Liège-Bastogne-Liège, créée en 1892 par le Pesant Club Liégeois et le en Belgique, est une course cycliste sur route annuelle belge, réservée aux professionnels. Elle est l'une des plus anciennes des courses cyclistes encore disputées, ce qui lui vaut le surnom de « Doyenne ». Son parcours accidenté de en fait l'une des classiques les plus exigeantes et les plus prestigieuses..Cycling Weekly, UK, 13 March 1993Cycling Weekly, UK, 7 March 1992.. L'épreuve est l'un des cinq Monuments du cyclisme, avec Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix et le Tour de Lombardie. Elle se déroule généralement fin avril, ce qui en fait la dernière grande Classique printanière. Le parcours emmène les coureurs entre Liège et Bastogne, qui se trouve à de Liège, à proximité de la frontière luxembourgeoise puis fait retour vers Liège par un tracé moins direct. L'itinéraire de la course traverse le massif de l'Ardenne dans lequel l'Ourthe et ses affluents ont creusé de profondes vallées jalonnées de nombreuses côtes. La course est la plus réputée des Classiques ardennaises.

Cette Classique, autrefois inscrite au calendrier de la Coupe du monde, fait désormais partie de l'UCI World Tour et est organisée par Amaury Sport Organisation. Eddy Merckx, vainqueur à cinq reprises entre 1969 et 1975, détient le record de victoires.

Histoire Spa-Bastogne-Spa Comme beaucoup de Classiques cyclistes, Liège-Bastogne-Liège est organisée pour promouvoir et augmenter les ventes d'un journal (L'Express), dont le siège est basé à Liège. Durant toute son histoire, elle est toujours restée dans la partie sud de la Communauté française de BelgiqueCycling Weekly, UK, 13 April 2002.. Il est prévu que la course se transforme à moyen terme en Liège-Paris-Liège, mais ce plan ne s'est pour le moment jamais réalisé..

La première édition de la course est organisée en 1892 par le Liege Cyclist Union, qui fonde également le Football Club Liégeois la même année. Elle a lieu entre Spa à Bastogne et retour, sur une distance de . Les bicyclettes étant très coûteuses à la fin du , le cyclisme est considéré comme un sport exclusivement réservé aux riches, et l'événement est considéré comme une . de la Liege Cyclist Union et du Pesant Club Liégois, tous Belges et la plupart d'entre eux de Liège, prennent le départ. Seulement terminent la course. Le point situé à mi-chemin du parcours est la gare de Bastogne, choisi en raison de sa commodité pour les officiels de course. Certains coureurs fatigués, abandonnent la course à Bastogne et prennent le train pour retourner à Spa. Léon Houa, originaire de Liège, remporte la course après dix heures et sur le vélo. La deuxième place revient à , arrivé plus tard, tandis que le troisième, termine à .. Les coureurs continuent d'arriver pendant cinq heures supplémentaires.

Houa gagne également l'édition suivante, sur le même parcours, cette fois avec une marge d'une demi-heure. En 1894, la course s'ouvre aux professionnels. Léon Houa, premier cycliste professionnel reconnu en Belgique s'impose à nouveau. La vitesse moyenne augmente de . Houa s'adjuge sa troisième victoire avec sept minutes d'avance sur Rasquinet. L'Italien Maurice Garin, qui sera naturalisé Français et deviendra plus tard le premier vainqueur du Tour de France, termine quatrième. Après les trois éditions inaugurales, la course n'est plus organisée pendant quatorze ans, après quoi elle est parfois ouverte uniquement aux amateurs et semi-professionnels.

Classique des Ardennes La course fait son retour en 1908, avec un départ et une arrivée à Liège pour la première fois. Elle est remportée par le Français André Trousselier. En 1909, le vainqueur, Eugène Charlier, est disqualifié parce qu'il a changé de vélo. Victor Fastre est déclaré vainqueur et reste à et le plus jeune vainqueur de l'histoire sur une grande Classique. La course est annulée pendant la Première Guerre mondiale, mais elle reprend en 1919. La course est principalement remportée par des Belges. Elle commence à attirer de plus en plus de coureurs de la Flandre qui commencent à dominer l'épreuve. Le Flamand Alfons Schepers remporte trois victoires durant l'entre-deux-guerres.

Liège-Bastogne-Liège connaît quelques interruptions au cours de la Seconde Guerre mondiale, mais est de retour sur le calendrier à partir de 1945. La course commence à attirer certaines stars du cyclisme européen. En 1951, elle est ajoutée au Challenge Desgrange-Colombo, regroupant les plus grandes courses cyclistes de l'époque. Le Suisse Ferdi Kübler la remporte en 1951 et 1952. Le favori des Belges, Raymond Impanis, sans jamais s'imposer, devient l'éternel second de la course, avec quatre deuxièmes places entre 1947 et 1955.

À la fin des années 1950, Fred De Bruyne remporte la course à trois reprises pour ses trois premières participations, égalant l'ancien record de Houa et Schepers. En 1957, deux coureurs sont déclarés vainqueurs ex æquo. Germain Derycke est le premier à passer la ligne d'arrivée, mais il a franchi un passage à niveau fermé. Derycke s'étant imposé avec trois minutes d'avance, les commissaires estiment qu'il n'a pas gagné beaucoup de temps en traversant illégalement la voie ferrée et décident de ne pas le disqualifier. Par compromis, Frans Schoubben, initialement deuxième, est promu à la première place à égalité. En 1959, Liège-Bastogne-Liège est intégrée au Superprestige, le successeur du Challenge Desgrange-Colombo et le précurseur de l'UCI World Tour, ce qui fait de la Classique des Ardennes l'un des principaux événements cyclistes de l'année.

droite|vignette|Le recordman de victoires Eddy Merckx, gagne Liège–Bastogne–Liège à cinq reprises 1969 marque les débuts de l'ère Eddy Merckx, l'icône cycliste en Belgique, vainqueur à cinq reprises, dont trois consécutives, pour un total de sept podiums. L'arrivée de 1970 est sans doute entachée d'une manœuvre des frères De Vlaeminck dans le tunnel d'accès au Stade Vélodrome de Rocourt qui bloque Merckx et permet la victoire de Roger De Vlaeminck. La course de 1971 se déroule dans des conditions épouvantables, avec la neige et le froid qui ravage le peloton. Merckx remporte l'une de ses victoires les plus mémorables. Le Belge attaque seul à de l'arrivée et obtient un avantage de cinq minutes sur ses plus proches poursuivants. Fait rare, il est victime d'un coup de fatigue sur la fin et est rejoint par Georges Pintens. Pintens ne réussit pas à distancer un Merckx fatigué. Ce dernier réussit à battre son compatriote belge au sprint et obtient sa deuxième victoire dans la classiqueBouvet, Philippe (2007), De Klassiekers, Lannoo, Belgium, , p25... En 1972, l'arrivée est déplacée à Verviers, à de Liège mais, à cause de la protestation des fans, elle fait son retour à Liège dès l'année suivante. L'édition est à nouveau remportée par Merckx. En 1975, le scelle son cinquième et dernier succès, ce qui fait de lui le recordman de victoires sur la Doyenne. En 1976 et 1978, le public liégeois exulte. Joseph Bruyère, l'enfant du pays de Liège et fidèle lieutenant d'Eddy Merckx, remporte en solitaire et avec une confortable avance deux éditions de la Doyenne.

Le champion français Bernard Hinault a remporté la course à deux reprises, les deux fois dans des conditions météorologiques dantesques. En 1977, six coureurs se retrouvent en tête de la course dans les dix derniers kilomètres. Il s'agit des Belges Roger De Vlaeminck, Freddy Maertens, Eddy Merckx et André Dierickx, de l'Allemand Dietrich Thurau et du Français Bernard Hinault. À 8 kilomètres de l'arrivée, Dierickx lance une attaque à laquelle Hinault est le seul à répondre initialement. Les deux coureurs se disputent la victoire et Hinault s'impose.. Trois ans plus tard, il remporte une édition devenue légendaire, marquée par les chutes de neige et des températures glaciales..

Dans les années 1980, le spécialiste des classiques italien Moreno Argentin gagne la course à quatre reprises, manquant de peu le record de Merckx. Argentin compte également trois victoires sur la Flèche Wallonne, ce qui lui vaut le titre du (Roi des Ardennes). L'arrivée de 1987 est restée dans la mémoire de beaucoup. Claude Criquielion et Stephen Roche arrivent sur le boulevard de la Sauvenière avec une avance confortable et pensent avoir course gagnée mais ne voient pas Moreno Argentin revenir tel un bolide et signer ainsi un troisième succès consécutif et inespéré à Liège.

Arrivée à Ans En 1990, le Pesant Club Liégeois s'associe avec la Société du Tour de France, qui organise le Tour de France, épreuve phare du cyclisme sur route, ainsi que d'autres épreuves comme Paris-Roubaix et Paris-Nice. La Société du Tour de France se fond ensuite dans l'entreprise dont elle est une filiale, Amaury Sport Organisation (ASO), pour en devenir le département cyclisme.. Ce partenariat est demandé à la Société du Tour de France par le Pesant Club à l'occasion du passage du Tour de France à Liège en 1989.. Il conduit à une organisation plus professionnelle, ce qui entraîne une refonte complète du parcours de la course : le début et la fin déménagent à différents endroits à Liège et cinq nouvelles ascensions apparaissent..

À la fin des années 1990, les Italiens Michele Bartoli et Paolo Bettini perpétuent la tradition de victoires italiennes La Doyenne, avec deux victoires chacun. En 1997, Bartoli et Laurent Jalabert provoquent une échappée décisive sur la Côte de La Redoute, à de l'arrivée. Les deux coureurs travaillent ensemble et Bartoli parvient à lâcher le Français sur les pentes raides dans le dernier kilomètre de la course. Jalabert, un spécialiste des courses ardennaises, termine deuxième deux années de suite, mais sans réussir à gagner la Doyenne. En 1999, Bartoli vise une troisième victoire consécutive, mais son ambition est contrecarrée par le jeune belge Frank Vandenbroucke qui contrôle la course et stupéfie les suiveurs en s'imposant en solitaire..

vignette|gauche|Le peloton lors de Liège-Bastogne-Liège 2007, près de Tavigny En 2005, le Kazakh Alexandre Vinokourov et l'Allemand Jens Voigt s'échappent du peloton à de l'arrivée. Bien que ce genre de raid semble avoir peu de chances d'aller au bout dans le cyclisme moderne, les deux coureurs parviennent à conserver assez d'avance sur le peloton. Vinokourov devance Voigt au sprint...

Les éditions 2009 et 2010 sont également restées dans les mémoires. En 2009, le jeune Luxembourgeois Andy Schleck s'impose en solitaire après une attaque à de l'arrivée et résiste au retour du groupe des favoris.. En 2010, Alexandre Vinokourov s'adjuge sa deuxième victoire devant son compagnon échappée Alexander Kolobnev.. Cette victoire est controversée, non seulement parce que Vinokourov était récemment revenu au cyclisme après une suspension pour dopage, mais aussi parce qu'il a été suggéré qu'il avait « acheté » la victoire. Le magazine suisse L'Illustré a publié une correspondance électronique entre le gagnant et son dauphin qui suggère que Vinokourov a payé Kolobnev pour lui laisser la victoire. Les deux coureurs ont ensuite été accusés de corruption par les autorités belges...

Au cours des années 2000-2010, l'Espagnol Alejandro Valverde remporte la course à quatre reprises, les trois premières fois en réglant au sprint un petit groupe, en 2017 à deux avec Dan Martin. La centième édition de la course a lieu le et voit la victoire au sprint du coureur australien Simon Gerrans. En 2018, le Luxembourgeois Bob Jungels s'impose après une échappée en solitaire de .

Retour de l'arrivée à Liège En 2019, après vingt-sept éditions achevées en montée à Ans, l'arrivée de la course est à nouveau modifiée. Elle est alors située sur une large route plate dans le centre-ville de Liège, au boulevard d'Avroy.. Le parcours comprend neuf ascensions dans les 100 derniers kilomètres, mais sans la côte de Saint-Nicolas.. C'est le Danois Jakob Fuglsang qui remporte cette édition du retour à Liège.