « rêve de totalité ». Leroy sera toujours intéressé par la peinture abstraite en particulier celle de Mondrian. Il expose pour la première fois à Lille, en 1937. En 1938, il est accueilli par madame Kröller dans sa villa, où il peut travailler et découvre la centaine de tableaux de Van Gogh qui seront intégrés au musée. Il découvre également Mondrian, qui est une influence majeureIn Eugène Leroy. Toucher la peinture comme la peinture vous touche, L'Atelier contemporain, 2022, ..

Il est mobilisé à Pâques 1940, puis revient à Roubaix où il enseigne de nouveau le latin et le grec de 1940 à 1945. Il peint alors des scènes de genre comme Le Massacre des Saints Innocents ou L'Opéra de quatre sous. En 1943, il rencontre le critique Gaston Diehl qui l'expose à Paris. En 1944 naît son fils Jean-Jacques.

Il peint les paysages de la mer du Nord, près de Gravelines et à Croix de 1945 à 1950 dans de vastes aquarelles aux couleurs sombres et grises. En 1951, il rencontre le marchand Pierre Loeb qui lui achète une dizaine de toiles.

Passion des maîtres Passionné par les grands maîtres, Giorgione, Rembrandt, Van Gogh, il voyage et voit en en Allemagne Klee, Kandinsky, en Espagne Zurbaran, Velasquez, Goya et en Italie Masaccio et expose régulièrement à Lille. Peintre figuratif, Il se tient à l'écart des avant-gardes. De 1946 à 1948, il réalise une peinture murale de , Crucifixion, pour la chapelle du collège Notre-Dame-des-Victoires de RoubaixVoir sur eugeneleroy.com..

Il expose en 1954 à Paris avec Sam Francis et Serge Poliakoff, et Marcel Pouget sous la férule de Charles Estienne. En 1956, il expose avec Eugène Dodeigne à Lille. La même année a lieu la première exposition de ses œuvres au musée de Tourcoing. L'année suivante, au musée de Dunkerque, il reçoit le prix Emile-Othon Friesz.

En 1958, il s'installe près de Lille, à Wasquehal, rue Louis-Faidherbe, dans sa maison-atelier, et cet emménagement dans un nouvel espace fait évoluer le format de ses toiles ; la même année, il réalise les vitraux de l'église Notre-Dame-des-Flots de Dunkerque. Il rencontre alors la sculptrice Germaine Richier ; il est collectionné par les grands collectionneurs du Nord, Masurel ou LeclerqIn cat. Eugène Leroy, exposition du centenaire, , Hazan Muba, 2010., qui le défendent. Le galeriste Claude Bernard le signe et lui organise une exposition en 1963.

Découvert par Baselitz Au début des années 1960, le peintre Georg Baselitz, au cours d'un de ses premiers voyages à Paris en compagnie de son ami Michael Werner., découvre la peinture de Leroy :

Le galeriste allemand Michael Werner, ami et marchand de peintres allemands comme Baselitz ou Lüpertz, devient son agent, et organise des expositions en Allemagne, Autriche, Belgique, France, Grèce, aux États-Unis à partir des années 1980.

En 1988, Leroy en visite à Dresde, rencontre Baselitz pour la première fois à son atelier :

De 1955 à 1970, Leroy participe alors à Paris au Salon de mai à Paris et, par deux fois, au salon des Réalités Nouvelles en 1973 et 1976. Son galeriste Claude Bernard, le présente au prix Carnegie en 1964, en Suisse à Lausanne en 1966, à la Sécession de Vienne en 1966.

Dans ces années, Eugène Leroy découvre Thomas Bernhard, Peter Handke et Marcel Proust à l'occasion d'une dictée pour ses élèves de troisième.

En 1977, François Mathey présente son travail à l'école des beaux-arts de Lille. Son fils Eugène Jean ouvre une galerie rue Quincampoix à Paris en 1977. En 1979, une présentation de l'œuvre peint de Leroy a lieu à la FIAC à Paris, une rétrospective de l'œuvre gravé a lieu à Gravelines. La même année Valentine meurt. La galerie K de Washington (États-Unis) le présente, puis le Museum van Heidenhaage Kunst de Gand, en Belgique, en 1982.

Sa peinture se caractérise de plus en plus par une accumulation de strates de peintures épaisses, de chaos d'empâtements extravagants d'où des figures, portraits, nus, paysages émergent à travers une observation minutieuse du spectateur. Leroy travaille la peinture : couche après couche, il enfouit l'image sous la matière pour parvenir à une occultation qui semble complète. Mais, de l'amas de matières et de couleurs émerge une figure, paysage, portrait ou nu ; c'est cet amas qui permet Jean Clair écrit de lui qu’il veut

Dernières années En 1985, Leroy rencontre Marina Bourdoncle., de cinquante ans sa cadette, qui devient son modèle et sa compagneCf. le film d'Alain Fleischer, Eugène Leroy : la voie royale de la peinture, 2011..

En 1987, Baselitz et Rudi Fuchs, entre autres, signent un texte dans le catalogue de l'exposition du musée d'art moderne de Villeneuve d'Ascq. En 1988, le musée d'art moderne de la Ville de Paris lui consacre une rétrospective, en partenariat avec le musée d'Eindhoven au Pays-Bas. Sa peinture est largement reconnueCote de l'artiste sur artnet.com.. Suivent alors des expositions personnelles et rétrospectives en France et à l'étranger.

En 1992, il participe à la Documenta 9 à Cassel, en Allemagne, et, en 1995, il est invité à la Biennale de Venise. En 1996, il reçoit le grand prix national de peinture.

Leroy meurt le dans sa maison de Wasquehal ; il est inhumé avec sa femme au cimetière du Plomeux.

Citation

Distinctions .

Donations et musées Musée national d'art moderne Georges-Pompidou En 2003, une dizaine d’œuvres d'Eugène Leroy entre par dation au musée national d'art moderne Georges-Pompidou à Paris.

Musée des beaux-arts de Tourcoing En 2009, le conseil municipal de Tourcoing accepte la donation faite au musée des beaux-arts par les deux fils d'Eugène Leroy, né dans cette ville. Cette donationDonation Leroy sur le site du MUba. comprend 55 tableaux, 13 sculptures, 140 dessins, 18 carnets de dessins et 99 gravures, soit près de 600 œuvres d'une valeur de 2,5 millions d'eurosLa Voix du Nord du 27 juin 2009..

En 2010, pour le anniversaire de sa naissance, à la suite de cette donation, le musée des beaux-arts de Tourcoing, devenu MUba Eugène Leroy, organise une exposition qui présente 150 de ses œuvres.

LaM – Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut Le musée du LaM à Villeneuve-d'Ascq possède dans ses collections un ensemble de 21 œuvres d'Eugène Leroy.

Influence . Il eu par ailleurs une grande influence sur l’artiste français Xavier Noiret-Thomé, notamment sur ses œuvres de jeunesse.

Quelques œuvres Silhouettes de femmesVoir sur mam.cudl-lille.fr., 1950, musée d'art moderne Lille Métropole, Villeneuve-d'Ascq Le PortraitVoir sur cndp.fr, 1962, musée d’art moderne de la Ville de Paris Tête d'homme à droite, Tête d'homme, entre 1964 et 1972, musée des Beaux-Arts et d'Archéologie Joseph-Déchelette, Roanne. Les dernières peintures d'Eugène LeroyVoir sur afpa-creteil.org. sur afpa-creteil.org

Collection publique Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie Joseph-Déchelette, Roanne Paysage, huile sur toile, 1966

Expositions (sélection)

Expositions personnelles 2022 : Eugène Leroy, peindre, musée d'Art moderne de Paris 2015 : Eugène Leroy, peintures et fusains, galerie Nathalie Obadia, Paris 2010 : Œuvres sur papier, galerie Bruno Mory, Besanceuil 2010 : Exposition du Centenaire, MUba Eugène Leroy, Tourcoing

Expositions collectives 2013-2014 : « Baselitz-Leroy. Le récit et la condensation », MUba Eugène Leroy, Tourcoing 2012-2013 : « La collection Michael Werner », musée d'art moderne de la Ville de Paris 2008 : « Hommage à Eugène Leroy », Michael Werner London, Londres — « Pretty Ugly », Gavin Brown’s Enterprise, New York — Musée d’art moderne de la Ville de Paris 2007 : Galerie Haas, Zurich 2006 : « Bilder aus den 90 Jahren », Galerie Michael Werner, Köln — « Autour de la sorcellerie », Galerie de France, Paris 2004 : « Grands nus, Couleurs, Papiers 1979-1985 », Michael Werner Gallery, New York — « Eugène Leroy : Autoportrait », La Piscine, Musée d'art et d'industrie André-Diligent, Roubaix 2003 : « Voir en peinture », FRAC Île-de-France – Le Plateau, Paris — « Ölbilder, Aquarelle, Zeichnungen », Galerie Meyer-Ellinger, Francfort-sur-le-Main 2002 : « Nudes », Michael Werner Gallery, New York — Galerie Bruno Mory, Besanceuil 2001 : « Ruprecht Geiger, Eugène Leroy: Sunbursts and the Earth’s Shelter », Roger Smith Gallery, New York — « Hommage à Eugène Leroy », musée d’art moderne, Villeneuve-d’Ascq

Écrits et entretiens Toucher la peinture comme la peinture vous touche. Écrits et entretiens 1970-1998, préface d'Éric Darragon, photographies de Benjamin Katz, éditions L'Atelier contemporain, 208 p., 2022 Présentation sur le site de l'éditeur.

Références

Voir aussi Bibliographie Ouvrages Paul Audi, Le Regard libéré d'Eugène Leroy, Galerie de France & Michael Werner, Paris, 2010 Éric de Chassey, Eugène Leroy, autoportraits, Gallimard, Paris, 2004 Bernard Marcadé, Eugène Leroy, Flammarion, Paris, 1994 Eugène Leroy : peinture, lentille du monde, préface de Jean Clair, éditions Lebeer Hossmann, Bruxelles, 1979

Articles Olivier Céna et Laurent Boudier, « Il est l'un des plus grands peintres français vivants : Eugène Leroy dans la lumière du Nord », Télérama, , , Jean Revol, « Exposition Eugène Leroy », La Nouvelle Revue française, ,

Filmographie Eugène Leroy dans son atelier sur ina.fr Alain Fleischer, Eugène Leroy : la voie royale de la peinture, Tourcoing : le Fresnoy, 2011, 1 DVD (120 min)

Liens externes

du MUba (musée des beaux-arts) de Tourcoing – musée Eugène Leroy Œuvres sur Artblog.fr

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